Archives du mot-clé poésie

# 23 – Instant Poésie

Bonsoir les amis,

J’espère que tout se passe bien pour vous. Moi pas top le moral ce soir, je suis bien fatigué et cela commence à être pesant d’être loin de chez soi …

J’ai donc cherché un poème sur mon ressenti du moment et sur la solitude, j’en ai lu plusieurs et pour finalement rester sur un texte de Charles Baudelaire, comme quoi je me ressens énormément dans ces mots. Il reste mon poète français préféré.

baudelaire

Pauvre âme solitaire.

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon cœur, cœur autrefois flétri,
À la très-belle, à la très-bonne, à la très-chère,
Dont le regard divin t’a soudain refleuri ?

— Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges :
Rien ne vaut la douceur de son autorité ;
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges,
Et son oeil nous revêt d’un habit de clarté.

Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l’air danse comme un flambeau.

Parfois il parle et dit : « Je suis belle, et j’ordonne
Que pour l’amour de moi vous n’aimiez que le Beau ;
Je suis l’Ange gardien, la Muse et la Madone ».

Voilà pour le poème du jour, je vous souhaite à tous une bonne soirée.

# 22 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Je ne sais pas si c’est pareil chez vous, mais moi depuis quelques jours l’hiver pointe le bout de son nez et je peux vous dire que j’ai très froid … J’ai donc décidé de vous proposer dans cet instant poésie, un poème de Guy De Maupassant nous parlant de cette triste saison …

guy-de-maupassant

Nuit de neige

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.

Voilà, maintenant allons tous acheter des beaux plaids bien chaud et boire du thé devant un bon feu de bois.

Bonne journée à tous.

#21 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Pour ce nouvel instant poésie, je vous propose un poème en lien avec ma lecture en cours qui est La prunelle de ses yeux de Ingrid Desjours, c’est un thriller qui parle d’un aveugle. Pour le coup pour le personnage principal est atteint d’une pathologie méconnue la cécité de conversion.

J’ai donc trouvé un joli texte de Théophile Gautier, j’espère que celui-ci vous plaira.

Théophile_Gautier_2.jpg

L’aveugle

Un aveugle au coin d’une borne,
Hagard comme au jour un hibou,
Sur son flageolet, d’un air morne,
Tâtonne en se trompant de trou,

Et joue un ancien vaudeville
Qu’il fausse imperturbablement ;
Son chien le conduit par la ville,
Spectre diurne à l’oeil dormant.

Les jours sur lui passent sans luire ;
Sombre, il entend le monde obscur,
Et la vie invisible bruire
Comme un torrent derrière un mur !

Dieu sait quelles chimères noires
Hantent cet opaque cerveau !
Et quels illisibles grimoires
L’idée écrit en ce caveau !

Ainsi dans les puits de Venise,
Un prisonnier à demi fou,
Pendant sa nuit qui s’éternise,
Grave des mots avec un clou.

Mais peut-être aux heures funèbres,
Quand la mort souffle le flambeau,
L’âme habituée aux ténèbres
Y verra clair dans le tombeau !

aveugle

En espérant que ce poème vous a plu, je vous souhaite une bonne journée. Et courage, c’est bientôt le weekend !!!

# 20 – Instant Poésie

Bonsoir à tous,

Bon il n’est pas de bonne heure, mais voilà, la reprise du boulot est assez compliqué et un peu fatigué.

Hier, j’ai eu la chance de rencontrer Bruce Holbert à La Librairie Nouvelle d’Orléans, j’ai passé vraiment un très bon moment, c’était très intéressant.

Bon revenons à l’instant poésie du jeudi, je vous propose un texte sur le thème du Roi Arthur et d’Excalibur, c’est un sujet qui me passionne et c’est aussi celui de ma lecture en cours donc voilà, j’espère que cela vous plaira.

Voici donc un poème de André Savoret

andre-savoret

Avez-vous entendu la harpe de Merlin …

Avez-vous entendu la harpe de Merlin
Egrener lentement ses accords cristallins
A travers les forêts de la vieille Celtide ?

Des bords ombreux du Rhin jusqu’aux Cassitérides,
La brise en frémissant redit le nom d’Arthur…

Un chant d’espoir émeut les rives de la Clyde :
Voici venir les temps prédits par Peredur !

Oublieux descendants des Celtes intrépides,
Avez-vous entendu la harpe de Merlin,
Des cols de l’Helvétie aux confins des Hébrides,
Résonner doucement par ce frileux matin ?

C’est assez et c’est trop de luttes fratricides,
Fils de la vieille race ardente, aux yeux d’azur !
C’est assez et c’est trop de tous vos mauvais guides !

Voici venir les temps prédits par Peredur :
Un chant d’espoir résonne à travers la Celtide !

Avez-vous entendu la harpe de Merlin
Résonner doucement par ce frileux matin,
Des sylves d’Hercynie aux vallons de la Clyde ?

