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Dans la forêt

dans la forêt

Auteur: Jean Hegland

Editions: Gallmeister

Genre: Roman

Titre: Dans la forêt

Quatrième de couverture:

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’éléctricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

L’auteur, en quelques mots:

Jean Hegland est une écrivaine américaine.

Elle commence ses études au Fairhaven College de Bellingham dans l’État de Washington, puis obtient un BA en arts libéraux de l’Université d’État de Washington en 1979.

Après avoir occupé divers petits boulots, dont des ménages dans une maison de retraite, elle décroche en 1984 une maîtrise en rhétorique et enseignement de la composition de l’université de Washington. Elle devient alors enseignante.

Ma chronique:

Nell et Eva, Eva et Nell…. l’une ne va pas sans l’autre, et pour cause.

Ces deux jeunes sœurs se retrouvent totalement seules dans la maison familiale, après qu’un double drame familial ne les frappe. Isolées en plein cœur de la forêt, elles vont devoir apprendre à se débrouiller avec les « moyens du bord »;  tout y passe et rien ne se perd. Elles ne peuvent pas se le permettre.

Au fil de la lecture, on comprend qu’il s’est également passé quelque chose de grave « à la ville »: les maisons sont vides, l’électricité est coupée, les télécom aussi. Il n’y a plus d’essence, plus de nourritures, plus de magasins. Une sorte de fin du monde qui pèse tout au long du roman.

J’ai été totalement hypnotisée par ma lecture et par la vie de robinson que vivent Nell et Eva, qui sont admirables, touchantes, et tellement courageuses. Il y a un savant mélange d’angoisse, de questions sans réponses, et de remise en question, pour ma part.
« Comment aurais-je réagi à leur place? Comment me serais-je débrouillée? Aurais-je eu leur courage? Leur foi, leur volonté? Leur force? Leur détermination? »…

J’ai aussi retrouvé avec plaisir le nature writing qui est si cher aux éditions Gallmeister et qui me fait tellement de bien ! La forêt fait partie intégrante de l’histoire, et est un personnage du livre à part entière. Elle nous suit et nous fait partager sa noirceur, sa dangerosité, mais également sa poésie, ses richesses, sa beauté…. Elle est époustouflante.

Ce roman est pur, hypnotique, oppressant. Il nous fait voir la vie sous un angle différent et nous fait réfléchir à notre condition actuelle. Et si l’opulence n’était plus, comment ferions-nous? Qu’adviendrait-il de nous? Saurions-nous passer de nos ordinateurs, de nos portables, de nos grandes surfaces, d’internet….? Pas si sûre…. La question est posée ;o)

En tout état de cause, je ne peux que vous conseiller – à l’impératif !! – de lire ce petit chef d’œuvre littéraire si ce n’est pas déjà fait.

Ma note:
10/10

sans-titre

 

 

De pierre et d’os

de pierre et d'os

Autrice : Bérengère Cournut

Édition : Le Tripode

Genre : Contemporain

Titre : De pierre et d’os

Quatrième de couverture :

Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d’une quête qui, au-delà des vastitudes de l’espace arctique, va lui révéler son monde intérieur.

Quelques mots sur l’autrice :

Bérengère Cournut est née en 1979. Ses premiers livres exploraient essentiellement des territoires oniriques, où l’eau se mêle à la terre (L’Écorcobaliseur, Attila, 2008), où la plaine fabrique des otaries et des renards (Nanoushkaïa, L’Oie de Cravan, 2009), où la glace se pique à la chaleur du désert (Wendy Ratherfight, L’Oie de Cravan, 2013). D’une autre manière, Bérengère Cournut a poursuivi sa recherche d’une vision alternative du monde : en 2017, avec Née contente à Oraibi (Le Tripode), roman d’immersion sur les plateaux arides d’Arizona, au sein du peuple hop ; en 2019, avec De pierre et d’os (Le Tripode, prix du roman Fnac), roman empreint à la fois de douceur, d’écologie et de spiritualité, qui nous plonge dans le destin solaire d’une jeune femme eskimo. Elle a bénéficié pour ce roman d’une résidence d’écriture de dix mois au sein des bibliothèques du Muséum national d’Histoire naturelle. Entretemps, un court roman épistolaire lui est venu, Par-delà nos corps, paru en février 2019.

Ma chronique :

J’ai découvert ce roman lors d’une émission de La Grande Librairie sur France 5, j’ai eu envie de découvrir ce livre tout d’abord à la découverte de sa couverture qui est vraiment très douce et ensuite en ayant écouté Bérengère Cournut en parler.

