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L’Octopus et moi

Autrice : Erin Hortle

Édition : Éditions Dalva

Genre : Contemporain

Titre : L’Octopus et moi

Quatrième de couverture :

C’est l’histoire d’une pieuvre qui cherche à rejoindre l’Océan pacifique pour y pondre ses œufs. Mais pour y parvenir, elle doit traverser un bras de terre, quitter son élément, croiser une route. C’est l’histoire d’une femme qui a vécu de terribles épreuves et ne sait plus très bien qui elle est ni ce qui a de l’importance à ses yeux. Une nuit, leurs chemins se croisent et pour la femme, tout bascule. Au cœur des paysages rudes et magiques de Tasmanie, s’écrit alors un récit de reconquête et de rencontres, de choix et d’idéaux. Avec ce premier roman, Erin Hortle nous parle des échos de la vie sauvage sur notre vie humaine, dessinant avec énergie et malice le destin d’une femme qui trouve en regardant l’océan la réponse à ses questions et le chemin d’une nouvelle existence.

Quelques mots sur l’autrice :

Erin Hortle grandit dans une maison remplie de sable et de livres en Tasmanie. Elle fait ses premières gammes littéraires dès l’adolescence, contrainte à l’inactivité par le virus de Ross River, contre lequel elle se battra pendant plusieurs années. Passionnée par l’océan, dans l’impossibilité de se baigner ou de surfer, elle cherche à retrouver ces sensations par ses lectures et constate que les plus emblématiques des récits de mer sont des histoires d’hommes écrites par des hommes. Se forme alors un projet, raconter l’océan au féminin, tel qu’elle le comprend et le vit. L’observation d’un étrange phénomène de migration des pieuvres servira de point de départ à son premier roman, L’Octopus et moi, prétexte à une réflexion sur la manière dont s’enchevêtrent parfois les vies des hommes et celles des animaux. Erin Hortle vit depuis quelques années avec son compagnon sur une propriété de cinq hectares où elle élève poulets, moutons et agneaux, fait pousser des légumes et des orchidées, soucieuse d’être autant que possible autosuffisante. Jeune trentenaire, elle enseigne la littérature à l’Université de Tasmanie.

Ma chronique :

C’est un vrai plaisir de vous présenter L’Octopus et moi aujourd’hui sur le blog. Il s’agit du premier roman publié aux éditions Dalva qui ont eu la gentillesse de me faire confiance et de m’envoyer ce livre. Cette maison d’éditions créée par Juliette Ponce se spécialise dans la publication d’autrices contemporaines des quatre coins du monde. Je trouve cela génial et je suis fier de pouvoir aider avec mes petits moyens à promouvoir leurs romans.

Revenons en à L’Octopus et moi de Erin Hortle, il s’agit de son premier roman et pour moi il s’agit de mon premier roman qui se passe en Tazmanie. Bon, j’ai beaucoup de choses à vous dire sur ce roman. Déjà, comme dit à l’instant, il se passe en Tazmanie, pays que je ne connaissais absolument pas et bien maintenant, j’ai trop envie d’y aller. Plus précisément, cela se passe à Eaglehawk Bay où il y a l’isthme de Eaglehawk Neck. Erin Hortle nous parle de ce lieu avec plein de tendresse, on se rapproche des romans de Nature Writing. Je vous mets ci-dessous une photo de Eaglehawk Neck, c’est juste magnifique.

L’Octopus et moi nous parle de Lucy, une jeune femme et d’une pieuvre (l’octopus) qui veut traverser l’isthme pour aller pondre ses oeufs. Leurs deux histoires vont s’entremêler telle la tentacule venant s’enrouler autour d’un bras. C’est super original comme histoire et c’est sublimement bien écrit. Les chapitres parlant de la pieuvre sont admirablement écrits, ils m’ont époustouflés. Tout comme le chapitre avec le phoque (et oui il n’y a pas qu’une pieuvre dans ce roman) qui est sensationnel, faire en sorte que le protagoniste ne soit pas un humain mais un animal c’est excellent.

C’est également un roman qui parle du cancer du sein: effectivement Lucy a subit une ablation des deux seins. Alors, on ne tombe pas dans le patho rassurez vous, c’est subtil et l’histoire se passe une fois Lucy guérie. Mais du coup cela évoque un sujet un peu tabou sur le fait que pour tous, que ce soit hommes ou femmes, nous associons les poitrines des femmes à plein de choses sans vraiment se soucier que chaque femme doit vivre avec, sans en avoir le choix. Lucy, elle, a fait le choix de ne pas s’en faire reconstruire après un accident ayant détruit ceux qu’elle s’était fait faire après son cancer. Une décision audacieuse qui va perturber au plus haut point son petit ami. Mais Lucy est une femme forte et elle décide de se faire tatouer plein de pieuvres à la place. Voilà, c’est un roman qui parle de force, c’est un roman très féministe mais tout en nuance sans en faire de trop. C’est également un roman sur l’amitié, sur l’amour, la résilience et la confiance en soi.

Et qu’est-ce que c’est bien écrit … Erin Hortle veut raconter l’océan au féminin et y arrive parfaitement. J’ai adoré les brusques changements de points de vue, les retours dans le passé et vraiment la manière dont c’est écrit. Cela se lit tellement bien, c’est agréable. Un autre chapitre m’a énormément plu, c’est celui où Jem, le petit copain de Lucy est complètement défoncé, il est juste hypnotique c’est top.

Erin Hortle et les éditions Dalva frappent très fort avec ce premier roman, c’est un énorme coup de coeur pour moi. Il sort en librairie demain, j’ai hâte que vous puissiez tous le découvrir pour échanger avec vous.

Ma note : 10 / 10