Debout ! fils des vaillants qui firent la Celtide !
Voici venir les temps prédits par Peredur :

J’entends, dans le vent frais, siffler Excalibur !

excalibur

Voilà pour ce vingtième instant poésie, j’espère que vous appréciez ce rendez-vous autant que moi.

Bonne soirée à tous .

#19 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Revoilà l’instant poésie du jeudi, cela me manquait de vous faire partager ma passion aussi pour les poèmes. Aujourd’hui, je vous propose tous simplement les extraits de poèmes d’Emily Dickinson se trouvant à chaque début de partie de ma lecture en cours : L’Heure de plomb de Bruce Holbert.

155_emilydickinsonsmall

C’est l’Heure de Plomb –
Dont on se souvient si on y survit,
Comme les gens qui Gèlent se rappellent la Neige –
D’abord – le Froid – puis
l’Engourdissement – puis l’abandon –

Extrait du poème 372

L’Âme par moments a besoin d’un Pansement –
Quand trop terrifiée pour bouger –
Elle sent monter une Peur horrible –
Qui s’arrête pour la regarder –

Et la salue, avec ses longs doigts –
Caresse ses cheveux qui se glacent –
Bois donc, Lutin, aux lèvres
Qu’a survolées – l’Amant –
C’est indigne, qu’une pensée si mesquine
Aborde un – si – beau Thème –

Extrait du poème 360

Quand les Silhouettes montrent leur Face royale –
Et que les Brumes – découpées se sont enfuies,
Contemplez l’Atome – que j’ai préféré –
Dans tout le catalogue d’Argile !

Extrait du poème 279

Voilà, j’espère que ces extraits vous plairont, en tout cas moi, qui aime déjà les citations et les extraits de poèmes dans les livres, pour le coup là je suis ravi, je ne connaissais pas Emily Dickinson, et je vais chercher à en lire davantage.

Bonne journée à tous.

#18 – Instant Poésie

Bonsoir à tous,

Nous revoilà pour un petit instant poésie. Je vous propose ce soir un poème sur les vacances, car les miennes sont loin et cela va être compliqué de tenir encore deux mois. Alors de bonnes vacances à ceux qui y sont et sinon bon courage aux autres.

Donc voilà un petit poème de Esther Granek.

esther

Vacances

Tiède est le vent
Chaud est le temps
Fraîche est ta peau
Doux, le moment

Blanc est le pain
Bleu est le ciel
Rouge est le vin
D’or est le miel

Odeurs de mer
Embruns, senteurs
Parfums de terre
D’algues, de fleurs

Gai est ton rire
Plaisant ton teint
Bons, les chemins
Pour nous conduire

Lumière sans voile
Jours à chanter
Millions d’étoiles
Nuits à danser

Légers, nos dires
Claires, nos voix
Lourd, le désir
Pesants, nos bras

Tiède est le vent
Chaud est le temps
Fraîche est ta peau
Doux, le moment

Doux le moment…
Doux le moment…

tulum-plage

En espérant que ce poème vous aura plus, je vous souhaites à tous une bonne soirée.

#17 – Instant Poésie

Bonjour les amis,

On se retrouve aujourd’hui pour l’Instant Poésie, j’aime vraiment vous proposer chaque semaine un nouveau poème, j’espère que cela vous plait autant qu’à moi. Lors du choix du texte, j’essaie en général de le prendre en lien avec l’actualité ou la semaine écoulée. Pour ce jeudi, j’ai donc hésité sur l’été qui vient de commencer ou la fête de la musique. En fin de compte, ni une ni deux, vu la météo que l’on a actuellement partons sur la musique …

Pour fêter nous aussi la musique, je vous propose un très joli poème de Sully Prudhomme, qui se nomme tout simplement « La Musique ».

220px-Sully_Prudhomme,_René-François-Armand,_BNF_Gallica

La Musique

Ah ! chante encore, chante, chante !
Mon âme a soif des bleus éthers.
Que cette caresse arrachante
En rompe les terrestres fers !

Que cette promesse infinie,
Que cet appel délicieux
Dans les longs flots de l’harmonie
L’enveloppe et l’emporte aux cieux !

Les bonheurs purs, les bonheurs libres
L’attirent, dans l’or de ta voix,
Par mille douloureuses fibres
Qu’ils font tressaillir à la fois…

Elle espère, sentant sa chaîne
À l’unisson si fort vibrer,
Que la rupture en est prochaine
Et va soudain la délivrer !

La musique surnaturelle
Ouvre le paradis perdu…
— Hélas ! Hélas ! il n’est par elle
Qu’en songe ouvert, jamais rendu.

musique.jpg

Voilà pour aujourd’hui, en espérant que cela vous plaise.

