Archives pour la catégorie Les chroniques de RevanBane

Les aérostats

Autrice : Amélie Nothomb

Édition : Albin Michel

Genre : Contemporain

Titre : Les aérostats

Quatrième de couverture :

« La jeunesse est un talent, il faut des années pour l’acquérir ».

Quelques mots sur l’autrice :

Depuis 1992 et Hygiène de l’assassin, tous les livres d’Amélie Nothomb ont été publiés aux éditions Albin Michel. Elle a reçu, entre autres, le prix Chardonne, le Grand prix du roman de l’Académie française, le prix de Flore, et le Grand prix Jean Giono pour l’ensemble de son oeuvre. Ses oeuvres sont traduites dans 40 langues, des U.S.A. au Japon.

Ma chronique :

Enfin je découvre Amélie Nothomb. C’est une autrice qui m’a toujours fait peur… Peur, oui, sans trop savoir pourquoi. Mais la semaine dernière nous étions en vacances dans le Médoc et ma copine d’aventure Lucile m’en a parlé avec beaucoup de passion et elle m’a donc prêté son dernier roman, Les aérostats.

À quoi s’attendre avec cette mystérieuse quatrième de couverture ?

« La jeunesse est un talent, il faut des années pour l’acquérir ».

Et bien à pas grand chose ma fois… J’ai donc ouvert ce roman avec une certaine appréhension. Mais voilà, dès les premières pages le talent de cette autrice a opéré sur moi. Comme beaucoup j’ai lu ce livre d’une traite en très peu de temps.

La plume d’Amélie Nothomb ? Incisive et profonde. Tout un univers qui donne envie de découvrir ses autres romans. Dans celui-ci il est question de jeunesse, de littérature de rapports parents-enfant. J’ai aimé ces thèmes. J’ai aimé ces personnages aux noms originaux, Ange, Pie, Donate… J’ai aimé la manière dont la littérature et la lecture est abordée, que cela soit une passerelle entre les gens. Sans lecture nous sommes renfermés sur nous même mais la lecture permet une ouverture vers le monde. Les oeuvres évoquées même si elles sont ultra-connues font leur effet.

Alors, oui j’ai bien aimé ce roman, mais, il y a un mais… C’est trop court. Et bien oui même pas 200 pages. Du coup certains personnages sont laissés de côté alors qu’ils auraient mérité meilleur traitement, notamment Donate. Et puis la fin, elle arrive trop vite, c’est vraiment dommage.

Voilà donc un roman qui m’a bien plu, une entrée en matière dans l’univers de cette autrice qu’est Amélie Nothomb et je ne compte pas m’arrêter là.

Ma note : 08 / 10

De la forêt

Auteur : Bibhouti Bhoushan Banerji

Édition : Zulma

Genre : Classique

Titre : De la forêt

Quatrième de couverture :

Jeune diplômé désargenté, Satyacharan accepte un poste de régisseur aux confins du Bihar, dans le nord est de l’Inde. Quittant Calcutta, ce Bengali raffiné et mondain est bientôt fasciné par l’exubérance de la faune et de la flore et par la diversité des habitants de ce vaste domaine forestier.

L’illustre roi des Santals garde ses vaches à l’ombre d’un banyan sacré, Yugalprasad embellit la jungle en y plantant de nouvelles espèces, Dhaturiya préfère danser sans manger plutôt que travailler aux champs…
Satyacharan sait qu’il est le dernier témoin d’un formidable écosystème ; il doit pourtant en orchestrer la disparition. Son rapport au monde en sera à jamais bouleversé.

Quelques mots sur l’auteur :

Bibhouti Bhoushan Banerji (1894-1950), dont La Complainte du sentier a été adapté au cinéma par Satyajit Ray (La Trilogie d’Apu), est une figure majeure de la littérature bengalie. Visionnaire, d’une vibrante actualité, De la forêt est le premier grand roman écologique.

Ma chronique :

J’ai acheté ce roman dans une librairie du Médoc car je n’avais pas emmené dans ma valise assez de livres pour tenir la durée de mon séjour. J’ai été attiré par cette magnifique couverture créée par David Pearson d’après une oeuvre originale de Roshni Vyam. Il s’agit pour moi de ma première excursion dans la littérature indienne.

