Archives du mot-clé poème

# 66 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Comme chaque jeudi, je viens aujourd’hui, partager avec vous un nouveau poème. J’ai choisi, un texte de Guilhaine Chambon, car j’aime vraiment beaucoup ce qu’elle écrit. Pour ce matin, ce sera un poème léger sur le verbe …

Le Verbe

Le verbe se balance entre son sujet et son complément
Se fige entre deux ponctuations
Chef d’orchestre de cette symphonie des mots
Il hésite entre deux conjugaisons
Puis se décide pour l’imparfait
Tout ne peut se conjuguer qu’à l’imparfait
Des ambigus et des tangentes
Territoire  des sentiments flous
Dans l’impalpable des incertitudes
Territoire des sentiments fous
Où l’inutile épouse l’illusoire.
Mots poudre d’insolence
Mots futiles en apparence
Mots utiles, mots aveu d’impuissance.
Le verbe ayant choisi son temps
Sème parfois le trouble, modère l’impatience du sujet
Ulcère parfois le complément qui se voudrait magnifié
Le verbe choisit souvent de se parer d’un auxiliaire.
verbe
Publicités

# 65 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous présenter un texte de Sherdan De Sheratan le créateur de l’univers de Aventures Arcanes dont le premier tome est sorti en roman l’année dernière, Périple sur la sente de Passemonde . Si l’univers vous intéresse, je vous conseils d’aller visiter et suivre la page Facebook de Aventures Arcanes – Collection .

Le Golem de Rosée

Mille milliards d’étoiles scintillent au-dessus de moi.
Elles dansent depuis la nuit des Temps sur le tapis étincelant de la nuit.
Je les regarde, allongé dans la verdure estivale de ce sommet hors d’atteinte des Hommes.
Autour de moi, herbes et boutons ondulent doucement sous la brise.
Marée de Fleurs que je ne puis qu’imaginer car je ne les verrai jamais.

Mille Milliards de Souvenirs tournent et au fond de moi.
Elles dansent depuis le crépuscule sur le tapis de ma vie qui s’enfuit.
Je les regarde, perché en équilibre instable sur mes émotions hors d’atteinte des Hommes.
En moi, pensées et regrets se bousculent violemment sous mes leçons bien apprises.
Marée de Sentiments que je ne puis qu’imaginer car je ne les verrai jamais.

Mille Milliards d’Hommes s’agitent au-dessous de moi.
Ils dansent depuis le Matin sur le tapis de la médiocrité qui les nourrit.
Je les regarde, agrippés à leurs vains Désirs d’Eternité, bien hors d’atteinte des Hommes.
Sous moi, cupidité et égoïsme s’épousent, convalescents, sous les bravos de la Traîtrise.
Marée de Chair que je ne veux imaginer et je me réjouis car je ne les verrai jamais.

Un feu embrase soudain les sommets enneigés
Je le vois poindre à l’horizon et déjà il réchauffe mon Cœur.
Je me consume déjà d’amour pour lui et déborde de Bonheur.
Car il est aussi ma mort annoncée.

Brève est ma vie, je suis le Golem de Rosée.
Je nais avec la nuit et me voilà déjà évaporé.
Surtout qu’aucune larme ne verse de vos yeux,
Puisque je vous le dis, j’étais heureux.

Voilà, j’espère que ce texte vous plaira autant qu’à moi. Vu que je trouve cela super intéressant, voici quelques explications de l’auteur sur le système de rime : « Le système de rime est différent d’un système standard puisque les deux premiers quatrains riment vers à vers entre eux, le troisième est en rime croisée et le dernier en rime classique. »

Je vous propose également une illustration dont Sherdan De Sheratan est le dessinateur.

The Way to no Spring Sherdan de Sheratan

# 64 – Instant Poésie

Bonjour les amis,

Comme annoncé la semaine dernière j’ai décidé de laisser de la place dans cet Instant Poésie à vous poètes amateurs ou à vous auteurs qui avez envie de faire connaitre et partager vos textes.

