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Une histoire des loups

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Auteure : Emily Fridlund

Editions : Gallmeister

Genre : Contemporain

Titre : Une histoire des loups

Quatrième de couverture :

Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne. Bientôt alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas. L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

L’auteure, en quelques mots :

Emily Fridlund a grandi dans le Minnesota, et vit dans la région des Finger Lakes dans l’État de New York.

Titulaire d’un doctorat en littérature de l’Université de Californie, professeur à Cornell, elle a remporté plusieurs prix pour ses écrits publiés dans diverses revues et journaux.

« Une histoire des loups » est son premier roman.

Ma chronique :

C’est vivement encouragée et conseillée par mon ami Anthony que je me suis lancée dans la lecture de ce premier roman d’Emily Fridlund.

J’ai débuté ma lecture, lu les premières pages, avide d’avancer et de comprendre ce qui clochait…
En toute franchise, quand j’ai eu terminé ma lecture, j’ai dit à Anthony que je n’avait pas accroché du tout avec l’histoitre et la construction qu’en a faite l’auteure. J’étais déçue, je n’y avait rien trouvé d’extraordinaire. J’avais trouvé ça lent, confus, fouillis…
J’ai en revanche été littéralement séduite par la description que fait l’auteure de la nature toute au lond de l’histoire. C’est tout simplement beau, sauvage et envoûtant.

Et puis j’avais malgré tout cette impression d’être passée à côté de quelque chose qui ne me quittait pas….

Alors j’ai décidé de me laisser du temps pour écrire ma chronique… et j’ai bien fait !
J’avais besoin de digérer tout ça, de faire mûrir ce que je n’avais fait qu’apercevoir au fil de ma lecture. J’ai  bien fait, mais je suis aujourd’hui contrariée de ne pas avoir apprécié ce roman à sa juste valeur.

J’ai donc fait la connaissance de Madeline /Linda, qui nous raconte une année de sa vie particulièrement éprouvante pour elle. Madeline, dont les parents sont très peu présents pour elle, est une jeune ado très solitaire, qui sait couper du bois, vider des poissons, s’occuper de ses chiens. Elle est débrouillarde, et préfère glisser sur l’eau dans son canoë plutôt que d’être à l’école.

Alors quand à travers ses jumelles elle voit s’installer une nouvelle famille de l’autre côté du lac, cela attise sa curiosité ; elle veut voir ! Et elle verra de près, de trop près même… Elle va entrer dans la vie de cette famille qui l’y aura invitée, et deviendra donc la baby-sitter du petit Paul, 4 ans.

Et c’est maintenant que débute l’histoire.
C’est maintenant qu’un trouble quasi obsessionnel s’installe dans notre esprit. On sent que quelque chose ne va pas, qu’un drame se profile dans le cours de leur histoire.
Mais quel drame ? Il va falloir être très patient, car l’auteure n’est pas décidée à tout nous dire comme ça, en quelques phrases.

Bien au contraire, Emily Fridlund va prendre tout son temps dans son écriture et dans la construction de son histoire avant de mettre fin au trouble !

Comme je vous l’ai dit un peu plus haut, quand j’ai refermé ce livre, je n’avais pas été séduite. Et dans ces cas là, je préfère attendre un peu avant de partager mes impressions de lecture, et je me permets même une deuxième lecture à ma manière.
Pour avoir échangé avec Anthony, je pense comme lui que certains livres doivent être lus en une seule fois; et c’est le cas d’Une histoire des loups.

Aujourd’hui, je peux vous assurer qu’en écrivant cette chronique, j’ai envie de le lire une deuxième, mais sans interruption cette fois !

Ma note :

7/10

# 161 – Le mardi sur son 31

mardi sur son 31

Bonjour les amis,

Hier dans le C’est lundi je réclamais un weekend juste après un weekend, mais bon juste après un lundi ou un mardi cela me va aussi lol. Mon dieu, c’est fou ça un weekend de dingue et le type il est hs une semaine, ce n’est pas possible 😉 Bon j’ai quand même la force de vous proposer un extrait de ma lecture en cours. Il s’agit toujours de Là où les rivières se séparent de Mark Spragg chez Gallmeister

J’ai découvert un petit rendez-vous bien sympathique sur le blog Les bavardages de Sophie que je vais reprendre sur mon blog.

