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Une journée pourrie au paradis des truites

Auteur : John Gierach

Édition : Gallmeister

Genre : Nature Writing

Titre : Une journée pourrie au paradis des truites

Quatrième de couverture :

La contemplation des rivières inspire à John Gierach bien plus qu’une belle description de paysages émaillée de secrets de pêche à la mouche. À sa manière sensible et personnelle, il donne vie aux moments et aux choses. Il capture l’essence d’expériences anodines avec l’esprit, le détachement et l’humour d’un sage oriental. Pour un pêcheur, l’oeuvre de Gierach est un pur régal. Pour un non-pêcheur, elle est une réflexion sur notre place dans le monde, qu’on se trouve en pleine nature sauvage ou bien installé dans son fauteuil.

Quelques mots sur l’auteur :

John Gierach est sans conteste le plus célèbre des “écrivains-pêcheurs” américains.

Il grandit dans le Middle West où il suit un cursus de philosophie, avant de s’installer dans l’Ouest américain et d’y découvrir la pêche à la mouche, qui deviendra la grande passion de sa vie.

Installé depuis plus de trente ans à Lyons, dans le Colorado, il est l’auteur d’une vingtaine de livres et collabore régulièrement à divers magazines de pêche et d’activités de plein air. Il tient également une chronique mensuelle dans le New York Times.

Ses textes mêlent les récits plein d’humour de ses aventures de pêche à des réflexions inspirantes sur les grandes questions universelles de l’existence humaine. En 1994, il a reçu le prix Roderick Haig-Brown, décerné par la Fédération Américaine des Pêcheurs à la mouche, qui récompense une œuvre littéraire incarnant la philosophie de la pêche à la mouche et faisant montre d’un profond respect pour les rivières et leurs habitants.

Ma chronique :

Cela faisait longtemps que les romans de John Gierach me faisaient de l’œil. Il s’agit d’un des auteurs marquant chez Gallmeister. Mais voilà, la pèche à la mouche ne m’attirait pas plus que cela, peur de m’ennuyer pendant mes lectures. Malgré cela, j’ai acheté il n’y a pas longtemps, Une journée pourrie au paradis des truites et j’ai décidé de le lire pour #lemoisaméricain organisé sur Instagram.

Et maintenant, me direz-vous ? Et bien, j’aurais pu, j’aurais acheté un billet pour les États-Unis et me serais envolé pour aller pécher dans les rivières décrites par John Gierach. Mais pourquoi n’ai-je pas lu cet auteur plus tôt ? Mais quelle erreur, cette lecture a tellement été rafraichissante. Il y a tellement d’humour et d’intelligence dans la plume de cet auteur. Je n’y connaissais absolument rien en pèche à la mouche, mais cela n’a en rien gêné ma lecture, j’ai eu l’impression de découvrir plein de choses, c’est génial.

John Gierach est en plus plein d’auto-dérision, c’est un régal. Il nous offre plusieurs moments de pèche et plusieurs réflexion sur ce sport et sur la nature qu’il l’entoure chaque jour. J’ai lu quelque part que lire Gierach, c’est comme partager le café du bivouac, et c’est exactement cela. L’impression de partager un moment au bord de la rivière, avec son pote, la canne à la main ou en train de boire un verre, à partager des souvenirs et à refaire le monde.

Mais attention, ne nous y trompons pas derrière l’humour et la bonhomie du pécheur, il y a l’écrivain qui à travers sa plume dresse un magnifique portrait de son Amérique des rivières et des lacs. Il y a l’écrivain qui subtilement inculque à ses lecteurs l’amour de la nature sauvage et du respect que tous nous devons avoir envers celle-ci. Et bien Monsieur Gierach, pour moi, le message est passé et j’espère bien un jour avoir la chance de profiter d’une partie de pèche à la mouche sur une des rivières que vous décrivez si bien.

Voilà donc un roman nécessaire, un roman sur la pèche et sur la nature. Un roman à partager.

Ma note : 10/10

Indian Creek

Auteur : Pete Fromm

Édition : Gallmeister

Genre : Nature Writing

Titre : Indian Creek

Quatrième de couverture :

Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j’avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer.

— Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m’expliqua-t-il. Fais attention à ça. Tu dois t’en constituer toute une réserve avant que la neige n’immobilise ton camion.

Je ne voulais pas poser cette question, mais comme cela semblait important, je me lançai :

— Heu… C’est quoi, une corde de bois ? 

Ainsi débute le long hiver que Pete Fromm s’apprête à vivre seul au cœur des montagnes Rocheuses, et dont il nous livre ici un témoignage drôle et sincère, véritable hymne aux grands espaces sauvages.

Quelques mots sur l’auteur :

Pete Fromm est né le 29 septembre 1958 à Milwaukee, dans le Wisconsin. Peu intéressé par les études, il s’inscrit un peu par hasard à l’université du Montana pour y suivre un cursus de biologie animale. 

