Archives du mot-clé Poésie

# 61 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Dans ce nouvel Instant Poésie, j’ai envie de rendre hommage à deux Grands Messieurs qui nous ont quittés ces derniers jours. Tout d’abord, je vous propose un poème de Louis Aragon, poète inspirant et admiré par Jean d’Ormesson. Ensuite je vous proposerais les paroles d’une chanson de Johnny Halliday.

 C’est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d’incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes

Rien n’est si précieux peut-être qu’on le croit
D’autres viennent ils ont le coeur que j’ai moi-même
Ils savent toucher l’herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s’éteignent des voix

D’autres qui referont comme moi le voyage
D’autres qui souriront d’un enfant rencontré
Qui se retourneront pour leur nom murmuré
D’autres qui lèveront les yeux vers les nuages

Il y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin-là sera l’aube première
Il y aura toujours l’eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n’est le passant

C’est une chose au fond que je ne puis comprendre
Cette peur de mourir que les gens ont en eux
Comme si ce n’était pas assez merveilleux
Que le ciel un moment nous ait paru si tendre

Malgré tout je vous dit que cette vie fut telle
Qu’à qui voudra m’entendre à qui je parle ici
N’ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle

ormesson

Les portes du pénitencier
Bientôt vont se refermer
Et c’est là que je finirai ma vie
Comme d’autres gars l’ont finie

Pour moi, ma mère a donné
sa robe de mariée
Peux-tu jamais me pardonner
je t’ai trop fait pleurer

Le soleil n’est pas fait pour nous
C’est la nuit qu’on peut tricher
Toi qui ce soir as tout perdu
Demain, tu peux gagner

Oh, mères, écoutez-moi
Ne laissez jamais vos garçons
Seuls la nuit traîner dans les rues
Ils iront tout droit en prison

Et toi la fille qui m’a aimé
Je t’ai trop fait pleurer
Les larmes de honte que tu as versées
Il faut les oublier

Les portes du pénitencier
Bientôt vont se refermer
Et c’est là que je finirai ma vie
Comme d’autres gars l’ont finie

Johnny-Hallyday-est-mort-a-l-age-de-74-ans

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# 60 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Il fait de plus en plus froid par chez moi et les météorologues prévoient de la neige d’ici la fin de la semaine … grrr … Du coup ce temps me donne envie de vous proposer un poème sur cette saison froide. J’ai donc trouvé un texte de Jules Breton.

jules breton

Beau soir d’hiver

La neige – le pays en est tout recouvert –
Déroule, mer sans fin, sa nappe froide et vierge,
Et, du fond des remous, à l’horizon désert,
Par des vibrations d’azur tendre et d’or vert,
Dans l’éblouissement, la pleine lune émerge.

A l’Occident s’endort le radieux soleil,
Dans l’espace allumant les derniers feux qu’il darde
A travers les vapeurs de son divin sommeil,
Et la lune tressaille à son baiser vermeil
Et, la face rougie et ronde, le regarde.

Et la neige scintille, et sa blancheur de lis
Se teinte sous le flux enflammé qui l’arrose.
L’ombre de ses replis a des pâleurs d’iris,
Et, comme si neigeaient tous les avrils fleuris,
Sourit la plaine immense ineffablement rose.

neige

# 59 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Pour ce nouvel Instant Poésie, et vu que j’ai passé un super weekend sur Paris, je vous propose un texte de Isaac de Benserade sur notre belle capitale.

isaacdebenserade

Sur la ville de Paris

Rien n’égale Paris ; on le blâme, on le louë ;
L’un y suit son plaisir, l’autre son interest ;
Mal ou bien, tout s’y fait, vaste grand comme il est
On y vole, on y tuë, on y pend, on y rouë.

On s’y montre, on s’y cache, on y plaide, on y jouë ;
On y rit, on y pleure, on y meurt, on y naist :
Dans sa diversité tout amuse, tout plaist,
Jusques à son tumulte et jusques à sa bouë.

