Archives pour la catégorie Les chroniques de RevanBane

Le veilleur des songes

Autrice : Elisabeth Larbre

Éditions : Fauves Éditions

Genre : Contemporain

Titre : Le veilleur des songes

Quatrième de couverture :

Une nuit d’automne, les habitants d’un charmant village se trouvent confrontés à un drame aussi terrible qu’inattendu. Dès lors ce joli cadre champêtre va devenir malgré lui le théâtre de lourdes révélations. Par la bouche et les yeux d’un mystérieux narrateur, le lecteur se voit entraîné au fin fond de cette campagne secouée par les secrets bien gardés de ses habitants. Chacun tisse sa toile et très vite la vie de tous se mêle et s’entremêle. Un couple se déchire, un ado à l’esprit fragile et pervers fait les quatre cents coups, un paysan aux mœurs inavouables se confronte à un capitaine de gendarmerie, un jeune veuf solitaire, ivre du matin au soir, devient pour tous ou presque la cible parfaite…

Quelques mots sur l’autrice :

Élisabeth Larbre habite dans les Côtes-d’Armor. 

En parallèle d’une carrière de biochimiste, elle a toujours cultivé une passion pour l’art, par la pratique de la musique, du théâtre ou de l’écriture.

Ma chronique :

Je tiens à remercier Elisabeth Larbre et les éditions Fauves pour l’envoi de ce roman.

Dans ce roman, le second de cette autrice, nous faisons la connaissance d’un narrateur omniscient, j’ai trouvé cette idée très originale et cela amène une réelle proximité entre le lecteur et le conteur, ce veilleur des songes qui observe sans pouvoir intervenir la vie dans ce village de campagne. Il y a un vrai côté nature dans ce roman qui forcément m’a plu.

Ce roman est un savant mélange de polar et de drame social, tout commence avec un banal accident de voiture mais cela va entraîner toute une communauté dans une sorte de spirale infernale. Le rythme est bien mené, l’écriture est fluide et l’on suit l’enquête avec plaisir. Un gros point fort de ce roman selon moi c’est la psychologie des personnages… Elisabeth Larbre a imaginé des personnages qui ont tous pour une raison ou une autre une extrême solitude en eux. J’ai adoré Linda et Clément par exemple.

Ce roman se lit comme un conte, une sorte d’histoire qui nous retourne le cerveau jusqu’à la toute fin. Cela m’a un peu fait l’effet, vous savez, d’être un jeune, parmi d’autre assis autour d’un vieux monsieur qui nous conterait une histoire. J’ai vraiment bien aimé cette lecture qui sort de l’ordinaire.

Ma note : 08 / 10

L’enfant étoile

Autrice : Katrine Engberg

Édition : Fleuve Noir

Genre : Thriller

Titre : L’enfant étoile

Quatrième de couverture :

En plein centre-ville de Copenhague, une jeune étudiante est retrouvée dans son appartement sauvagement assassinée, le visage marqué par d’étranges entailles. L’inspecteur Jeppe Korner et son équipière Annette Werner, chargés de l’affaire, découvrent rapidement que le passé de la victime contient de lourds secrets. Quant à la propriétaire de l’immeuble et également voisine, Esther, elle est en train d’écrire un roman qui relate dans les moindres détails le déroulement du meurtre.
Simple coïncidence ou plan machiavélique ?
Commence alors pour Jeppe et Annette une plongée au cœur d’une ville dans laquelle les apparences sont morte

Quelques mots sur l’autrice :

Katrine Engberg est née en 1975 à Copenhague. Elle travaille pour la télévision et le théâtre. Son premier roman a connu un succès international et l’a installée comme l’une des nouvelles stars du polar scandinave.

Ma chronique :

Voici un nouveau roman que j’ai eu la chance de lire grâce à BePolar. D’ailleurs je les remercie ainsi que les Éditons Fleuve pour cet envoi. Ce premier roman de Katrine Engberg sort en librairie le 7 janvier 2021.

Ce que je peux tout de suite vous dire c’est que c’est un premier roman réussi et que je l’ai dévoré en une journée. Ce qui est plutôt bon signe. Katrine Engberg signe donc ici un thriller de qualité. Un meurtre atroce, un duo d’enquêteurs percutant, même s’il manque un peu d’originalité, et des personnages tous très bien travaillés même ceux qui sont au second plan.

J’ai apprécié le fait d’être complètement plongé dans l’enquête, au milieu de tous ces flics et services techniques, j’ai trouvé ça intéressant. Car même si l’on suit principalement les deux enquêteurs principaux, les autres flics ne sont pas oubliés et on sait ce qu’ils font. Le côté procédurier dans ce roman est pour moi une réussite.