Il vient d’avoir vingt ans lorsque, fasciné par les récits des vies de trappeurs, il accepte un emploi consistant à passer l’hiver à Indian Creek, au milieu de nulle part (dans les montagnes de l’Idaho), pour surveiller la réimplantation d’œufs de saumons dans la rivière. Cette saison passée en solitaire au cœur de la nature sauvage bouleversera sa vie.

À son retour à l’université, il supporte mal sa vie d’étudiant et part barouder en Australie. Poussé par ses parents à terminer ses études, il s’inscrit au cours de creative writing de Bill Kittredge – pour la simple et bonne raison que ce cours du soir est le seul compatible avec l’emploi du temps qui lui permettrait d’achever son cursus le plus tôt possible. 

C’est dans ce cadre qu’il rédige sa première nouvelle et découvre sa vocation. Son diplôme obtenu, il devient ranger et commence chacune de ses journées par plusieurs heures d’écriture. Après avoir jonglé entre son activité d’écrivain et les différents métiers qu’il cumule, il décide finalement de se consacrer à plein temps à la littérature.

Aujourd’hui, Pete Fromm a publié plusieurs romans et recueils de nouvelles qui ont remporté de nombreux prix et ont été vivement salués par la critique. Il est notamment le seul auteur à avoir remporté cinq fois le prix littéraire de la PNBA (l’association des libraires indépendants du Nord-Ouest Pacifique). Indian Creek, récit autobiographique qui raconte son hiver en solitaire dans les Rocheuses, a été son premier livre traduit en français et est devenu un classique du nature writing aux États-Unis comme en France.

Il vit aujourd’hui à Missoula, dans le Montana.

Ma chronique :

Oh que ce roman m’a été chaudement recommandé sur Instagram, à base de « C’est le meilleur roman de chez Gallmeister ! » de « Quoi ? Comment ça, tu as pas encore lu Indian Creek !!! » et j’en passe. Voilà les amis, je répare cet affront à ce grand auteur qu’est Pete Fromm en ayant enfin lu son premier roman, qui raconte ses sept mois passé dans les montagnes de l’Idaho.

Bon vous devez savoir à quel point j’aime cet auteur je n’ai eu que des coups de cœur avec les trois romans que j’ai déjà lu de lui, Lucy in the sky, Mon désir le plus ardent et La vie en chantier. Il me tardait donc de découvrir par quoi tout avait commencé, pourtant j’appréhendais un peu. Oui, sept mois passé à surveiller des œufs de saumon pendant un hiver seul dans les montagnes, je me suis dis que cela allait peut-être être long. Et bien pas du tout au contraire, j’ai dévoré ce livre, ce fut un régal du début jusqu’à la fin. Pete Fromm a un talent fou pour décrire les émotions et les ressentis, pour faire en sorte avec quelques mots que son lecteur se retrouve plongé au milieu des montagnes. Je n’ai absolument jamais mis les pieds aux États-Unis (à mon grand désespoir) du coup encore moins dans l’Idaho, mais j’ai eu l’impression d’y être, j’ai ressenti le froid de la neige, la difficulté de marcher dans les congères, l’excitation qu’a ressenti Pete Fromm lors de ses parties de chasse et de ses longues marches.

Je crois que ce qui m’a le plus captivé, c’est le changement qui s’est opéré insidieusement dans Pete Fromm, il est certainement le mieux placé pour le dire, mais je pense que c’est à ce moment là, grâce à cette expérience qu’il est devenu un homme. Je ne peux que le remercier pour avoir partager ses angoisses, ses doutes et surtout ses émerveillements et d’aussi bien les écrire. Il y a beaucoup de passages vraiment marquants, mais quelques uns sont pour moi exceptionnels, celui avec le puma par exemple est juste inoubliable. Comme toujours, j’ai ri et j’ai pleuré, il n’y a pas beaucoup d’auteur capable de me faire ressentir autant d’émotions lors de mes lectures, Pete Fromm en fait partie.

Il y a également la postface qui est pour moi essentielle pour comprendre l’homme et l’écrivain que Pete Fromm est aujourd’hui. Dans celle-ci, il se livre sans retenue, il nous explique ce que cette expérience à Indian Creek a eu sur lui. Il nous raconte comment il est devenu l’écrivain que l’on connait.

Alors, si comme moi vous aimé Pete Fromm mais que vous n’avez jamais lu Indian Creek, jetez-vous dessus sans plus attendre. C’est une lecture qui vous marquera pour longtemps.

Ma note : 10 / 10

Sauvage

Auteur : Jamey Bradubury

Éditions : Gallmeister

Titre : Sauvage

Genre : Roman d’initiation

Quatrième de couverture :

À dix-sept ans, Tracy Petrikoff possède un don inné pour la chasse et les pièges. Elle vit à l’écart du reste du monde et sillonne avec ses chiens de traîneau les immensités sauvages de l’Alaska. Immuablement, elle respecte les trois règles que sa mère, trop tôt disparue, lui a dictées : «ne jamais perdre la maison de vue», «ne jamais rentrer avec les mains sales» et surtout «ne jamais faire saigner un humain». Jusqu’au jour où, attaquée en pleine forêt, Tracy reprend connaissance, couverte de sang, persuadée d’avoir tué son agresseur. Elle s’interdit de l’avouer à son père, et ce lourd secret la hante jour et nuit. Une ambiance de doute et d’angoisse s’installe dans la famille, tandis que Tracy prend peu à peu conscience de ses propres facultés hors du commun.

