Archives pour la catégorie Les chroniques de RevanBane

Urbex Sed Lex

urbex sed lex

Auteur : Christian Guillerme

Édition : Taurnada

Genre : Thriller

Titre : Urbex Sed Lex

Quatrième de couverture :

Contre une belle somme d’argent, quatre jeunes passionnés d’urbex sont mis au défi de passer une nuit dans un sanatorium désaffecté.
Ils vont relever le challenge, mais, une fois sur place, ils vont se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls dans cet immense endroit abandonné…
Et très vite comprendre qu’ils n’auraient jamais dû accepter cette proposition.
JAMAIS !

Quelques mots sur l’auteur :

Né à Clichy-la-Garenne, Christian Guillerme, ancien musicien de studio et bassiste de groupes de rock, vit en Seine-et-Marne. Il exerce aujourd’hui dans le monde du digital au sein d’une grande entreprise.
Son premier livre, La corde de Mi (éd. Art En Mots), a rencontré un franc succès. Urbex Sed Lex, son second roman, très visuel et haletant, s’inscrit d’emblée dans la pure tradition des thrillers mettant en scène des personnages ordinaires confrontés à quelque chose de terrifiant qui les dépasse.

Ma chronique :

Je tiens à remercier Joël des éditions Taurnada qui a la gentillesse de me proposer régulièrement des partenariats et donc de me donner la chance de découvrir les nouveautés de cette maison d’éditions toujours très surprenante.

Alors, ce roman, Urbex Sed Lex, je dois avouer que je ne savais pas du tout où je mettais les pieds… Je ne connaissais même pas le terme Urbex qui est l’abréviation de Urban Exploration en anglais ou en français l’exploration urbaine. C’est une activité qui consiste à visiter des lieux construits et abandonnés par l’homme, des lieux qui sont parfois interdits d’accès. Me voilà donc au taquet pour me plonger dans ce livre. À la lecture du pitch et sachant ce qu’est l’urbex, de la tension, de l’action et du stress devaient être au programme.

Je commence donc ma lecture et fais la connaissance de quatre jeunes plutôt sympathiques et assez attachants. Il s’agit de deux couples passionnés d’urbex qui se connaissent depuis longtemps. J’ai vraiment apprécié ces quatre personnages qui je trouve se complètent parfaitement. Petit bémol par contre, les dialogues, j’ai trouvé que certains ne font pas vrai … J’ai eu par moment du mal à m’imaginer des jeunes discuter de cette façon. Les « bébé » et les « mon gros bêta » sont venus pour moi alourdir ma lecture. Concernant les autres personnes présentes dans le sanatorium, car vous avez bien compris que nos quatre amis ne sont pas seuls, j’ai malheureusement trouvé qu’ils n’étaient pas tous traités de manière égale et que cela nous fait donc passer à côté de certains points de vue. C’est dommage, d’autant plus que d’autres sont vraiment très intéressants avec des personnalités fortes qui apportent beaucoup.

Concernant l’intrigue, pour le coup, maintenant on sait à quoi s’attendre, une nuit dans un sanatorium à l’abandon on a de quoi frissonner. Il s’agit de celui de Dreux qui existe vraiment. Pour vous mettre dans l’ambiance je vous met une photo partagée sur la page Facebook de Christian Guillerme, je vous laisse imaginer de nuit …

sanatorium

Alors effectivement, on reconnait tout de suite que l’auteur sait de quoi il parle et les descriptions du lieu sont vraiment top, je n’aurais vraiment pas aimé me retrouver à la place des quatre jeunes. Il y a donc pas mal de tension liée à l’environnement et au lieu. Par contre, j’ai trouvé que l’ensemble manquait d’action et de vitesse ce qui vient faire perdre le stress que j’aurais pu ressentir. Pourtant les chapitres sont courts et bien écrits, mais cela, à mon sens, manque de dynamisme. C’est le point qui m’a le plus déçu pour le coup, je m’attendais vraiment à stresser et à ne plus pouvoir m’arrêter de tourner les pages pour connaître le dénouement, mais cela n’a pas fonctionné avec moi. Tous les chapitres avec les quatre jeunes m’ont vraiment tenus en haleine et je les ai trouvés géniaux, mais quand il s’agissait des chapitres avec les autres, le soufflet retombait, je pense que cela est lié aux retours dans le passé qui sont venus alourdir l’ensemble.