Concernant l’intrigue, je l’ai trouvé intéressante, même si j’ai découvert l’assassin assez rapidement, je me suis quand même fait avoir à la fin, ce qui est toujours plaisant. Il y a plein de pistes explorées par les enquêteurs et forcément cela nous embrouille et rend la lecture palpitante. La preuve je n’ai pas réussi à le lâcher. De plus, j’ai trouvé l’idée du roman dans le roman super, cela apporte encore un peu plus de mystère.

Voilà donc un thriller scandinave très réussi. J’ai passé un très bon moment de lecture.

Ma note : 09 / 10

Rumeur 1789

Autrice : Anne Villemin-Sicherman

Édition : Éditions 10 / 18

Genre : Polar historique

Titre : Rumeur 1789

Quatrième de couverture :

L’hiver 1788-1789 est si rude que la Moselle gèle à Metz. La misère désespère le peuple tandis que les privilégiés donnent des réceptions musicales, se livrent au libertinage et vivent dans l’insouciance.
Lors des élections aux états généraux, des factions rivales s’affrontent d’une manière préoccupante. Dans tout le pays, des rumeurs inquiétantes accusent des bandes de pillards d’attaquer les villages et laissent entendre que les Juifs se livrent à des trafics…
Alors que s’accumulent les menaces de troubles populaires, l’artiste vétérinaire Augustin Duroch découvre un cadavre pris dans les glaces : celui d’un vigneron employé par de grandes familles bourgeoises. Règlement de compte politique ? Implications des plus hautes personnalités ? Plus les pistes se précisent, plus Duroch voit les menaces s’accumuler.

Quelques mots sur l’autrice :

Issue d’une famille de vétérinaires, Anne Villemin-Sicherman est médecin. Passionnée par le XVIIIe siècle, elle a créé une série de thrillers historiques Les enquêtes d’Augustin Duroch, qui nous plongent au cœur de la vie quotidienne sous l’Ancien Régime.

Ma chronique :

Je vous présente aujourd’hui ma chronique d’une nouvelle aventure de l’artiste vétérinaire Augustin Duroch. Je remercie l’autrice et les éditions 10 / 18 pour l’envoi de ce roman et pour leur confiance. Après, L’abbé Grégoire s’en mêle voici donc mon avis sur Rumeur 1789.

Avec cette nouvelle aventure, nous sommes plongés vraiment à la veille de La Révolution Française, fin d’année 1788 et les premiers mois de l’année 1789. Comme dans son précédent roman on peut sentir la passion qu’à l’autrice pour cette période de notre histoire, c’est extrêmement précis. Je pense que c’est vraiment le gros point fort de ce roman, le côté historique très prononcé. À la différence de l’abbé Grégoire s’en mêle, je trouve qu’ici l’Histoire prend le pas sur l’enquête, ce qui pourrait en freiner certain.

Pour ma part, même si effectivement j’ai trouvé que l’enquête n’était qu’au final un fil rouge et qu’une fois refermé ce livre je n’en retiens pas grand chose, j’ai apprécié en apprendre davantage sur le peuple français en province, ici à Metz, sur ce qui a emmené ce peuple à se soulever et à prendre les armes. J’ai trouvé intéressant d’avoir plusieurs points de vue, la noblesse, la bourgeoisie, les juifs, le tiers état.

Concernant les personnages, encore une fois j’ai vraiment apprécié le traitement de chacun, en particulier Augustin Duroch, Éléonore de Cussange et la bonne Rosalie. Je trouve que chacun y trouve sa place. Et comme dans le roman précédent, les passages du « journal d’Éléonore » apportent de la fraicheur et viennent faciliter la lecture de ce beau pavé. À contrario, j’ai trouvé que la harpiste et son pianiste ainsi que Mme De Lassalle n’apportaient pas grand chose, même si cette dernière est mêlée à l’enquête. Après réflexion, je me dis que l’autrice à certainement voulu montrer qu’une partie de la noblesse et de la haute bourgeoisie avait des préoccupations à mille lieux des besoins de la misère du peuple.

Voilà donc encore un bon roman que j’ai trouvé passionnant malgré quelques longueurs descriptives. Je ressors de cette lecture ayant appris plusieurs choses et c’est toujours appréciable.

Ma note : 08 / 10

Justin Sharendi et le Royaume suspendu

Auteur : Jérôme Nourisson

Édition : Auto-édition

Genre : Fantasy

Titre : Justin Sharendi et le Royaume Suspendu

Quatrième de couverture :

À douze ans, Justin Sharendi n’a connu que l’orphelinat Monroe, où il a été abandonné peu après sa naissance. Seuls son amitié indéfectible pour Erin et son amour secret pour Mégane viennent adoucir la vie morose qu’il y endure au quotidien.