Dans « De pierre et d’os », j’ai découvert la culture inuit, ce livre, est plus qu’un roman, c’est le récit d’un voyage à travers les grands espaces. Bérengère Cournut nous offre ici de belles légendes et nous fait entrer dans le quotidien de cette civilisation que pour ma part je ne connaissais que très peu. Avec sa très belle plume, elle nous fait grandir en même temps que son héroïne, nous entraine dans un monde plein de mystères et d’esprits.

Il y a beaucoup de mysticisme dans ce livre, mais c’est ce qui pour moi en fait tout son charme. C’est beau, poétique et apaisant. J’ai été pendant toute ma lecture dans une espèce de transe contemplative. Certainement grâce au fait que les chapitres courts s’enchainent vite et qu’ils sont très souvent ponctués de poèmes et de chants. Ces derniers sont la grande force de ce roman qui du coup est très puissant. Bérengère Cournut avec ceux-ci fait parler les hommes et les femmes, mais également les esprits et la nature.

Il y a beaucoup de beauté dans ce roman, beaucoup de froid aussi et ne nous le cachons pas il y a également de la noirceur qui nous accompagne tout au long de notre lecture. Effectivement, on ne peux ignorer les conditions de vie de ce peuple, vivant au rythme des saisons et des caprices de la nature. Nature qui dans ce roman est comme on peut s’en douter un personnage bien présent et qui prend diverses formes tout au long des pages.

J’ai vraiment bien aimé ma première lecture de cette nouvelle année qui comme dit un peu plus haut, m’a apaisé. Le cahier de photographies à la fin du livre est un vrai plus, les photos sont vraiment belles et ont sue capturer des moments de vie.

Ma note : 09 / 10

 

Maître des eaux

maitre des eaux

Auteur : Patrick Coudreau

Édition : La Manufacture de Livres

Genre : Contemporain

Titre : Maître des eaux

Quatrième de couverture :

Au village, on disait de cette famille qu’elle était étrange, que l’eau leur obéissait et que les catastrophes arrivaient par eux. Et puis, il y eut l’incendie et tout rentra dans l’ordre. Aujourd’hui, le fils est revenu avec l’envie de régler ses comptes. Il a amené avec lui la pluie qui ravage tout, car lui aussi, dit-on, sait converser avec l’eau. Maintenant il se cache au coeur de la nature, quelque part près du village, voulant se faire oublier et une gamine a décidé de lui venir en aide. Mais pour les hommes du village, la traque est ouverte et ne s’arrêtera que quand cette affaire sera définitivement réglée…
Avec ce premier roman qui se lit d’une traite, Patrick Coudreau nous invite dans un univers littéraire plein de suspense, de poésie et de magie.

Quelques mots sur l’auteur :

Né à Bourges, Patrick Coudreau devient journaliste, se spécialisant dans les questions d’écologie et de société, travaillant d’abord pour la presse écrite puis pour diverses institutions. Il commence à écrire quand il a 14 ans et publie trois recueils de poésie qui lui vaudront de recevoir deux prix littéraires. Il s’intéresse par la suite à la prose, ne cessant jamais de travailler et d’aller d’un projet à l’autre. Au total, près de vingt-cinq manuscrits s’accumuleront dans les tiroirs de son bureau sans être publiés. C’est en 2017 qu’il achève le projet de Maître des eaux et décide de l’envoyer à trois éditeurs. Passionné d’ornithologie, Patrick Coudreau vit aujourd’hui dans les Yvelines.

Ma chronique :

Un grand merci à Marie-Anne de La Manufacture de Livres qui m’a permits de découvrir ce roman qui sort en librairie cette semaine.

Maître des eaux est un roman que j’ai trouvé assez sombre. En effet tout part d’un drame que l’on peut qualifier d’horrible. Ce roman nous raconte l’histoire d’un petit village et de ses habitants, l’histoire d’une famille ayant décidé de s’installer dans ce village, mais n’ayant jamais été acceptée.

Patrick Coudreau nous montre dans son roman la noirceur et la méchanceté humaine envers l’inconnu et la différence. Sous fond d’insultes, de racisme, d’antisémitisme et d’une folie incroyable, il nous plonge dans cette histoire et dans la tête des différents protagonistes. C’est vraiment très bien écrit, par moment même très poétique, la plume est simple mais incisive, c’est un roman qui se lit d’une traite.