Dans ce roman, nous faisons la connaissance d’un jeune citadin de Calcutta qui accepte un poste dans le nord de l’Inde, à la campagne, au milieu de nul part, entouré de forêts, de montagnes et de toute une nature. Ce jeune homme va nous narré ses six ans passés dans cette région, six années pendant lesquelles sa vie va changées à travers les rencontres qu’il va faire mais surtout grâce à la beauté de la nature qui l’entoure.

Je dois dire que malgré quelques longueurs ce roman est envoutant. C’est une véritable ode à la nature. C’est un constat de l’impact de l’homme sur la nature, mais je ne pense pas qu’il ne faut en tirer que du négatif, ok la finalité ici est une nature saccagée par l’homme mais il y a comme un message d’espoir dans les lignes de ce roman.

« Que veulent vraiment les hommes ? Le progrès ou le bonheur ? À quoi bon le progrès si le bonheur est absent ? J’en connais beaucoup qui ont progressé dans la vie, mais qui ont perdu le bonheur. À force de jouissance, l’acuité de leur désir et de leurs facultés intellectuelles s’est émoussée, et il n’y a plus rien qui leur apporte la joie. La vie leur paraît monotone, une grisaille dépourvue de sens. Leur coeur devient dur comme de la pierre, l’émotion n’y pénètre pas. »

De la forêt est un roman très contemplatif, mais j’ai vraiment apprécié les rencontres de ce jeune citadin avec la nature, mais également avec plusieurs personnes d’origines différentes mais ayant la pauvreté comme point commun. C’est également un message fort car malgré leurs conditions toutes ces personnes sont dignes et portent en elles le poids des traditions.

Voilà un livre dont l’écriture est sublime, un livre écologique, un livre où se mêlent légendes et récits de vie.

Ma note : 08 / 10

Nickel Boys

Auteur : Colson Whitehead

Édition : Albin Michel

Genre : Contemporain

Titre : Nickel Boys

Quatrième de couverture :

Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à coeur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l’université pour y faire de brillantes études, il voit s’évanouir ses rêves d’avenir lorsque, à la suite d’une erreur judiciaire, on l’envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s’engage à faire des délinquants des « hommes honnêtes et honorables ». Sauf qu’il s’agit en réalité d’un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d’amitié. Mais l’idéalisme de l’un et le scepticisme de l’autre auront des conséquences déchirantes.

Quelques mots sur l’auteur :

Né à New York en 1969, Colson Whitehead est reconnu comme l’un des écrivains américains les plus talentueux et originaux de sa génération. Undergound Railroad, son premier roman publié aux éditions Albin Michel, a été élu meilleur roman de l’année par l’ensemble de la presse américaine, récompensé par le National Book Award 2016 et récemment distingué par la Médaille Carnegie, dans la catégorie « Fiction ».

Ma chronique :

Me voilà à vous parler d’un nouveau roman sorti récemment pour la rentrée littéraire. Un roman dont vous avez vu et revu des publications et des chroniques. Un roman qui a été assez largement encensé. Mais un roman qui a fait un peu ploc avec moi.

Nous suivons dans ce roman Elwood un jeune noir qui grâce aux discours de Martin Luther King et à l’éducation de sa grand-mère va vouloir faire des études et participer aux mouvements qui commencent à voir le jour pour les droits des noirs. Malheureusement un fâcheux concours de circonstances va venir chambouler ses plans et va l’envoyer dans une école de correction. La Nickel Academy, une école où les blancs et les noirs sont séparés et où les sévices corporels sont légions.

J’ai l’impression d’être resté en surface avec ce roman, d’avoir été tenu à l’écart par une sorte de froideur qui m’aura tenu tout du long. Même si dans la dernière partie la glace a commencée à se fissurer. Je n’ai pas réussi à m’accrocher aux personnages et à avoir de l’empathie pour eux. Alors oui c’est révoltant, c’est par moment horrible mais je ne sais pas si vous connaissez ce sentiment d’être un spectateur lointain d’une histoire… Et bien ce fut le cas pour moi avec ce roman.