Tout bascule lorsqu’au détour d’une visite au muséum, le jeune garçon se trouve convié à un étrange rendez-vous nocturne. Des révélations en lien avec ses origines le conduisent alors dans une magnifique aventure, très loin de là.

Il y découvre un monde insoupçonné, peuplé de gens aux pouvoirs magiques et aux savoirs ancestraux. Un véritable paradis s’il n’était pas devenu la cible d’actes aussi malveillants qu’anonymes. 

Justin et ses nouveaux amis parviendront-ils à démasquer la mystérieuse silhouette à la cape qui rode la nuit sur le royaume ? Désamorceront-ils l’infâme complot risquant de mettre en péril la planète entière ?

Quelques mots sur l’auteur :

Né dans les années 80, Jérôme Nourisson a passé son enfance à arpenter les terrains de sport plus qu’à se passionner pour la lecture. Fâché assez jeune avec les livres, ce n’est qu’à l’âge de 25 ans qu’une certaine J.K.Rowling le réconcilie avec la littérature et fait naître chez lui l’envie d’écrire à son tour. L’idée germe un long moment dans sa tête avant qu’il ne se lance dans l’élaboration de son premier roman, en parallèle de son activité de masseur-kinésithérapeute. Après plusieurs années de travail, celui-ci sortira finalement en auto-édition en novembre 2020.

Ma chronique :

Je suis content de vous parler aujourd’hui de ce livre. Il s’agit du premier roman de Jérôme Nourisson, un auteur de chez moi, et du premier tome d’une saga de fantasy qui s’annoncent vraiment prometteuse.

J’ai donc fait la découverte de Justin Sharendi, un jeune orphelin à qui il va arriver de belles aventures. L’univers créé par Jérôme est vraiment très original et très beau. C’est un premier tome qui pose les bases mais dans lequel on ne s’ennui pas. J’ai dévoré les pages sans pouvoir m’arrêter. Ce jeune héros va donc découvrir un monde enchanteur dont il ne soupçonnait pas l’existence, un monde merveilleux et plein de magie. Dès son arrivée dans ce Royaume suspendu, Justin va espérer trouver des traces de ses parents et va être surpris d’être considéré comme un élu. Il va donc vivre dans ce premier tome quelques aventures dans ce royaume et essayer d’en apprendre plus sur lui. J’ai bien aimé suivre ses pas et découvrir en même temps que lui ce monde de magie.

J’ai apprécié la plume de Jérôme, car même si ce roman va viser un public plutôt jeune, j’ai passé de bons moments et cela ne gène pas la lecture pour des adultes. C’est vraiment un très bon roman et j’ai très hâte de lire la suite. Il y a pas mal de marqueurs communs avec un autre orphelin que nous connaissons bien, Harry Potter, mais cela ne gâche en rien l’originalité de cette histoire. De plus, pour en avoir discuté avec l’auteur qui a conscience qu’il est facile de trouver quelques similitudes entre son roman et la saga phénomène de J.K. Rowling, la suite va prendre toute son indépendance vis à vis du jeune sorcier.

Un élément très intéressant que j’ai trouvé dans ce premier tome c’est l’écologie et la mise en avant de la planète et des éléments naturels. Je trouve que cela apporte une vrai originalité et un effet d’actualité, c’est un gros plus pour cette saga. Vous l’aurez donc compris j’ai fortement apprécié ce premier tome et attend la suite avec impatience. Je ne peux que vous conseiller de découvrir cette histoire et de la faire découvrir aux jeunes de vos entourages.

Ma note : 10 / 10

Ad-Diction

Autrice : Guilhaine Chambon

Édition : Le Lys Bleu

Genre : Contemporain

Titre : Ad-Diction

Quatrième de couverture :

Ce livre nous plonge au cœur de la vie d’une femme, Marthe, la soixantaine.
Une vie banale, une fille qui représente beaucoup pour elle. Tout va basculer le jour où elle tombe dans la lecture comme d’autres dans la drogue. Elle qui ne lisait pas va se découvrir une passion pour les livres, en trouvant par hasard L’écume des jours de Boris Vian abandonné sur un siège du métro.
À partir de ce jour, sa passion va grandir et prendre une part démesurée dans sa vie.
Comme toute addiction, la lecture a aussi des effets pervers. Un jour, elle décide sur un coup de tête de voler deux livres à fort tirage dans une librairie pour les jeter à la poubelle.
C’est le début d’un engrenage plutôt kafkaïen avec condamnation du tribunal, obligation de se soigner, psy et groupe de paroles…
Ce livre nous fait basculer insensiblement dans un univers surréaliste et angoissant et se situe dans la lignée de Kafka et Boris Vian.