Le principe est simple, il suffit de proposer chaque mardi, une citation tirée de la page 31 de sa lecture en cours.

là ou les rivières se séparent

Il a treize ans, un an et demi de moins que moi, et il est plus malin. Il est penché sur un devoir qu’il doit rendre le lendemain. Nous n’avons pas la télévision et nous ne recevons que quelques stations de radio locales (comme Koma, implantée à Oklahoma City) à condition d’attendre jusqu’à minuit, d’orner l’antenne d’un petit drapeau de papier aluminium, et que l’un de nous reste debout à côté du poste pour tenir le bout de l’antenne. Nous lisons parce que mon père a des livres par milliers. Nous ne sommes pas une famille qui part en vacances. Nous sommes une famille qui fait cent cinquante kilomètres aller-retour pour aller chercher des provisions en ville une fois par mois. Mon frère et moi, nous avons recours aux livres quand nous voulons nous évader du Wyoming. Nous venons à bout d’un atlas en trois ans. Je m’assieds sur mon lit et j’ouvre sur mes genoux le grand livre rectangulaire rempli de cartes.

# 160 – Le mardi sur son 31

mardi sur son 31

Bonjour les amis,

Aujourd’hui, pour ce Mardi sur son 31, une fois n’est pas coutume, je ne vais pas vous proposer un extrait tiré de cette fameuse page 31, mais à la place deux extraits du début du roman qui m’ont marqués et que je trouve trop beau. J’espère que vous apprécierez autant que moi. Je vous souhaite une très belle journée

J’ai découvert un petit rendez-vous bien sympathique sur le blog Les bavardages de Sophie que je vais reprendre sur mon blog.

Le principe est simple, il suffit de proposer chaque mardi, une citation tirée de la page 31 de sa lecture en cours.

là ou les rivières se séparent

Quand j’étais petit garçon, je savais que le ranch se trouvait à dix kilomètres de l’entrée est du parc de Yellowstone. Je savais qu’il se trouvait dans le Shoshone National Forest, mais je ne savais pas que je vivais dans le plus grand espace vierge de toute clôture aux États-Unis, Alaska et Hawaï exceptés. Ça, c’est ce que je sais aujourd’hui. À l’époque, je savais seulement que j’étais libre sur cette terre. Quand on me demandait où j’habitais, je répondais : « dans le Wyoming ». Je voulais parler de la zone nord-ouest de l’État, d’un morceau de l’Idaho et du Montana. Je voulais parler de la région proprement dite, de cette partie de la planète restée sauvage, intacte.

Dans mon rêve, je me mettais debout sur la croupe du cheval et je pissais : un arc jaune dans l’air, ma tête retombait en arrière et je criais à la voûte noire du ciel nocturne, puis je me retournais, marchais jusqu’au garrot et m’y asseyais.
C’était un cheval pie, aux yeux foncés, aux naseaux foncés, aux jambes gainées de sombre avec un sabot blanc, l’avant gauche, un peu plus doux que les trois noirs. Chaque pied émettait une note distincte lorsqu’il avançait pour brouter. Il faisait de la musique en galopant. En frappant la terre, le sabot blanc rendait un son plus clair que les trois autres.
Je m’asseyais sur ce cheval, je tendais les bras vers le haut, comme les armatures de longues ailes élancées, je me penchais un peu en avant et il partait au galop. Je sentais l’air frais me tendre la chair. Je sentais le cheval s’échauffer et écumer, je savais que lorsqu’un cheval file à toute allure vers la courbe de la terre, les quatre pieds, quelle que soit leur couleur, quittent le sol en même temps. Je fermais les yeux. Je nous entendais voler en l’air puis de nouveau toucher terre, et je savais que c’était à ces moments suspendus, libres de tout effort, que le cavalier et sa monture pouvaient à cet instant, au suivant puis au suivant, avoir accès à la vue de Dieu. Dans le rêve, je voyais Dieu me regarder et je savais que c’était un cheval que je devais remercier.

Dans la forêt

dans la forêt

Auteur: Jean Hegland

Editions: Gallmeister

Genre: Roman

Titre: Dans la forêt

Quatrième de couverture:

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’éléctricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

L’auteur, en quelques mots:

Jean Hegland est une écrivaine américaine.

Elle commence ses études au Fairhaven College de Bellingham dans l’État de Washington, puis obtient un BA en arts libéraux de l’Université d’État de Washington en 1979.

