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The Main

Auteur : Trevanian

Édition : Gallmeister

Genre : Polar

Titre : The Main

Quatrième de couverture :

Années 1970, Montréal. La « Main », autre nom du boulevard Saint-Laurent, est la colonne vertébrale d’un quartier où prostituées, escrocs minables et clochards cohabitent avec les ouvriers et les immigrants. Bourdonnante d’accents divers, mouvante et bruyante comme la foule qui s’y presse, la Main connaît aussi son lot de crimes. Depuis trente ans, le lieutenant Claude LaPointe la parcourt en veillant jalousement sur “son” quartier. Accompagné d’un jeune policier qui s’étonne de ses méthodes peu orthodoxes, LaPointe enquête sur un meurtre. Une affaire d’apparence banale qui le conduira face à ses propres démons et le poussera peut-être à accepter l’inacceptable.

Quelques mots sur l’auteur :

Écrivain inclassable, échappant à toute catégorisation, Trevanian est autant une légende qu’un mystère. Un auteur sur lequel les rumeurs les plus incroyables ont circulé et qui a attisé la plus folle curiosité du monde littéraire. Un écrivain sans visage dont les livres se sont vendus à plus de cinq millions d’exemplaires et ont été traduits en près de quinze langues sans qu’il ait jamais fait de promotion.

Tout commence par la parution de La Sanction en 1972, succès planétaire qui sera adapté au cinéma trois ans plus tard par Clint Eastwood. Le film connaîtra le même retentissement que le livre, mais toujours aucune trace du romancier : le livre a été publié sous l’anonymat le plus complet et à aucun moment l’écrivain ne dissipe le mystère.

Un an plus tard, Trevanian donne une suite à La Sanction avec L’Expert. Même succès, même silence de l’auteur.

Après trois années d’absence, Trevanian publie un roman policier dont l’action se situe au Canada, The Main. À cette période, Trevanian a eu un corps. Celui d’un Texan qui faisait des apparitions lors de cocktails littéraires. Il s’avérera être un imposteur, de mèche avec le véritable Trevanian.

En 1979, pour le lancement de Shibumi, Trevanian accepte de donner une interview par téléphone et de lever un tant soit peu le voile sur ses inspirations et ses goûts littéraires – toujours sans révéler son identité. En 1983, il publie L’Été de Katya. À l’occasion de la parution de ce livre, qui tranche radicalement avec les précédents ouvrages, un article du Washington Post révèle qui se cache derrière Trevanian, et l’éditrice du Who’s Who in America renchérit : elle indique que le véritable auteur s’appelle Rodney Whitaker, qu’il est né au Japon en 1925, est titulaire d’un doctorat en communication et a été professeur à l’université du Texas.

Bien que l’auteur véritable ait été découvert, cela n’empêche pas le mythe de perdurer au rythme des parutions sporadiques de Trevanian : à la toute fin des années 1990, la rumeur court qu’il est mort (il l’avait déjà été en 1987), mais il publie bientôt un recueil de nouvelles.

À la publication d’Incident à Twenty-Mile, en 1998, le créateur de cet étrange auteur, dont tout le monde semble vouloir nier l’existence, se livre enfin dans deux entretiens réalisés par fax. Et le jour où le monde découvre qui se cache derrière Trevanian se révèle un autre mystère : celui de son créateur, Rodney Whitaker. Un écrivain protéiforme et inclassable qui aura écrit des ouvrages sur le cinéma et d’autres romans et nouvelles, sous son propre nom, sous le pseudonyme de Trevanian, mais également sous ceux de Benat Le Cagot (le nom d’un personnage de Shibumi), Nicolas Seare, Edoard Moran ou Jean-Paul Morin.

Il révèle que tous les pseudonymes qu’il utilise sont d’abord des personnages qu’il a lui-même créés. Après avoir eu l’idée du livre, Whitaker invente l’auteur le mieux à même de raconter l’histoire, lui donnant la voix, le style, le passé, le milieu social, tout ce qui fait de lui le meilleur écrivain pour ce texte précis. La clé du mystère Trevanian est là : ce besoin éperdu de liberté dans la création littéraire, le refus d’être associé à un nom de plume – en particulier pour pouvoir aborder tous les genres, toutes les histoires possibles -, l’’écriture avant tout.

À la question de son refus de se montrer, il répond : “Je préfère la dignité à la richesse.”

Depuis cette longue explication par fax, des éléments biographiques concernant Whitaker sont apparus. Né en 1931 à Granville, dans l’État de New York, il passe son enfance entre les côtes Est et Ouest des États-Unis. Une partie de sa famille a des origines indiennes du Canada. Il effectue son service militaire dans l’US Navy en Corée et au Japon, de 1949 à 1953. À son retour d’Asie, il s’inscrit à l’université de Washington pour y suivre des études de théâtre, avant d’obtenir un doctorat en communication à l’université Northwestern. Il enseigne la mise en scène au Dana College à Blair, dans le Nebraska, puis devient professeur associé à l’université du Texas, à Austin – département cinéma.

En 1970, il obtient le Esquire Magazine’s Publisher’s Award pour un moyen métrage, coécrit et codirigé avec Richard Kooris, intitulé Stasis et adapté de la nouvelle de Sartre, Le Mur. La même année, il publie sous son vrai nom The Language of Film, un essai sur le cinéma, avant de s’atteler au roman qui fera connaître Trevanian dans le monde entier.

