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# 20 – Il n’y a pas que la lecture dans la vie

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Bonjour les amis,

Comme vous le savez, j’ai lu récemment le roman de Jean Teulé, Héloïse, ouille !. Ce roman raconte d’une manière assez particulière l’histoire de Abélard et d’Héloïse, une des plus belles et des plus anciennes histoires d’amour connues. J’ai donc envie de vous en parler.

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Pierre Abélard naît en 1079 dans une famille noble. Fils du seigneur du Pallet il est destiné au métier des armes comme ses frères. Mais sa soif de connaissance et sa passion des lettres le font se tourner vers l’éducation. Il se rend à Paris où il enseigne la philosophie. Intellectuel surdoué, dialecticien redoutable, il est un jeune professeur admiré par ses élèves. Réputé et respecté malgré son caractère peu commode. À 36 ans, il est un brillant maître en théologie à la Cathédrale de Notre Dame de Paris. Il est l’auteur d’un des premiers textes d’études Sic et Non.

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Héloïse est née vers 1092, elle est une intellectuelle du Moyen Âge, épouse d’Abélard et première abbesse du Paraclet. Chantre de l’amour libre, elle est la deuxième femme de lettres d’Occident dont le nom soit resté et le premier écrivain à affirmer et définir la spécificité du désir féminin.

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Le Chanoine Fulbert confie à Abélard l’éducation de sa nièce, Héloïse. Elle a 17 ans. Le maître est tout de suite bouleversé par l’intelligence et la beauté de la demoiselle. Cette jeune fille pertinente, vivace d’esprit et de toute beauté est troublée par la présence de ce nouveau professeur, un homme mûr et séduisant.

Leur histoire ne reste pas longtemps platonique. La passion les inspire et les pousse l’un vers l’autre. Le maître et l’élève s’aiment envers et contre tous. La passion charnelle les consume, bien loin des enseignements reçus par chacun d’eux. Héloïse tombe alors enceinte. Abélard l’enlève et ils se réfugient en Bretagne où elle donne naissance à leur fils Astrolabe. Elle rentre alors à Argenteuil abandonnant son enfant à la famille de son aimé. Ils se marient secrètement. Sur l’insistance d’Abélard et par amour pour lui, elle accepte de se retirer dans le monastère où elle a passé son enfance. Le scandale de leur relation finit par éclater quand le Chanoine Fulbert furieux dénonce leur mariage secret et nuisible à la carrière d’Abélard, qui a trahi l’église, selon les lois de l’époque. Le chanoine emploie alors deux sbires pour punir le philosophe. Il sera ainsi émasculé. Cette mutilation met un terme à sa carrière d’ecclésiastique et d’enseignant, mais la vengeance est si cruelle et si scandaleuse que le chanoine se voit relevé de ses fonctions durant quelques années.

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Héloïse prend le voile à l’abbaye d’Argenteuil. Et devient en 1129 abbesse du couvent du monastère le Paraclet, près de l’ermitage fondé par Abélard et qu’elle a su rendre prospère. Philosophe reconnue, elle l’administrera le restant de sa vie. Loin de son amour qu’elle transformera en lien spirituel, mais auquel elle ne renoncera jamais.

Abélard se réfugie à l’abbaye Saint-Denis où il devient moine et continue ses travaux de philosophie. Désormais, leur fougueuse passion s’exprimera dans les lettres de leur amour, de magnifiques et lyriques échanges en latin. Elle avoue être condamnée au cloître par son amour tragique pour lui, avec qui elle a connu la plénitude de l’être. L’admiration intellectuelle et mutuelle jaillit de cette correspondance entre les époux.

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Cet amour au fil des mots n’a pas d’âge, il est universel. Dans leur tragédie, les deux amants puisent la source intarissable de leur relation bien au-delà du charnel. Empreinte de spiritualité, leur passion se mue en un échange intellectuel et philosophique qui traverse le temps. Persécutés au point d’être contraints d’embrasser la vie monastique, rien n’altère leur lien.