Après je ne peux pas nier que c’est très bien écrit. Colson Whitehead nous offre une grande fin pour son roman qui pour le coup est bouleversante. Voilà, je suis assez déçu de ma lecture, j’aurais vraiment aimé que cela fonctionne, mais bon c’est des choses qui arrivent.

Ma note : 06 / 10

La peine du bourreau

Autrice : Estelle Tharreau

Édition : Taurnada

Genre : Thriller

Titre : La peine du bourreau

Quatrième de couverture :

McCoy est « bourreau » au Texas. Après 42 ans passés dans le couloir de la mort, il reçoit la visite officieuse du Gouverneur Thompson qui doit se prononcer sur la grâce du condamné numéro 0451.
Il ne leur reste que quatre heures pour faire revivre les souvenirs de McCoy avant l’injection létale.
Quatre heures dans l’isolement de la prison de Walls.
Quatre heures pour cinq crimes qui déchaînent les passions.
Quatre heures pour ce qui pourrait être la dernière exécution de McCoy.
Quatre heures pour jouer le sort d’un homme.

Quelques mots sur l’autrice :

Après avoir travaillé dans le secteur privé et public, cette passionnée de littérature sort son premier roman en 2016, Orages, suivi de L’Impasse en 2017. Depuis, elle se consacre entièrement à l’écriture.

Ma chronique :

Encore une fois un grand merci à Joël et aux éditions Taurnada pour l’envoi de ce roman qui sort le 1er octobre en librairie.

Et c’est un grand roman que nous avons là. Un roman que j’ai dévoré en quelques heures, un véritable page turner.

Alors pour ou contre la peine de mort ? Voilà ce à quoi nous sommes confrontés dans ce roman. Nous allons passé quatre heures avec un bourreau, quatre heures pendant lesquelles le destin d’un être humain se joue.

Estelle Tharreau que je ne connaissais pas avant la lecture de ce roman nous offre ici un très très bon roman, une critique acerbe de l’Amérique et un débat enflammé sur la peine de mort. Nous sommes dans une prison du Texas, état du Sud des États-Unis, un état encore très encré dans les vieilles valeurs anti-noir, ultra-religieux, moralisateur, bref un état où il ne fait pas bon vivre.

Avec le bourreau McCoy nous allons revivre les quatre vingt dernières années des États-Unis et du Texas à travers les différentes exécutions dont il a pris part mais également à travers l’histoire du condamné numéro 0451. C’est vraiment une critique du système américain avec les erreurs judiciaires, les condamnés à la va-vite car, bah oui il est noir c’est forcément lui le coupable… Tout ce que j’ai en horreur aux États-Unis.

Qu’il est intéressant d’avoir le point de vu du bourreau, le dernier maillon de la chaîne, lui qui est juste là pour exécuter un ordre… un homme. Il y a à travers ces confessions une sorte de repentir, un mal-être profond d’avoir pris la vie d’hommes qui ne le méritait pas mais qui sous des prétextes politiques ou de soi-disant normalité sont passés de vis à trépas. Et dans le même temps une colère immense envers la société qui au contraire va laisser de véritables monstres poursuivent leurs vies.

C’est un roman noir comme je les aime et français chose assez rare pour le souligner. C’est un grand roman que je conseille à tous.

Ma note : 10 / 10

Goliat

Auteur : Mehdi Brunet

Édition : Taurnada

Genre : Thriller

Titre : Goliat

Quatrième de couverture :

La mer de Barents, au large des côtes norvégiennes : Goliat, une plateforme pétrolière en proie aux éléments déchaînés, est le sinistre théâtre d’une série de meurtres odieux.
David Corvin, ex-agent du FBI, va devoir utiliser toutes ses compétences pour stopper l’hécatombe.
Mais au bout du chemin, il risque de perdre son âme…
Et bien plus encore…

Quelques mots sur l’auteur :

Né en 1974, Mehdy Brunet aime le changement : Gironde, Haute-Savoie, île de la Réunion, Genève, Lozère, la Manche, un sentiment de liberté anime sa vie. Agent de maîtrise dans l’industrie technologique, ce n’est que très tard qu’il découvre sa passion pour l’écriture. Au fil des mots, une facette méconnue de sa personnalité va poindre à l’ombre de sa plume.