Après avoir occupé divers petits boulots, dont des ménages dans une maison de retraite, elle décroche en 1984 une maîtrise en rhétorique et enseignement de la composition de l’université de Washington. Elle devient alors enseignante.

Ma chronique:

Nell et Eva, Eva et Nell…. l’une ne va pas sans l’autre, et pour cause.

Ces deux jeunes sœurs se retrouvent totalement seules dans la maison familiale, après qu’un double drame familial ne les frappe. Isolées en plein cœur de la forêt, elles vont devoir apprendre à se débrouiller avec les « moyens du bord »;  tout y passe et rien ne se perd. Elles ne peuvent pas se le permettre.

Au fil de la lecture, on comprend qu’il s’est également passé quelque chose de grave « à la ville »: les maisons sont vides, l’électricité est coupée, les télécom aussi. Il n’y a plus d’essence, plus de nourritures, plus de magasins. Une sorte de fin du monde qui pèse tout au long du roman.

J’ai été totalement hypnotisée par ma lecture et par la vie de robinson que vivent Nell et Eva, qui sont admirables, touchantes, et tellement courageuses. Il y a un savant mélange d’angoisse, de questions sans réponses, et de remise en question, pour ma part.
« Comment aurais-je réagi à leur place? Comment me serais-je débrouillée? Aurais-je eu leur courage? Leur foi, leur volonté? Leur force? Leur détermination? »…

J’ai aussi retrouvé avec plaisir le nature writing qui est si cher aux éditions Gallmeister et qui me fait tellement de bien ! La forêt fait partie intégrante de l’histoire, et est un personnage du livre à part entière. Elle nous suit et nous fait partager sa noirceur, sa dangerosité, mais également sa poésie, ses richesses, sa beauté…. Elle est époustouflante.

Ce roman est pur, hypnotique, oppressant. Il nous fait voir la vie sous un angle différent et nous fait réfléchir à notre condition actuelle. Et si l’opulence n’était plus, comment ferions-nous? Qu’adviendrait-il de nous? Saurions-nous passer de nos ordinateurs, de nos portables, de nos grandes surfaces, d’internet….? Pas si sûre…. La question est posée ;o)

En tout état de cause, je ne peux que vous conseiller – à l’impératif !! – de lire ce petit chef d’œuvre littéraire si ce n’est pas déjà fait.

Ma note:
10/10

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Le diable en personne

le diable en personne

Auteur : Peter Farris

Éditions : Gallmeister

Genre : Contemporain

Titre : Le diable en personne

Quatrième de couverture :

En pleine forêt de Géorgie du Sud, au milieu de nulle part, Maya échappe in extremis à une sauvage tentative d’assassinat. Dix-huit ans à peine, victime d’un vaste trafic de prostituées régi par le redoutable Mexico, elle avait eu le malheur de devenir la favorite du maire et de découvrir ainsi les sombres projets des hauts responsables de la ville. Son destin semblait scellé mais c’était sans compter sur Leonard Moye, un type solitaire et quelque peu excentrique, qui ne tolère personne sur ses terres et prend la jeune femme sous sa protection. Une troublante amitié naît alors entre ces deux êtres rongés par la colère.

Quelques mots sur l’auteur :

Peter Farris, né en 1979, vit aujourd’hui dans le comté de Cherokee en Géorgie. Après ses études à Yale, il est devenu chanteur dans un groupe de rock. En parallèle de ses activités musicales, Peter Farris a gagné sa vie comme guichetier dans une banque du Connecticut. Il y travaillait depuis quelques semaines quand la banque fut victime d’un braquage, aventure qui lui inspira son premier roman, Dernier appel pour les vivants. Le diable en personne est son deuxième roman. Peter Farris est lauréat du Trophée 813 du meilleur roman étranger et du Grand Prix du Roman Noir étranger du festival de Beaune.

Ma chronique :

Je suis toujours dans ma période vidage de PAL Gallmeister, j’ai donc choisi ce roman de Peter Farris.

J’ai bien aimé cette histoire se passant en Géorgie, cette rencontre improbable entre une femme-objet n’ayant connu que le malheur et la prostitution et entre un vieux de la vieille, ancien bootlegger (contrebandier d’alcool). C’est un roman sombre sans être trop noir à mon sens.