Quelques mots sur l’autrice :

De formation juridique et littéraire, Guilhaine Chambon a mené de front une vie de mère de famille active, tout en s’adonnant à ses passions artistiques. Comédienne au théâtre comme au cinéma, modèle pour photographe, elle écrit depuis très longtemps. Poésie, monologues, pièces de théâtre. Elle a participé à divers festivals à Paris où ses textes mis en scène furent très appréciés par le public. 

Porteuse de projets au théâtre, elle pratique aussi la peinture et la sculpture. 

Résultat des courses : Lauréate au grand prix Poésie RATP 2016, finaliste grand prix de court (poésie) Short édition 2017, en lice pour le grand prix poésie Short édition 2018 .

Ma chronique :

Oh qu’il est difficile pour moi de faire cette chronique. Je m’explique depuis ma lecture de Résultat des courses , nous avons beaucoup échangé avec Guilhaine, jusqu’à devenir des amis. Alors lorsqu’elle m’a demandé de lire ses premières ébauches de son second roman Ad-Diction j’étais super content. À partir de là, j’ai vu l’avancé de ce roman jusqu’à sa finalisation, je l’ai relu dans sa presque dernière version et j’ai suivi son chemin vers une maison d’éditions. C’est donc un peu compliqué d’émettre un avis objectif sur un roman que l’on a vu murir et grandir jusqu’à devenir l’objet que vous allez avoir la chance de tenir dans vos mains. Mais bon on va essayer.

Ad-Diction où de savoir si la passion qui nous anime tous, moi et vous qui me lisez ici, la lecture est une drogue pour laquelle nous pouvons être atteint d’addiction et de manque. Bon moi tout de suite je vous dit que oui, pour moi la lecture est une vraie drogue mais je ne vais pas me plaindre. Dans ce roman, il s’agit de Marthe, une petite dame ayant découvert la lecture sur le tard mais qui est tombée complètement dedans grâce à L’écume des jours de Boris Vian, rien que çà. Alors quand à la suite d’une petite bêtise un juge vient lui signifier qu’elle est atteint d’une addiction sévère à la lecture et que pour guérir elle va devoir faire un séjour dans une clinique spécialisée et participer à des groupes de paroles, rien ne va plus.

J’ai vraiment apprécié cette lecture et la manière dont Guilhaine Chambon traite l’addiction avec un regard léger et une plume plein d’humour. Suivre Marthe dans ses pérégrinations fut vraiment un plaisir. Et partager avec elle cette passion dévorante qu’est la lecture fut jubilatoire. Les personnages sont attachants, on ne s’ennuie pas une seconde. La plume de Guilhaine est simple et efficace, c’est un très bon roman que je ne peux que vous conseiller.

Ma note : 10 / 10

Le bleu au-delà

Auteur : David Vann

Édition : Gallmeister

Genre : Contemporain

Titre : Le bleu au-delà

Quatrième de couverture :

Roy est encore un enfant lorsque son père, James Fenn, dentiste et pêcheur professionnel raté, se suicide d’une balle dans la tête. Tout au long de sa vie, Roy ressassera ce drame qui deviendra son obsession mais aussi une source, douloureuse, d’inspiration. Comment se créent et se transmettent les légendes familiales ? Quelles histoires notre mémoire choisit-elle de garder et sous quelle forme ? À partir de quelques moments intimes éparpillés dans le temps – faiblesses, infidélités, désirs, contemplations – se met en place une histoire de perte, d’amour tendre et de retrouvailles imaginaires dans les espaces sauvages de l’Alaska.

Quelques mots sur l’auteur :

David Vann naît en 1966 sur l’île Adak, en Alaska, où il passe une partie de son enfance avant de s’installer en Californie avec sa mère et sa sœur. Quand il a treize ans, son père se suicide : ce drame marque très fortement le jeune garçon et le poursuivra toute sa vie.

David Vann travaille à l’écriture d’un premier roman pendant dix ans avant de rédiger en dix-sept jours, lors d’un voyage en mer, le livre qui deviendra Sukkwan Island. Pendant douze ans, il cherche sans succès à se faire publier aux États-Unis : aucun agent n’accepte de soumettre le manuscrit, jugé trop noir, à un éditeur. Ses difficultés à faire publier son livre le conduisent vers la mer : il gagne alors sa vie en naviguant pendant plusieurs années dans les Caraïbes et en Méditerranée.

Après avoir traversé les États-Unis en char à voile et parcouru plus de 40 000 milles sur les océans, il échoue lors de sa tentative de tour du monde en solitaire sur un trimaran qu’il a dessiné et construit lui-même. En 2005, il publie A mile down, récit de son propre naufrage dans les Caraïbes lors de son voyage de noces quelques années plus tôt. Ce livre fait partie de la liste des best-sellers du Washington Post et du Los Angeles Times.