Au milieu des années 1970, après avoir quitté l’université du Texas, il devient professeur à l’université Bucknell, en Pennsylvanie, ainsi qu’au Emerson College, à Boston, avant de quitter définitivement les États-Unis et de partager son temps entre la France, dans un petit village basque du nom de Mauléon, et l’Angleterre, à Dinden, dans le Somerset. Il y passera le reste de sa vie avec sa femme, rencontrée à Paris, et ses quatre enfants. Il meurt en 2005.

Ma chronique :

Nouvelle chronique pour #lemoisamericain , cette fois avec pour le thème polar / thriller, le roman de Trevanian, The Main. J’avais déjà lu Shibumi de cet auteur, un roman que j’avais énormément aimé. Trevanian m’intrigue particulièrement, les mystères l’entourant donnent envie de découvrir son œuvre. De plus, des copines sur Instagram ne le porte absolument pas dans leur cœur entre autre car pour elles, il serait sexiste. Il faut avouer que c’est un peu (beaucoup diraient-elles) le cas dans Shibumi. J’ai donc souhaité me faire une autre opinion en lisant un autre de ses romans.

Bon, je dois dire que j’ai eu du mal à rentrer dans cette histoire, j’ai trouvé l’écriture très lourde, surtout au début, ce qui n’aide pas le lecteur à s’immerger. Beaucoup de descriptions, longues, répétitives et par moment des divagations qui ne me permettaient pas d’entrer dans ce roman. Maintenant que je l’ai terminé, je peux dire que même si c’est un point négatif car potentiellement des lecteurs peuvent abandonner, cela sert l’histoire et vient donner une épaisseur au quartier – The Main est un quartier multi-ethnique de Montréal – cela vient poser le climat et l’ambiance des rues.

The Main est un roman policier, il y a un meurtre, un flic qui enquête et etc … Mais, j’ai l’impression que ceci est un peu un prétexte à plus grand. Car au final, ok il y a LaPointe, le flic que j’ai bien aimé d’ailleurs – un peu torturé, de la vieille école … – mais le personnage principal c’est bien La Main. Trevanian se sert comme prétexte le meurtre pour parler d’un quartier où le brassage ethnique est immense et pour confronter la pauvreté et la misère au monde politique et plus bourgeois. Il dénonce dans son roman le traitement que peuvent subir ces quartiers qui sous prétexte d’amélioration de qualité de vie ou autre sont détruits et leurs habitants relogés avec des loyers bien plus élevés que ceux qu’ils pouvaient avoir précédemment.

Pour en revenir à l’enquête, j’ai bien aimé le duo LaPointe et le petit jeune qu’on lui refourgue. Les balades à pied dans La Main à la recherche de suspects et de portes à franchir pour découvrir d’autres indices sont géniales et parfois pleine d’humour. La révélation finale, même si je ne m’y suis pas attendu ne m’a procuré aucune sensation particulière. Comme j’ai pu le dire plus haut, c’est juste un prétexte.

Voilà donc un roman dont le rythme lent pourrait perdre plus d’un lecteur mais qui se révèle être bien plus qu’un polar.

Ma note : 07/10

À chacun sa mort

Auteur : Ross MacDonald

Édition : Gallmeister

Genre : Polar

Titre : À chacun sa mort

Quatrième de couverture :

Dans une maison décrépite de Santa Monica, une veuve glisse dans la main de Lew Archer 50 dollars pour qu’il retrouve sa fille Galatea, disparue depuis Noël. Ça n’est pas cher payé et les indices sont minces, mais une photo de la séduisante jeune femme achève de convaincre le détective. Galatea semble en danger : elle a été vue pour la dernière fois en compagnie d’un malfrat notoire. Des quartiers pauvres de San Francisco aux villas de Palm Springs, dans un monde gouverné par les commerces illicites, les cadavres s’accumulent et la ravissante disparue mène un jeu des plus troubles.

Quelques mots sur l’auteur :

Ross Macdonald, de son vrai nom Kenneth Millar, naît en 1915 en Californie. Lorsqu’il est âgé de quatre ans, sa famille s’installe au Canada. Son père quitte alors le foyer familial et le jeune garçon grandit dans la pauvreté. Il connaît une adolescence violente, à la limite de la délinquance.

À la mort de son père, un petit héritage lui permet d’entrer à l’université. Sa mère meurt en 1935. Après deux années passées à voyager en Europe, il revient au Canada, où il reprend ses études et épouse en 1938 Margaret Sturm, qui s’illustrera elle aussi dans le monde du polar sous le nom de Margaret Millar.

Il enseigne pendant quelques années avant de rejoindre l’US Navy dans le Pacifique. À son retour de la guerre, il s’installe en Californie et publie un premier roman, The Dark Tunnel, en 1944, sous son véritable nom. Trois autres romans suivront avant la publication, en 1949, de Cible mouvante. Celui-ci paraît sous le pseudonyme de « John Macdonald », que l’auteur ne tardera pas à remplacer par celui de « Ross Macdonald ». La série dont Lew Archer est le héros est née. 