L’autrice en quelques mots :

Jamey Bradbury est une écrivaine américaine originaire du Midwest; elle a choisi l’Alaska comme seconde maison et réside à Anchorage.

Elle est titulaire d’une maîtrise en beaux-arts de l’université de Caroline du Nord à Greensboro.
Elle a été réceptionniste, actrice dans un diner-show, bénévole pour une association humanitaire, secouriste et assistante littéraire.

Elle partage désormais son temps entre l’écriture et l’engagement en faveur de l’aide aux peuples natifs de l’Alaska.

« Sauvage » est son premier roman.

Ma chronique :

Énoooooooorme coup de coeur !!!!

Encore un roman magistral !!
C’est incroyable parce qu’au début du livre, ce n’est pas tant l’histoire qui m’a happée, mais ce sont ces paysages merveilleusement décrits par Jamey Bradbury. Le froid glacial de l’Alaska ne m’a pas quitté, et je pouvais presque sentir les flocons de neige effleurer mon visage, et se déposer délicatement sur mes mains qui tenaient le roman !

L’histoire est amenée doucement, certes, mais habilement par l’autrice, et une fois lancés, vous êtes littéralement pris au piège! Impossible de ce détacher de ce roman, impossible de vous en sortir.

Ce roman est un savant mélange de nature writting et de thriller, avec un soupçon de fantastique… C’est EXPLOSIF.

Quant à Tracy… Elle m’a fait penser à Turtle, à Madeline, à Neil et à Eva ! Ce roman s’inscrit littéralement dans la digne lignée de « Dans la forêt », « My Asolute Darling » et « Une histoire des loups », c’est pour moi une évidence. A la différence près que Jamey Bradbury nous fait monter d’un cran dans le lien qu’entretien l’héroïne avec la Nature; Tracy ne fait vraiment qu’un avec la Nature, c’est époustouflant!

Vous l’aurez compris, gros coup de cœur pour moi, et si vous avez aimez les romans précités, je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans la lecture de Sauvage qui ne vous décevra pas!

Ma note : 10/10

Sur quoi repose le monde

Autrice : Kathleen Dean Moore

Édition : Gallmeister

Genre : Nature Writing

Titre : Sur quoi repose le monde

Quatrième de couverture :

“Je crois que la plus belle chose que l’on puisse dire à quelqu’un, c’est ‘Regarde’. Et la position la plus tendre, ce n’est pas une longue étreinte, mais deux personnes se tenant côte à côte, regardant ensemble le monde.” Regarder le monde, c’est regarder les êtres aussi bien que les lieux. Non seulement pour mieux les comprendre et mieux les préserver, mais surtout parce qu’il s’agit de l’un des besoins les plus fondamentaux de l’espèce humaine. Nous n’avons pas seulement besoin du milieu naturel pour notre survie, nous dépendons affectivement de lui. Nous sommes tous liés à lui de mille manières insoupçonnées.

Quelques mots sur l’autrice :

Kathleen Dean Moore est écrivain, philosophe et naturaliste. Elle a passé son enfance dans l’Ohio et enseigne aujourd’hui la philosophie à l’université de l’Oregon, où elle donne des cours sur l’éthique environnementaliste et la philosophie de la nature.

Activement engagée dans la défense de la nature sauvage, elle est l’auteur de nombreux essais et récits encore non traduits en français, notamment Riverwalking (1996) et The Pine Island Paradox (2004), unanimement salués par la critique et le public américains. Ses récentes publications portent sur le changement climatique.

Ma chronique :

Quel plaisir de lire du Nature Writing. J’adore ce style et j’adore les parutions Gallmeister qui font honneur à ce genre littéraire. Kathleen Dean Moore, bien connue pour son Petit traité de philosophie naturelle, livre que j’ai dans ma pal, revient avec ce livre dont la couverture est magnifique.

Kathleen Dean Moore, dans ce nouveau livre nous propose ses disgressions sur la nature qu’elle observe, sur l’impact de l’homme sur celle-ci, sur le fait que nous sommes infiniment petit dans ce grand tout mais que nos actions sont immensément bouleversantes.

Ce sont toujours les mêmes arguments que l’on nous sert à chaque fois pour tenter coûte que coûte de préserver aux seuls humains une place sur le piédestal. Voici celui qui revient tout le temps : il semblerait que les humains soient à part et au-dessus du reste de la création naturelle, car la Bible dit que Dieu a créé l’homme à son image, plusieurs jours après avoir créé les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, et qu’il a donné à l’homme le pouvoir de dominer toutes les créatures qui marchent, qui volent et qui nagent.