Voilà, une lecture qui malgré tout cela m’a plue et que j’ai trouvée intéressante. Christian Guillerme est selon moi un auteur à suivre et je ne me priverai pas de lire ses futurs romans. En ce qui concerne sa sortie elle est prévue le 18 juin.

Ma note : 07 / 10

Le consentement

le consentement

Autrice : Vanessa Springora

Édition : Grasset

Genre : Témoignage

Titre : Le Consentement

Quatrième de couverture :

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin « impérieux » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
« Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Quelques mots sur l’autrice :

Vanessa Springora est éditrice. Le Consentement est son premier livre.

Ma chronique :

J’ai découvert ce livre lors du passage de Vanessa Springora à La Grande Librairie en ce début d’année. Le consentement est un livre autobiographique. Je l’ai lu en quelques heures, je vais essayer maintenant de vous en livrer ma chronique. Je n’ai pas l’habitude de lire des témoignages et il n’est pas facile pour moi de chroniquer un livre de ce genre sans émettre un jugement sur ce qui est raconté. Ici, autant vous le dire tout de suite, il y aura du jugement.

Vanessa Springora raconte à travers ce livre ce qu’elle a vécue, cette expérience totalement traumatisante, cette rencontre qui a ravagée sa vie pendant de longues années.

Elle a été la victime dès l’âge de treize ans d’un prédateur sexuel et d’un pervers narcissique. Un homme très connu, un écrivain adulé étant reçu sur de nombreux plateaux de télévisions et recevant de nombreux prix littéraires. Il s’agit de Gabriel Matzneff, il n’est pas nommé dans le livre de Vanessa Springora pour des raisons que je comprend parfaitement, mais pour ma part, je ne vois aucune raison de taire ce nom. Cet écrivain qui à travers ses carnets et ses romans ne sait pas cacher, à tranquillement raconté ce qu’il a fait vivre à Vanessa Springora et à tant d’autres très jeunes adolescents.

Tout est révoltant dans cette histoire, le comportement des parents de Vanessa, de son entourage ainsi que de celui de Matzneff. Le mutisme des institutions, le faux-culisme des soit disants grands penseurs de l’époque. J’espère que certain ont eu honte d’eux lors de la lecture de ce livre, encore faut-il qu’ils aient eu le courage de le lire.

Vanessa Springora avec ce livre recherche la paix mais également recherche elle aussi a enfermé Matzneff dans un livre tout comme lui l’a fait à de nombreuses reprises. Elle écrit son histoire avec beaucoup de pudeur, c’est son exutoire.

J’espère sincèrement qu’il y aura un après Le Consentement.

Difficile de noter ce genre de livre, je vais mettre 10 / 10 pour le courage que Vanessa Springora a fait preuve tout au long de sa vie et qu’elle a mis dans l’écriture de ce livre.

Ma note : 10 / 10

 

Petits oiseaux

petits oiseaux

Autrice : Yôko Ogawa

Édition : BABEL

Genre : Contemporain

Titre : Petits oiseaux

Quatrième de couverture :

Il est le seul à pouvoir apprendre la langue pawpaw afin de communiquer avec son frère aîné, cet enfant rêveur qui ne parle que le langage des oiseaux, n’emploie que ces mots flûtés oubliés depuis longtemps par les humains. Après la mort de leurs parents, les deux hommes demeurent ensemble dans la maison familiale. D’une gentillesse extrême, l’aîné, qui ne travaille pas, se poste chaque jour tout contre le grillage de la volière de l’école maternelle.
Peu à peu, la directrice remarque son calme rassurant pour les oiseaux, sa façon subtile de les interpeler, et lui confie l’entretien de la cage. Quant au cadet, régisseur de l’ancienne résidence secondaire d’un riche propriétaire du pays, le jardin de roses, les boiseries des salons, la transparence des baies vitrées sont à la mesure de son attachement pour les lieux de mémoire. Parfois, les deux frères décident de « partir en voyage ».
Valises en main, ils font halte devant la volière. Ravis de palabrer avec les moineaux de Java, les bengalis ou les canaris citron, ils oublient dans l’instant tout projet de départ. Un jour pourtant le calme du quartier semble en danger, une enfant de l’école disparaît.

