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Une assemblée de chacals

Auteur : S. Craig Zahler

Édition : Gallmeister

Genre : Western

Titre : Une assemblée de chacals

Quatrième de couverture :

Après avoir tiré un trait sur leur jeunesse de braqueurs et d’assassins, les quatre membres du “Gang du grand boxeur” mènent désormais des existences rangées et paisibles. Jim a si bien réussi à refaire sa vie qu’il est sur le point d’épouser la sublime fille d’un shérif. Mais un fantôme du passé leur annonce qu’il va s’inviter à la cérémonie et profiter de la fête pour régler de vieux comptes. La mort dans l’âme, les anciens complices n’ont plus qu’à se donner rendez-vous au mariage, où il faudra vaincre ou mourir. Mais ce qui les attend dépasse de très loin tout ce qu’ils avaient pu imaginer.

Quelques mots sur l’auteur :

Né en Floride, S. Craig Zahler est désormais New-Yorkais. Il a travaillé de nombreuses années en tant que directeur de la photo et traiteur, tout en jouant dans un groupe de heavy metal et en créant des pièces de théâtre bizarres. Son premier roman, un western intitulé A Congregation of Jackals, a été nominé pour les prix Peacemaker et Spur.

Batteur et parolier, Zahler continue la musique et vient de sortir avec son groupe Realmbuilder son troisième album, du metal à la fois épique et lugubre. Il est actuellement lancé dans la postproduction du long-métrage qu’il réalise, Bone Tomahawk, un film à la frontière du western et de l’horreur, avec Kurt Russell, Patrick Wilson, Richard Jenkins, Matthew Fox, Lili Simmons, Fred Melamed et David Arquette.

Zahler apprend le kung-fu, et il est depuis toujours fan d’animation (dessin animé et image par image), de metal (tous genres confondus), de rock progressif, de soul, de littérature de genre (surtout le polar, l’horreur et la science-fiction pure et dure), de pulps, de vieux films, de chats obèses, et de robots asymétriques.

Ma chronique :

Merci beaucoup à Clotilde de chez Gallmeister pour l’envoi de ce roman et pour me permettre d’enfin découvrir cet auteur et son roman éponyme.

Des westerns chez Gallmeister, il n’y en a pas tant que cela, mais à chaque fois c’est du plaisir à l’état pur. Et là avec Zahler c’est vraiment du très très lourd. J’ai adoré. Le genre de roman que l’on ne peut lâcher, malgré la noirceur, le sang et le dégoût que l’on peut ressentir presque à chaque page. C’est le genre de roman très visuel, qu’on aimerait voir au cinéma.

Quand une vieille bande de criminels se retrouvent longtemps après s’être rangés, lors du mariage de l’un d’eux et qu’il s’agit d’une réunion forcée par l’un de leur ancien ennemi qui refait surface pour ce venger, cela donne une histoire passionnante, pleine de violence et de vengeance.

Le ton est donné dès le premier chapitre qui est juste à couper le souffle et qui nous met tout de suite dans l’ambiance. Ce qui est fort, et ce qui donne à la plume de S. Craig Zahler toute sa puissance, c’est la tension qui monte chapitre après chapitre. Dès le départ, nous savons quand est prévue la confrontation, mais malgré cela, tout comme les cowboys nous sommes sur le qui vive, tous les sens en alerte.

Et quand la confrontation arrive enfin, c’est parti, l’horreur absolue, il n’y a plus de limites, pour les amateurs du style comme moi, c’est jouissif (j’ai peut-être un problème ? Vous pensez qu’il faut que je consulte ?). A partir de là, le rythme change, tout s’emballe et comme les chevaux nous galopons pour découvrir la fin. Une fin qui est à la hauteur du reste. Magistrale.

Je ne connaissais pas Zahler, mais il rentre directement dans mon panthéon des auteurs Gallmeister, je vais continuer à découvrir ses romans et j’espère prendre autant de plaisir. Voilà donc un beau coup de cœur.