Ce premier succès lui permet de gagner partiellement sa vie grâce à l’écriture et il commence à enseigner. Il propose alors Sukkwan Island à un concours de nouvelles qu’il remporte et, en guise de prix, voit son livre publié en 2008 aux Presses de l’Université du Massachusetts. L’ouvrage est tiré à 800 exemplaires, puis réimprimé suite à la parution d’une excellente critique dans le New York Times. Au total, ce sont pourtant moins de 3 000 exemplaires de cette édition qui sont distribués sur le marché américain.

Publié en France en janvier 2010, David Vann est aujourd’hui traduit en dix-huit langues dans plus de soixante pays. Une adaptation cinématographique par une société de production française est en cours.

David Vann est également l’auteur de DésolationsImpursGoat MountainDernier jour sur terreAquariumL’Obscure clarté de l’air et Un poisson sur la lune. Il partage aujourd’hui son temps entre la Nouvelle-Zélande où il vit et l’Angleterre où il enseigne, tous les automnes, la littérature.

Ma chronique :

David Vann, me revoilà à lire un de ses livres et c’est toujours une aventure avec cet auteur. Il est de ces auteurs qui vous épuisent psychologiquement, on ne ressort jamais indemne avec lui. Le bleu au-delà est un recueil de nouvelles. À la base, David Vann a écrit un recueil, Legend of a suicide dont faisait également parti Sukkwan Island. Gallmeister nous propose donc avec ce petit livre les autres nouvelles inédites en France.

Et si Roy n’était pas mort sur Sukkwan Island ? Si à 13 ans il avait subi le suicide de son père ? Comment se serait-il construit ? Car elle est là la question en fil rouge dans toutes ces nouvelles : Comment se construire sans le père ? Comment grandir et vivre sa vie d’homme quand le père s’est fait explosé la tête et qu’il laisse un grand vide, une absence pesante ?

Les thèmes abordés dans ces nouvelles sont donc le suicide, la mort, la famille… Rien de très joyeux… Mais heureusement David Vann, expert comme il l’est y glisse la nature. Une nature froide et austère, l’Alaska, mais une nature qui vient apporter la bouffée d’oxygène que l’on a besoin avec cette lecture.

Nous le savons, David Vann, est quelqu’un de torturé… En même temps avec un père qui se suicide là aussi à l’âge de 13 ans ce n’est pas évident. Mais il prouve encore une fois qu’il est unique dans son genre. Ok, quand on le lit, il nous épuise psychologiquement mais c’est tellement bien écrit, c’est juste dingue.

Il m’a donc emporté dans sa folie à travers ces différentes nouvelles. Je les ai trouvées toutes complémentaires les une des autres. Elles montrent le cheminement qu’a du faire Roy (et David Vann je suppose) pour affronter la tragédie du suicide de son père. Il y a par contre une nouvelle qui m’a vraiment dérangé et mis mal à l’aise, celle qui parle de la grand-mère de Roy et des cérémonies pour les défunts, trop glauque pour moi.

Voilà donc un recueil qui comme tous les livres de David Vann va me hanter pour longtemps.

Ma note : 08 / 10

Les étoiles, la neige, le feu

Auteur : John Haines

Édition : Gallmeister

Genre : Nature Writing

Titre : Les étoiles, La neige, Le feu

Quatrième de couverture :

Pendant vingt-cinq ans, John Haines a vécu dans une cabane isolée au cœur des étendues vierges de l’Alaska, menant une existence rude et solitaire de pionnier moderne. Couper du bois, tracer une piste, piéger une marte, dépecer un élan, faire ses réserves de saumon : une vie simple, aventureuse et libre, au rythme d’une nature sauvage envoûtante. Avec sérénité, il transforme son expérience intime en un récit initiatique et intemporel, où le moindre événement trouve sa résonance en chacun de nous.

Quelques mots sur l’auteur :

John Haines est né le 29 juin 1924 en Virginie. Après avoir étudié l’art et la peinture, il fait l’acquisition – alors qu’il n’a que vingt-trois ans – d’une propriété de cent soixante acres située à côté de Fairbanks, en Alaska. Il y installe son atelier et se consacre à la peinture. Mais quand la température fait geler ses peintures, Haines décide alors de se tourner vers l’écriture. Il enseigne ensuite dans de nombreuses institutions américaines et passe le reste de sa vie en Ohio, avant de retourner en Alaska. Il y meurt le 2 mars 2011.