Quelques mots sur l’autrice :

Yoko Ogawa est une écrivaine japonaise.
Diplômée de la prestigieuse Université Waseda, elle est auteur de nombreux romans – courts jusqu’en 1996 – ainsi que de nouvelles et d’essais.
Elle a remporté le prestigieux Prix Akutagawa pour « La Grossesse » en 1991, et également les Prix Tanizaki, Prix Izumi, Prix Yomiuri, et le Prix Kaien pour son premier court roman, « La désagrégation du papillon ».

Ma chronique :

J’ai découvert il y a quelques mois la littérature japonaise et depuis, j’aime de temps à autres me plonger dans ces romans. Petits oiseaux, est le premier titre que je découvre de Yôko Ogawa.

Ce roman, très contemplatif, rempli de poésie m’a fait du bien. C’est exactement ce que j’aime dans ma passion pour la lecture, se faire du bien et également découvrir des univers inconnus. Avec ce roman, j’ai découvert le monde des oiseaux, à la base ce n’est pas des animaux par lesquels je suis très intéressé, mais ici j’ai appris à en connaître certain et c’est écrit d’une tellement belle manière que c’est juste agréable. Par moment, je me suis même surpris à tendre l’oreille et à essayer de percevoir ces « Tchii tchuru tchii tchuru tchitchiru … » . J’aurais aimé tout comme les deux frères connaître la langue PawPaw.

Ce roman fait l’éloge de la différence et de la simplicité. Tout en poésie, sans brusquerie et sans aucun jugement, Yôko Ogawa nous présente deux frères, deux hommes différents, deux hommes solitaires, deux hommes simples. Elle nous offre des moments de communion intense entre le frère cadet et des personnes qui ont eu la chance de croisé son chemin. C’est tellement beau, ce jardin d’enfants avec la volière, la boîte à sucette PawPaw, les broches, la roseraie et ce petit oiseau à lunette … Ce roman offre de la paix aux lecteurs. C’est un roman qui m’a fait du bien à moi le lecteur sensible que je suis.

Comment ne pas vous conseiller de lire ce roman ? Franchement allez y vous ne le regretterez surement pas.

Ma note : 10 / 10

 

 

Le polar de l’été

le polar de l'été

Auteur : Luc Chomarat

Édition : La Manufacture de Livres

Genre : Contemporain

Titre : Le Polar de l’été

Quatrième de couverture :

Il passe l’été sur l’Ile de Ré. Balades à vélo, crevettes grises, amis et profusion d’enfants, châteaux de sables, jeune fille au pair au corps de rêve… Tout irait pour le mieux, mais une question l’obsède : comment fait-on, quand on est auteur, pour que votre livre se retrouve entre les mains de toutes ces femmes qui bouquinent sur la plage ? Soudain, la réponse s’impose à lui. Bon sang mais c’est bien sûr ! À lui les millions d’exemplaires vendus, les lectrices subjuguées, les honneurs d’Hollywood…
Roman subtil et plein d’humour, Le Polar de l’été nous entraîne à la recherche du livre parfait, et au fil des pages dans une quête bien plus profonde, où il est question du temps qui passe, des amours qui se dérobent et des rêves oubliés de l’enfance.

Quelques mots sur l’auteur :

Luc Chomarat est né en Algérie en 1959. Remarqué dès son premier roman par le magazine littéraire, il choisit d’exercer ses talents de rédacteur dans la publicité où, dit-il, « on trouve l’argent et les filles ». Poursuivi pour fraude fiscale, il se réfugie dans un monastère tibétain. Il revient au roman en 2014 avec L’Espion qui venait du livre. En 2016, il reçoit le Grand prix de Littérature Policière pour Un trou dans la toile. Traducteur de Jim Thompson, il est également l’auteur d’essais pour le moins atypiques : Le Zen de nos grands-mères (Le Seuil, 2008) sur son expérience bouddhiste et Les 10 meilleurs films de tous les temps(Marest, 2017) dont le sujet n’est pas clair. Le Polar de l’été (La Manufacture de livres, 2017) et Un petit chef-d’œuvre de littérature (Marest, 2018) confirment son goût pour les constructions en abyme, et son regard particulier sur l’époque, mélange d’ironie et de désenchantement.