Mais si la carrière de Ross Macdonald décolle à ce moment-là, sa vie privée le condamne traverse plusieurs épreuves. Son mariage bat de l’aile et il tente de se suicider. En 1956, sa fille unique Linda, alors âgée de dix-sept ans, est impliquée dans un homicide involontaire. Trois ans plus tard, alors qu’elle est en liberté conditionnelle et sous traitement psychiatrique, elle disparaît pendant une semaine avant d’être finalement retrouvée dans le Nevada.


Dès lors, l’œuvre de Ross Macdonald connaît un tournant. Les aspects les plus sombres et les plus troublants de son expérience personnelle entrent dans ses romans : enfants perdus, adultes aux prises avec les regrets, secrets de famille. Ses personnages gagnent en nuance et en profondeur. 


En 1969, une poignée de journalistes organisent ce que l’on appellera la “conspiration Ross Macdonald” : décidant de dépasser le présupposé selon lequel le polar est un sous-genre littéraire, ils s’accordent pour publier de concert des articles majeurs destinés à pousser l’auteur sur le devant de la scène littéraire. À partir de cette date, les romans de Ross Macdonald deviennent des best-sellers ; il fait même la une de Newsweek en 1971. Des millions d’exemplaires sont vendus et le roman policier acquiert grâce à lui ses lettres de noblesse.


Ross Macdonald meurt en 1983 à l’âge de soixante-sept ans. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands écrivains de romans noirs. James Crumley disait avoir relu dix fois son œuvre et James Ellroy lui a dédicacé le premier volume de sa trilogie Lloyd Hopkins.

Ma chronique :

Comme vous le savez, je me suis donné comme but de faire la collection de tous les Totems, la collection poche de chez Gallmeister. Et comme fin février je n’avais pas de lectures prioritaires dans le cadre de mes partenariats, j’ai donc pioché sur l’étagère dédiée à cette collection. Me voilà donc à découvrir Ross MacDonald avec, À chacun sa mort. En le commençant je comprend rapidement qu’il s’agit d’une série avec comme détective Lew Archer. Ce roman est le troisième de la série mais hormis ne pas trop en savoir sur l’histoire du détective cela ne gène pas la lecture.

Bon je vous le dis tout de suite, ce n’est pas ma meilleure lecture de l’année. En fait je crois que je m’attendais à retrouver du Crumley (si vous ne connaissez pas allez voir ici, ici, ici et ici) mais ici nous avons droit à un polar à mon sens moins noir. Par contre en lisant la biographie de Ross MacDonald, qui soit dit en passant n’a pas eu une vie très facile, j’ai cru comprendre que ce côté noir justement allait crescendo dans cette série. Du coup, je compte bien lire les trois premiers puis ensuite me les faire dans l’ordre. C’est une série qui compte treize enquêtes donc j’ai quoi faire.

Après, j’ai tout de même passé de bons moments avec ce roman, surtout grâce à Lew Archer, le narrateur et le détective. Il est je trouve super désabusé et met beaucoup d’ironie dans la manière de raconter ce qu’il se passe. J’ai apprécié les personnages, des laissés pour compte. Et cette ambiance de la côte Ouest des États-Unis avec le soleil qui tape sur la tête. Ross MacDonald à vraiment le sens de la tournure c’est excellent pour ça.

Concernant l’enquête, franchement il n’y a pas de quoi cassé trois pattes à un canard. J’ai d’ailleurs été un peu perdu et n’ai pas forcément tout compris. Ce qui est plutôt intéressant (et un un plus par rapport à Crumley) , c’est le côté procédurier avec la collaboration, ou non, avec la police locale, j’ai trouvé ce point vraiment sympa.

Vous l’aurez donc compris, ce n’est pas une lecture qui restera dans les annales mais c’est un roman qui m’aura permis de découvrir Ross MacDonald et son célèbre détective Lew Archer.

Ma note : 06 / 10

Le veilleur des songes

Autrice : Elisabeth Larbre

Éditions : Fauves Éditions

Genre : Contemporain

Titre : Le veilleur des songes

Quatrième de couverture :

Une nuit d’automne, les habitants d’un charmant village se trouvent confrontés à un drame aussi terrible qu’inattendu. Dès lors ce joli cadre champêtre va devenir malgré lui le théâtre de lourdes révélations. Par la bouche et les yeux d’un mystérieux narrateur, le lecteur se voit entraîné au fin fond de cette campagne secouée par les secrets bien gardés de ses habitants. Chacun tisse sa toile et très vite la vie de tous se mêle et s’entremêle. Un couple se déchire, un ado à l’esprit fragile et pervers fait les quatre cents coups, un paysan aux mœurs inavouables se confronte à un capitaine de gendarmerie, un jeune veuf solitaire, ivre du matin au soir, devient pour tous ou presque la cible parfaite…

Quelques mots sur l’autrice :

Élisabeth Larbre habite dans les Côtes-d’Armor. 

En parallèle d’une carrière de biochimiste, elle a toujours cultivé une passion pour l’art, par la pratique de la musique, du théâtre ou de l’écriture.

Ma chronique :

Je tiens à remercier Elisabeth Larbre et les éditions Fauves pour l’envoi de ce roman.

Dans ce roman, le second de cette autrice, nous faisons la connaissance d’un narrateur omniscient, j’ai trouvé cette idée très originale et cela amène une réelle proximité entre le lecteur et le conteur, ce veilleur des songes qui observe sans pouvoir intervenir la vie dans ce village de campagne. Il y a un vrai côté nature dans ce roman qui forcément m’a plu.