Les deux personnages principaux Maya et Léonard sont très attachants, j’ai aimé cette relation entre ces deux êtres fracassés par la vie. La force de ce roman est vraiment dans ce duo, plus que dans l’histoire. Je m’explique, l’histoire en elle-même n’est pas très originale, une fille appartenant à un gros bonnet de la prostitution s’échappe et des sous-fifres vont essayer de la récupérer et se faire tuer. Ajouter à cela des flics ripoux et une machination politique plus qu’illégale… Vous avez l’histoire.

Mais ne vous méprenez pas, ce roman mérite d’être lu, c’est même un bon roman car il explore parfaitement la nature humaine et décris cette Amérique rurale, rongée par la cupidité de certains et encrée dans son passé chaotique. De plus il y a également un petit côté Nature-Writing propre aux romans de cette maisons d’éditions qui apporte de la profondeur à l’ensemble.

En bref, un bon roman plus par le fond que par la forme. Un roman sur l’homme et sur l’Amérique, un roman qui m’a fait découvrir Peter Farris, un auteur dont je vais m’empresser de découvrir ses autres oeuvres.

Ma note : 08 / 10

Idaho

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Auteur: Emily Ruskovich

Editions: Gallmeister

Genre: Drame – Thriller

Titre: Idaho

Quatrième de couverture:

Idaho, 1995. Par une chaude et insouciante journée d’août, Wade, Jenny et leurs deux petites filles, June et May, se rendent dans une clairière de montagne pour ramasser du bois. S’y produit soudain un drame inimaginable, qui détruit la famille à tout jamais. Neuf années plus tard, Wade a refait sa vie avec Ann au milieu des paysages sauvages et âpres de l’Idaho. Mais tandis que la mémoire de son mari vacille, Ann devient obsédée par le passé de Wade. Déterminée à comprendre cette famille qu’elle n’a jamais connue, elle s’efforce de reconstituer ce qui est arrivé à la première épouse de Wade et à leurs filles.

L’auteure, en quelques mots:

Emily Ruskovich a grandi dans les montagnes Hoodoo, au nord de l’Idaho. Sa fiction est apparue dans Zoetrope, One Story et The Virginia Quarterly Review. Elle est la lauréate du prix O. Henry de 2015 et est diplômée de l’Iowa Writer’s Workshop. Elle enseigne maintenant l’écriture créative à l’Université du Colorado à Denver. Idaho est son premier roman.

Ma chronique:

Me revoilà enfin avec ma dernière lecture, et quelle lecture! Comme vous avez pu le constater, j’ai mis un peu de temps à lire ce roman, qui pour moi sort complètement de mes sentiers battus.

Une fois n’étant pas coutume, j’ai suivi les bons conseils de notre ami Anthony (qui au passage devient célèbre, vous le saviez? Non? jetez un œil à la page 251 du roman contemporain de Gilles Voirin, Les mots d’Owen, et vous comprendrez !).                               Une fois le livre en main, j’ai immédiatement été séduite par la quatrième de couverture, je n’ai donc pas hésité à l’acheter, évidemment.

Aujourd’hui, en toute franchise, je suis très mitigée après avoir refermé ce roman, frustrée de passer peut-être à côté de quelque chose de littérairement incroyable…

Je fais donc la connaissance de Wade Mitchell, de son épouse Jenny, et de leurs deux petites filles, June et May. Une vie de famille sans histoire, jusqu’au drame… Jenny tue sa fille cadette à coup de hachette et June disparaît…. Pourquoi un tel geste de la part d’une mère aimante?

Quelques mois seulement après le drame,  Wade épouse Ann, sa professeure de piano, qui le soutiendra corps et âme dans sa lente descente vers la sénilité précoce, une maladie mentale qui est à l’origine de la disparition de son défunt père. Ann est une femme douce, aimante, persévérante. Elle n’aura de cesse, tout au long du roman, de faire vivre les souvenirs des filles de Wade, que sa maladie efface cruellement petit à petit de sa mémoire; elle comprend très vite que les souvenirs de son mari ne peuvent plus survivre que dans sa propre mémoire à elle.                                                                         Au-delà des souvenirs, Ann veut comprendre ce qu’il s’est passé ce funeste jour d’août, dans la clairière, dans l’esprit de cette mère de famille. Pourquoi? Dans quel but?           Ses agissements sont des plus étranges, des plus malsains même parfois, puisqu’elle va jusqu’à envoyer le cahier de croquis de Jenny, qu’elle a retrouvé par hasard dans la grange, à la bibliothèque de la prison où est elle est incarcérée, allant jusqu’à appeler la prison pour savoir si quelqu’un -Jenny- a emprunté ledit cahier, allant jusqu’à l’attendre le jour de sa sortie de prison…. Curiosité? Pitié? Empathie? Grâce…?