Pour démarrer, il m’est paru tout naturel de vous proposer un texte de Guilhaine Chambon auteure d’un de mes coups de coeur de l’année 2017, Résultat des courses que je vous conseille fortement tellement j’ai aimé cette histoire. Alors voilà, je vous propose un texte s’intitulant Les naufragés, que j’illustrerais à l’aide d’une peinture. J’essaierai chaque semaine justement, d’illustrer les textes avec des peintures, car je trouve cet art magnifique et tellement expressif.

Les naufragés

Perdus au milieu de la nuit
Les souvenirs se déchirant aux rochers
Se disloquent, s’entrechoquent,
S’ouvrent et saignent d’une écume de rage ;
Pas même cette lueur parme
Qui montrerait où accoster.
La ciel s’est vêtu d’encre noire
Pas un étoile qui veille, et moi qui guettais,
Et moi qui guettais quoi ?
Il faudrait revenir au port, à la source, à la vérité,
Mais le vent sombre m’emporte.
Et dire que c’est l’heure où tous,
Enfouis dans leurs rêves, atteignent la rive du lendemain.
J’ouvre les yeux, plus rien au creux de ma main.
Plus rien !
Où est l’amour dans ce tas immonde de corps enchevêtrés
De jours raccommodés, rapiécés, ravaudés,
De fils invisibles, sutures douloureuses
Qui de jour en jour se creusent?
Cicatrices bleutées.
Où est l’amour?
Oh souvenirs désolants qui dégoulinent de leur venin,
Du sang pousse au rosier,
Le printemps est en joie.
Mais où est-il?
Mais où es-tu ?
Toi,
Où es-tu caché dans la meute des hommes ?
La vie rebrousse chemin,
Tu détournes les yeux, trop peur
Du tête à tête
Tu joues et t’évapores
Comme une perle perdue dans le corridor.
Sous ton masque d’impuissance
Tu caches ta part d’ombre et cherches la lumière
Artificielle, tu brilles, tu crois être, tu es.
Et le rideau s’éteint, retour à toi-même.
Tu es toujours un autre pour ne plus être toi-même.
Il est loin le rivage, le phare a fermé les yeux
Il ne veut être le témoin de ces dégâts
Ne veut pas avoir à dire j’ai vu. Voilà.
La roche du silence où le flot va mourant,
La roche du silence où le flot va naissant.
La lune s’est faite invisible, noyée dans je ne sais quelle brume
Ouate noire retenant l’hémorragie du ciel.
Pas une étoile ne se risque à mettre le nez dehors.
Tout est figé, mais si le vent balance aux flots
Les derniers cris humains, l’amour écartelé,
Demain aura-t-il du soleil plein la tête
Et les yeux brillants de la fièvre de la passion?
Un oiseau tient dans son bec les débris,
Confettis de cœurs ; le goéland disperse
Dans ce dernier jour naissant, une pluie,
Pluie d’amour,
Pluie de néant.
Que pourrait donc pousser,
Dans un cœur devenu stérile,
Où même le regard n’esquisse plus un sourire ?
La nuit avait encore un peu de mousse au bord des cils,
Elle était mal démaquillée de ses absurdes rêveries
Voilà la terre, eux, les autres
Foule anonyme je vais frotter ma peau
À la pierre ponce de vos regards.

Les_naufrages_de_Turannos_II-MS

Les naufragés de Turannos II de Priscille Deborah

# 63 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, c’est un Instant Poésie un peu spécial que je vous propose. En effet, j’ai décidé cet année de mettre en avant vos talents de poètes et de partager avec vous des textes d’auteurs d’aujourd’hui, qui ne sont pas forcément connus.

poésie 1

Mon but étant que chaque jeudi de cette année, je puisse proposer sur mon blog un nouveau texte.