Ce roman est un savant mélange de polar et de drame social, tout commence avec un banal accident de voiture mais cela va entraîner toute une communauté dans une sorte de spirale infernale. Le rythme est bien mené, l’écriture est fluide et l’on suit l’enquête avec plaisir. Un gros point fort de ce roman selon moi c’est la psychologie des personnages… Elisabeth Larbre a imaginé des personnages qui ont tous pour une raison ou une autre une extrême solitude en eux. J’ai adoré Linda et Clément par exemple.

Ce roman se lit comme un conte, une sorte d’histoire qui nous retourne le cerveau jusqu’à la toute fin. Cela m’a un peu fait l’effet, vous savez, d’être un jeune, parmi d’autre assis autour d’un vieux monsieur qui nous conterait une histoire. J’ai vraiment bien aimé cette lecture qui sort de l’ordinaire.

Ma note : 08 / 10

Arrêt d’urgence

arrêt d'urgence

Autrice : Belinda Bauer

Édition : Belfond Noir

Genre : Polar

Titre : Arrêt d’urgence

Quatrième de couverture :

Grande-Bretagne, de nos jours.
Restez dans la voiture, je ne serai pas longue. Jack est responsable de vous.
En panne sur l’autoroute, Jack, et ses deux petites sœurs Joy et Merry regardent leur mère, enceinte, s’éloigner en quête de secours. Ils ne la reverront plus. Quelques jours plus tard, le corps de la jeune femme est retrouvé sur un parking.
Trois années ont passé. Désormais âgé de 14 ans, Jack fait de son mieux pour prendre soin de ses deux sœurs tout en restant sous le radar des services sociaux. Agile et malin, l’adolescent cambriole les maisons du voisinage en quête de nourriture. C’est ainsi que son chemin croise celui de Catherine While.
Alors que son mari est en déplacement, la jeune femme enceinte découvre de mystérieuses lettres de menace, et un couteau laissé près de son lit.
Jack en est convaincu : le meurtrier de sa mère a trouvé sa nouvelle victime. Mais comment agir, alerter Catherine, la police, sans prendre le risque d’être démasqué lui-même ? De perdre ses sœurs ? Qui croira un enfant ?
La vérité a un prix… Jack est-il prêt à le payer ?

Quelques mots sur l’autrice :

Née en Grande-Bretagne, Belinda Bauer a vécu en Afrique du Sud et aux États-Unis, avant de s’installer au pays de Galles. Cette journaliste et scénariste s’est tournée vers la littérature en 2010. Son premier roman Sous les bruyères, paru la même année, a remporté le prestigieux Gold Dagger Award. Après L’Appel des ombres, Le Voleur d’enfants tristes et Cadavre 19 (publiés chez Fleuve Éditions et repris par 10/18), Belinda Bauer fait son entrée dans le catalogue Belfond noir avec Arrêt d’urgence, son cinquième roman à paraître en France, longlisté pour le Man Booker Prize 2018.

Ma chronique :

Un grand merci aux éditions Belfond et à BePolar pour l’envoi de ce roman. Il s’agit du cinquième roman de Belinda Bauer, Arrêt d’urgence est sorti en librairie le 11 juin.

J’ai lu ce roman très rapidement, c’est un bon polar anglais avec des chapitres très courts un vrai page-turner comme je les aimes. J’ai trouvé que l’histoire était plutôt originale, trois enfants laissés seuls sur la bande d’arrêt d’urgence d’une autoroute pendant que leur mère enceinte est partie chercher un téléphone de secours … Mais elle n’est jamais revenue et est retrouvée assassinée quelques jours plus tard. L’intrigue se déroule trois ans après ces faits.

On retrouve donc quelques années après le drame, Jack l’ainé et ses deux soeurs, leur père étant parti chercher du lait un matin mais n’étant jamais revenu. Les trois jeunes ont réussi à se faire oublier par tout le monde et font en sorte de rester sous les radars de  l’assistance sociale. C’est donc Jack qui s’est transformé en as du cambriolage, et qui est surnommé par la police locale Boucle d’Or, qui s’occupe de ramener à manger et qui a pris la responsabilité de la petite famille.

Tout se passe relativement bien jusqu’au jour où Jack lors d’un cambriolage trouve un lien avec le meurtre de sa mère. À partir de là, tout s’enchaîne, la police locale dirigée par un inspecteur de la criminelle mis au placard et par un autre à cheval sur les règles et avec un QI au dessus de la moyenne, s’est fait un point d’honneur à mettre la main sur Boucle d’Or, nous allons donc suivre leur enquête qui va forcément aboutir à la ré-ouverture de celle sur l’assassinat de la mère de Jack.

Au niveau du rythme, je n’ai pas été déçu, comme dit plus haut, les chapitres sont courts et rendent la lecture assez addictive. Par contre, il n’y a pas trop de suspens concernant le coupable et la fin aurait méritée un développement plus important. Il y a aussi quelques situations et dialogues qui ne font pas très réels ce qui est dommageable à l’ensemble. Mais bon, cela reste une belle lecture, un bon polar que je vous conseil.