Ma chronique :

Pour commencer, je tiens à remercier Joël et les Éditions Taurnada pour l’envoi de ce roman.

Alors qu’ai-je pensé de Goliat, ce thriller à la couverture glaçante ? Et bien pour tout vous dire, même si je l’ai dévoré j’ai été un peu déçu. Déjà, une raison à cela… Je deviens je pense très exigent sur les thrillers que je lis et celui-ci ne m’a pas surpris ni engendrer le moindre frisson. C’est dommage car l’environnement choisi par l’auteur était très prometteur.

Dans Goliat, nous avons droit à deux lignes temporelles distinctes. Dans la première nous suivons deux agents du FBI à la poursuite d’un tueur en série éviscérant ses victimes et dans la seconde, il s’agit de David Corvin, lui ex-agent du FBI avec sa femme s’embarquant sur une plateforme pétrolière en pleine tempête dans la mer de Barents. J’ai trouvé très intéressant ce choix fait par l’auteur, cela emmène du peps et rend la lecture fluide même si l’identité du tueur n’est pas un mystère. Cela à également un défaut à mon sens, effectivement cela nous éloigne régulièrement de la plateforme et pour ma part m’a empêché de ressentir l’angoisse ou l’atmosphère oppressante du lieu, je ne me suis jamais senti dans un huis clos.

Plusieurs petites choses m’ont dérangées, tout d’abord, des touches d’humour un peu trop présentes et qui ne font pas naturelles dans les dialogues, je retrouve de plus en plus ce petit défaut dans mes lectures et franchement cela ne sert à rien et cela n’apporte rien, en plus ici nous sommes dans un thriller qui se veut glaçant. L’autre chose qui m’a fortement déplue c’est les facilités et les préjugés présents tout du long de ce roman, les relations tendues entre le FBI et … bah tout le monde, les traits étaient trop forcés c’était pénible. Et pourquoi ces jugements sur les deux agents ? L’un hispanique et l’autre d’origine amérindienne, le nombres de clichés, j’ai trouvé cela abusé et limite du racisme… Quel dommage.

Bref, vous l’aurez compris, vraiment une lecture en demi-teinte pour moi.

Ma note : 05 / 10

Dans la vallée du soleil

Auteur : Andy Davidson

Édition : Gallmeister

Genre : Encore à déterminer

Titre : Dans la vallée du soleil

Quatrième de couverture :

Travis Stillwell sillonne les routes brûlantes du Texas, piégeant des femmes solitaires dans l’espoir toujours déçu d’apaiser les démons de son passé. Un soir, il croise dans un bar une fille mystérieuse au teint pâle. Le lendemain, il se réveille seul et couvert de sang. Dès lors, cette inconnue aux bottes rouges revient errer à ses côtés, et son emprise dévorante s’affirme sans pitié. Épuisé, Travis se fait héberger par une jeune veuve, Annabelle Gaskin. En échange, il l’aide à remettre d’aplomb son motel décrépi, et peu à peu, il prend de l’importance dans sa vie et celle de son fils. Mais Travis lutte contre des pulsions noires puissantes, et Annabelle finit par se douter que cet étrange cow-boy n’est pas ce qu’il prétend.

Quelques mots sur l’auteur :

Andy Davidson a grandi dans l’Arkansas, et vit avec sa femme et ses chats en Géorgie, où il enseigne l’anglais à l’université. Dans la vallée du soleil, son premier roman, a été finaliste du Bram Stoker Award aux États-Unis, et son écriture a été comparée à celle de Flannery O’Connor, Cormac McCarthy, Daniel Woodrell ou encore Neil Gaiman.

Ma chronique :

Voilà, je vous présente aujourd’hui le troisième titre phare de la rentrée littéraire de chez Gallmeister. Je les remercie encore une fois pour leur confiance et pour l’envoi de ce roman.