Mais il a ses défauts, comme il a ses appas,
Fatal au courtisan, le roy n’y venant pas ;
Avecque sûreté nul ne s’y peut conduire :

Trop loin de son salut pour être au rang des saints,
Par les occasions de pécher et de nuire,
Et pour vivre long-temps trop prés des médecins.

paris

# 58 – Instant Poésie

Bonsoir à tous,

Comme chaque jeudi, je vous propose un nouveau poème, ce soir, j’ai envie grâce à cet instant poésie dire à ma femme à quel point je l’aime. Cela fait maintenant plus de cinq ans que nous sommes mariés et plus de dix ans que l’on est ensemble. Et malgré toutes les difficultés de la vie nous sommes toujours autant soudés et unis à fond dans le projet que nous venons d’entreprendre. J’ai donc choisi un texte de Paul Verlaine qui exprime bien l’amour que je lui porte.

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Green

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.

J’arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encore de vos derniers baisers ;
Laissez-la s’apaiser de la bonne tempête,
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

mariage

# 56 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Je vous retrouve aujourd’hui, pour un nouvel Instant Poésie. Je viens de découvrir sur un compte Instagram, un poème que je ne connaissais pas et dont j’ai tout de suite eu envie de vous le faire découvrir, il s’agit de Albert Samain.

albert-samain

Viole

Mon coeur, tremblant des lendemains,
Est comme un oiseau dans tes mains
Qui s’effarouche et qui frissonne.

Il est si timide qu’il faut
Ne lui parler que pas trop haut
Pour que sans crainte il s’abandonne.

Un mot suffit à le navrer,
Un regard en lui fait vibrer
Une inexprimable amertume.

Et ton haleine seulement,
Quand tu lui parles doucement,
Le fait trembler comme une plume.

Il t’environne ; il est partout.
Il voltige autour de ton cou,
Il palpite autour de ta robe,

Mais si furtif, si passager,
Et si subtil et si léger,
Qu’à toute atteinte il se dérobe.

Et quand tu le ferais souffrir
Jusqu’à saigner, jusqu’à mourir,
Tu pourrais en garder le doute,

Et de sa peine ne savoir
Qu’une larme tombée un soir
Sur ton gant taché d’une goutte.

oiseau

# 55 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Pour ce nouvel Instant Poésie, je vous propose une très jolie chanson de Pierre de Ronsard.

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Ma maîtresse est toute angelette 

Chanson

Ma maîtresse est toute angelette,
Toute belle fleur nouvelette,
Toute mon gracieux accueil,
Toute ma petite brunette,
Toute ma douce mignonnette,
Toute mon coeur, toute mon oeil.

Toute ma grâce et ma Charite,
Toute belle perle d’élite,
Toute doux parfum indien,
Toute douce odeur d’Assyrie,
Toute ma douce tromperie,
Toute mon mal, toute mon bien.

Toute miel, toute reguelyce,
Toute ma petite malice,
Toute ma joie, et ma langueur,
Toute ma petite Angevine,
Ma toute simple, et toute fine,
Toute mon âme, et tout mon coeur.

Encore un envieux me nie
Que je ne dois aimer m’amie :
Mais quoi ? Si ce bel envieux
Disait que mes yeux je n’aimasse
Penseriez-vous que je laissasse,
Pour son dire, à n’aimer mes yeux ?

arbralettres

# 54 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Je vous retrouve comme chaque jeudi pour vous présenter un nouveau poème. Cette semaine j’ai choisi un texte de François-René de Chateaubriand. J’espère qu’il va vous plaire, et surtout n’hésitez pas si vous avez envie que je partage ici des textes des poètes que vous aimez ou même si vous même écrivez et que vous voulez partager.

chateaubriand

La forêt

Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude !
Prestiges de mon coeur ! je crois voir s’exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j’entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m’appeler.
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière,
Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux !
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d’un sauvage réduit,
Ce chèvrefeuille atteint d’un vent léger qui fuit,
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes voeux offerts !
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ?
D’autres vous rediront des amours étrangères ;
Moi de vos charmes seuls j’entretiens les déserts.

foret

# 53 – Instant Poésie

Bonsoir à tous,

Bon il est vrai que je n’ai pas posté d’Instant Poésie la semaine dernière et que aujourd’hui il est déjà pas forcément de bonne heure, mais bon, je viens seulement de me poser …

Je vous propose ce soir, des textes d’une personne que je trouve vraiment très talentueuse qui diffuse chaque jours ces poèmes sur son blog, Vents d’Horizon . Je vous invites d’ailleurs à vous s’y abonner c’est vraiment super agréable de lire tous les jours ces petites poésies.