C’est un livre très philosophique, l’autrice profite de ses souvenirs d’enfance, de vacances, de voyages et encore de sorties scolaires pour s’interroger sur son rôle vis à vis de la nature. Quelle est sa place en tant qu’être humain, en tant que femme, en tant que mère, en tant que professeur et en tant que naturaliste, voilà à quoi elle tente de répondre. Cela se lit facilement, j’ai beaucoup voyagé à ses côtés, à travers les pages de ce livre. J’ai pu m’imaginer en pleine nature à écouter les chants de la nature ou encore à regarder des pluies d’étoile dans le ciel.

De temps en temps cela peut-être un brin culpabilisateur et moralisateur, mais à un moment faut que nous ayons tous conscience que nous sommes en train de détruire notre planète que que nous allons laisser aux futures générations une Terre malade et fatiguée. Je trouve cela génial d’avoir des autrices et des auteurs qui s’engagent pour l’environnement, tout en ayant conscience que personne n’est irréprochable, pas même eux, mais que la prise de conscience est nécessaire pour passer à l’action.

Je me permet de vous partager un autre passage qui m’aura profondément marqué.

Il fut un temps peut-être où cela avait du sens de penser que la terre était un parent qui nous avait donné la vie, qui nous avait nourris, calmés, lavés, bercés, instruits et nous avait chanté des chansons. Mais la métaphore devient vite plus compliquée. Combien d’agressions un corps peut-il endurer avant que ses processus naturels de guérison s’épuisent et qu’il commence à changer ? La terre et la mer resteront, mais les grands systèmes qui nous maintiennent en vie – les cycles féconds de la nature, les cycles de réchauffement et de refroidissement, la respiration des plantes, les cycles des saisons, les grands courants des océans – changent sans que nous comprenions comment. Que devons-nous faire, nous, les enfants abandonnés, qui racontons des histoires la nuit ?

Il n’y a pas d’autre solution : nous devons devenir les gardiens des lieux que nous habitons. Nous devons être moralement responsables du bien-être de l’air, de l’eau, de la terre. Et si cela rend nos relations avec la terre compliquées et douloureuses, peut-être n’y a-t-il là rien de surprenant. « Un changement s’impose, écrivait Linda Hogan dans Dwellings ». Assumer le rôle de gardiens est la responsabilité la plus spirituelle et physique de notre temps.

Voilà un extrait qui pour moi à un véritable sens, en tout cas un extrait qui a eu une résonnance en moi

Je ne peux que vous encourager à lire ce livre, ne serait-ce que pour la nature qui y est décrite.

Ma note : 08/10

En descendant la rivière

Auteur : Edward Abbey

Édition : Éditions Gallmeister

Genre : Nouvelles

Titre : En descendant la rivière

Quatrième de couverture :

Exploration de la beauté impérissable des derniers grands espaces sauvages américains, En descendant la rivière nous entraîne dans des paysages où le corps et l’esprit flottent librement. Et leur immensité réveille des méditations sur des sujets allant de la vie d’Henry David Thoreau à la militarisation des grands espaces. On y entend alors une condamnation passionnée des coups portés à notre patrimoine naturel au nom du progrès, du profit et de la sécurité. Rempli d’aubes enflammées, de rivières brillantes et de canyons radieux, ce recueil, inédit en France, est chargé d’une rage sincère et déchaînée contre la cupidité humaine.

Quelques mots sur l’auteur :

Edward Abbey (1927-1989) est né dans la ville d’Indiana, en Pennsylvanie, le 29 janvier 1927. En 1944, à l’âge de dix-sept ans, il quitte la ferme familiale pour traverser les États-Unis en stop et partir à la découverte de l’Ouest américain. C’est alors qu’il tombe fou amoureux du désert, d’un amour qui l’animera toute sa vie.

Après un bref séjour dans l’armée en Italie entre 1945 et 1947, il rejoint l’université et rédige une thèse sur « L’anarchie et la moralité de la violence ». Pendant ses études, il se fait remarquer par le FBI, qui commence à le surveiller après qu’il a incité ses camarades à brûler leurs papiers de conscription. Cette surveillance durera toute sa vie – ce à quoi Abbey rétorqua, quand on le lui fit remarquer, « Je considérerais comme un affront qu’ils ne fassent pas attention à moi. »

Il commence à travailler en tant que ranger dans divers parcs nationaux américains et passe notamment deux saisons au parc national des Arches, dans l’Utah. Cette expérience lui inspirera son récit Désert solitaire, publié en 1968.

Il gagne en notoriété en 1962 quand son roman Seuls sont les indomptés est porté à l’écran avec Kirk Douglas et Gena Rowlands dans les rôles principaux.

Le succès de Désert solitaire et du roman Le Gang de la clef à molette, paru en 1975, font de lui une icône de la contre-culture et le pionnier d’une prise de conscience écologiste aux États-Unis. Le New York Times le qualifie de « héros subversif de l’underground« . Personnage provocateur et subversif, il devient le pape du nature writing. De nombreux écrivains se réclament de sa vision radicale de la société, dont Larry McMurtry, qui l’appelle « le Thoreau de l’Ouest américain ».

