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La fille tatouée

la fille tatouée

Autrice : Joyce Carol Oates

Édition : Points

Genre : Contemporain

Titre : La fille tatouée

Quatrième de couverture :

Affaibli par une étrange maladie, le riche et estimé Joshua Seigl se voit contraint d’engager un assistant. Contre toute attente, le choix de l’écrivain se porte sur Alma Busch, dite la « Fille tatouée », illettrée et démunie, le corps recouvert de mystérieuses cicatrices déguisées en tatouages. Fragile et docile en surface, Alma nourrit à l’égard de son patron une haine grandissante et malsaine…

Quelques mots sur l’autrice :

Joyce Carol Oates est née le 16 juin 1938 à Lockport dans l’État de New York. C’est une femme de lettres américaine, à la fois poétesse, romancière, nouvelliste, dramaturge et essayiste. Elle a également publié plusieurs romans policiers sous les pseudonymes Rosamond Smith et Lauren Kelly. Elle a figuré deux fois parmi les finalistes du prix Nobel de littérature. Joyce Carol Oates s’impose comme une grande dame de la littérature américaine contemporaine.

Ma chronique :

Je découvre enfin cette autrice que l’on m’a chaudement conseillée sur Instagram. Joyce Carol Oates a écrit une tripotée de romans, mais jusqu’à présent je n’avais jamais eu l’occasion de la lire, c’est donc chose faite avec La fille tatouée.

J’avoue que avant même de commencer ma lecture, je ne savais à quoi m’attendre, à première vue, à la lecture de la quatrième de couverture, à un roman plutôt noir … Mais voilà, maintenant que je l’ai fini, je suis toujours dans la même expectative … Était-ce noir ? De mon point de vue, pas plus que cela. Était-ce un huis clos (comme j’ai pu le lire quelque fois) ? Je ne pense pas. Érotique ? Encore une fois, je n’ai pas trouvé. Alors, comment pourrais-je classer cette lecture ? En mettant en ordre mes pensées sur ce roman, je pourrais dire qu’il s’agit d’un roman sombre, d’un roman venant mettre en altercation deux mondes complètement opposés, une sorte de roman sur les inégalités sociales.

Plusieurs choses m’ont gênées dans cette lecture, tout d’abord, toutes les évocations de l’holocauste (certains le savent, mais j’ai un énorme blocage sur tout ce qui concerne ce sujet et sur les guerres mondiales). Mais surtout, l’antisémitisme présent tout au long de ce roman. Je comprend l’autrice et le pourquoi c’est un sujet extrêmement présent dans son roman, mais cela m’a vraiment gêné. Il y a également le fait que au final, j’ai l’impression qu’il ne s’est pas passé grand chose. Une fois ma lecture terminée, j’étais presque à me dire : « Tout cela pour çà ! ».

Par contre, la plume de Joyce Carol Oates est soignée et riche, c’est totalement le style que j’apprécie. J’ai aimé la façon qu’elle a de sonder l’humain, la manière dont elle a mis en confrontation deux mondes complètement à l’opposé. Elle décrit parfaitement l’ignominie humaine, le dégoût des classes sociales envers les autres, la tourmente et l’hypocrisie qui vient s’emparer des personnes lorsqu’elles côtoient l’autre et la différence.

Les deux personnages principaux sont vraiment intéressants, Joyce Carol Oates explore le tréfonds de leurs âmes et de leurs sentiments. Et là est toute la force de ce roman, les changements que chacun d’eux vont ressentir au contact de l’autre, les tourments de leurs pensées, cette rencontre tellement improbable qu’elle finie en folie telle l’ombre planant sur ce roman.

Au final, ce n’est pas un roman qui me laissera un souvenir impérissable, mais je suis tout de même content d’avoir découvert la plume de cette grande autrice. Je serais d’ailleurs curieux d’avoir vos conseils pour continuer mon exploration de son oeuvre littéraire qui est très riche.