Matin triste de septembre

Tu es un matin triste de septembre
Les vrilles transparentes de la brume
Dérobent tes yeux comme les fantômes
Des arbres humides et dénudés

Oh désir automnal et silencieux !
Matinée absente qui s’amenuise
Songe tout empli de ma solitude
Je t’aime, et je ne sais plus ton visage

Incessante blancheur, vigne spectrale autour
De mon coeur triste qui palpite lentement
Et qui succombe lentement
Comme une goutte
Entre tes lèvres

matin_brumeux

Sonnet pour un éclat

Elle avait les yeux verts, de pâles cheveux d’or
Et la voix un peu grave, un regard qui rêvait
Elle était la couleur plus vive de l’aurore
La braise dérobée aux branches de la nuit

Je voulais pour moi seul ce regard et ces lèvres
Je les cherchais comme un chemin dans les étoiles
Tout proche quelquefois son corps me souriait
Et l’ombre chuchotait au creux de nos silences

Mais quel vide existait tout autour de mon cœur !
Dans ce gouffre, éperdus, mes songes demeuraient
Ma bouche formulait des paroles sans vie

Et ma main n’osait toucher la sienne… À présent
Soleil voilé de brume elle vit loin de moi
Seul reste dans l’abîme un éclat de ses yeux

regard

# 52 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, dans cet Instant Poésie, je vais vous partager pour la première fois un texte de ma composition. J’ai écris celui-ci, car le weekend dernier, ce fut le baptême de mon petit filleul, Gabin. Alors, soyez indulgents et n’hésitez pas à me donner vos avis et conseils cela me ferait vraiment plaisir.

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Gabin

Un soir d’été, il y a tout juste un an,

J’appris avec honneur, mon nouveau rôle, Parrain.

Avec fierté, j’acceptai la confiance de tes parents

A partir de ce jour, me voilà un de tes anges gardiens.

 

Alors quel ne fut pas mon bonheur,

Ce jour de novembre à la maternité

Quand je pris dans mes bras ce bébé sans pleur

Que j’accompagnerais et guiderais pour l’éternité.

 

Donc, en ce jour, devant Dieu, pour ton baptême,

Je te le répète à toi mon petit bonhomme,

Chaque jour, je serais là, car je t’aime,

Pour t’épauler et te conseiller toute ta vie d’homme.

bapteme

# 51 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Comme tous les jeudi, je viens vous présenter un nouveau poème. Cette semaine, il s’agit d’un texte de Paul Scarron qui fut le premier mari de Françoise d’Aubigné qui deviendra plus tard Madame de Maintenon.

scarron

Superbes monuments de l’orgueil des humains

Sonnet

Superbes monuments de l’orgueil des humains,
Pyramides, tombeaux dont la vaine structure
A témoigné que l’art, par l’adresse des mains
Et l’assidu travail, peut vaincre la nature :

Vieux palais ruinés, chefs-d’oeuvre des Romains
Et les derniers efforts de leur architecture,
Colisée, où souvent ces peuples inhumains
De s’entr’assassiner se donnaient tablature :

Par l’injure des ans vous êtes abolis,
Ou du moins, la plupart, vous êtes démolis ;
Il n’est point de ciment que le temps ne dissoude.

Si vos marbres si durs ont senti son pouvoir,
Dois-je trouver mauvais qu’un méchant pourpoint noir,
Qui m’a duré deux ans, soit percé par le coude ?

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