Ma note : 07 / 10

Le diable en personne

le diable en personne

Auteur : Peter Farris

Éditions : Gallmeister

Genre : Contemporain

Titre : Le diable en personne

Quatrième de couverture :

En pleine forêt de Géorgie du Sud, au milieu de nulle part, Maya échappe in extremis à une sauvage tentative d’assassinat. Dix-huit ans à peine, victime d’un vaste trafic de prostituées régi par le redoutable Mexico, elle avait eu le malheur de devenir la favorite du maire et de découvrir ainsi les sombres projets des hauts responsables de la ville. Son destin semblait scellé mais c’était sans compter sur Leonard Moye, un type solitaire et quelque peu excentrique, qui ne tolère personne sur ses terres et prend la jeune femme sous sa protection. Une troublante amitié naît alors entre ces deux êtres rongés par la colère.

Quelques mots sur l’auteur :

Peter Farris, né en 1979, vit aujourd’hui dans le comté de Cherokee en Géorgie. Après ses études à Yale, il est devenu chanteur dans un groupe de rock. En parallèle de ses activités musicales, Peter Farris a gagné sa vie comme guichetier dans une banque du Connecticut. Il y travaillait depuis quelques semaines quand la banque fut victime d’un braquage, aventure qui lui inspira son premier roman, Dernier appel pour les vivants. Le diable en personne est son deuxième roman. Peter Farris est lauréat du Trophée 813 du meilleur roman étranger et du Grand Prix du Roman Noir étranger du festival de Beaune.

Ma chronique :

Je suis toujours dans ma période vidage de PAL Gallmeister, j’ai donc choisi ce roman de Peter Farris.

J’ai bien aimé cette histoire se passant en Géorgie, cette rencontre improbable entre une femme-objet n’ayant connu que le malheur et la prostitution et entre un vieux de la vieille, ancien bootlegger (contrebandier d’alcool). C’est un roman sombre sans être trop noir à mon sens.

Les deux personnages principaux Maya et Léonard sont très attachants, j’ai aimé cette relation entre ces deux êtres fracassés par la vie. La force de ce roman est vraiment dans ce duo, plus que dans l’histoire. Je m’explique, l’histoire en elle-même n’est pas très originale, une fille appartenant à un gros bonnet de la prostitution s’échappe et des sous-fifres vont essayer de la récupérer et se faire tuer. Ajouter à cela des flics ripoux et une machination politique plus qu’illégale… Vous avez l’histoire.

Mais ne vous méprenez pas, ce roman mérite d’être lu, c’est même un bon roman car il explore parfaitement la nature humaine et décris cette Amérique rurale, rongée par la cupidité de certains et encrée dans son passé chaotique. De plus il y a également un petit côté Nature-Writing propre aux romans de cette maisons d’éditions qui apporte de la profondeur à l’ensemble.

En bref, un bon roman plus par le fond que par la forme. Un roman sur l’homme et sur l’Amérique, un roman qui m’a fait découvrir Peter Farris, un auteur dont je vais m’empresser de découvrir ses autres oeuvres.

Ma note : 08 / 10

Le canard siffleur mexicain

canard

Auteur : James Crumley

Édition : Gallmeister

Genre : Polar

Titre : La canard siffleur mexicain

Quatrième de couverture :

Et c’est reparti pour C.W. Sughrue, l’inoubliable privé déjà croisé dans Le dernier baiser, roman tout aussi mythique de Crumley. On n’oublie pas la ville de Meriwether, Montana, après avoir accompagné ses personnages. Sughrue, cette fois, est chargé par une paire de jumeaux géants de récupérer des poissons tropicaux rares auprès d’un mauvais payeur connu de tous pour avoir, un jour, mâché le ney d’un flic avant de l’avaler. Un gentil petit gars ce Norman L’Anormal ! Un peu chef de bikers aussi, du pire gang du pays. Rien de grave pour Sughrue qui en a vu d’autres. Norman, c’est sûr, rendra poliment les petites merveilles avec ce qu’il faut d’eau claire… Ce n’est qu’une broutille, un prélude agité… L’invraisemblable est ailleurs. Quelque part. Dans cet immense pays que Sughrue va de nouveau traverser à la recherche d’une mère…

Quelques mots sur l’auteur :

James Crumley est né à Three Rivers au Texas en 1939. Il sert deux ans dans l’armée, aux Philippines, puis continue ses études et sort diplômé de l’Université de l’Iowa. Au milieu des années 1960, il part vivre et enseigner dans le Montana, un État qu’il ne quittera plus et où il côtoiera notamment Richard Hugo et James Lee Burke. Peu après son arrivée à Missoula, en 1969, il écrit son premier roman, Un pour marquer la cadence, avec comme toile de fond la guerre du Viêt Nam.

Ma chronique :

Encore un James Crumley que j’ai la chance de pouvoir lire grâce à Gallmeister et si vous avez l’habitude de me suivre, vous savez que j’aime beaucoup cet auteur de très bons polars.

Me revoilà avec C.W Sughrue parti à l’aventure à la recherche de la mère d’un vieux biker complètement drogué et alcoolique, mangeant des poissons rouge et tirant sur des rats pour se défouler. Encore une fois Crumley embarque son détective dans une enquête qui commence on ne sait trop comment.

J’ai déjà pu le dire dans ma chronique précédente, la première enquête de Sughrue, Le dernier baiser, mais j’ai une vrai préférence pour l’autre détective mythique de Crumley, Milo Milodragovitch. Je trouve Sughrue un peu moins mordant que son collègue, ce qui nous donne tout de même un détective complètement à la ramasse.

