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Les dents de lait

Autrice : Hélène Bukowski

Édition : Gallmeister

Genre : Post-Apocalyptique

Titre : Les dents de lait

Quatrième de couverture :

Skalde et sa mère Edith vivent dans leur maison isolée à l’orée de la forêt. L’adolescente n’a jamais vu le bleu du ciel : leur région est en proie au brouillard et à la sécheresse depuis si longtemps. Les derniers habitants du coin, après avoir fait sauter l’unique pont qui les reliait au reste du monde, espèrent ainsi que leur autarcie volontaire les protègera du chaos. Un jour, Skalde découvre dans une clairière une enfant à la chevelure rouge feu. D’où vient-elle ? Comment a-t-elle pu arriver jusqu’ici ? Consciente de sa transgression, l’adolescente recueille la petite fille, sous le regard méfiant de sa mère Edith. Car les deux femmes ne se sont jamais vraiment intégrées à cette communauté pétrie de peurs et de superstitions. Tandis que les villageois s’organisent, le trio devra bientôt faire face à une véritable chasse aux sorcières.

 
Premier roman frappant, Les Dents de lait est une fable moderne sur la peur et la différence.

Quelques mots sur l’autrice :

Helene Bukowski est née à Berlin en 1993. Elle a étudié l’écriture littéraire à Hildesheim en Allemagne. Ses textes sont publiés dans plusieurs revues et anthologies. Pour l’écriture des Dents de lait, son premier roman, elle a vécu seule pendant plusieurs semaines dans une cabane de Basse-Saxe.

Ma chronique :

Encore un grand merci à Gallmeister de me permettre de découvrir un nouveau roman de leur rentrée littéraire. Les dents de lait qui sort dans vos librairies le 19 août est le premier roman allemand du catalogue Gallmeister. Après l’Italie de Giulia Caminito et de Piergiorgio Pulixi, Gallmeister nous emmène à la découverte d’une toute jeune autrice allemande, Hélène Bukowski.

Ce roman, je l’ai dévoré en une petite journée. C’est un très beau coup de cœur pour moi. C’est un roman qui va être comparé à Dans la forêt de Jean Hegland c’est évident et on ne pourra pas nous en blâmer. Pourtant ces deux romans sont bien éloignés l’un de l’autre. Le point commun selon moi est le côté post-apocalyptique qui est sous-entendu mais sans aucune explication. Puis il y a la nature évidemment.

Les dents de lait explore la relation mère-fille avec Skalde et sa mère Edith, c’est superbement écrit. La tension entre les deux femmes qui tour à tour se protègent, se détestent, se jalousent et s’aiment. Il y a comme quelque chose de nocif dans cette relation, mais en même temps elles sont touchantes. C’est un roman porté par les femmes, elles sont pour une fois bien plus nombreuse que les hommes et ces derniers ne servent que de figurants.

La lecture est addictive, les chapitres sont très courts, le rythme ne s’emballe pourtant pas, la tension monte au fil des pages. Nous sommes presque dans un huis-clos, tout se déroule dans un endroit coupé du reste du monde, d’un côté il y a un fleuve et le pont, seul accès à l’autre rive a été détruit par les habitants pour se protéger et de l’autre il y a on ne sait pas vraiment quoi, ce n’est jamais clairement dit mais on imagine le pire forcément comme une sorte de mur infranchissable.

C’est un roman d’apprentissage, sur l’acceptation de soi et des autres. C’est un roman qui nous parle de la nature, celle qui est bienfaitrice pour l’homme, mais également celle qui peut se montrer cruelle. C’est un roman sur les relations humaines, sur les forces et les faiblesses d’un clan. C’est un roman magistral porté par une plume intelligente et fraîche. C’est un roman coup de cœur.

Je vais mettre ce roman avec ceux que je considère dans la même veine : Dans la forêt, My Absolute Darling, Une histoire des loups, Sauvage ou encore Betty.

Voilà, un gros coup de coeur et j’ai hâte que vous puissiez tous le découvrir pour que l’on puisse échanger. Je n’ai aucun doute qu’il va faire parti des titres dont on va entendre parler dans les prochains mois.

Ma note : 10 / 10