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# 54 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Je vous retrouve comme chaque jeudi pour vous présenter un nouveau poème. Cette semaine j’ai choisi un texte de François-René de Chateaubriand. J’espère qu’il va vous plaire, et surtout n’hésitez pas si vous avez envie que je partage ici des textes des poètes que vous aimez ou même si vous même écrivez et que vous voulez partager.

chateaubriand

La forêt

Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude !
Prestiges de mon coeur ! je crois voir s’exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j’entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m’appeler.
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière,
Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux !
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d’un sauvage réduit,
Ce chèvrefeuille atteint d’un vent léger qui fuit,
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes voeux offerts !
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ?
D’autres vous rediront des amours étrangères ;
Moi de vos charmes seuls j’entretiens les déserts.

foret

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# 53 – Instant Poésie

Bonsoir à tous,

Bon il est vrai que je n’ai pas posté d’Instant Poésie la semaine dernière et que aujourd’hui il est déjà pas forcément de bonne heure, mais bon, je viens seulement de me poser …

Je vous propose ce soir, des textes d’une personne que je trouve vraiment très talentueuse qui diffuse chaque jours ces poèmes sur son blog, Vents d’Horizon . Je vous invites d’ailleurs à vous s’y abonner c’est vraiment super agréable de lire tous les jours ces petites poésies.

Matin triste de septembre

Tu es un matin triste de septembre
Les vrilles transparentes de la brume
Dérobent tes yeux comme les fantômes
Des arbres humides et dénudés

Oh désir automnal et silencieux !
Matinée absente qui s’amenuise
Songe tout empli de ma solitude
Je t’aime, et je ne sais plus ton visage

Incessante blancheur, vigne spectrale autour
De mon coeur triste qui palpite lentement
Et qui succombe lentement
Comme une goutte
Entre tes lèvres

matin_brumeux

Sonnet pour un éclat

Elle avait les yeux verts, de pâles cheveux d’or
Et la voix un peu grave, un regard qui rêvait
Elle était la couleur plus vive de l’aurore
La braise dérobée aux branches de la nuit

Je voulais pour moi seul ce regard et ces lèvres
Je les cherchais comme un chemin dans les étoiles
Tout proche quelquefois son corps me souriait
Et l’ombre chuchotait au creux de nos silences

Mais quel vide existait tout autour de mon cœur !
Dans ce gouffre, éperdus, mes songes demeuraient
Ma bouche formulait des paroles sans vie

Et ma main n’osait toucher la sienne… À présent
Soleil voilé de brume elle vit loin de moi
Seul reste dans l’abîme un éclat de ses yeux

regard

# 52 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, dans cet Instant Poésie, je vais vous partager pour la première fois un texte de ma composition. J’ai écris celui-ci, car le weekend dernier, ce fut le baptême de mon petit filleul, Gabin. Alors, soyez indulgents et n’hésitez pas à me donner vos avis et conseils cela me ferait vraiment plaisir.

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Gabin

Un soir d’été, il y a tout juste un an,

J’appris avec honneur, mon nouveau rôle, Parrain.

Avec fierté, j’acceptai la confiance de tes parents

A partir de ce jour, me voilà un de tes anges gardiens.

 

Alors quel ne fut pas mon bonheur,

Ce jour de novembre à la maternité

Quand je pris dans mes bras ce bébé sans pleur

Que j’accompagnerais et guiderais pour l’éternité.

 

Donc, en ce jour, devant Dieu, pour ton baptême,

Je te le répète à toi mon petit bonhomme,

Chaque jour, je serais là, car je t’aime,

Pour t’épauler et te conseiller toute ta vie d’homme.

bapteme

# 51 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Comme tous les jeudi, je viens vous présenter un nouveau poème. Cette semaine, il s’agit d’un texte de Paul Scarron qui fut le premier mari de Françoise d’Aubigné qui deviendra plus tard Madame de Maintenon.