Abélard meurt en 1142, elle réclame sa dépouille et l’ensevelit au Paraclet. Lorsqu’elle disparaît en 1164, la légende dit que sa volonté d’être déposée après sa mort dans le tombeau de son mari fut respectée, et qu’Abélard, mort depuis tant d’années, étendit les bras pour la recevoir et les ferma, la tenant embrassée, à jamais. En 1917 la mairie de Paris fait transporter les restes de ce couple de légende au cimetière du Père-Lachaise, leur dernière demeure.

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Source : Histoire-amour.com

 

Héloïse, ouille !

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Auteur : Jean Teulé

Genre : Historique

Édition : Pocket

Titre : Héloïse, Ouille !

Quatrième de couverture :

Jean Teulé revisite les amours tumultueuses d’Héloïse et Abélard dans une version d’une modernité ébouriffante.
À la fin de sa vie, Abélard écrivait à Héloïse : « Tu sais à quelles abjections ma luxure d’alors a conduit nos corps au point qu’aucun respect de la décence ou de Dieu ne me retirait de ce bourbier et que quand, même si ce n’était pas très souvent, tu hésitais, tu tentais de me dissuader, je profitais de ta faiblesse et te contraignais à consentir par des coups. Car je t’étais lié par une appétence si ardente que je faisais passer bien avant Dieu les misérables voluptés si obscènes que j’aurais honte aujourd’hui de nommer. »
Depuis quand ne peut-on pas nommer les choses ?
Jean Teulé s’y emploie avec gourmandise.

Quelques mots sur l’auteur :

Jean Teulé est un auteur français de romans et bandes dessinées, qui a également pratiqué le cinéma et la télévision.

Ma chronique :

Cela faisait un bout de temps que ce roman trainait dans ma PAL, il était donc temps de l’en sortir. En plus il s’agit de mon premier Jean Teulé, auteur dont j’entend beaucoup parler.

Il s’agit ici d’un roman qui se veut historique sur la très belle histoire d’amour entre Abélard et Héloïse. Alors, pour ma part, je ne connaissais pas grand chose de cette romance mise à part quelques bribes apprises lors d’une visite guidée du Cimetière du Père Lachaise.

J’ai, dans un premier temps, été un peu perturbé par le sens que prenait ma lecture, car pour une bonne partie de ce roman, nous pouvons dire que Jean Teulé écrit du porno historique. Vous voulez du sexe et bien là vous êtes servis, il y en a dans tout le roman, mais en particulier dans les premiers chapitres. Du sexe, du sexe, il n’y a que cela, toutes les scènes entre la jolie blonde et son précepteur nous sont décrites mais sans aucun tabou avec des mots crus et on pourrait dire sans aucune censure. Cela en devient à un moment dérangeant au point où je me suis pris à espérer que ce n’était pas que ça dans tous le roman. Heureusement non.

Il y en a peu, et je pense que je vais m’y intéresser dans pas longtemps, mais j’ai adoré les lettres que s’échangent les deux époux enfermés l’un et l’autre dans des couvents. C’est une très belle histoire d’amour qui est contée ici, d’une façon on peu le dire très originale, mais cela reste tout de même très beau.

Par contre, au niveau de l’écriture, cela est juste grandiose, c’est beau, il y a des expressions, des mots et des tournures en vieux français et même les scènes de « culs » sont extrêmement bien écrites. Sous ses airs un peu dévergondés, ce livre est malgré tout hyper bien écrit et il doit y avoir un énorme travail de recherche derrière. J’ai appris plein de chose en tout cas et je vais m’intéresser de plus plus près à cet Abélard et à cette Héloïse que je trouve intrigants.

Ce n’est pas ma lecture de l’année, mais je suis vraiment content d’avoir lu ce roman et cet auteur qui du coup m’intrigue.

Ma note : 7,5 / 10