Alors… Comment vous dire ??? Ce roman… Je ne sais pas trop par où commencer. Déjà, comme vous avez pu le voir un peu plus haut dans la présentation, j’ai bien été embêté pour identifier son genre, du coup vu que je ne sais toujours pas j’ai préféré ne pas en mettre. Qu’il est étrange ce roman, le premier de Andy Davidson, ça promet pour les prochains… Dans la vallée du soleil est vraiment, mais vraiment particulier, c’est je trouve un peu un ovni dans le catalogue de Gallmeister. Mais ne vous y tromper pas, il est très bon et il y a toute sa place.

Avec Dans la vallée du soleil, nous flirtons avec différents genre, western, policier, surnaturel, fantastique, noir… et j’en passe. Je dois avouer que j’ai eu dû mal à rentrer dans cette histoire, j’étais perdu, le côté surnaturel m’a surpris et je n’osais y croire… Était-ce de la folie ? Ben certainement mais pas que… Du coup, une fois que j’ai eu accepté l’étrange, je me suis laissé embarquer dans ce roman qui au final tient vraiment la route et qui s’enchaine parfaitement.

Je trouve qu’il y a un petit côté Edgar Allan Poe dans la plume de Andy Davidson, j’ai vraiment hâte de lire d’autres avis sur ce roman. En tout cas pour ma part j’ai bien aimé, c’est noir comme j’aime. Le décor est planté au Texas, un motel qui a l’air paumé tout ce que j’aime. Des personnages peu nombreux mais des relations humaines fortes et une atmosphère oppressante font de ce roman une très belle lecture.

Ma note : 09 / 10

Les dynamiteurs

Auteur : Benjamin Whitmer

Édition : Gallmeister

Genre : Contemporain

Titre : Les dynamiteurs

Quatrième de couverture :

1895. Le vice règne en maître à Denver, minée par la pauvreté et la violence. Sam et Cora, deux jeunes orphelins, s’occupent d’une bande d’enfants abandonnés et défendent farouchement leur “foyer” – une usine désaffectée – face aux clochards des alentours. Lors d’une de leurs attaques, un colosse défiguré apporte une aide inespérée aux enfants, au prix de graves blessures que Cora soigne de son mieux. Muet, l’homme-monstre ne communique que par des mots griffonnés sur un carnet. Sam, le seul qui sache lire, se rapproche de lui et se trouve ainsi embarqué dans le monde licencieux des bas-fonds. Expéditions punitives, lynchages et explosions précipitent l’adolescent dans l’univers honni des adultes, qui le fascine et le repousse à la fois. Au point de modifier sa nature profonde, et de l’éloigner insidieusement de Cora.

Quelques mots sur l’auteur :

Benjamin Whitmer est né en 1972 et a grandi dans le Sud de l’Ohio et au Nord de l’État de New York. Il a publié des articles et des récits dans divers magazines et anthologies avant que ne soit publié son premier roman, Pike, en 2010. Il vit aujourd’hui avec ses deux enfants dans le Colorado, où il passe la plus grande partie de son temps libre en quête d’histoires locales, à hanter les librairies, les bureaux de tabac et les stands de tir des mauvais quartiers de Denver.

Ma chronique :

Benjamin Whitmer et moi ça commence à être une belle histoire, j’ai lu tous ses romans et je tiens à remercier Gallmeister pour l’envoi de son dernier titre. Les dynamiteurs sort en librairie le 3 septembre et je ne peux que vous conseiller de vous jeter dessus.

Avec Les dynamiteurs, Benjamin Whitmer nous transporte à Denver en 1895 aux côtés d’orphelins des rues se protégeant les uns des autres de la violence de la ville et de celle des adultes. J’ai apprécié le fait que les protagonistes principaux soient des gamins… Mais si vous connaissez Whitmer, ne vous attendez pas à retrouver de la candeur ou autre ce n’est pas le genre du Monsieur.

Comme dans tous les romans de Benjamin Whitmer, nous avons droit à une ville où la misère et le vice règnent en maîtres, des clochards, des saloons clandestins, des maisons closes … Bref c’est sale et il ne nous épargne rien. J’aime cela dans ses romans, Benjamin Whitmer a un don pour parler et pour décrire la misère.