Ma chronique :

Tout d’abord je tiens à remercier Marie-Anne et les éditions La Manufacture de Livres pour leur confiance et pour m’avoir offert la possibilité de lire ce roman.

J’ai lu ce roman en une journée, la plume de Luc Chomarat est fluide, agréable et piquante. L’histoire, en plus commence sur l’Île de Ré, un lieu que j’apprécie beaucoup. Le polar de l’été c’est un peu le roman qui tend à expliquer comment écrire « Le Roman », celui que tout le monde lira – sur les plages entre autre – celui qui fera de son auteur une personnalité, celui qui sera retranscris au cinéma, bref, le roman parfait. Alors, la vision que nous propose Luc Chomarat à travers cet auteur en herbe qui tient lieu de personnage principal, est juste amusante et piquante à souhait, c’est tordant par moment.

Mais, Le polar de l’été, est surtout bien plus que cela. C’est un roman que l’on pourrait presque prendre pour un roman initiatique, un roman qui parle de se re-découvrir, un roman qui parle de la recherche de ses origines, un roman qui parle du deuil et un roman qui parle de la solitude. Vous allez me dire qu’avec tout ça, ce roman ne va pas être très marrant à lire. Et bien, c’est tout le contraire à mon sens. Par moment, je me suis imaginé cette histoire sur les planches d’un théâtre et franchement, je pense qu’il y a moyen de faire quelque chose de très sympa.

Ce roman nous entraîne donc de l’Île de Ré à Saint-Étienne, en passant par Paris à la suite d’un écrivain qui plus qu’être à la recherche d’un certain roman pour écrire son roman est à la recherche de lui-même et de sa place dans la vie. Le tout entouré de personnages atypiques, on ne s’ennuie pas avec ce livre.

En fin de compte, c’est peut-être bien le livre que la jeune Zara aurait aimé écrire que nous offre Luc Chomarat … Un roman sur la vie …

Ma note : 08 / 10

Cassandra

cassandra

Auteur : Todd Robinson

Édition : Gallmeister

Genre : Polar

Titre : Cassandra

Quatrième de couverture :

Boo et Junior ne se sont pas quittés depuis l’orphelinat. Aujourd’hui adultes, ils sont videurs dans un club de Boston. Avec leurs deux cent quinze kilos de muscles et leurs dix mille dollars de tatouages, ça leur va plutôt bien de jouer les durs. Mais quand on leur demande de rechercher la fille du procureur de Boston qui a disparu, ils vont devoir recourir à autre chose qu’à leurs biceps. Que la gamine fasse une fugue, soit. Il faut bien que jeunesse se passe. Mais quand elle se retrouve sous l’emprise de ses mauvaises fréquentations, c’est une autre histoire.

Quelques mots sur l’auteur :

Todd Robinson est né en 1972. Il a été paysagiste, garde du corps, barman et videur – principalement au Roxy à New York et au fameux Rathskeller à Boston. Il a également créé une revue spécialisée dans la littérature noire et policière aux États-Unis, Thuglit, qui a remporté de nombreux prix et a publié – entre autres – des textes de Jake Hinkson. Aujourd’hui, il vit à Manhattan avec sa femme, son fils et un chat qui a mauvais caractère. En parallèle de son activité d’écrivain, il travaille comme barman au Shade Bar de Greenwich Village.

Ma chronique :

Je continu de vider ma PAL Gallmeister. Cassandra est pour moi une découverte de Todd Robinson.

Ce roman, est l’histoire de deux videurs de Boston qui vont être recrutés par le procureur pour retrouver sa fille de quatorze ans disparue depuis plusieurs jours. Une narration à la première personne, deux types costauds abimés par la vie, des bars, des quartiers malfamés, de l’alcool et de la drogue sont d’autant d’éléments qui font en sorte qu’il faut pour que j’aime cette lecture.

Alors, oui, j’ai aimé, mais pas autant que je l’aurais cru. Je dois devenir exigent, mais cela manque de noir. La narration à la première personne par Boo, l’un des deux videurs amène trop d’humour facile. J’ai trouvé cela dommageable à l’ensemble. L’intrigue et les personnages sont pourtant très intéressants, on ne s’ennui pas une seconde, mais ce n’est pas assez noir pour moi. Pourtant la dernière partie, après un évènement important est quant à elle beaucoup plus sombre et révèle tout le talent de Todd Robinson.