Bonne journée à tous …

#16 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Je viens vous proposer comme chaque jeudi un nouveau poème, j’espère d’ailleurs que vous appréciez ce petit instant chaque semaine … Pour aujourd’hui, j’ai choisi un texte en lien avec la fête des pères qui a lieu ce weekend. Comme certain le savent peut-être j’ai perdu mon père il y a quelques années, donc s’est toujours une journée particulière pour moi. Il s’agit donc d’un poème de Stéphane Mallarmé.

AVT_Stephane-Mallarme_9319

Mon Cher Papa

J’avais appris un compliment,
Et j’accourais pour célébrer ta fête,
On y parlait de sentiment
De tendre amour, d’ardeur parfaite ;

Mais j’ai tout oublié,
Lorsque je suis venu,
Je t’aime est le seul mot que j’ai bien retenu.

C’est vraiment un très court poème, mais il se suffit tout simplement. Il y a des fois ou il n’est pas nécessaire de faire de longs discours pour exprimer ce que l’on ressent.

IMG_2079

Sur cette photo, mon Papa que j’aime très fort et qui me manque beaucoup.

#15 – Instant Poésie

Bonsoir à tous,

Par cette belle soirée ensoleillée, je vous propose comme chaque jeudi un nouvel instant poésie. Le texte que j’ai choisi aujourd’hui, est tiré des Poèmes saturniens de Paul Verlaine, un poète que j’apprécie beaucoup, ce fut d’ailleurs dur de choisir un texte plutôt qu’un autre, donc ne soyez pas surpris si de temps à autre, je vous en propose à nouveau.

220px-CarrierePortraitVerlain

Cauchemar

J’ai vu passer dans mon rêve
– Tel l’ouragan sur la grève, –
D’une main tenant un glaive
Et de l’autre un sablier,
Ce cavalier

Des ballades d’Allemagne
Qu’à travers ville et campagne,
Et du fleuve à la montagne,
Et des forêts au vallon,
Un étalon

Rouge-flamme et noir d’ébène,
Sans bride, ni mors, ni rêne,
Ni hop ! ni cravache, entraîne
Parmi des râlements sourds
Toujours ! toujours !

Un grand feutre à longue plume
Ombrait son oeil qui s’allume
Et s’éteint, Tel, dans la brume,
Eclate et meurt l’éclair bleu
D’une arme à feu.

Comme l’aile d’une orfraie
Qu’un subit orage effraie,
Par l’air que la neige raie,
Son manteau se soulevant
Claquait au vent,

Et montrait d’un air de gloire
Un torse d’ombre et d’ivoire,
Tandis que dans la nuit noire
Luisaient en des cris stridents
Trente-deux dents.

Cauchemars-pourquoi-on-en-fait

Voilà pour cette semaine. Et vous alors, avez-vous des poèmes de Verlaine qui vous plaisent particulièrement ?

 

#14 – Instant Poésie

Bonsoir à tous,

Je ne suis pas en avance pour vous proposer mon Instant Poésie, mais bon, nous sommes un jour férié, il a fait beau, en plus ceux qui me suivent sur Instagram savent que nous nous sommes achetés un nouveau barbecue, donc forcément ce soir c’était grillade. Pour en revenir à la poésie, je vous propose ce soir un poème clin d’oeil à ma femme. Il s’agit d’un épigramme de Clément Marot poète à la cour de François 1er.

clement marot

Le blason du beau tétin

Tétin refait , plus blanc qu’un oeuf,
Tétin de satin blanc tout neuf,
Tétin qui fait honte à la rose,
Tétin plus beau que nulle chose ;
Tétin dur, non pas tétin, voire,
Mais petite boule d’ivoire,
Au milieu duquel est assise
Une fraise, ou une cerise,
Que nul ne voit, ne touche aussi,
Mais je gage qu’il est ainsi.
Tétin donc au petit bout rouge
Tétin qui jamais ne se bouge,
Soit pour venir, soit pour aller,
Soit pour courir, soit pour baller.
Tétin gauche, tétin mignon,
Toujours loin de son compagnon,
Tétin qui porte témoignage
Au demeurant du personnage.
Quand on te voit, il vient à maints
Une envie dedans les mains
De te tâter, de te tenir ;
Mais il se faut bien contenir
D’en approcher, bon gré ma vie,
Car il viendrait une autre envie.
Ô tétin, ni grand ni petit,
Tétin mûr, tétin d’appétit,
Tétin qui nuit et jour criez :
« Mariez-moi tôt, mariez ! »
Tétin qui t’enfles, et repousses
Ton gorgias de deux bons pouces,
À bon droit heureux on dira
Celui qui de lait t’emplira,
Faisant d’un tétin de pucelle
Tôtin de femme entière et belle.

Cranach_les-trois-Graces

Lucas Cranach l’Ancien 1472-1553 Les trois grâces

Voilà un petit poème malicieux, j’espère qu’il vous plaira.