Alors j’ai bien aimé cette histoire racontée par Sam ce petit orphelin tiraillé entre l’enfance et le monde des adultes. Un monde qu’il va se prendre en pleine face au moment où Goodnight un géant muet fait irruption dans son petit univers. J’ai été touché par tous ces gamins abandonnés à eux-mêmes, surtout par Cora leur protectrice. J’ai trouvé ce personnage terriblement attachant, énigmatique mais touchant.

Avec Les dynamiteurs, Benjamin Whitmer nous offre un roman initiatique du passage à l’âge adulte. C’est violent, crasseux, par moment très gore et noir à souhait. Mais c’est également beau, c’est fou le talent de cet auteur qui part la noirceur de ses romans arrive à démontrer les travers des hommes et surtout de l’Amérique. Encore une fois je ne peux que vous le conseiller, un grand roman pour cette rentrée littéraire juste phénoménale chez Gallmeister.

Ma note : 09 / 10

Betty

Autrice : Tiffany McDaniel

Édition : Gallmeister

Genre : Contemporain

Titre : Betty

Quatrième de couverture :

“Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne.”

La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, née dans une baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et sœurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler.

Betty raconte les mystères de l’enfance et la perte de l’innocence. À travers la voix de sa jeune narratrice, Tiffany McDaniel chante le pouvoir réparateur des mots et donne naissance à une héroïne universelle.

Quelques mots sur l’autrice :

Tiffany McDaniel vit dans l’Ohio, où elle est née. Son écriture se nourrit des paysages de collines ondulantes et de forêts luxuriantes de la terre qu’elle connaît. Elle est également poète et plasticienne. Son premier roman, L’Été où tout a fondu, est à paraître aux Éditions Gallmeister.

Ma chronique :

Voilà, je viens de refermer Betty. Et me voilà à essuyer mes larmes qui coulent depuis une cinquantaine de pages. Alors je savais que ce livre avait quelque chose de fort après avoir lu avant même sa sortie de nombreux avis élogieux. Mais là, on est plus sur un simple très bon roman, ce livre c’est une véritable tornade, un bouleversement énorme dans ma vie de lecteur.

Betty, ma chère Betty, ma petite indienne tu as chamboulé mon coeur. Lire ton histoire fut pour moi un bonheur immense, je suis passé par mille émotions à travers tes lignes, à suivre ta vie et celle de ta famille, la famille Carpenter. Comment ne pas ressortir marqué à vie par cette lecture ? J’ai pris mon temps, j’ai savouré, je ne voulais pas te quitter Betty, toi la petite Cherokee. Tu as rythmé ma vie de lecteur pendant plusieurs jours et ce fut une expérience extraordinaire, merci à toi Betty et merci à vous Tiffany McDaniel, sans oublier bien entendu l’équipe de Gallmeister qui encore une fois nous offre un magnifique roman.

Il est donc temps pour moi de vous parler de ce roman, Betty, second roman de Tiffany McDaniel (le premier va paraître chez Gallmeister – autant vous dire que j’ai hâte), premier des titres phares de la rentrée littéraire de ma maison d’éditions préférée. Ce livre s’inspire de l’histoire de la famille de Tiffany McDaniel dont celle de sa mère Betty.

C’est donc Betty qui nous raconte l’histoire de sa famille, les Carpenter, un père d’origine Cherokee, une mère blanche et leurs huit enfants. Il s’agit d’une famille modeste qui va être marquée très vite par la perte de deux enfants tout jeune. Elle nous raconte également ce qu’est l’Amérique dans les années 60.

Comment vous parler de Betty, sans vous parler de son père, Landon Carpenter, un homme et un père fantastique. Un homme qui rend la vie belle, un homme qui est capable de faire de la plus simple des petites choses quelque chose de totalement extraordinaire. J’ai adoré ses histoires, j’ai adoré le bien qu’il répand autour de lui, j’ai adoré la relation qu’il a avec ses enfants, avec sa femme et avec tous les gens qui l’entourent. Je pourrais vous parler pendant des heures de tous les membres de cette famille, de Fraya, de Trustin, de Lint … Cette famille va rester graver à jamais dans mon coeur.