Alors, si vous êtes un poète amateur, un poète chevronné, un écrivain de roman écrivant aussi de la poésie, ce rendez-vous est fait pour vous. Il ne vous reste plus qu’une chose à faire c’est de me contacter avec le formulaire ci-dessous :

J’espère que vous serez nombreux à me proposer vos textes et tout aussi nombreux à venir les lires, je vous attends donc la semaine prochaine pour un nouvel Instant Poésie.

poésie 2

 

# 62 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Après quelques semaines d’absences de ce rendez-vous, je vous propose aujourd’hui un nouvel Instant Poésie. J’ai choisi un poème de Louis Bouilhet dont le thème est le vent, thème forcément d’actualité car ce dernier souffle sans discontinué depuis plusieurs jours et cela en devient vraiment fatiguant.

bouilhet

Ce n’est pas le vent seul …

Ce n’est pas le vent seul, quand montent les marées,
Qui se lamente ainsi dans les goémons verts,
C’est l’éternel sanglot des races éplorées !
C’est la plainte de l’homme englouti sous les mers.

Ces débris ont vécu dans la lumière blonde ;
Avant toi, sur la terre ils ont marqué leurs pas.
Contemple avec effroi ce qui reste d’un monde,
Et d’un pied dédaigneux ne les repousse pas.

Ne les méprise pas ! Tu connaîtras toi-même,
Sous ce soleil plus large étalé dans tes cieux,
Ce qu’il faut de douleur pour crier un blasphème
Et ce qu’il faut d’amour pour pardonner aux dieux !

Ne les méprise pas ! Les destins inflexibles
Ont posé la limite à tes pas mesurés ;
Vers le rayonnement des choses impassibles
Tu tendras comme nous des bras désespérés.

Tu n’es pas le dernier ! D’autres viennent encore
Qui te succéderont dans l’immense avenir ;
Toujours sur les tombeaux se lèvera l’aurore
Jusqu’au temps inconnu qui ne doit pas finir !

marée

# 61 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Dans ce nouvel Instant Poésie, j’ai envie de rendre hommage à deux Grands Messieurs qui nous ont quittés ces derniers jours. Tout d’abord, je vous propose un poème de Louis Aragon, poète inspirant et admiré par Jean d’Ormesson. Ensuite je vous proposerais les paroles d’une chanson de Johnny Halliday.

 C’est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d’incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes

Rien n’est si précieux peut-être qu’on le croit
D’autres viennent ils ont le coeur que j’ai moi-même
Ils savent toucher l’herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s’éteignent des voix

D’autres qui referont comme moi le voyage
D’autres qui souriront d’un enfant rencontré
Qui se retourneront pour leur nom murmuré
D’autres qui lèveront les yeux vers les nuages

Il y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin-là sera l’aube première
Il y aura toujours l’eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n’est le passant

C’est une chose au fond que je ne puis comprendre
Cette peur de mourir que les gens ont en eux
Comme si ce n’était pas assez merveilleux
Que le ciel un moment nous ait paru si tendre

Malgré tout je vous dit que cette vie fut telle
Qu’à qui voudra m’entendre à qui je parle ici
N’ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle

ormesson

Les portes du pénitencier
Bientôt vont se refermer
Et c’est là que je finirai ma vie
Comme d’autres gars l’ont finie

Pour moi, ma mère a donné
sa robe de mariée
Peux-tu jamais me pardonner
je t’ai trop fait pleurer

Le soleil n’est pas fait pour nous
C’est la nuit qu’on peut tricher
Toi qui ce soir as tout perdu
Demain, tu peux gagner

Oh, mères, écoutez-moi
Ne laissez jamais vos garçons
Seuls la nuit traîner dans les rues
Ils iront tout droit en prison

Et toi la fille qui m’a aimé
Je t’ai trop fait pleurer
Les larmes de honte que tu as versées
Il faut les oublier

Les portes du pénitencier
Bientôt vont se refermer
Et c’est là que je finirai ma vie
Comme d’autres gars l’ont finie

Johnny-Hallyday-est-mort-a-l-age-de-74-ans

# 60 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Il fait de plus en plus froid par chez moi et les météorologues prévoient de la neige d’ici la fin de la semaine … grrr … Du coup ce temps me donne envie de vous proposer un poème sur cette saison froide. J’ai donc trouvé un texte de Jules Breton.

jules breton

Beau soir d’hiver

La neige – le pays en est tout recouvert –
Déroule, mer sans fin, sa nappe froide et vierge,
Et, du fond des remous, à l’horizon désert,
Par des vibrations d’azur tendre et d’or vert,
Dans l’éblouissement, la pleine lune émerge.