Autant de questions qui ne m’ont jamais quittée tout au long de ma lecture, sans trouver de réponse. Frustration extrême….

Idaho est écrit de manière magistrale. Ellipses (mes non réponses?), flashbacks, je navigue entre le passé et le présent, d’une manière parfois aussi décousue que la mémoire de Wade.

Cependant, je me suis perdue dans cette écriture, dans ce nature writing omniprésent qui trop souvent domine l’histoire elle-même. Ça m’a gênée, perturbée, perdue. Trop de descriptions trop longues, parfois inutiles, qui parfois ont eu raison de mon addiction…. Je me suis surprise à me dire « pffff… trop long. Quel intérêt? Encore?? »

Cette chronique a été difficile à écrire, je ne vous le cache pas. Je la termine en me demandant si je n’ai pas raté un message que l’auteure aurait peut-être voulu faire passer au travers de son écriture….

Bref, vous l’aurez compris, lecture terminée, mais mon esprit y est encore….

Ma note:

7/10

 

Le chant de la Tamassee

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Auteur : Ron Rash

Genre : Contemporain

Édition : Points

Titre : Le chant de la Tamassee

Quatrième de couverture :

La Tamassee, protégée par le Wild and Scenic Rivers Act, dessine une frontière entre la Caroline du Sud et la Géorgie. Ruth Kowalsky, 12 ans, venue pique-niquer en famille sur sa rive, fait le pari de poser un pied dans chaque État et se noie. Les plongeurs du cru ne parviennent pas à dégager son corps, coincé sous un rocher à proximité d’une chute. Inconscient des dangers encourus, son père décide de faire installer un barrage amovible qui permettra de détourner le cours de l’eau. Les environnementalistes locaux s’y opposent : l’opération perturbera l’état naturel de leur rivière, qui bénéficie du label « sauvage ». Les deux camps s’affrontent violemment tandis que le cirque médiatique se déchaîne de répugnante manière et que des enjeux plus importants que la digne sépulture d’une enfant apparaissent…

Quelques mots sur l’auteur :

Né en Caroline du Sud en 1953, Ron Rash est un poète, auteur de cinq recueils de nouvelles et de cinq romans, tous lauréats de prestigieux prix littéraires. Il est titulaire de la chaire John Parris d’Appalachian Studies à la Western Carolina University.

Ma chronique :

À travers cette chronique je viens partager avec vous mon avis sur le premier roman de Ron Rash que je li. Autant vous le dire de suite, ce ne sera certainement pas le dernier, d’ailleurs si vous en avez à me conseiller je suis preneur.

Le chant de la Tamassee, c’est l’histoire d’une rivière, un cours d’eau sauvage et protégé comme il n’en reste peu, c’est l’histoire de tous ces hommes et ces femmes qui vivent près de cette rivière et qui la connaisse par coeur en y vouant quasiment un culte, mais c’est aussi l’histoire d’une relation entre une fille et son père maintenant âgé et malade.

J’ai adoré le côté nature et engagement pour l’environnement de ce roman, Ron Rash décrit avec brio cette rivière, la façon qu’elle a de se comporter et comment les gens peuvent la percevoir. Il décrit avec beaucoup d’humilité, ses habitants, avec leurs coutumes, leurs manières de s’exprimer et d’interagir entre eux et avec les étrangers. Je n’ai eu aucun mal à m’imaginer tout cela et j’aurais même presque pu me croire au bord de la Tamassee, tellement les mots sont bien choisis, j’ai découvert que Ron Rash est un poète, et effectivement il y a de la poésie dans son roman, tout est à sa place et c’est splendide.