J’ai bien aimé le petit côté fantastique présent dans ce livre et le fait que l’on ne nous donne pas d’explications, il y a de ce fait un mystère planant tout au long de la lecture qui rend celle-ci attrayante. Ce côté fantastique justement, met en avant un personnage qui a toute son importance dans ce roman, il s’agit de la nature. Et c’est là également un point fort, cette nature est extrêmement bien décrite et c’est très beau à lire.

Par contre, il y a quelque chose qui m’a un peu dérangé dans ma lecture, c’est l’impossibilité de me situer au niveau de l’époque. En effet, il n’y a pas de marqueur de temps précis, au début de ma lecture, je pensais me situer dans la période d’après-guerre, puis ensuite un plus dans les années 70/80 et au final on me sort des téléphones portables … Cela m’a complètement paumé et ce n’est pas le plus agréable pour moi.

Voilà, en tout cas c’est un très bon roman, avec une belle morale et une merveilleuse nature. Je vous le recommande.

Ma note : 08 / 10

 

Le chant de la Tamassee

ron rash

Auteur : Ron Rash

Genre : Contemporain

Édition : Points

Titre : Le chant de la Tamassee

Quatrième de couverture :

La Tamassee, protégée par le Wild and Scenic Rivers Act, dessine une frontière entre la Caroline du Sud et la Géorgie. Ruth Kowalsky, 12 ans, venue pique-niquer en famille sur sa rive, fait le pari de poser un pied dans chaque État et se noie. Les plongeurs du cru ne parviennent pas à dégager son corps, coincé sous un rocher à proximité d’une chute. Inconscient des dangers encourus, son père décide de faire installer un barrage amovible qui permettra de détourner le cours de l’eau. Les environnementalistes locaux s’y opposent : l’opération perturbera l’état naturel de leur rivière, qui bénéficie du label « sauvage ». Les deux camps s’affrontent violemment tandis que le cirque médiatique se déchaîne de répugnante manière et que des enjeux plus importants que la digne sépulture d’une enfant apparaissent…

Quelques mots sur l’auteur :

Né en Caroline du Sud en 1953, Ron Rash est un poète, auteur de cinq recueils de nouvelles et de cinq romans, tous lauréats de prestigieux prix littéraires. Il est titulaire de la chaire John Parris d’Appalachian Studies à la Western Carolina University.

Ma chronique :

À travers cette chronique je viens partager avec vous mon avis sur le premier roman de Ron Rash que je li. Autant vous le dire de suite, ce ne sera certainement pas le dernier, d’ailleurs si vous en avez à me conseiller je suis preneur.

Le chant de la Tamassee, c’est l’histoire d’une rivière, un cours d’eau sauvage et protégé comme il n’en reste peu, c’est l’histoire de tous ces hommes et ces femmes qui vivent près de cette rivière et qui la connaisse par coeur en y vouant quasiment un culte, mais c’est aussi l’histoire d’une relation entre une fille et son père maintenant âgé et malade.

J’ai adoré le côté nature et engagement pour l’environnement de ce roman, Ron Rash décrit avec brio cette rivière, la façon qu’elle a de se comporter et comment les gens peuvent la percevoir. Il décrit avec beaucoup d’humilité, ses habitants, avec leurs coutumes, leurs manières de s’exprimer et d’interagir entre eux et avec les étrangers. Je n’ai eu aucun mal à m’imaginer tout cela et j’aurais même presque pu me croire au bord de la Tamassee, tellement les mots sont bien choisis, j’ai découvert que Ron Rash est un poète, et effectivement il y a de la poésie dans son roman, tout est à sa place et c’est splendide.

Jusqu’à où est-on prêt à aller par amour pour une personne disparue ? C’est une question très difficile à laquelle je ne saurais répondre, mais c’est un peu le fil rouge de ce roman, quand un père et une mère décide d’aller contre la nature et contre les lois qui la protègent pour retrouver le corps de leur fille. Un sujet extrêmement difficile, mais tellement bien maitriser par Ron Rash, ce n’est pas un mélodrame, il n’y a pas de prise de parti mise en avant. L’auteur plonge ici le lecteur devant un choix inimaginable en argumentant les deux solutions envisagées. J’ai lu sur un autre blog que ce roman était en quelque sorte un plaidoyer, pour ma part je dirais qu’il y en a deux.

Voilà, que dire de plus à part que si vous ne l’avez pas encore lu, allez-y n’hésitez pas vous passerez certainement un agréable moment.

Ma note : 9 / 10