En 1987, il se voit offrir un des prix littéraires les plus prestigieux de l’Académie américaine des arts et des lettres. Mais il décline cet honneur : il avait prévu la descente d’une rivière de l’Idaho la semaine de la cérémonie de remise du prix…

Abbey meurt en 1989 à l’âge de soixante-deux ans des complications d’une intervention chirurgicale. Il laisse derrière lui une veuve, quatre enfants, une douzaine de livres et un message pour la postérité : « No comment. » Il avait demandé à être enterré clandestinement dans le désert, ce dont se charge son ami Doug Peacock. Aujourd’hui encore, personne ne sait où se trouve sa tombe.

Ma chronique :

Encore une fois, un grand merci aux éditions Gallmeister pour cet envoi. Chose n’est pas coutume avec moi, dans la partie juste au-dessus, je ne vous ai pas mis que quelques mots sur cet auteur qu’est Edward Abbey, mais toute sa biographie trouvé sur le site de Gallmeister. Je trouve que cela vient mettre en perspective ce recueil de nouvelles qui est inédit en France.

Je n’avais pas encore lu Edward Abbey, j’avoue que je sais pas trop pourquoi, surtout que j’ai Le gang de la clef à molette dans ma PAL, mais voilà, il fait parti de ces auteurs qui m’impressionne et qui me font un peu peur, si je puis m’exprimer ainsi. Bon, voilà, c’est chose faite maintenant … Et bien je peux vous dire qu’il m’impressionne d’autant plus… Tout commence avec sa préface, où, je découvre une grande gueule qui sait de quoi elle parle et qui ne mâche pas ses mots. C’est posé direct, on sait à quoi s’attendre et je peux vous dire que je n’ai pas été déçu. Il parait que c’est un grand du Nature Writing, il le prouve parfaitement dans ces nouvelles.

Du coup, j’ai découvert Edward Abbey avec ce livre, mais pas que, j’ai également fait la connaissance de Henry David Thoreau cet écrivain du XIXème siècle dans la première nouvelle de ce recueil. Dans celle-ci, Abbey descend une rivière et au grès de son parcours il nous présente Thoreau, il s’adresse à lui même. Cette nouvelle se lit un peu comme un essai, elle peut paraître lourde mais eu final elle parle de tellement de chose que cela en devient super intéressant.

La force de ce livre c’est qu’il a été publié dans les années 80 mais qu’il est toujours autant d’actualité. Abbey parle de la nature et plus précisément des rivières avec une passion débordante. Il nous fait réfléchir sur la mondialisation, l’agriculture industrielle, le tout profit. Il peut être très revendicateur dans ses propos et je pense qu’il a dû pas mal se faire bousculer à son époque.

J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à descendre les rivières en compagnie de Edward Abbey. Encore un livre de plus qui me donne envie de découvrir les États-Unis. En descendant la rivière est un vrai livre de Nature Writing, Gallmeister sont vraiment excellent dans ce mouvement, encore un grand merci à eux.

Ma note : 08 / 10

Justin Sharendi et le Royaume suspendu

Auteur : Jérôme Nourisson

Édition : Auto-édition

Genre : Fantasy

Titre : Justin Sharendi et le Royaume Suspendu

Quatrième de couverture :

À douze ans, Justin Sharendi n’a connu que l’orphelinat Monroe, où il a été abandonné peu après sa naissance. Seuls son amitié indéfectible pour Erin et son amour secret pour Mégane viennent adoucir la vie morose qu’il y endure au quotidien.

Tout bascule lorsqu’au détour d’une visite au muséum, le jeune garçon se trouve convié à un étrange rendez-vous nocturne. Des révélations en lien avec ses origines le conduisent alors dans une magnifique aventure, très loin de là.

Il y découvre un monde insoupçonné, peuplé de gens aux pouvoirs magiques et aux savoirs ancestraux. Un véritable paradis s’il n’était pas devenu la cible d’actes aussi malveillants qu’anonymes. 

Justin et ses nouveaux amis parviendront-ils à démasquer la mystérieuse silhouette à la cape qui rode la nuit sur le royaume ? Désamorceront-ils l’infâme complot risquant de mettre en péril la planète entière ?

Quelques mots sur l’auteur :

Né dans les années 80, Jérôme Nourisson a passé son enfance à arpenter les terrains de sport plus qu’à se passionner pour la lecture. Fâché assez jeune avec les livres, ce n’est qu’à l’âge de 25 ans qu’une certaine J.K.Rowling le réconcilie avec la littérature et fait naître chez lui l’envie d’écrire à son tour. L’idée germe un long moment dans sa tête avant qu’il ne se lance dans l’élaboration de son premier roman, en parallèle de son activité de masseur-kinésithérapeute. Après plusieurs années de travail, celui-ci sortira finalement en auto-édition en novembre 2020.

Ma chronique :

Je suis content de vous parler aujourd’hui de ce livre. Il s’agit du premier roman de Jérôme Nourisson, un auteur de chez moi, et du premier tome d’une saga de fantasy qui s’annoncent vraiment prometteuse.