Ma note : 10/10

animaux solitaires

aniamux solitaire

Auteur : Bruce Holbert

Genre : Contemporain

Édition : Gallmeister

Titre : animaux solitaires

Quatrième de couverture :

Comté de l’Okanogan, État de Washington, 1932. Russel Strawl, ancien officier de police, reprend du service pour participer à la traque d’un tueur laissant dans son sillage des cadavres d’Indiens minutieusement mutilés. Ses recherches l’entraînent au cœur des plus sauvages vallées de l’Ouest, là où les hommes qui n’ont pas de sang sur les mains sont rares et où le progrès n’a pas encore eu raison de la barbarie. De vieilles connaissances croisent sa route, sinistres échos d’une vie qu’il avait laissée derrière lui, tandis que se révèlent petit à petit les noirs mystères qui entourent le passé du policier et de sa famille. À l’instar des romans de Charles Portis ou de Cormac McCarthy, Animaux solitaires mêle avec brio les codes du western et ceux des plus grands romans noirs. Un premier roman remarquable dont on ne pourra oublier le héros mélancolique qui rêve d’imposer la justice aux confins de la civilisation. Quel que soit le prix à payer.

Quelques mots sur l’auteur :

Bruce Holbert a grandi au pied des Okanogan Mountains, dans l’Etat de Washington. Son arrière-grand-père, éclaireur indien de l’armée des États-Unis, était un homme respecté jusqu’à ce qu’il assassine son gendre, le grand-père de Bruce Holbert, qui s’est inspiré de cette tragédie pour son premier roman, animaux solitaires. Il est diplômé de l’Université de l’Iowa où il enseigne aujourd’hui. Son deuxième roman, L’Heure de plomb, a été publié en France en 2016.

Ma chronique :

Avec animaux solitaires, j’ai eu l’impression d’être dans un mythe, l’histoire se passe entre deux époques, une sorte de western au commencement de l’ère moderne et des premiers véhicules à moteurs. Je ne sais pas trop comment classer ce roman, c’est un mélange de western, de roman policier et de roman noir. Ce qui est certain par contre c’est que pour lire ce roman et pour en profiter pleinement, il faut prendre son temps, ne pas être pressé et ne surtout pas avoir froid aux yeux.

Oui ce roman est noir, voir très glauque par moment, il se dégage une espèce de violence brute, à la limite de la folie et ce n’est que renforcé avec le héros, Russel Strawl qui est un shérif d’une rare cruauté, il est encore plus dans la folie que les personnes qu’il poursuit. Je ne spoile pas mais j’ai carrément adoré le coup du taureau avec une branche d’ortie dans le derrière…

Avec ce livre, il faut s’accrocher, car le rythme est plutôt lent, mais c’est pour mieux en profiter, il se li un peu à la manière d’une légende ou comme dit un peu plus haut d’un mythe.On sent que petit à petit Bruce Holbert tisse les liens pour nous embarquer dans son monde à la manière d’un incroyable narrateur. Oui c’est certain Bruce Holbert est un génie dans son genre, j’avais déjà tellement apprécié L’Heure de plomb son deuxième roman que je ne peux que confirmer cela.

Alors, effectivement, Bruce Holbert nous embarque avec lui dans cette Amérique profonde et noire, où la violence est en chacun des personnages, où il peigne une ambiance rude et sèche, oui j’ai apprécié délié petit à petit les fils de cette histoire, mais même si je n’avais pas compris le pourquoi du comment, j’ai très rapidement eu le qui … Mais peut-être que cela était voulu par l’auteur …

Je ne pense pas que ce livre est à mettre entre toutes les mains, je pense qu’il faut déjà avoir une certaine expérience de ce genre de roman pour ne pas passer à côté, mais surtout si cela vous tente n’hésitez pas à me dire ce que vous en penserez, cela m’intéresse beaucoup.

Ma note : 07/10

Bénis soient les enfants et les bêtes

bénis

Auteur : Glendon Swarthout

Genre : Western / Contemporain

Édition : Gallmeister

Titre : Bénis soient les enfants et les hommes

Quatrième de couverture :

Ils sont six adolescents à s’être rencontrés dans ce camp de vacances en plein cœur de l’Arizona. Leurs riches parents ne savaient pas quoi faire d’eux cet été-là, et ils ont décidé d’endurcir leurs rejetons en les envoyant au grand air pour qu’ils deviennent de “vrais cow-boys”. Au sein du camp, ces enfants se sont trouvés, unis par le fait que personne ne voulait rien avoir à faire avec eux. Cette nuit-là, alors que tout le monde est endormi, ils ont une mission à accomplir, un acte de bravoure qui prouvera au monde entier qu’ils valent quelque chose. Et ils iront jusqu’au bout de leur projet, quel que soit le prix à payer.