Ma note : 06 / 10

 

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La science de l’esquive

la science de l'esquive

Titre : La science de l’esquive

Auteur : Nicolas Maleski

Editions : Harper Collins

Genre : Roman

Quatrième de couverture :

Rien n’indiquait que c’était son jour. Il n’y avait rien de particulier dans l’air. En refermant la porte derrière lui, il savait que c’était la dernière fois. Il n’y avait plus à réfléchir. Sa décision était prise. Il restait à exécuter le plan. Les trottoirs étaient noirs de monde, les magasins happaient et recrachaient les badauds à jets continus. À cet instant il était encore un homme honnête. C’était facile en vérité de basculer dans l’horreur.

L’auteur, en quelques mots :

Nicolas Maleski est auteur d’un premier roman, « Sous le compost » (2017), le 3e des 5 finalistes du Grand Prix RTL-Lire 2017.

Il signe avec « La science de l’esquive » (2020) son deuxième roman, qui figure parmi les belles surprises de cette rentrée littéraire de janvier.

Ma Chronique :

Rien n’indiquait que je serai amenée à lire ce livre à vrai dire. Tout est parti d’un partenariat qui a été proposé à mon ami Anthony; il a parlé de moi à la maison d’édition, qui a tout de suite accepté de me faire partager ce partenariat.

Je tiens donc à remercier les éditons Harper Collins qui m’offre l’opportunité de découvrir leur collection Traversée, pour leur gentillesse (parce que j’ai quand même eu la bonne surprise de recevoir deux livres !! Alors merci à Mélusine !), pour leur confiance, et grâce à qui j’ai découvert un auteur talentueux.

« La science de l’esquive » ….un titre qui ne pouvait qu’attiser ma curiosité littéraire.         La quatrième de couverture … aussi.

Kamel, ancien boxeur, baraqué, avec une « gueule », est en cavale, et il fait étape dans une maison de location au fin fond de la campagne. Il s’isole du monde extérieur, des gens, de tout. Il fuit. Mais c’était sans compter sur Richard, le propriétaire de la maison, déprimé, bavard et intrusif. Sans compter non plus sur ce jour où le hasard le place sur la route d’une bande de jeunes, et qu’il sauve l’un d’eux de la noyade. Sans compter sur sa rencontre avec Soraya, une gendarme du village, curieuse par nature. Sans compter non plus sur sa jolie voisine, Laure….

Kamel ne fait rien pour, et pourtant il s’attire leur sympathie, et tout doucement au fil de la lecture et de l’histoire, les liens se créent. Ce qui n’était pas prévu dans son plan … Les jours passent et Kamel se laisse avaler par la maison, par cette campagne, par ces amitiés, et par un amour naissant.

Mais que fuit-il ? Qu’a t-il donc fait de si horrible pour se terrer comme un animal traqué? Cette question, je me la suis posée des centaines de fois; l’auteur a pris son temps pour y répondre ! Et ça valait le coup d’attendre: une vérité, une trahison, un meurtre… des rebondissements comme je les aime !

J’ai lu le livre en quelques jours, déterminée à déjouer les plans et de Kamel et de l’auteur… en vain ! Tout au long de ma lecture, Nicolas Maleski a su jouer avec moi. Je crois comprendre ou deviner parce qu’il a lâché un indice, mais dans la foulée, il repart en sens inverse ! Un vrai puzzle !

J’ai beaucoup aimé ce roman ! Le thème abordé est sensible et d’actualité,  conjugué au masculin, pour montrer qu’il touche tout le monde, hommes femmes confondus. Un sujet résumé par l’auteur en une petite phrase qui m’a interloquée : « A cette époque, il se traînait déjà sa vie comme une caravane qui n’aurait pas de roue ». Et d’ajouter :  » L’idée d’une démission se ramifiait en lui, une démission générale ».

L’écriture de Nicolas Maleski est superbe. Elle s’adapte au rythme de l’histoire d’une manière incroyable: des phrases courtes, saccadées quand il se bat, de la sensualité lorsqu’il aime…

Une très jolie découverte pour ma part! Un suspense bien ménagé dans une histoire qui pourrait par certains aspects nous ressembler .…

Ma note :

08/10