Alors cette nouvelle enquête … Et bien je dois avouer que ce n’est pas la meilleure que j’ai pu lire de cet auteur. Tout d’abord, j’ai apprécié pas mal de choses, le road trip entre le Montana et le Mexique, les relations de C.W avec les femmes et Lester mais c’est surtout la bande avec laquelle il s’entoure que j’ai aimé. Vous savez ça fait un peu comme dans certains jeux vidéos d’aventure, vous commencez tout seul, puis vous rencontrez un compagnon, puis un autre … jusqu’à avoir toute une bande qui vous suivra à la vie, à la mort. Et bien c’est cela dans ce roman, et tous les compagnons de C.W sont tous aussi dingues que lui ce qui présage des moments d’anthologie.

Ce que j’ai moins aimé au contraire, c’est surtout le fait que cela part vraiment dans tous les sens. C’est trop, vraiment trop et cela m’a complètement perdu, j’ai terminé le livre, mais je n’ai toujours pas compris réellement le pourquoi du comment … Et c’est toujours frustrant dans ce genre de roman. Autre point que j’ai trouvé à la longue négatif, c’est le Vietnam, je sais bien que Sughrue est un vétéran de cette guerre, mais là c’était vraiment trop et ça tombait des fois un peu n’importe quand. Cela a contribuer au fait de me perdre.

Autre point qui m’a plutôt plu, c’est les références à Milo, même s’il n’est jamais cité, pour ceux qui ont déjà lu ces aventures, le clin d’oeil à la toute fin est juste trop bien. Dans la même veine, je trouve dommage qu’il n’y ai aucune référence à la dernière aventure. Bon après, comme dans chaque Crumley, il y a des répliques et des scènes d’anthologie qui fait de cet auteur vraiment un des maîtres du genre.

Ma note : 07 / 10

Le dernier baiser

Le dernier baiser

Auteur : James Crumley

Édition : Gallmeister

Genre : Policier

Titre : Le dernier baiser

Quatrième de couverture :

Sughrue, détective privé, doit retrouver Trahearne, un écrivain parti écluser les bars en délaissant ex-épouse, femme et mère. Il finit par le dégoter dans un bistrot. S’étant découvert le même penchant pour l’alcool, les deux hommes repartent à la recherche de Betty Sue, la fille de la patronne, qui n’a pas réapparu depuis dix ans. Ils emmènent dans leur périple Fireball, un bouledogue amateur de bières. Ils mènent la belle vie, mais toujours point de Betty Sue, qui semble avoir mal tourné…

Quelques mots sur l’auteur :

James Crumley est né à Three Rivers au Texas en 1939. Il sert deux ans dans l’armée, aux Philippines, puis continue ses études et sort diplômé de l’Université de l’Iowa. Au milieu des années 1960, il part vivre et enseigner dans le Montana, un État qu’il ne quittera plus et où il côtoiera notamment Richard Hugo et James Lee Burke. Peu après son arrivée à Missoula, en 1969, il écrit son premier roman, Un pour marquer la cadence, avec comme toile de fond la guerre du Viêt Nam.

Ma chronique :

Je tiens encore une fois à remercier les éditions Gallmeister pour me permettre de découvrir, de lire et de chroniquer leurs publications. Voilà donc un nouveau Totem, un James Crumley, mettant en scène un nouveau détective, C.W. Sughrue. Alors après, Fausse piste et La danse de l’ours deux aventures de Milo Milodragovitch, j’ai fait la connaissance de ce Sughrue.

Dans Le dernier baiser, nous partons donc à l’aventure sur les traces d’un écrivain alcoolique puis à la recherche de la fille d’une tenante d’un bar disparue depuis dix ans. Alors même si Sughrue est du même style de détective privé que Milodragovitch, complètement à la ramasse, totalement looser et fatalement alcoolique. Il enchaîne les bières et les whiskys autant et aussi vite que nous nous avalons nos livres.

Alors en ce qui concerne l’intrigue, j’ai trouvé que c’était plutôt bien ficelé, vraiment dans la veine des autres romans de Crumley. Dans celui-ci par contre, plusieurs fois je me suis dis que voilà tout était résolu … Mais non, Crumley, nous entraîne encore un peu plus loin dans son imagination un peu folle. Alors oui, par moment j’ai trouvé que c’était un peu téléphoné, qu’il additionnait tous les ingrédients des films policier américains un peu bateau tel que un gang mafieux, une communauté hippie, une entreprise de films porno à très petit budget … Mais Crumley avec sa plume acérée arrive à rendre cela palpitant et bien rythmé. Et franchement, partir dans une sorte de road trip avec un vieil écrivain en manque d’inspiration, un détective à la ramasse et un gros pitbull en sachant que tous les trois sont plus alcooliques les uns que les autres, même le chien, vous m’avez bien lu 😉 c’est grave le pied, le nombre de fois où je me suis mis à rire pendant ma lecture …

Quant à Sughrue, j’adore ce type de personnage, complètement ravagé par la vie, ancien combattant de la guerre du Vietnam, accro à la drogue, à l’alcool et aux femmes. C’est lui qui est le narrateur de ce roman ce qui est un vrai plus. Mais j’avoue que j’ai une préférence pour Milodragovitch qui est pour moi encore plus fracassé et qui va encore plus loin dans la folie.