Je vous disais que mes émotions avaient joué aux montagnes russes pendant ma lecture. Et bien c’est exactement cela, j’ai été transporté de bonheur souvent, pris de colère plusieurs fois, dégoûté par moment, terriblement triste également. C’est cela qui fait que ce roman est magique, qui fait que ce roman est unique et qui fait qu’il va laisser une marque indélébile en moi.

C’est un roman très féministe, c’est un roman contre le racisme, pour la différence, c’est un roman d’amour … c’est un roman magique. C’est un roman qui contient plein de petites histoires fantastiques qui font en sorte que malgré les difficultés, malgré la méchanceté, malgré les malheurs qui viennent frapper, malgré la cruauté de certains hommes, malgré l’étroitesse d’esprit de beaucoup, la vie est belle et que cela vaut le coup d’apporter du bonheur autour de soi. Ce roman, c’est aussi l’histoire d’une terre, d’une nature magnifique qui fait entièrement partie de cette histoire.

Vous l’aurez compris je pourrais encore et encore vous parler de Betty, mais je préfère vous laisser découvrir cette petite indienne au grand coeur, alors n’hésitez pas, lancez-vous, je suis certain que vous sortirez changé de cette lecture.

Ma note : 10 / 10

Là où les rivières se séparent

Auteur : Mark Spragg

Édition : Gallmeister

Genre : Autobiographie

Titre : Là où les rivières se séparent

Quatrième de couverture :

“J’ai grandi au sein d’une entreprise familiale. J’ai grandi à Holm Lodge. C’est le plus vieux ranch-hôtel du Wyoming. Quand j’étais petit garçon, je savais que le ranch se trouvait à dix kilomètres de l’entrée est du parc de Yellowstone, mais je ne savais pas que je vivais dans le plus grand espace vierge de toute clôture aux États-Unis, Alaska excepté. Ça, c’est ce que je sais aujourd’hui. À l’époque, je savais seulement que j’étais libre sur cette terre.”

Quelques mots sur l’auteur :

Mark Spragg naît en 1952 et grandit dans un ranch du Wyoming. Dans Là où les rivières se séparent, récit autobiographique primé par une association de libraires indépendants aux États-Unis, il évoque son enfance et sa jeunesse passées parmi les chevaux au cœur d’une nature rude et majestueuse. Outre De flammes et d’argile, publié aux États-Unis en 2010, il est l’auteur de deux autres romans, dont Une vie inachevée, qui a été porté à l’écran par Lasse Hallström, avec Robert Redford dans le rôle d’Einar. Son œuvre est aujourd’hui traduite en quinze langues.

Ma chronique :

Me revoilà pour vous parler d’un roman de chez Gallmeister – il y avait longtemps me direz-vous – , mais que voulez-vous quand on aime on ne compte pas. Aujourd’hui, il s’agit donc du roman de Mark Spragg, Là où les rivières se séparent.

Je découvre cet auteur avec ce roman, et quoi de mieux car il s’agit d’une autobiographie. Mark Spragg nous raconte sa vie dans le Wyoming de sa petite enfance jusqu’au moment où il s’est mis à écrire.

J’ai beaucoup apprécié ce livre, chaque chapitre se suffit à lui-même, c’est en quelque sorte un enchainement de petites nouvelles. Bon de temps en temps j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs, surtout vers la fin, mais dans l’ensemble c’est vraiment un très bon roman.

Mark Spragg nous parle donc de sa jeunesse dans le Wyoming, cet état des États-Unis qui dans les années 50 est encore à l’état sauvage. Pour vous situer c’est tout proche du Parc de Yellowstone, il y a des montagnes, des rivières et des forêts. On ne va pas se mentir ce qui fait vraiment la force de ce roman autobiographie c’est la nature. Mark Spragg a une manière de nous la décrire qui est sensationnelle, j’ai adoré, et j’ai qu’une seule envie dorénavant c’est d’aller parcourir ces terres sauvages. Une autre force dans ce roman pour moi, c’est le lien entre Mark Spragg et les chevaux, j’ai trouvé cela extraordinaire, c’est très beau à lire.