A l’Occident s’endort le radieux soleil,
Dans l’espace allumant les derniers feux qu’il darde
A travers les vapeurs de son divin sommeil,
Et la lune tressaille à son baiser vermeil
Et, la face rougie et ronde, le regarde.

Et la neige scintille, et sa blancheur de lis
Se teinte sous le flux enflammé qui l’arrose.
L’ombre de ses replis a des pâleurs d’iris,
Et, comme si neigeaient tous les avrils fleuris,
Sourit la plaine immense ineffablement rose.

neige

# 59 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Pour ce nouvel Instant Poésie, et vu que j’ai passé un super weekend sur Paris, je vous propose un texte de Isaac de Benserade sur notre belle capitale.

isaacdebenserade

Sur la ville de Paris

Rien n’égale Paris ; on le blâme, on le louë ;
L’un y suit son plaisir, l’autre son interest ;
Mal ou bien, tout s’y fait, vaste grand comme il est
On y vole, on y tuë, on y pend, on y rouë.

On s’y montre, on s’y cache, on y plaide, on y jouë ;
On y rit, on y pleure, on y meurt, on y naist :
Dans sa diversité tout amuse, tout plaist,
Jusques à son tumulte et jusques à sa bouë.

Mais il a ses défauts, comme il a ses appas,
Fatal au courtisan, le roy n’y venant pas ;
Avecque sûreté nul ne s’y peut conduire :

Trop loin de son salut pour être au rang des saints,
Par les occasions de pécher et de nuire,
Et pour vivre long-temps trop prés des médecins.

paris

# 58 – Instant Poésie

Bonsoir à tous,

Comme chaque jeudi, je vous propose un nouveau poème, ce soir, j’ai envie grâce à cet instant poésie dire à ma femme à quel point je l’aime. Cela fait maintenant plus de cinq ans que nous sommes mariés et plus de dix ans que l’on est ensemble. Et malgré toutes les difficultés de la vie nous sommes toujours autant soudés et unis à fond dans le projet que nous venons d’entreprendre. J’ai donc choisi un texte de Paul Verlaine qui exprime bien l’amour que je lui porte.

220px-CarrierePortraitVerlain

Green

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.

J’arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encore de vos derniers baisers ;
Laissez-la s’apaiser de la bonne tempête,
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

mariage

# 56 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Je vous retrouve aujourd’hui, pour un nouvel Instant Poésie. Je viens de découvrir sur un compte Instagram, un poème que je ne connaissais pas et dont j’ai tout de suite eu envie de vous le faire découvrir, il s’agit de Albert Samain.

albert-samain

Viole

Mon coeur, tremblant des lendemains,
Est comme un oiseau dans tes mains
Qui s’effarouche et qui frissonne.

Il est si timide qu’il faut
Ne lui parler que pas trop haut
Pour que sans crainte il s’abandonne.

Un mot suffit à le navrer,
Un regard en lui fait vibrer
Une inexprimable amertume.

Et ton haleine seulement,
Quand tu lui parles doucement,
Le fait trembler comme une plume.

Il t’environne ; il est partout.
Il voltige autour de ton cou,
Il palpite autour de ta robe,

Mais si furtif, si passager,
Et si subtil et si léger,
Qu’à toute atteinte il se dérobe.

Et quand tu le ferais souffrir
Jusqu’à saigner, jusqu’à mourir,
Tu pourrais en garder le doute,

Et de sa peine ne savoir
Qu’une larme tombée un soir
Sur ton gant taché d’une goutte.

oiseau