Jusqu’à où est-on prêt à aller par amour pour une personne disparue ? C’est une question très difficile à laquelle je ne saurais répondre, mais c’est un peu le fil rouge de ce roman, quand un père et une mère décide d’aller contre la nature et contre les lois qui la protègent pour retrouver le corps de leur fille. Un sujet extrêmement difficile, mais tellement bien maitriser par Ron Rash, ce n’est pas un mélodrame, il n’y a pas de prise de parti mise en avant. L’auteur plonge ici le lecteur devant un choix inimaginable en argumentant les deux solutions envisagées. J’ai lu sur un autre blog que ce roman était en quelque sorte un plaidoyer, pour ma part je dirais qu’il y en a deux.

Voilà, que dire de plus à part que si vous ne l’avez pas encore lu, allez-y n’hésitez pas vous passerez certainement un agréable moment.

Ma note : 9 / 10

L’homme de l’hiver

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Auteur : Peter Geye

Genre : Contemporain

Édition : Actes Sud

Titre : L’homme de l’hiver

Quatrième de couverture :

Dans une petite ville du Minnesota sauvage où les rivières deviennent lacs et les lacs rivières, le vieux Harry Eide fugue, désertant son lit de mort pour la forêt profonde. On ne le retrouvera pas. Les deux êtres qui l’ont le plus aimé – Gus, son fils, et la discrète Berit, son grand amour longtemps resté en lisière de sa vie – se racontent cet homme qui gouverna leur monde tout en leur échappant. Sous le règne implacable de la nature, souple, fluide, silencieux comme une balade en kayak, un roman d’aventure intérieure qui démontre que l’expression « amour impossible » est un oxymore.

Quelques mots sur l’auteur :

Peter Geye est né et a grandi à Minneapolis, Minnesota, où il vit toujours. L’homme de l’hiver est son troisième roman, le premier publié en France.

Ma chronique :

Je tiens tout d’abord à remercier Léa qui gère de main de maître le groupe Facebook Picabo River Book Club, d’ailleurs, si vous êtes fans de littérature nord américaine n’hésitez pas à aller jeter un oeil.

J’ai mis deux semaines à lire ce roman, non pas qu’il ne m’intéressais pas mais, c’est le genre de roman je pense qu’il faut lire au rythme de l’histoire, je n’avais du coup aucune envie de me presser.

L’homme de l’hiver, est effectivement l’histoire d’un homme … Mais pas que … C’est également l’histoire d’une famille, d’une ville mais pour moi, surtout d’une femme, chose étonnante avec un titre comme celui-ci. Ce roman, est une petite perle de « nature writing », il n’y a pas à dire j’aime de plus en plus ce style et je prend un plaisir fou à lire tous les romans de ce sous genre.

Donc, oui, c’est l’histoire d’un homme mais on pourrait dire aussi, c’est l’histoire d’une sorte de road trip à travers les terres frontalières mais aussi à travers sa mémoire et à travers la vie. C’est une magnifique épopée d’un père et de son fils ne sachant pas communiquer et exposer l’un à l’autre leurs sentiments. C’est une superbe histoire d’Amour avec un vrai A majuscule, c’est vraiment une belle histoire.

J’ai vraiment apprécié l’histoire de cette ville américaine et de ses habitants. Ce que j’ai par dessus tout aimé dans ce livre, ce sont les dialogues entre Berrit et Gus, il y a une sorte d’amour et de respect sous un voile de tristesse qui rend leurs conversations magiques.

En bref, si vous voulez lire une belle histoire de vie avec en prime en fond de magnifiques paysages enneigés n’hésitez pas et lancez-vous sur les traces de L’homme de l’hiver.

Ma note : 8,5/10

La femme tombée du ciel

la femme tombée du ciel

Auteur : Thomas King

Genre : Contemporain

Edition : Philippe Rey

Titre : La femme tombée du ciel

Quatrième de couverture :