Voici encore un très bon polar nord américain que nous offre Gallmeister, alors si vous aimez le genre ou si vous aimez James Crumley, il ne faut pas hésiter à dévorer ce roman.

Ma note : 08 / 10

Quatre racines blanches

qautre racines blanches

Auteur : Jacques SAUSSEY

Editions : Les nouveaux auteurs

Genre : Polar

Titre : Quatre racines blanches

Quatrième de couverture :

Daniel Magne, officier de police à Paris, est en voyage professionnel au Québec. A peine arrivé, il est le seul témoin du meurtre d’un de ses collègues canadiens et de l’enlèvement d’une femme. Il se retrouve aussitôt désigné par la police québécoise pour traquer les assassins.

Peu après, le corps supplicié de la belle inconnue est découvert à l’entrée de la réserve mohawk de Kanawaghe sur la rive du Saint-Laurent.

Avec sa coéquipière et amante Lisa Heslin qui l’a rejoint, Magne se lance dans une enquête hors juridiction particulièrement périlleuse.

Sans le savoir, ils s’apprêtent à mettre les pieds sur le territoire de l’un des criminels les plus dangereux du Canada.

L’auteur, en quelques mots:

Né en 1961, Jacques SAUSSEY a commencé à écrire à l’âge de vingt-sept ans des nouvelles puis des romans policiers. Il est une nouvelle voix du polar français qui commence à prendre une belle ampleur, notamment avec le soutien de nombreux libraires.

Ma chronique :

Tout d’abord, je tiens à remercier Anthony de m’avoir proposé de chroniquer mes lectures via son blog. Je suis très touchée et j’espère être à la hauteur et de sa proposition, et de vos attentes  !

Il s’agit pour moi du premier roman que je lis de cet auteur.

Pourquoi l’avoir choisi ? Parce que j’avais eu de bons échos sur cet auteur, et parce qu’une bande d’un bleu électrique au bas de la page de couverture a particulièrement attiré mon attention… Il y était écrit : « UN NOUVEAU TALENT EST NÉ DANS LE POLAR…. Franck Thilliez ».

Pour la fan de polar et de thriller que je suis, il était impensable de passer à côté !

Et je n’ai pas été déçue. Quelle pépite !!

Dès la vingtième page, l’auteur met nos nerfs à rude épreuve avec un meurtre et un enlèvement.

A partir de ce moment, Daniel Magne va mener une enquête sous haute tension qui va le mener, lui et sa coéquipière, sur les traces d’un tueur sans aucune empathie ni sentiment pour ses victimes.

Qui est cette américaine dont le corps mutilé a été retrouvé à l’entrée de la réserve mohawk de Kanawaghe ? Pourquoi le tueur s’est-il ainsi acharné sur elle ?

Un début d’intrigue, un début de piste que nous livre Jacques Saussey :

« Il était encore trop tôt pour formuler une hypothèse mais la personnalité de cette femme prenait à présent un tout autre visage, et du statut de victime elle bifurquait lentement vers celui de point d’interrogation.

Voir de fouteuse de merde.

Car quelles qu’aient pu être les raisons qui avaient motivé sa présence à Montréal, l’Américaine avait visiblement très vite mis le feu à la poudre d’un canon dirigé droit sur sa propre tête. »

Mon avis :

J’ai adoré ce livre qui m’a tenue en haleine du début à la fin.

L’écriture est rythmée : pièges, poursuites, trafics en tous genres, rebondissements… le doute s’installe. Le suspense est inégalable !

Les personnages sont peu nombreux, et attachants. J’ai aimé le caractère bien trempé de Lisa, et l’assurance qui se dégage de Daniel.

Et pour finir, on ne peut pas lire ce livre sans parler du décor ! Le Québec, dépaysement total, la neige, ses habitants. Au fil du temps, j’entendais presque l’accent canadien bercer ma lecture !

Bref, vous l’aurez compris, je recommande ce livre à 100% !

Ma note :

10/10

 

L’Artiste

lartiste

Auteur : Antonin Varenne

Édition : La Manufacture de Livres

Genre : Policier

Titre : L’Artiste

Quatrième de couverture :

2001. Les nuits parisiennes voient naître un nouveau monstre. Un serial killer s’en prend aux artistes, transformant chacune de ses scènes de crime en oeuvre mêlant esthétisme et barbarie. L’inspecteur Heckmann, flic vedette du moment, se retrouve en charge de cette très médiatique affaire et se lance dans la traque. Mais bientôt il lui semble que tous ces crimes ne sont qu’un moyen pour le tueur de jouer avec lui…
Avec ce roman policier, Antonin Varenne révèle une fois de plus son incroyable talent à nous entraîner dans une course infernale où ses personnages doivent lutter contre leurs propres démons autant que contre le fracas du monde.

Quelques mots sur l’auteur :

Né à Paris en 1973, Antonin Varenne n’y restera que quelques mois avant d’être enlevé par ses parents pour vivre aux quatre coins de France, puis sur un voilier. Il n’y reviendra qu’à vingt ans, pour poursuivre des études à Nanterre. Après une maîtrise de philosophie (Machiavel et l’illusion politique), il quitte l’Université, devient alpiniste du bâtiment, vit à Toulouse, travaille en Islande, au Mexique et, en 2005, s’arrime au pied des montagnes Appalaches où il décide de mettre sur papier une première histoire. Revenu en France accompagné d’une femme américaine, d’un enfant bilingue et d’un chien mexicain, il s’installe dans la Creuse et consacre désormais son temps à l’écriture.