J’ai donc fait la découverte de Justin Sharendi, un jeune orphelin à qui il va arriver de belles aventures. L’univers créé par Jérôme est vraiment très original et très beau. C’est un premier tome qui pose les bases mais dans lequel on ne s’ennui pas. J’ai dévoré les pages sans pouvoir m’arrêter. Ce jeune héros va donc découvrir un monde enchanteur dont il ne soupçonnait pas l’existence, un monde merveilleux et plein de magie. Dès son arrivée dans ce Royaume suspendu, Justin va espérer trouver des traces de ses parents et va être surpris d’être considéré comme un élu. Il va donc vivre dans ce premier tome quelques aventures dans ce royaume et essayer d’en apprendre plus sur lui. J’ai bien aimé suivre ses pas et découvrir en même temps que lui ce monde de magie.

J’ai apprécié la plume de Jérôme, car même si ce roman va viser un public plutôt jeune, j’ai passé de bons moments et cela ne gène pas la lecture pour des adultes. C’est vraiment un très bon roman et j’ai très hâte de lire la suite. Il y a pas mal de marqueurs communs avec un autre orphelin que nous connaissons bien, Harry Potter, mais cela ne gâche en rien l’originalité de cette histoire. De plus, pour en avoir discuté avec l’auteur qui a conscience qu’il est facile de trouver quelques similitudes entre son roman et la saga phénomène de J.K. Rowling, la suite va prendre toute son indépendance vis à vis du jeune sorcier.

Un élément très intéressant que j’ai trouvé dans ce premier tome c’est l’écologie et la mise en avant de la planète et des éléments naturels. Je trouve que cela apporte une vrai originalité et un effet d’actualité, c’est un gros plus pour cette saga. Vous l’aurez donc compris j’ai fortement apprécié ce premier tome et attend la suite avec impatience. Je ne peux que vous conseiller de découvrir cette histoire et de la faire découvrir aux jeunes de vos entourages.

Ma note : 10 / 10

Dans la forêt

dans la forêt

Auteur: Jean Hegland

Editions: Gallmeister

Genre: Roman

Titre: Dans la forêt

Quatrième de couverture:

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’éléctricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

L’auteur, en quelques mots:

Jean Hegland est une écrivaine américaine.

Elle commence ses études au Fairhaven College de Bellingham dans l’État de Washington, puis obtient un BA en arts libéraux de l’Université d’État de Washington en 1979.

Après avoir occupé divers petits boulots, dont des ménages dans une maison de retraite, elle décroche en 1984 une maîtrise en rhétorique et enseignement de la composition de l’université de Washington. Elle devient alors enseignante.

Ma chronique:

Nell et Eva, Eva et Nell…. l’une ne va pas sans l’autre, et pour cause.

Ces deux jeunes sœurs se retrouvent totalement seules dans la maison familiale, après qu’un double drame familial ne les frappe. Isolées en plein cœur de la forêt, elles vont devoir apprendre à se débrouiller avec les « moyens du bord »;  tout y passe et rien ne se perd. Elles ne peuvent pas se le permettre.

Au fil de la lecture, on comprend qu’il s’est également passé quelque chose de grave « à la ville »: les maisons sont vides, l’électricité est coupée, les télécom aussi. Il n’y a plus d’essence, plus de nourritures, plus de magasins. Une sorte de fin du monde qui pèse tout au long du roman.

J’ai été totalement hypnotisée par ma lecture et par la vie de robinson que vivent Nell et Eva, qui sont admirables, touchantes, et tellement courageuses. Il y a un savant mélange d’angoisse, de questions sans réponses, et de remise en question, pour ma part.
« Comment aurais-je réagi à leur place? Comment me serais-je débrouillée? Aurais-je eu leur courage? Leur foi, leur volonté? Leur force? Leur détermination? »…

J’ai aussi retrouvé avec plaisir le nature writing qui est si cher aux éditions Gallmeister et qui me fait tellement de bien ! La forêt fait partie intégrante de l’histoire, et est un personnage du livre à part entière. Elle nous suit et nous fait partager sa noirceur, sa dangerosité, mais également sa poésie, ses richesses, sa beauté…. Elle est époustouflante.

Ce roman est pur, hypnotique, oppressant. Il nous fait voir la vie sous un angle différent et nous fait réfléchir à notre condition actuelle. Et si l’opulence n’était plus, comment ferions-nous? Qu’adviendrait-il de nous? Saurions-nous passer de nos ordinateurs, de nos portables, de nos grandes surfaces, d’internet….? Pas si sûre…. La question est posée ;o)

En tout état de cause, je ne peux que vous conseiller – à l’impératif !! – de lire ce petit chef d’œuvre littéraire si ce n’est pas déjà fait.

Ma note:
10/10

sans-titre

 

 

De pierre et d’os

de pierre et d'os

Autrice : Bérengère Cournut

Édition : Le Tripode

Genre : Contemporain

Titre : De pierre et d’os

Quatrième de couverture :

Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d’une quête qui, au-delà des vastitudes de l’espace arctique, va lui révéler son monde intérieur.