J’ai aimé tous ces personnages gravitant autour de Boo et de Junior, même si pour moi la plus intéressante reste Cassandra, une jeune demoiselle pleine de complexité, j’ai vraiment adoré son personnage.

C’est tout de même un très bon roman que nous propose Todd Robinson, j’ai lu que certain le trouvait bien noir donc il ne s’agit que d’un avis personnel et de la sensibilité de chacun. Je serais curieux de savoir ce que vous en avez pensé si vous l’avez lu.

Ma note : 07 / 10

 

Shibumi

shibumi

Auteur : Trevanian

Édition : Gallmeister

Genre : À déterminer

Titre : Shibumi

Quatrième de couverture :

Nicholaï Hel est l’homme le plus recherché du monde. Né à Shanghai en plein chaos de la Première Guerre mondiale, fils d’une aristocrate russe et protégé d’un maître de Go japonais, il a survécu à la destruction d’Hiroshima pour en émerger comme l’assassin le plus doué de son époque. Son secret réside dans sa détermination à atteindre une forme rare d’excellence personnelle : le shibumi.
Désormais retiré dans sa forteresse du Pays basque en compagnie de sa délicieuse maîtresse, Nicholaï accueille une jeune étrangère venue lui demander son aide. Il se retrouve alors traqué par une organisation internationale de terreur et d’anéantissement – la Mother Company – et doit se préparer à un ultime affrontement.

Quelques mots sur l’auteur :

Écrivain inclassable, échappant à toute catégorisation, Trevanian est autant une légende qu’un mystère. Un auteur sur lequel les rumeurs les plus incroyables ont circulé et qui a attisé la plus folle curiosité du monde littéraire. Un écrivain sans visage dont les livres se sont vendus à plus de cinq millions d’exemplaires et ont été traduits en près de quinze langues sans qu’il ait jamais fait de promotion.

Ma chronique :

Il y a des livres, je ne sais pourquoi, ils me font peur … C’est le cas de celui-ci, longtemps j’ai hésité à l’acheter et il ne serait peut-être pas sorti tout de suite de ma PAL sans ce confinement. Pourtant, une fois refermé, je suis bien content de ne pas être passé à côté.

Ce roman est pour moi un petit ovni. Il est vraiment particulier. Un roman de chez Gallmeister dont l’intrigue se déroule entre le Japon et le Pays Basque, déjà ce n’est pas commun. Ensuite, particulier par le genre… Ou les genres, enfin, je ne sais pas trop, il est totalement inclassable. Roman d’espionnage ? Oui pourquoi pas. Thriller ? Je ne pense pas. Ovni, je vous ai dit, ça c’est certain. Je me suis régalé avec ce Shibumi, ce roman qui est un genre à lui tout seul.

L’auteur est un véritable jongleur, il adapte son style à la situation ou à l’histoire qu’il raconte. Comme dit un peu plus haut, une partie de ce roman se passe au Japon, et bien j’ai trouvé que par bien des manières Trevanian a adapter son écriture au style japonais, ce côté très contemplatif propre à cette littérature, c’est ce que j’ai retrouvé dans Shibumi. Mais il n’y a pas que ça, à un autre moment, nous avons carrément à faire à un roman sur la spéléologie et cela m’a super intéressé alors que à la base c’est quelque chose qui ne m’attire pas du tout. Et entre tout cela, l’auteur nous propose de l’espionnage, de l’action, des situations et des dialogues à mourrir de rire. Vous y rajoutez des critiques acerbes de la société et des occidentaux (tout le monde y passe, pas de jaloux) et c’est un véritable melting-pot qui fait de ce roman un chef d’oeuvre.

Voilà, encore une très belle découverte chez Gallmeister. Un roman que je ne peux que conseiller à tout ceux qui ne l’on pas encore lu et qui aiment les ovnis littéraires.