Une catastrophe écologique provoquée par la multinationale Domidion a éliminé toute forme de vie dans l’océan sur la côte de Colombie-Britannique, et fait des victimes parmi les habitants de la réserve voisine.
Deux personnes sont responsables de cette catastrophe. Le chercheur Gabriel Quinn, scientifique génial, a mis au point un défoliant mortel, puis tenté de lutter contre sa mise en vente. Alors que, dévoré de culpabilité, il vient s’installer dans la zone polluée avec l’intention de se suicider, des survivants étonnants vont lui redonner goût à la vie, dont Mara Reid, peintre à la sexualité décomplexée qui a grandi sur la réserve et en connaît les secrets.
Dorian Asher, le P-DG de Domidion, narcissique et attachant à la fois, tente d’oublier le scandale en se réfugiant dans de luxueux hôtels, savourant sa solitude, avec pour unique obsession le choix d’une nouvelle montre…
La femme tombée du ciel est un roman à l’humour dévastateur. Thomas King évoque les traditions amérindiennes pour faire ressortir la monstruosité de l’homme contemporain vis-à-vis de son environnement. Le lobby des armes, l’industrie chimique, l’agriculture à haut rendement et le capitalisme sont férocement critiqués dans ce texte foisonnant, engagé, mais aussi baigné d’une lumière poétique des origines, indispensable et guérissante.

Quelques mots sur l’auteur :

Thomas King, né en 1943 en Californie, vit au Canada depuis les années 1980. Romancier, nouvelliste et scénariste, il est considéré comme l’un des plus grands écrivains des Premières Nations, les peuples autochtones canadiens. Il a publié une quinzaine d’ouvrages dont L’herbe verte, l’eau vive et La femme tombée du ciel, pour lequel il a reçu le prestigieux prix du Gouverneur général en 2014.

Ma chronique :

Quelle magnifique surprise que ce roman. Je l’ai acheté un peu par hasard lors d’une vadrouille à L’Espace Culturel Leclerc lorsque j’attendais ma femme partie faire je ne sais plus trop quoi, et voilà que je tombe sur une petite pépite. Il faut aussi dire que depuis quelques mois je deviens un grand amateur de la littérature Nord-Américaine et du style Nature Writing.

Ce roman parle d’un sujet d’actualité, l’écologie en partant d’une énorme catastrophe environnementale suite au déversement d’un défoliant. Suite à celle-ci, des morts et la destruction de la faune et de la flore sur une côte en Colombie-Britannique. Traiter de ce sujet en étant américain est d’un certain côté un coup de force surtout quand l’on connait le respect qu’on certaines grandes entreprises de ce pays avec l’environnement.

Ce que j’ai trouvé très intelligent dans la façon que Thomas King de construire son roman, c’est les différents points de vues qu’il a décidé de donner à son histoire. Il y a tout d’abord Dorian Asher, le P-DG de Domidion, une multinationale dans l’élaboration de produits chimiques et dans l’extraction du pétrole responsable de l’épandage du défoliant. Ensuite, il y a Gabriel, le chercheur à l’origine de la création de ce produit. Nous avons également le point de vue de Mara, une autochtone ayant vécue dans la zone touchée par La ruine. Pour finir, nous avons deux drôles de personnages, Sonny, un jeune garçon solitaire qui a quelques problèmes psychologiques et Nicholas Crisp qui est mon personnage préféré, je ne sais pas trop comment le décrire tellement il est charismatique et étrange. On alterne donc la lecture avec le point de vue de chacun d’eux ce qui nous rends les personnages tous très attachants, même ceux qui de premier abord pourrait nous paraître vraiment antipathique.

J’ai vraiment apprécié ma lecture, la plume de l’auteur est vraiment agréable, presque poétique. Ce roman se lit un peu comme on lirait une légende ou un conte moderne. On sais où l’auteur veut nous emmener, mais on ne sais pas vraiment de quelle manière il compte le faire. J’ai beaucoup aimé le mystère qui plane tout le long sur Nicholas Crisp et sur Le Chien, j’ai eu l’impression que ces deux là n’étaient pas à cet endroit par hasard et que c’était un peu le destin que la conclusion de ce roman et que c’est eux qui tiraient les ficelles en quelque sorte.

J’ai aimé le message que nous délivre Thomas King à travers son roman, le fait que la nature est et restera plus forte que l’homme et qu’elle reprend toujours ses droits et revis toujours de ses cendres. J’ai beaucoup aimé cette symbolique évoqué tout le long de l’histoire et mise en parallèle avec les tortues marines. Le titre original est d’ailleurs « The back of the turtle ». L’évocation également du capitalisme à outrance et du lobby pétrolier ainsi que la manière que les grandes entreprises et que la presse peuvent faire tourner l’opinion publique dans un sens ou dans l’autre est très intéressant dans ce roman.

Bref, une histoire captivante, un très joli roman, une très belle légende moderne que je vous conseille à tous.