Il est l’auteur d’une quinzaine de recueils de poésie, d’essais et de récits, et fait partie des poètes américains les plus considérés. Son œuvre importante a reçu de nombreux prix, dont ceux de la fondation Guggenheim et de l’Académie des arts et lettres. Son expérience de trappeur, vivant de chasse en solitaire au cœur de l’Alaska, a profondément influencé ses travaux littéraires.

Ma chronique :

Les étoiles, La neige, Le feu quel beau titre pour ce magnifique roman de Nature Writing. Ce roman a initialement été publié sous le titre « Vingt-cinq ans de solitude », il fait parti des trois premiers titres parus chez Gallmeister, c’était en 2006 et il était accompagné du roman d’Edward Abbey, Le gang de la clef à molette et du Petit traité de philosophie naturelle de Kathleen Dean Moore.

Dans cette période compliquée pour moi, j’avais besoin de Gallmeister et d’un roman qui me permettait de me plonger dans les grands espaces américain. J’avais besoin d’un roman pour m’évader et prendre l’air et c’est exactement ce que m’a permis de faire ce livre de John Haines.

Envoutant c’est un des adjectif que l’on peut donner à se roman. Il y a vraiment quelque chose d’envoutant, d’enchanteur voir de féérique dans les morceaux de l’histoire de cet homme. Comme il le précise en préambule, il a écrit ces lignes bien longtemps après avoir passé ces vingt-cinq années dans le Grand Nord, en Alaska. Et en le lisant, j’ai vraiment eu cette impression de hauteur, comme s’il portait un regard très haut sur ce qu’il a vécu toutes ces années, un regard humble, le regard d’un homme ivre des sensations éprouvées et de cette nature enchanteresse, brute et somme toute magnifique.

Ce roman, est construit sous forme de nouvelles, de morceaux de vie, d’histoires racontées par des hommes du Nord que nous retransmet John Haines, de légendes parfois même et d’introspective sur l’humanité et sa place dans cette nature et dans ce monde. J’ai vraiment apprécié ce qu’il y avait à lire entre les lignes de ce roman. Plusieurs passages m’ont touchés et énormément plus, ceux de l’ours et des chauves-souris par exemple.

Ce n’est donc pas tout à fait un roman, ce n’est pas non plus tout à fait des légendes, pas tout à fait non plus une véritable autobiographie, je dirais que c’est un peu de tout cela et c’est ce qui est merveilleux dans ce livre. Un grand merci à John Haines de nous avoir partagé cela et à Gallmeister de nous permettre de le lire.

Ma note : 09 / 10

Némésis

Auteur : Xavier Massé

Édition : Taurnada

Genre : Thriller

Titre : Némésis

Quatrième de couverture :

« David… ? C’est moi, c’est Vincent ! Il faut que tu viennes ! Il faut que tu me rejoignes dans notre village d’enfance… il s’est passé quelque chose… c’est horrible, je n’ai jamais vu ça !… »
Une disparition anormale, un meurtre sans précédent, un village divisé entre croyances et superstitions, une atmosphère étouffante…
David et Vincent, deux gosses d’Assieu devenus flics, vont s’immerger dans cette enquête, et sans le savoir vont descendre aux portes de l’enfer…

Quelques mots sur l’auteur :

Né en 1977 à Roussillon (Isère), Xavier Massé est un jeune écrivain à l’imagination débordante. Passionné par le cinéma et la littérature, il devient très tôt fan du genre thriller, avec un goût toujours plus prononcé pour les scénarios complexes. Il sort en 2016 Répercussions, qui remporte le prix du 1er roman Dora-Suarez 2018. Il décide de continuer l’aventure avec L’Inconnue de l’équation, un huis clos qui ne laisse aucun répit au lecteur.

Ma chronique :

Je n’avais encore pas eu l’occasion de découvrir la plume de Xavier Massé, auteur que je vois pourtant pas mal tourner sur Bookstagram. Alors quand Joël de chez Taurnada, que je remercie, m’a proposé de lire son dernier roman, je me suis empressé d’accepter.

Alors que nous réserve Némésis ? Un thriller avec un suspens haletant et pas mal de rebondissements, ce qui est vraiment bien. Des meurtres absolument horribles commis sur des bébés de quelques mois ça c’est un fait. Le pari d’utiliser des bébés si petits comme victimes est je trouve un pari assez osé, cela peut, pour certain être gore et gâcher la lecture. Pour moi, malgré quelques malaises sur certaines scènes j’ai passé un bon moment de lecture.

Je disais donc que c’est un thriller avec pas mal de rebondissements et en effet, on ne s’ennuie pas. Je l’ai lu quasiment entièrement dans la journée d’hier. J’ai apprécié de me faire balader par Xavier Massé. Son style est vif et précis. Le fait que cela se passe dans un petit village donne une impression d’oppression superbement retranscrite par l’auteur.