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Superbes monuments de l’orgueil des humains

Sonnet

Superbes monuments de l’orgueil des humains,
Pyramides, tombeaux dont la vaine structure
A témoigné que l’art, par l’adresse des mains
Et l’assidu travail, peut vaincre la nature :

Vieux palais ruinés, chefs-d’oeuvre des Romains
Et les derniers efforts de leur architecture,
Colisée, où souvent ces peuples inhumains
De s’entr’assassiner se donnaient tablature :

Par l’injure des ans vous êtes abolis,
Ou du moins, la plupart, vous êtes démolis ;
Il n’est point de ciment que le temps ne dissoude.

Si vos marbres si durs ont senti son pouvoir,
Dois-je trouver mauvais qu’un méchant pourpoint noir,
Qui m’a duré deux ans, soit percé par le coude ?

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# 50 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Comme chaque jeudi, je vais vous proposer un poème. La particularité d’aujourd’hui est que nous sommes le jour de l’anniversaire de la mort de Charles Baudelaire, qui est décédé le 31 août 1867. Comme vous le savez, Baudelaire, reste et restera mon poète préféré de tous les temps. Pour cette occasion, j’ai donc décidé de vous présenter deux textes de ce merveilleux poète.

baudelaire

Bohémiens en voyage

La tribu prophétique aux prunelles ardentes
Hier s’est mise en route, emportant ses petits
Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits
Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes.

Les hommes vont à pied sous leurs armes luisantes
Le long des chariots où les leurs sont blottis,
Promenant sur le ciel des yeux appesantis
Par le morne regret des chimères absentes.

Du fond de son réduit sablonneux le grillon,
Les regardant passer, redouble sa chanson ;
Cybèle, qui les aime, augmente ses verdures,

Fait couler le rocher et fleurir le désert
Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert
L’empire familier des ténèbres futures.

bohémiens

Épigraphe pour un livre condamné

Lecteur paisible et bucolique,
Sobre et naïf homme de bien,
Jette ce livre saturnien,
Orgiaque et mélancolique.

Si tu n’as fait ta rhétorique
Chez Satan, le rusé doyen,
Jette ! tu n’y comprendrais rien,
Ou tu me croirais hystérique.

Mais si, sans se laisser charmer,
Ton œil sait plonger dans les gouffres,
Lis-moi, pour apprendre à m’aimer ;

Âme curieuse qui souffres
Et vas cherchant ton paradis,
Plains-moi !… sinon, je te maudis !

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# 49 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je vais vous proposer un petit poème de Edmond Rostand, très court mais que j’aime beaucoup.

Edmond-Rostand

Les Rois Mages

Ils perdirent l’étoile, un soir ; pourquoi perd-on
L’étoile ? Pour l’avoir parfois trop regardée,
Les deux rois blancs, étant des savants de Chaldée,
Tracèrent sur le sol des cercles au bâton.
Ils firent des calculs, grattèrent leur menton,
Mais l’étoile avait fui, comme fuit une idée.
Et ces hommes dont l’âme eût soif d’être guidée
Pleurèrent, en dressant des tentes de coton.
Mais le pauvre Roi noir, méprisé des deux autres,
Se dit « Pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres,
Il faut donner quand même à boire aux animaux. »
Et, tandis qu’il tenait son seau d’eau par son anse,
Dans l’humble rond de ciel où buvaient les chameaux
Il vit l’étoile d’or, qui dansait en silence.

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# 48 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, comme tous les jeudi, je vais vous présenter un poème. Cette fois, il s’agit d’un poème breton de Anatole Le Braz. J’espère que celui-ci vous plaira.

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Au lavoir de Keranglaz

L’étang mire des fronts de jeunes lavandières.
Les langues vont jasant au rythme des battoirs,
Et, sur les coteaux gris, étoilés de bruyères,
Le linge blanc s’empourpre à la rougeur des soirs.

Au loin, fument des toits, sous les vertes ramées,
Et, droites, dans le ciel, s’élèvent les fumées.