Ma note : 10 / 10

 

Le diable en personne

le diable en personne

Auteur : Peter Farris

Éditions : Gallmeister

Genre : Contemporain

Titre : Le diable en personne

Quatrième de couverture :

En pleine forêt de Géorgie du Sud, au milieu de nulle part, Maya échappe in extremis à une sauvage tentative d’assassinat. Dix-huit ans à peine, victime d’un vaste trafic de prostituées régi par le redoutable Mexico, elle avait eu le malheur de devenir la favorite du maire et de découvrir ainsi les sombres projets des hauts responsables de la ville. Son destin semblait scellé mais c’était sans compter sur Leonard Moye, un type solitaire et quelque peu excentrique, qui ne tolère personne sur ses terres et prend la jeune femme sous sa protection. Une troublante amitié naît alors entre ces deux êtres rongés par la colère.

Quelques mots sur l’auteur :

Peter Farris, né en 1979, vit aujourd’hui dans le comté de Cherokee en Géorgie. Après ses études à Yale, il est devenu chanteur dans un groupe de rock. En parallèle de ses activités musicales, Peter Farris a gagné sa vie comme guichetier dans une banque du Connecticut. Il y travaillait depuis quelques semaines quand la banque fut victime d’un braquage, aventure qui lui inspira son premier roman, Dernier appel pour les vivants. Le diable en personne est son deuxième roman. Peter Farris est lauréat du Trophée 813 du meilleur roman étranger et du Grand Prix du Roman Noir étranger du festival de Beaune.

Ma chronique :

Je suis toujours dans ma période vidage de PAL Gallmeister, j’ai donc choisi ce roman de Peter Farris.

J’ai bien aimé cette histoire se passant en Géorgie, cette rencontre improbable entre une femme-objet n’ayant connu que le malheur et la prostitution et entre un vieux de la vieille, ancien bootlegger (contrebandier d’alcool). C’est un roman sombre sans être trop noir à mon sens.

Les deux personnages principaux Maya et Léonard sont très attachants, j’ai aimé cette relation entre ces deux êtres fracassés par la vie. La force de ce roman est vraiment dans ce duo, plus que dans l’histoire. Je m’explique, l’histoire en elle-même n’est pas très originale, une fille appartenant à un gros bonnet de la prostitution s’échappe et des sous-fifres vont essayer de la récupérer et se faire tuer. Ajouter à cela des flics ripoux et une machination politique plus qu’illégale… Vous avez l’histoire.

Mais ne vous méprenez pas, ce roman mérite d’être lu, c’est même un bon roman car il explore parfaitement la nature humaine et décris cette Amérique rurale, rongée par la cupidité de certains et encrée dans son passé chaotique. De plus il y a également un petit côté Nature-Writing propre aux romans de cette maisons d’éditions qui apporte de la profondeur à l’ensemble.

En bref, un bon roman plus par le fond que par la forme. Un roman sur l’homme et sur l’Amérique, un roman qui m’a fait découvrir Peter Farris, un auteur dont je vais m’empresser de découvrir ses autres oeuvres.

Ma note : 08 / 10

L’obscure clarté de l’air

l'obscure clarté de l'air

Auteur : David Vann

Édition : Gallmeister

Genre : Mythologie

Titre : L’obscure clarté de l’air

Quatrième de couverture :

« Née pour détruire les rois, née pour remodeler le monde, née pour horrifier et briser et recréer, née pour endurer et n’être jamais effacée. Hécate-Médée, plus qu’une déesse et plus qu’une femme, désormais vivante, aux temps des origines ”. Ainsi est Médée, femme libre et enchanteresse, qui bravera tous les interdits pour maîtriser son destin. Magicienne impitoyable assoiffée de pouvoir ou princesse amoureuse trahie par son mari Jason ? Animée par un insatiable désir de vengeance, Médée est l’incarnation même, dans la littérature occidentale, de la prise de conscience de soi, de ses actes et de sa responsabilité. Dans une langue sublime et féroce, David Vann fait une relecture moderne du mythe de Médée dans toute sa complexe et terrifiante beauté. Le portrait d’une femme exceptionnelle qui allie noirceur et passion dévorante.

Quelques mots sur l’auteur :

David Vann est né en 1966 sur l’île d’Adak, en Alaska, où il a passé une partie de son enfance avant de s’installer en Californie. Son premier roman Sukkwan Island, publié en France en 2010, a remporté un immense succès et a été couronné par le prix Médicis étranger. Il est aujourd’hui traduit en quinze langues dans plus de cinquante pays. Goat Mountain est son quatrième roman.