Alors j’ai apprécié cette lecture, mais pour moi ce roman comporte quelques défauts. Tout d’abord, les dialogues entre David et Vincent que j’ai trouvés parfois niais et qui pour moi ne collaient pas avec le reste, nous sommes sensés avoir affaire à deux flics sous une pression énorme, faisant face à des crimes absolument horribles. Deuxième point négatif pour moi, c’est la fin que j’ai trouvé longuette, elle vient expliquer le pourquoi du comment. J’avoue que pour moi il n’y aurait pas eu cette partie cela ne m’aurait pas dérangé, je n’ai pas vraiment adhéré à ces explications.

Malgré ces points négatifs, j’ai vraiment passé un bon moment de lecture. Cela m’a donné envie de découvrir les autres romans de Xavier Massé. C’est donc que c’est un bon roman.

Ma note : 07 / 10

Le passage

Auteur : Elliot Ackeman

Édition : Gallmeister

Genre : Contemporain

Titre : Le passage

Quatrième de couverture :

Ancien interprète pour l’armée américaine en Irak, Haris Abadi a pu émigrer avec sa sœur aux États-Unis. Incapable d’y trouver sa place, il décide de se rendre en Syrie pour combattre le régime de Bachar-al-Assad aux côtés des insurgés. Mais son passeur le dépouille de son argent et de son passeport américain ; en un instant, Haris perd ainsi son statut d’Occidental protégé. Bloqué en Turquie, il erre près de la frontière où il rencontre Amir et son épouse Daphne, deux Syriens réfugiés dont la guerre a détruit la vie. Haris trouve auprès d’eux un abri et un nouveau point d’attache. Mais Haris ne se ment-il pas à lui-même ? Est-il un soldat en quête d’une cause, ou un déraciné à la recherche de son identité ?

Quelques mots sur l’auteur :

Elliot Ackerman est né en 1980 à Los Angeles. Après des études de lettres et d’histoire et l’obtention d’un master en relations internationales, il s’engage en 2003 dans le corps des marines. Il y passe huit ans et effectue, en tant que membre des forces spéciales, cinq missions en Afghanistan et en Irak. Il est récompensé par le Silver Star et le Purple Heart, ce qui fait de lui l’écrivain le plus décoré de sa génération.

À son retour à la vie civile, il continue de s’occuper de politique étrangère et de relations internationales. Il travaille notamment à la Maison Blanche de 2012 à 2013 et est membre à vie du Council on Foreign Relations.

Désormais journaliste et écrivain, il partage son temps entre New York et Washington D.C. Il a été finaliste du National Book Award en 2017.

Ma chronique :

Le passage d’Elliot Ackerman où comment Gallmeister me fait sortir de ma zone de confort… Voilà encore un exemple de ce que j’aime avec cette maison d’éditions, ils n’hésitent pas à se renouveler et à nous surprendre.

Dans ce livre, nous suivons Haris un américain d’origine irakienne. Il était interprète dans l’armée pendant la guerre en Irak. Il se retrouve en Turquie où il souhaite passer la frontière pour rejoindre l’Armée Libre et se battre à leurs côtés contre le régime Syrien et les troupes de Bachar-Al-Assad. Ce roman se concentre vraiment sur le passage de la frontière et non sur les combats, ce qui est pour moi déjà un super avantage étant mal à l’aise avec tout ce qui touche à la guerre.

Elliot Ackerman est un ancien des forces spéciales, il sait de quoi il parle et a été au Moyen-Orient. Cela se sent dans son roman, j’ai vraiment eu l’impression d’être en immersion et j’ai appris pas mal de choses sur ce conflit qui me paraissait plutôt obscur. De plus, Ackerman a une écriture douce et sensible ce qui vient contrebalancer la violence du sujet.

Haris est un peu perdu, il est à la recherche d’une cause à défendre. Le rêve américain pour lui est plutôt une déception. La guerre en Irak s’est finie de manière tragique pour un des seuls amis qu’il a eu. Le voilà donc à la frontière syrienne et même là cela ne se passe pas comme il l’avait prévu, ses illusions s’envolent rapidement. Il en arrive même à douter de lui et de la raison qui le pousse à aller se battre. Jusqu’à une rencontre et une nouvelle cause.

J’ai vraiment bien aimé ce roman, l’empathie que fait preuve Elliot Ackerman envers toutes ces personnes abimées par ce conflit. La guerre, la religion, l’argent, Daesh, la corruption … Autant de thèmes abordés avec intelligence, c’est une critique honnête de cette guerre et du système. Voilà donc un roman que j’ai été content de découvrir.