Tout proche est le manoir de Keranglaz, vêtu
D’ardoise, tel qu’un preux en sa cotte de maille,
Et des logis de pauvre, aux coiffures de paille,
Se prosternent autour de son pignon pointu.

Or, par les sentiers, vient une fille, si svelte
Qu’une tige de blé la prendrait pour sa soeur ;
C’est la dernière enfant d’un patriarche celte,
Et sa beauté pensive est faite de douceur.

Elle descend, du pas étrange des statues,
Et, soudain, au lavoir, les langues se sont tues.

L’eau même qui susurre au penchant du chemin
Se tait, sous ses pieds nus qui se heurtent aux pierres,
On voit courir des pleurs au long de ses paupières,
Et sa quenouille pend, inerte, de sa main…

L’étang mire, joyeux, des fronts de lavandières,
Et sait pourtant quel deuil ils porteront demain !…

lavoir

# 47 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, dans cet Instant Poésie, je vais vous présenter deux textes d’un poète belge, Yann Suerte que je ne connaissais pas encore il y a quelques jours. C’est Guilhaine Chambon, auteur du roman Résultat des courses et dont je vous avais aussi proposé un texte lors d’un précédent numéro de ce rendez-vous qui me l’a fait découvrir et je l’en remercie.

Je n’ai jamais vécu sans passion…
Elle m’a conduit à mes premiers pas, mes premiers émois…
Mes premiers mots, mes premières larmes…
Elle m’a emmené aux sommets des cathédrales,
au cœur des cirques antiques…
Elle m’a fait embrasser la vie à pleines mains…
Et j’ai aimé la danser plus que tout…
Je m’y suis aveuglé aussi…brûlé et détruit…
On l’a enchaînée…
ensevelie sous des gravats de titres haineux…
On l’a jugée et condamnée pour ses errements…
Mais je n’ai jamais vécu sans passion…
Et je ne vivrai plus sans elle…
Elle est mon feu, ma flamme…
Mon souffle et mon âme…
Elle est mon cœur…
Une, unique et inaliénable.

passion

L’atelier

Assise dessous les combles,
Juchée dessus le temps,
Elle s’enlace de ses amis,
S’angoisse de ses amants…
Et du bout de ses velours
Froisse d’invisibles absences,
Murmure d’indicibles caresses…
Elle s’entoile de sombre,
S’assombrit de lune
Et « s’enpleure » d’étoiles
Pendue aux silences des petites mains…
Assise dessous les combles,
Juchée dessus le temps,
Elle s’effile au gré des notes,
Au fil des pas, aux vers des poètes…
Et du bord de ses dentelles,
Se fronce d’impassibles attentes,
S’emmaille d’impossibles étreintes…
Elle se ganse de triste,
« S’entisse » de vieux
Et s’empèse de galons effacés.
Perdue aux silences des petites mains…
Assise dessous les combles,
Juchée dessus le temps,
Pendue dessus les cintres…
Perdue dessous les autres…
Et du bout de ses heures,
L’atelier s’endort…

atelier

# 46 – Instant Poésie

Bonsoir à tous,

Je ne suis pas très en avance aujourd’hui, mais je viens tout de même vous proposer ce soir un nouveau poème, et pour cette semaine, j’ai choisi de vous présenter un texte lu très récemment tiré du recueil Ironie du sort de Gabriella Bozzano.

ironie du sort

L’amour du poète

Vos cheveux semblables à l’ébène
Mettent en avant votre teint blême.
Vos courbes que jalousent les déesses
N’ont d’égale que votre jeunesse.

Sainte image que j’aime et vénère,
Je vous protège tel un Cerbère.
Radieuse femme vivant sous ma plume.
Belle Vénus naissant de l’écume.

Comprenez-moi jeune pucelle
Ne sera jamais assez belle.
Hélas, je ne suis qu’un poète.
Pour moi, vous n’êtes pas parfaite.

Et je ne désire que cette femme,
Celle capable de brûler mon âme.
Un jour, je voudrais la croiser
Pour ne plus jamais la quitter.