Ma chronique :

Je profite de cette période de confinement pour lire les titres Gallmeister qui sont encore dans ma PAL, j’ai donc commencé par L’obscure clarté de l’air du célèbre David Vann.

Bon, nous savons tous très bien que David Vann est un auteur à part, que ses romans sont très particuliers avec une atmosphère lourde et pesante, alors écrire sa propre version du mythe de Médée et des Argonautes ne pouvait qu’attiser ma curiosité.

Tout d’abord, je ne connaissais pas plus que cela le mythe de Médée avant cette lecture hormis le fait que Jason a récupéré la toison d’or, cela s’arrêtait là. Du coup plus qu’une réécriture c’était une découverte pour moi. Et une découverte qui m’a pas mal plu, malgré des premiers chapitres laborieux. Une fois dans l’histoire je ne l’ai plus lâchée.

Je trouve qu’il y a dans cette lecture une sorte de paradoxe entre une certaine douceur et une franche noirceur. Douceur pour tous ce qui touche à la nature et aux éléments que sont la mer, le soleil, la terre ou encore le vent, ici ce sont littéralement des personnages, des dieux même. Et noirceur pour la folie de Médée, les morceaux de son frère, les découpages d’un vieux bouc et d’un roi, c’est juste horrible à lire, comme pour chacun de ses romans David Vann ne nous épargne rien. Mais au final que serait un roman de cet auteur sans cette folie et cette noirceur ?

Ce roman est totalement centré sur le personnage de Médée, ok, il y a plein d’autres personnages, mais ils naviguent tous en peu en filigrane autour d’elle. J’ai ressenti avec cette lecture une chose assez particulière, comme une impression de flotter autour de Médée, d’être présent en tant que spectateur invisible. Ceci prouve encore une fois le génie de David Vann.

L’obscure clarté de l’air est pour moi un roman extrêmement féministe. Cette femme follement amoureuse, voulant s’extraire d’un destin pathétique, oeuvrant pour faire de sa vie quelque chose d’extra-ordinaire est en combat permanent contre une rage démentielle, une haine des hommes qui ne sont pour elle que des animaux. J’ai aimé cette dualité entre l’amour et la folie qui sont présents en elle.

Voilà, j’ai passé un magnifique moment avec cette lecture, cet auteur n’arrête plus de me surprendre.

Ma note : 09 / 10

 

Angélus

angélus

Auteur : François-Henri Soulié

Édition : Éditions 10 / 18

Genre : Polar historique

Titre : Angélus

Quatrième de couverture :

1165. Les corps suppliciés des victimes, qui appartiennent à l’atelier du tailleur de pierre Jordi de Cabestan, ont été déguisés en anges dérisoires. La panique se répand. Certains voient dans ces crimes la main du diable. D’autres soupçonnent les adeptes de cette nouvelle secte que l’on nommera bientôt les  » Cathares « . Au grand scandale de l’Église de Rome, ceux-ci prétendent être les Vrais Chrétiens.
L’archevêque de Narbonne missionne un jeune noble, Raimon de Termes, afin de découvrir l’assassin. Les  » hérétiques  » désignent une des leurs, Aloïs de Malpas, pour les disculper. De son côté, Jordi de Cabestan veut venger ses compagnons. Trois enquêtes labyrinthiques vont les mener vers une vérité qu’aucun d’entre eux n’imaginait.

Quelques mots sur l’auteur :

François-Henri Soulié est un homme de théâtre aux multiples casquettes : écrivain, comédien, marionnettiste, scénographe, metteur en scène et scénariste. Il a reçu le Prix du premier roman du festival de Beaune en 2016 pour Il n’y a pas de passé simple, paru aux Éditions du Masque. Ce livre a inauguré la série des « Aventures de Skander Corsaro ».
François-Henri Soulié est l’auteur chez 10/18 d’une trilogie écrite à quatre mains avec Thierry Bourcy, qui nous fait voyager à travers l’Europe du début du XVIIe siècle : Le Songe de l’astronomeLa Conspiration du Globe et Ils ont tué Ravaillac.

Ma chronique :

Angélus est le troisième titre sélectionné pour le Prix France Bleu Grands Détectives.

Alors, j’ai entamé cette lecture avec une certaine crainte, j’avais peur avec ce beau pavé de plus de 500 pages de tomber sur un roman hyper historique. Et au final, j’ai été agréablement surpris avec ce livre.