Ma note : 08 / 10

L’ange Rouge

Auteur : François Médéline

Édition : La Manufacture de Livres

Genre : Roman Policier

Titre : L’ange rouge

Quatrième de couverture :

À la nuit tombée, un radeau entre dans Lyon porté par les eaux noires de la Saône. Sur l’embarcation, des torches enflammées, une croix de bois, un corps mutilé et orné d’un délicat dessin d’orchidée. Le crucifié de la Sâone, macabre et fantasmatique mise en scène, devient le défi du commandant Alain Dubak et de son équipe de la police criminelle. Six enquêteurs face à l’affaire la plus spectaculaire qu’ait connu la ville, soumis à l’excitation des médias, acculés par leur hiérarchie à trouver des réponses. Vite. S’engage alors une course contre la montre pour stopper un tueur qui les contraindra à aller à l’encontre de toutes les règles et de leurs convictions les plus profondes. Porté par la plume brillante et explosive de François Médéline, L’Ange rouge invite son lecteur à une plongée hallucinée parmi les ombres de la ville et les âmes blessées qui s’y débattent.

Quelques mots sur l’auteur :

Né en 1977 dans la région lyonnaise, François Médéline émigre à Romans-sur-Isère à 11 ans pour y faire son apprentissage du rugby, du grec ancien et de l’amitié. Durant son doctorat, il est chargé d’études et de recherches à Science Po Lyon, spécialisé en sociologie politique et en linguistique. Il vit et mange politique durant dix ans comme conseiller, plume, directeur de cabinet et directeur de la communication de divers élus. Il aime la belote coinchée, ramasser des champignons en Lozère, pêcher des perches au bord du lac Léman et sa famille. Il n’écrirait pas s’il n’avait pas lu James Ellroy. Il apprécie particulièrement les ambiances malsaines de David Lynch, le lyrisme parfois potache de Sergio Leone, La Naissance de Vénus de Boticelli et l’album Ssssh de Ten Years After. Il est le scénariste de l’adaptation cinématographique du roman Pike de Benjamin Whitmer paru chez Gallmeister. Il a traversé l’océan Atlantique Nord à la voile, se consacre à l’écriture, s’occupe d’enfants dans une école de rugby et n’a pas vraiment de domicile fixe.

Ma chronique :

Cela va faire un peu près un an que j’ai un partenariat avec La Manufacture de Livres, mais j’avoue que de base je ne m’étais pas intéressé à ce roman. Pourtant Érine, nouvelle arrivante dans l’équipe, m’a contacté pour me l’envoyer et pour participer à une rencontre virtuelle ce samedi avec l’auteur. Grand bien m’en a pris d’accepter.

Alors, L’ange rouge, c’est un roman policier et un beau pavé de plus de 500 pages. C’est un roman qui va vous transporter dans la ville de Lyon pendant l’année 1998. Tout débute par un meurtre absolument horrible avec une mise en scène religieuse et potentiellement un mobile politique. À partir de là, c’est un tourbillon qui nous prend sans nous lâcher. On suit le commandant Dubak, le narrateur, et son équipe. Partenaires qu’il nomme par des numéros, Numéro 2, 3, 4 …

C’est la première fois depuis que je lis que je suis autant pris dans une enquête criminelle. Je peux dire que c’est le meilleur roman policier français qu’il m’a été donné de lire. J’ai eu l’impression de faire parti de l’équipe, de participer à l’enquête. L’auteur a je trouve réussi quelque chose d’extraordinaire. Tout se passe sur quelques jours qui se déroulent à 100 à l’heure avec très peu de sommeil, des cadavres, des locaux enfumés, des traversées de Lyon, des tabassées en règles et des petites guerres de services.

De plus, le commandant Dubak est complètement fracassé par la vie ce qui apporte un côté fantasque et psychologique époustouflant. Nous sommes dans la tête de Dubak et franchement c’est quelque chose. Les passages pendant lesquels il fait des points avec lui même sont sublimes. C’est vraiment quelque chose de dingue, nous avons à faire à une folie monstrueuse.

Tous les personnages sont juste parfaits. Si j’ai un petit bémol à faire c’est sur le personnage de Mamy qui pour moi est un peu trop caricaturale à mon gout. Concernant l’enquête en elle-même, c’est vraiment bien tourné, l’auteur a voulu que nous sachions qui est le coupable tout en faisant en sorte que Dubak lui se cache la vérité.

Bref, c’est un roman policier que j’ai adoré. C’est une surprise énorme pour moi. Si vous êtes amateur du genre, il faut absolument que vous lisiez ce roman de dingue je vous l’assure.

Ma note : 10 / 10