Arrêtez tous vos stratagèmes.
Pour moi, vous n’êtes que problèmes.
Partez ! Laissez moi donc en paix !
Elle seule est digne du verbe « aimer ».

peinture

# 45 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Aujourd’hui dans l’Instant Poésie, je vais vous faire découvrir un très joli texte de Guilhaine Chambon auteur de Résultat des courses dont vous pouvez retrouver ma chronique ici . Je tiens d’ailleurs à la remercier pour le partage et pour m’autoriser à publier sur mon blog.

Au jardin embaumé de silence

Au jardin embaumé de silence,
Le jour glisse comme un navire coule doucement
Le saule pleure effleurant une mare rosée
Où le jonc paresseux repose.
L’enfant a peur de son ombre
Dans la nuit qui s’étire et s’allonge
Et distille au poète rêveur,
Les premiers vers d’un dernier bonheur.
Il y a si longtemps qu’ il n’avait ouvert son cœur
A t-il perdu toute civilité?
Alors, sous le regard impassible
De l’ombre qui grandit
Sur la feuille blanche, il croque
Le rêve de toutes ses nuits
où les yeux rives dans l’immense
Le poète, lui pense..
Pense t-elle à lui?
Songe,soupir
Au loin, le vent fait gémir les feuilles
Le saule s’est noyé dans la mare rosée
Le ciel s’est allumé
L’enfant dort baignant dans son ombre.
Nuit saphir dans la pierre  du temps.
Il sait,
La brise referme la porte.
Jamais il n’étendra sa vie
Sur le fil au jardin tristesse
Les émotions qui le font  vibrer comme cette corde vivante
Sanglote sous l’archet.
Il garde au fond de lui l’envers de son décor
Venez sur la scène de sa vie
Mais,
Qui d’entre tous  a le meilleur rôle ?
Et le train des jours fuyant vers l’inconnu
Une voie sans gare, rase campagne, arrêt .
Il verse une dernière larme dans l’urne inviolable
De son cœur désabusé
Vivier du désespoir
Spasmes de tant d’espoirs
Oh toujours confondus dans l’instant illusoire.
Il saura se parer de dérisoire pour éviter le regard indiscret
De ceux qui ne sauront jamais…

Lui, ne sort jamais pour entrer chez quelqu un
Il ait quelqu’un en lui ,et tout lui semble si loin.
La feuille affamée de mots,
Il écrit comme l’eau s évapore
Il écrit comme d’autres se noient
Il écrit pour oublier, pour devenir buée.
Dans chaque phrase, tant il aime si fort
Il est le verbe et le sujet
Elle est son je, il est son toi.
Il rêve, à ses yeux
Deux perles que la passion n’arrive à sécher
A ses cheveux
Sculpture d’ébène venue d’un pays lointain
A son âme
Un puits, un drame.
Dans l’absolu silence, souvent il y pense.
La fleur émue de cet aveu se dévêt d’un pétale
Elle offre son cœur pâle aux regards, s’abandonne.
Il ne veut pas sucer le bonbon habitude,
Il préfère parcheminer son front des sillons de l’incertitude.
Assis au milieu des ténèbres, il se console
Il consume la solitude, ranger les choses à leur place
Et son cœur dans son écrin oscillant entre amour et oubli .
Ne pas tarir dans les silences et respirer de sa présence.
L’enfant s’éveille un bout de nuit usé au creux de son point serré.
Lui referme le livre doucement
Pour que ne s’évade pas cette poussière de tendresse
Et garder simplement
L’amer, le goût tenace d’avoir aimé et se souvenir comment tout s’efface.
Il sait
Il gardera ses yeux comme une source triste
Y  puiserat-il encore les mots de la tendresse?
Il referme le livre sans postscriptum
Le range sur l’étagère entre Vian et Appolinaire
Sa vie ne fut sans doute qu un étrange mystère
Il murmure…je l’aime

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