Plusieurs morts déguisés en anges dans des Abbayes vont être le fil rouge de ce roman. Trois personnages, Raimon de Termes, jeune chevalier nouvellement adoubé, Jordi de Cabestan, maître dans le taillage de pierre et Aloïs de Malpas fervente adepte de la Vrai Religion. Chacun d’eux, en partant d’un endroit différend vont se mettre à enquêter sur ces meurtres. Les chapitres alternent donc avec ces personnages, du coup nous avons trois points de vue et cela permet au roman d’être fluide et de ne pas lasser le lecteur. J’ai beaucoup aimé ces personnages, tous vrais, je n’ai eu aucune difficulté à m’attacher à eux.

Ce roman se passe en 1165, en Occitanie, entre Carcassonne et Narbone, quelques années après l’échec de la deuxième croisade et en pleine période d’expansion des Cathares, considérés comme des hérétiques par Rome. Ce qui constitue un autre point très intéressant de ce roman. J’ai toujours trouvé très intéressant tous ce qui touche à ce mouvement du coup j’ai été content d’en apprendre davantage. De plus j’ai bien aimé les petites guerres et manigances entre les abbés et l’archevêque de Narbonne.

Malgré quelques petites longueurs j’ai passé un très bon moment de lecture et surtout, je n’ai pas réussi à trouver le coupable avant la révélation ce qui est un gros plus pour ce genre de lecture.

Ma note : 08 / 10

 

La nuit du renard

la nuit du renard

Autrice : Mary Higgins Clark

Édition : Le Livre de Poche

Genre : Policier

Titre : La nuit du renard

Quatrième de couverture :

Ronald Thompson doit mourir sur la chaise électrique. Témoin terrorisé, le petit Neil a affirmé, au cours du procès, le reconnaître comme le meurtrier de sa mère. Mais Ronald a toujours clamé son innocence. À quelques heures de la sentence, l’enfant est enlevé avec une jeune journaliste amie de son père, par un déséquilibré qui se fait appeler Renard. Il les séquestre dans la gare centrale de New York. Le kidnappeur menace de faire sauter une bombe au moment précis où le condamné sera exécuté. Existe-t-il un lien entre ces deux terribles faits divers ? Un innocent va-t-il payer pour le crime d’un autre ? Une course contre la montre s’est engagée…

Quelques mots sur l’autrice :

D’abord secrétaire puis hôtesse de l’air, ce n’est qu’au décès de son mari que Mary Higgins Clark se lance dans la rédaction de scripts pour la radio. Son premier ouvrage est une biographie de George Washington. Elle décide ensuite d’écrire un roman à suspense, La Maison du guet, son premier best-seller. Encouragée par ce succès, elle continue à écrire tout en s’occupant de ses enfants. En 1980, elle reçoit le Grand prix de littérature policière pour La Nuit du renard. Mary Higgins Clark a écrit alors un roman par an, toujours accueilli avec le même succès par le public. Elle décéde le vendredi 31 janvier 2020 à l’âge de 92 ans.

Ma chronique :

Il est assez rare que je lise une seconde fois des livres, mais celui-ci fait parti des lectures ayant marquées mon adolescence et vu que je suis tombé dessus il y a pas longtemps en librairie je suis content qu’il rejoigne ma bibliothèque.

Une histoire bien pensée, un suspens haletant font de ce livre un grand roman. Je n’ai pas lu beaucoup de Mary Higgins Clark mais celui-ci est mon préféré. Une course contre la montre pour empêcher un potentiel innocent de passer sur la chaise électrique et pour retrouver un jeune garçon kidnappé par un fou, cela donne un véritable page-turner que j’ai dévoré en l’espace de deux jours.

J’ai beaucoup aimé la trame chronologique utilisée ici par l’autrice cela a rendu ma lecture encore plus addictive. C’est un vrai bon roman policier qui il est vrai est marqué par son âge, plus de trente ans, mais qui néanmoins a très bien vieilli. J’ai apprécié les interrogations que ce roman apporte sur la peine de mort aux États-Unis ainsi que les divergences que cela amène.

J’ai passé encore une fois un très bon moment de lecture avec ce roman qui reste une référence dans le genre.

Ma note : 09 / 10