Quelques mots sur l’autrice :

Bérengère Cournut est née en 1979. Ses premiers livres exploraient essentiellement des territoires oniriques, où l’eau se mêle à la terre (L’Écorcobaliseur, Attila, 2008), où la plaine fabrique des otaries et des renards (Nanoushkaïa, L’Oie de Cravan, 2009), où la glace se pique à la chaleur du désert (Wendy Ratherfight, L’Oie de Cravan, 2013). D’une autre manière, Bérengère Cournut a poursuivi sa recherche d’une vision alternative du monde : en 2017, avec Née contente à Oraibi (Le Tripode), roman d’immersion sur les plateaux arides d’Arizona, au sein du peuple hop ; en 2019, avec De pierre et d’os (Le Tripode, prix du roman Fnac), roman empreint à la fois de douceur, d’écologie et de spiritualité, qui nous plonge dans le destin solaire d’une jeune femme eskimo. Elle a bénéficié pour ce roman d’une résidence d’écriture de dix mois au sein des bibliothèques du Muséum national d’Histoire naturelle. Entretemps, un court roman épistolaire lui est venu, Par-delà nos corps, paru en février 2019.

Ma chronique :

J’ai découvert ce roman lors d’une émission de La Grande Librairie sur France 5, j’ai eu envie de découvrir ce livre tout d’abord à la découverte de sa couverture qui est vraiment très douce et ensuite en ayant écouté Bérengère Cournut en parler.

Dans « De pierre et d’os », j’ai découvert la culture inuit, ce livre, est plus qu’un roman, c’est le récit d’un voyage à travers les grands espaces. Bérengère Cournut nous offre ici de belles légendes et nous fait entrer dans le quotidien de cette civilisation que pour ma part je ne connaissais que très peu. Avec sa très belle plume, elle nous fait grandir en même temps que son héroïne, nous entraine dans un monde plein de mystères et d’esprits.

Il y a beaucoup de mysticisme dans ce livre, mais c’est ce qui pour moi en fait tout son charme. C’est beau, poétique et apaisant. J’ai été pendant toute ma lecture dans une espèce de transe contemplative. Certainement grâce au fait que les chapitres courts s’enchainent vite et qu’ils sont très souvent ponctués de poèmes et de chants. Ces derniers sont la grande force de ce roman qui du coup est très puissant. Bérengère Cournut avec ceux-ci fait parler les hommes et les femmes, mais également les esprits et la nature.

Il y a beaucoup de beauté dans ce roman, beaucoup de froid aussi et ne nous le cachons pas il y a également de la noirceur qui nous accompagne tout au long de notre lecture. Effectivement, on ne peux ignorer les conditions de vie de ce peuple, vivant au rythme des saisons et des caprices de la nature. Nature qui dans ce roman est comme on peut s’en douter un personnage bien présent et qui prend diverses formes tout au long des pages.

J’ai vraiment bien aimé ma première lecture de cette nouvelle année qui comme dit un peu plus haut, m’a apaisé. Le cahier de photographies à la fin du livre est un vrai plus, les photos sont vraiment belles et ont sue capturer des moments de vie.

Ma note : 09 / 10

 

Maître des eaux

maitre des eaux

Auteur : Patrick Coudreau

Édition : La Manufacture de Livres

Genre : Contemporain

Titre : Maître des eaux

Quatrième de couverture :

Au village, on disait de cette famille qu’elle était étrange, que l’eau leur obéissait et que les catastrophes arrivaient par eux. Et puis, il y eut l’incendie et tout rentra dans l’ordre. Aujourd’hui, le fils est revenu avec l’envie de régler ses comptes. Il a amené avec lui la pluie qui ravage tout, car lui aussi, dit-on, sait converser avec l’eau. Maintenant il se cache au coeur de la nature, quelque part près du village, voulant se faire oublier et une gamine a décidé de lui venir en aide. Mais pour les hommes du village, la traque est ouverte et ne s’arrêtera que quand cette affaire sera définitivement réglée…
Avec ce premier roman qui se lit d’une traite, Patrick Coudreau nous invite dans un univers littéraire plein de suspense, de poésie et de magie.

Quelques mots sur l’auteur :

Né à Bourges, Patrick Coudreau devient journaliste, se spécialisant dans les questions d’écologie et de société, travaillant d’abord pour la presse écrite puis pour diverses institutions. Il commence à écrire quand il a 14 ans et publie trois recueils de poésie qui lui vaudront de recevoir deux prix littéraires. Il s’intéresse par la suite à la prose, ne cessant jamais de travailler et d’aller d’un projet à l’autre. Au total, près de vingt-cinq manuscrits s’accumuleront dans les tiroirs de son bureau sans être publiés. C’est en 2017 qu’il achève le projet de Maître des eaux et décide de l’envoyer à trois éditeurs. Passionné d’ornithologie, Patrick Coudreau vit aujourd’hui dans les Yvelines.

Ma chronique :

Un grand merci à Marie-Anne de La Manufacture de Livres qui m’a permits de découvrir ce roman qui sort en librairie cette semaine.