Ma chronique :

Première chronique dans le cadre de mon nouveau partenariat avec la maison d’éditions La Manufacture de Livres. Je tiens sincèrement à remercier Marie-Anne Lacoma ainsi que toute l’équipe pour leur confiance.

L’Artiste est donc un roman policier. J’ai trouvé ce roman très bien écrit, la plume d’Antonin Varenne est très soignée et assez incisive. Il y a quelque chose de très intelligent dans la manière qu’est écrit ce roman. Nous avons là un bon polar parisien sur le thème de l’art. Un thème présent forcément tout le long, même si j’aurais aimé rentrer plus dans ce milieu, les expositions et autres vernissages sont seulement évoqués, c’est dommage.

Par contre, j’ai juste adoré les personnages présents dans ce roman, il ont tous de très bons profils psychologiques, ils sont sombres, cela m’a rappelé quelques bons polars américains. Le flic, personnage principal est excellent par la noirceur qui l’habite, par la dualité qui est la sienne, vouloir absolument faire ce qu’il croit être le mieux pour faire souffrir son père mais cela en s’empêchant de vivre pleinement ses rêves. C’est un mec qui est complètement désabusé par le système et qui va trouver à travers un vieux médecin et un gars aussi paumé que lui, une sorte d’amitié qui va le pousser vers la lumière.

En ce qui concerne l’intrigue, elle démarre plutôt très fort, puis ensuite j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs venant alourdir ma lecture. Par contre à un moment, tout s’accélère et là franchement c’est le pied, j’ai trouvé cela génial, toujours en gardant cette même qualité d’écriture, le rythme s’envole pour emmener le lecteur où il était prévu dès le départ de l’amener. Le final est juste terrible, j’ai été surpris par pas mal d’éléments ce qui est toujours un vrai plus dans ce genre de roman.

Alors, comment ne pas vous conseiller ce roman, un roman policier français dans la même lignée que les polars américains, c’est sombre, c’est noir et bien, moi j’aime çà.

Ma note : 08 / 10

 

Un couple irréprochable

un couple irréprochable

Autrice : Alafair Burke

Édition : Presses de la Cité

Genre : Polar

Titre : Un couple irréprochable

Quatrième de couverture :

Angela Powell est en apparence une femme comblée. Elle mène une vie confortable avec Jason, un brillant professeur d’économie devenu une personnalité médiatique, et leur fils de treize ans. Mais leur bonheur de façade se lézarde lorsque l’une des stagiaires de son mari dépose plainte contre lui pour comportement déplacé, puis qu’une de ses collaboratrices l’accuse de viol. De quoi donner à Angela l’impression qu’elle ne connaît peut-être pas si bien celui qui partage sa vie. Pourtant, face à l’obstination d’une enquêtrice coriace, elle choisit quand même de jouer son rôle d’épouse et de le défendre, envers et contre tout.
La disparition soudaine d’une des deux jeunes femmes donne cependant une autre dimension à l’affaire. Tandis que la presse se repaît du scandale, Angela est tiraillée entre la honte, le doute et le besoin de préserver un sombre secret…

Quelques mots sur l’autrice :

Diplômée en droit de Stanford, Alafair Burke a été procureure adjointe, spécialisée dans les affaires de violences conjugales, avant d’emboîter le pas de son père, James Lee Burke, comme auteure de romans policiers et de thrillers. Elle a aujourd’hui à son actif de très nombreux livres, dont une série écrite avec Mary Higgins Clark. Un couple irréprochable est en cours d’adaptation pour le cinéma.

Ma chronique :

Pour commencer, je remercie les éditions Presses de la Cité et le site BePolar grâce auquel dans le cadre de mon statut d’enquêteur VIP j’ai eu la chance de lire ce nouveau roman paru le 19 septembre.

Alors, je dois avouer que j’étais un peu septique avant d’entamer ma lecture, en effet comme on a pu me le dire sur Instagram, ce roman avait tout du dénouement cousu de fil blanc. Pour le coup, c’est ce que j’ai cru jusqu’à un peu près la moitié de ma lecture, mais à un moment donné, il y a eu quelque chose qui a accéléré le rythme et qui a rendu cette histoire surprenante.

Comme on peut le constater en lisant la quatrième de couverture, le pitch n’est pas du plus original, alors il fallait vraiment du talent pour réussir à faire de ce roman policier quelque chose de spécial, venant bousculer le lecteur jusqu’à la dernière page. En effet, tout est fait pour accabler le mari d’Angela Powell, mais les apparences sont parfois trompeuses.

Alafair Burke a une écriture très tranchante, j’ai bien aimé la psychologie de ses personnages, même si je ne dirais pas que c’est un thriller extrêmement psychologique. Mais disons que les secrets de chacun viennent apporter énormément de non-dits ce qui donne beaucoup de consistance à ce roman. La grande question qui vient s’imposer à moi en refermant ce livre est : Jusqu’à où sommes nous près à aller pour survivre et pour préserver notre secret ?

Au final, ce roman m’a un peu ennuyé dans sa première partie mais m’a carrément surpris dans la seconde jusqu’à me mettre une belle petite claque à la fin. C’est vraiment un très joli tour de force que nous offre Alafair Burke.

Ma note : 08 / 10