Quelques mots sur l’auteur :

Glendon Swarthout (1918 – 1992) est un auteur prolifique qui s’est illustré dans divers genres littéraires. Considéré comme l’un des meilleurs spécialistes de l’Ouest américain, il est surtout reconnu pour ses westerns. Plusieurs de ses romans ont été portés à l’écran, dont Le Tireur, mis en scène par Don Siegel en 1976 sous le titre Le dernier des Géants, avec John Wayne dans son dernier grand rôle au cinéma, Bénis soient les enfants et les bêtes, réalisé par Stanley Kramer en 1971, ou encore Homesman, réalisé par Tommy Lee Jones en 2014.

Ma chronique :

Cette année, j’élargi complètement mes lectures, et je li des livres et des genres que je n’auraient peut-être pas forcément lu, il y a quelques années, voir quelques mois de cela. Bien m’en prend, car je tomber vraiment sur de jolies pépites. C’est le cas de Bénis soient les enfants et les bêtes de Glendon Swarthout. Un western des temps modernes édité par Gallmeister. Vous commencez à savoir, que j’ai un vrai coup de coeur pour cette maison d’éditions, d’ailleurs, très prochainement, je vous ferais part d’une très bonne nouvelle.

Ce très court roman, moins de deux cent pages, ce qui s’explique que toute l’histoire ce déroule en une seule nuit, est donc un western des temps modernes, qui nous plonge dans le grand Ouest américain, avec ses étendues à perte de vue, ses villes perdues, sa Route 66 et ses magnifiques paysages. L’auteur nous décrit vraiment bien son Amérique ainsi que la nature de cette partie du continent.

C’est une sorte de roman d’apprentissage, un peu comme une quête initiatique couplée à un road movie dont les protagonistes principaux sont six adolescents. J’ai vraiment été bouleversé par ces six enfants qui sont mis à l’écart du camp d’été dans lequel ils se trouvent. Un camp d’été typiquement américain, dont le but principal est de faire de ces enfants des hommes, mais comme l’entend la société américaine, des « CowBoys » sachant manier les armes à feu et ayant un esprit de compétition exacerbé.

Ces six adolescents sont donc vraiment attachants, du fait qu’ils soient un peu des parias, mais aussi parce que malgré leurs difficultés, ils ont tous plus ou moins des problèmes psychologiques liés à des enfances difficiles (malgré des milieux relativement aisés), à leurs difficultés d’adaptation et je pense à soit peu – voir pas du tout – soit trop d’amour maternel ou paternel. Ils vont tous, grâce aux épreuves qu’ils vont traverser se lier d’amitié et du coup être plus fort ensemble. J’ai vraiment adoré le message que veut nous faire passer l’auteur à travers ces six enfants.

L’intrigue de ce roman est plutôt particulière, tout commence par quelque chose que les six adolescents ont vécus ensemble dans la journée précédent la nuit décrite dans le livre, mais même si grâce au premier chapitre, on pense savoir de quoi il s’agit, cela ne nous est pas garanti. On en a la certitude que vers la fin des pérégrinations de nos jeunes qui sont entrecoupées de flashbacks de leur vie au camp et de leur vie avant le camp nous expliquant ce qui a amené leurs parents à les y envoyer.

Ce roman, m’a donc énormément plu, mais il m’a aussi complètement révolté. Oui après ma lecture, je suis allé sur internet pour me rassurer, me dire que ce que j’avais lu n’était sorti que de l’imagination de l’auteur. Mais non, après juste quelques secondes, je suis tombé sur des articles me confirmant que ce n’était pas juste une histoire, que les hommes peuvent véritablement se montrer cruel envers les animaux juste pour le plaisir, par pur sadisme, par jeu comme pour prouver que nous sommes la race supérieure et que les animaux sont et resteront toujours en dessous. Le message passé par Glendon Swarthout est un message de dénonciation par quelqu’un qui, je ne pense pas me tromper, est un amoureux de la nature, de l’Ouest américain et de son Histoire.

C’est donc pour moi, vraiment une lecture qui m’a prit aux tripes, dont le final est complètement inattendu et époustouflant, que j’ai avalé en quelques heures et que je recommande à tous les amateurs de western et de roman façon « nature writing ».

Ma note : 10/10

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