Maître des eaux est un roman que j’ai trouvé assez sombre. En effet tout part d’un drame que l’on peut qualifier d’horrible. Ce roman nous raconte l’histoire d’un petit village et de ses habitants, l’histoire d’une famille ayant décidé de s’installer dans ce village, mais n’ayant jamais été acceptée.

Patrick Coudreau nous montre dans son roman la noirceur et la méchanceté humaine envers l’inconnu et la différence. Sous fond d’insultes, de racisme, d’antisémitisme et d’une folie incroyable, il nous plonge dans cette histoire et dans la tête des différents protagonistes. C’est vraiment très bien écrit, par moment même très poétique, la plume est simple mais incisive, c’est un roman qui se lit d’une traite.

J’ai bien aimé le petit côté fantastique présent dans ce livre et le fait que l’on ne nous donne pas d’explications, il y a de ce fait un mystère planant tout au long de la lecture qui rend celle-ci attrayante. Ce côté fantastique justement, met en avant un personnage qui a toute son importance dans ce roman, il s’agit de la nature. Et c’est là également un point fort, cette nature est extrêmement bien décrite et c’est très beau à lire.

Par contre, il y a quelque chose qui m’a un peu dérangé dans ma lecture, c’est l’impossibilité de me situer au niveau de l’époque. En effet, il n’y a pas de marqueur de temps précis, au début de ma lecture, je pensais me situer dans la période d’après-guerre, puis ensuite un plus dans les années 70/80 et au final on me sort des téléphones portables … Cela m’a complètement paumé et ce n’est pas le plus agréable pour moi.

Voilà, en tout cas c’est un très bon roman, avec une belle morale et une merveilleuse nature. Je vous le recommande.

Ma note : 08 / 10

 

Le chant de la Tamassee

ron rash

Auteur : Ron Rash

Genre : Contemporain

Édition : Points

Titre : Le chant de la Tamassee

Quatrième de couverture :

La Tamassee, protégée par le Wild and Scenic Rivers Act, dessine une frontière entre la Caroline du Sud et la Géorgie. Ruth Kowalsky, 12 ans, venue pique-niquer en famille sur sa rive, fait le pari de poser un pied dans chaque État et se noie. Les plongeurs du cru ne parviennent pas à dégager son corps, coincé sous un rocher à proximité d’une chute. Inconscient des dangers encourus, son père décide de faire installer un barrage amovible qui permettra de détourner le cours de l’eau. Les environnementalistes locaux s’y opposent : l’opération perturbera l’état naturel de leur rivière, qui bénéficie du label « sauvage ». Les deux camps s’affrontent violemment tandis que le cirque médiatique se déchaîne de répugnante manière et que des enjeux plus importants que la digne sépulture d’une enfant apparaissent…

Quelques mots sur l’auteur :

Né en Caroline du Sud en 1953, Ron Rash est un poète, auteur de cinq recueils de nouvelles et de cinq romans, tous lauréats de prestigieux prix littéraires. Il est titulaire de la chaire John Parris d’Appalachian Studies à la Western Carolina University.

Ma chronique :

À travers cette chronique je viens partager avec vous mon avis sur le premier roman de Ron Rash que je li. Autant vous le dire de suite, ce ne sera certainement pas le dernier, d’ailleurs si vous en avez à me conseiller je suis preneur.

Le chant de la Tamassee, c’est l’histoire d’une rivière, un cours d’eau sauvage et protégé comme il n’en reste peu, c’est l’histoire de tous ces hommes et ces femmes qui vivent près de cette rivière et qui la connaisse par coeur en y vouant quasiment un culte, mais c’est aussi l’histoire d’une relation entre une fille et son père maintenant âgé et malade.

J’ai adoré le côté nature et engagement pour l’environnement de ce roman, Ron Rash décrit avec brio cette rivière, la façon qu’elle a de se comporter et comment les gens peuvent la percevoir. Il décrit avec beaucoup d’humilité, ses habitants, avec leurs coutumes, leurs manières de s’exprimer et d’interagir entre eux et avec les étrangers. Je n’ai eu aucun mal à m’imaginer tout cela et j’aurais même presque pu me croire au bord de la Tamassee, tellement les mots sont bien choisis, j’ai découvert que Ron Rash est un poète, et effectivement il y a de la poésie dans son roman, tout est à sa place et c’est splendide.

Jusqu’à où est-on prêt à aller par amour pour une personne disparue ? C’est une question très difficile à laquelle je ne saurais répondre, mais c’est un peu le fil rouge de ce roman, quand un père et une mère décide d’aller contre la nature et contre les lois qui la protègent pour retrouver le corps de leur fille. Un sujet extrêmement difficile, mais tellement bien maitriser par Ron Rash, ce n’est pas un mélodrame, il n’y a pas de prise de parti mise en avant. L’auteur plonge ici le lecteur devant un choix inimaginable en argumentant les deux solutions envisagées. J’ai lu sur un autre blog que ce roman était en quelque sorte un plaidoyer, pour ma part je dirais qu’il y en a deux.

Voilà, que dire de plus à part que si vous ne l’avez pas encore lu, allez-y n’hésitez pas vous passerez certainement un agréable moment.

Ma note : 9 / 10