De base, je ne suis pas un fana d’autobiographie mais ici le côté très contemplatif, très nature writing m’a rendu ma lecture vraiment très agréable. Je recommande et maintenant je suis curieux de lire ce qu’a écrit Mark Spragg en fiction.

Ma note : 08 / 10

Les lumières de Tel-Aviv

les lumières de tel aviv

Autrice : Alexandra Schwartzbrod

Éditions : Rivages / Noir

Genre : Anticipation

Titre : Les lumières de Tel-Aviv

Quatrième de couverture :

Les ultrareligieux ont pris le pouvoir à Jérusalem pour former le Grand Israël. Les Résistants, composés de laïcs juifs et arabes, se sont regroupés à Tel-Aviv pour vivre selon les préceptes des premiers kibboutzim. Signe de la division, un nouveau mur a fait son apparition, entre Jérusalem et Tel-Aviv cette fois.
Un mur surveillé par des robots tueurs fournis par la Russie, le parrain du Grand Israël.
Ils sont six à devoir franchir cette frontière au péril de leur vie : Haïm, un ultra-orthodoxe en cavale ; Moussa et Malika, deux jeunes Palestiniens en exil ; Ana, la femme d’un religieux éprise de liberté ; Isaac, un conseiller du Premier ministre en proie au doute ; et Eli Bishara, un ex-commissaire de police à la recherche de son amour perdu. Tous n’y parviendront pas.

Quelques mots sur l’autrice :

Alexandra Schwartzbrod est romancière, essayiste, spécialiste du Moyen Orient et directrice adjointe de la rédaction de Libération. Elle a reçu le Prix SNCF du polar en 2003 pour Balagan et le Grand prix de littérature policière en 2010 pour Adieu Jérusalem, deux romans qui composent, avec Les Lumières de Tel-Aviv, un cycle consacré à Israël.

Ma chronique :

Nouvelle lecture dans le cadre de mon statut d’enquêteur VIP pour BePolar. Je les remercie d’ailleurs beaucoup pour cet envoi, ainsi bien sûr que les Éditions Rivages.

Les lumières de Tel-Aviv est un roman d’anticipation sur le Moyen-Orient. Alors pour commencer autant vous dire que je ne savais pas du tout dans quoi je mettais les pieds. Tout d’abord je n’ai jamais vraiment compris ce qu’il se passe en Israël, du coup cela m’est complètement inconnu et ensuite, je lis très très rarement de roman d’anticipation.

Je dois dire que j’ai été un peu déconcerté par ce roman. En terme de géo-politique, je pense que je n’ai pu apprécier pleinement les qualités de ce livre par manque de connaissance et c’est un peu dommage. Par contre, cela m’a donné envie d’en apprendre plus sur cette région du monde, donc c’est positif. Ensuite nous allons suivre plusieurs personnages à travers des chapitres courts et rythmés. L’idée, il y a un mur entre le Grand Israël et Tel-Aviv et plusieurs personnages veulent passer d’un côté ou de l’autre, et comme le dit la quatrième de couverture, il y a des drones tueurs prêts à les en empêcher.

J’ai beaucoup aimé les différents personnages de ce romans, ils sont au final tous réunis par une envie de liberté et de paix, fini le nationalisme ou la religion, fini le fait d’être arabe, chrétien ou juif, fini la différence, leur but à tous est de vivre en tant qu’humain et  forcément je ne peux qu’apprécier cela.

J’ai aimé les messages de ce roman, le fait qu’au nom de la religion les puissants sont prêts à tout. Qu’est-ce que je n’aime pas ce fanatisme religieux et malheureusement nous ne retrouvons pas ça que dans des romans d’anticipation. Les messages d’espoir et de liberté sont aussi très important ici.

J’ai beaucoup apprécié ce roman, et chose rare, j’ai été déçu qu’il se termine aussi vite, j’aurais aimé rester encore un peu avec Ana, Moussa et Haim.

Ma note : 10 / 10