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Ma note : 09/10

En lieu sûr

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Auteur : Wallace Stegner

Genre : Contemporain

Edition : Gallmeister

Titre : En lieu sûr

Quatrième de couverture :

Deux couples d’enseignants à l’âge de la retraite, amis de longue date, passent leurs vacances dans une maison isolée en pleine forêt. Les uns étaient modestes, les autres mondains, mais l’amour de la littérature, le partage des bonheurs et des épreuves de l’existence ont forgé entre eux un lien aussi indissoluble que nécessaire. Au fil des retours sur le passé, Stegner évoque avec force et émotion le flot de la vie et la puissance du souvenir, tandis que s’invite la promesse de la mort.

Quelques mots sur l’auteur :

Wallace Stegner est né en 1909 dans l’Iowa et a grandi dans divers Etats de l’Ouest américain – Dakota du Nord, Washington, Montana, Idaho, Wyoming – avant de s’installer avec ses parents et son frère à Salt Lake City, Utah, en 1921. Enseignant à Stanford puis à Harvard, il a compté parmi ses étudiants des auteurs tels que Thomas McGuane, Raymond Carver, Edward Abbey ou Larry McMurtry. Un des plus grands écrivains du XXe siècle, il a été récompensé par les prix littéraires américains les plus prestigieux, le National Book Award et le Prix Pulitzer. Il est mort en 1993, laissant derrière lui une oeuvre vaste composée d’une trentaine de romans et d’essais sur la défense des espaces sauvages.

Ma chronique :

Voici donc ma troisième chronique dans le cadre de mon partenariat avec Gallmeister. En lieu sûr de Wallace Stegner qui paraît dans la collection Totem le 07 septembre.

Que dire de ce roman … Disons que c’est une histoire de vie, d’amitié à travers l’Amérique à travers le XXe siècle. C’est l’histoire d’une promesse que malgré des sentiments très fort tel que l’amour et l’amitié, la nature est et restera maître de nos destins.

Cette lecture fut pour moi longue et fastidieuse, du fait de l’écriture qui est très lourde et très recherchée j’ai eu souvent le besoin de lire et relire des passages pour bien comprendre ce que l’auteur souhaitait transmettre. Ce n’est pour ma part pas péjoratif de dire cela, mais disons que je n’ai pas l’habitude de ce genre d’écriture et des tournures complexes utilisées par l’auteur.

A un moment dans ma lecture, (environ vers la page 100) j’ai ressenti ce moment que chacun de nous connais, vous savez, le moment où l’on se sent attrapé, pris au piège, ce moment où l’on sait que l’on ne pourra plus lâcher le livre. Je me suis dit à ce moment là que cela avait valu le coup que je tienne, puis une centaine de pages plus loin, tout s’est essoufflé et je suis retombé dans les mêmes travers que au début du roman.

Mes sentiments après cette lecture sont vraiment mitigés, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, mais le contraire est aussi vrai. Disons clairement qu’il ne se passe rien dans ce roman. Ce qui est par contre formidable c’est que l’auteur nous le dit à un moment dans son livre, « vous ne trouverez pas de rebondissements, de sang, de drame … » et effectivement rien de tout cela. En gros c’est l’histoire de notre vie à tous en mettant l’accent sur l’amitié la plus importante qui à traversé la vie avec nous.

Alors, oui, l’histoire est belle, la fin est attendue dès le début, oui, il ne se passe rien, oui je peux dire que c’est plat, mais je pense que j’ai compris ce que voulais nous faire partager l’auteur. Il a voulu nous faire partager la vie et nous montrer qu’il n’y a pas besoin de grand chose pour vivre pleinement cette vie qui nous est offerte, juste un peu d’amour et d’amitié.

Par contre, encore une fois le côté « nature writing » qui est vraiment la marque de fabrique de Gallmeister est bien présent et cela rend tellement plaisant la lecture, depuis que j’ai découvert cette maison d’éditions, j’ai vraiment l’impression de voyager à travers l’Amérique alors que malheureusement je n’y ai encore jamais mis les pieds.

Je pense que j’essaierai plus tard de lire d’autres livres de Wallace Stegner, quant à En lieu sûr, je pense qu’il peut plaire à certains, alors n’hésitez surtout pas à venir me dire ce que vous en aurez pensé.

Ma note : 06/10