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Goat Mountain

goat mountain

Auteur : David Vann

Genre : Contemporain

Edition : Gallmeister

Titre : Goat Mountain

Quatrième de couverture :

Automne 1978, nord de la Californie. C’est l’ouverture de la chasse sur les 250 hectares du ranch de Goat Mountain où un garçon de onze ans, son père, son grand-père et un ami de la famille se retrouvent comme chaque année pour chasser sur les terres familiales. À leur arrivée, les quatre hommes aperçoivent au loin un braconnier qu’ils observent de la lunette de leur fusil. Le père invite son fils à tenir l’arme et à venir regarder. Et l’irréparable se produit. De cet instant figé découle l’éternité : les instincts primitifs se mesurent aux conséquences à vie, les croyances universelles se heurtent aux résonnances des tragédies. Et le parcours initiatique du jeune garçon se poursuivra pendant plusieurs jours, entre chasse au gibier et chasse à l’homme, abandonné à ses instincts sauvages.

Quelques mots sur l’auteur :

David Vann est né en 1966 sur l’île d’Adak, en Alaska, où il a passé une partie de son enfance avant de s’installer en Californie. Son premier roman Sukkwan Island, publié en France en 2010, a remporté un immense succès et a été couronné par le prix Médicis étranger. Il est aujourd’hui traduit en quinze langues dans plus de cinquante pays. Goat Mountain est son quatrième roman.

Ma chronique :

Je peux vous dire que j’ai hésité avant de commencer ce roman de David Vann, en, effet, j’avais vraiment beaucoup aimé Aquarium mais Sukkwan Island m’a tellement dérangé que j’y pense encore régulièrement. Je me suis donc lancé avec une pointe de crainte à petits pas en tâtonnant, histoire de ne pas me faire surprendre encore une fois par l’auteur.

Autant le dire de suite, ce roman est bien signé David Vann, aucun doute, cet homme à une plume tellement personnelle et je dirais tellement fascinante que cela devient vraiment perturbant. Il nous entraîne dans une sorte d’addiction malsaine dans sa folie, enfin dans la folie qu’il décrit, car oui, ici aussi, rien n’est net, c’est gore, ça pue mais là où nous avons tout le contraste avec Monsieur Vann c’est que c’est également très poétique, il arrive à nous décrire l’horreur avec des mots superbement choisis c’est un vrai art de poète.

C’est un roman avec un rythme extrêmement lent, avec une ambiance lourde et pesante, avec une puanteur certaine, des personnages froids qui ne sont , sauf un, jamais nommé donc on a dû mal à s’accrocher à eux. La magie de David Vann est de parsemer dans toute cette noirceur de magnifiques descriptions de la nature comme lui seul sait le faire, c’est juste sublime j’ai carrément voyagé à Goat Mountain.

Ce roman est par contre extrêmement tourné sur la religion, la bible et les mythologies, il y a à travers ces pages une sorte d’essai de justifier par la bible les actes et les événements présents. C’est en quelque sorte une réécriture entre autre de l’ancien testament, il faut vraiment oser, mais ici cela marche plutôt bien.

Nous avons donc quatre personnages dans ce roman, quatre personnages et un mort, et c’est un peu comme si nous avions les quatre disciples du mort. C’est une image qui m’est venue vers la fin de ma lecture, mais plus j’y pense et plus c’est réellement cela. Le narrateur est l’un deux, le plus jeune qui nous raconte ce passage de sa vie plusieurs années après, combien ? On ne le sait pas. Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? On ne le sait pas. A la fin, pourtant tout s’accélère et se fini comme ça avec un point final, sans savoir … Frustrant … Mais au fond était ce vraiment important de savoir ?

Ma note : 08/10

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animaux solitaires

aniamux solitaire

Auteur : Bruce Holbert

Genre : Contemporain

Édition : Gallmeister

Titre : animaux solitaires

Quatrième de couverture :

Comté de l’Okanogan, État de Washington, 1932. Russel Strawl, ancien officier de police, reprend du service pour participer à la traque d’un tueur laissant dans son sillage des cadavres d’Indiens minutieusement mutilés. Ses recherches l’entraînent au cœur des plus sauvages vallées de l’Ouest, là où les hommes qui n’ont pas de sang sur les mains sont rares et où le progrès n’a pas encore eu raison de la barbarie. De vieilles connaissances croisent sa route, sinistres échos d’une vie qu’il avait laissée derrière lui, tandis que se révèlent petit à petit les noirs mystères qui entourent le passé du policier et de sa famille. À l’instar des romans de Charles Portis ou de Cormac McCarthy, Animaux solitaires mêle avec brio les codes du western et ceux des plus grands romans noirs. Un premier roman remarquable dont on ne pourra oublier le héros mélancolique qui rêve d’imposer la justice aux confins de la civilisation. Quel que soit le prix à payer.

Quelques mots sur l’auteur :

Bruce Holbert a grandi au pied des Okanogan Mountains, dans l’Etat de Washington. Son arrière-grand-père, éclaireur indien de l’armée des États-Unis, était un homme respecté jusqu’à ce qu’il assassine son gendre, le grand-père de Bruce Holbert, qui s’est inspiré de cette tragédie pour son premier roman, animaux solitaires. Il est diplômé de l’Université de l’Iowa où il enseigne aujourd’hui. Son deuxième roman, L’Heure de plomb, a été publié en France en 2016.

Ma chronique :

Avec animaux solitaires, j’ai eu l’impression d’être dans un mythe, l’histoire se passe entre deux époques, une sorte de western au commencement de l’ère moderne et des premiers véhicules à moteurs. Je ne sais pas trop comment classer ce roman, c’est un mélange de western, de roman policier et de roman noir. Ce qui est certain par contre c’est que pour lire ce roman et pour en profiter pleinement, il faut prendre son temps, ne pas être pressé et ne surtout pas avoir froid aux yeux.

Oui ce roman est noir, voir très glauque par moment, il se dégage une espèce de violence brute, à la limite de la folie et ce n’est que renforcé avec le héros, Russel Strawl qui est un shérif d’une rare cruauté, il est encore plus dans la folie que les personnes qu’il poursuit. Je ne spoile pas mais j’ai carrément adoré le coup du taureau avec une branche d’ortie dans le derrière…

Avec ce livre, il faut s’accrocher, car le rythme est plutôt lent, mais c’est pour mieux en profiter, il se li un peu à la manière d’une légende ou comme dit un peu plus haut d’un mythe.On sent que petit à petit Bruce Holbert tisse les liens pour nous embarquer dans son monde à la manière d’un incroyable narrateur. Oui c’est certain Bruce Holbert est un génie dans son genre, j’avais déjà tellement apprécié L’Heure de plomb son deuxième roman que je ne peux que confirmer cela.

Alors, effectivement, Bruce Holbert nous embarque avec lui dans cette Amérique profonde et noire, où la violence est en chacun des personnages, où il peigne une ambiance rude et sèche, oui j’ai apprécié délié petit à petit les fils de cette histoire, mais même si je n’avais pas compris le pourquoi du comment, j’ai très rapidement eu le qui … Mais peut-être que cela était voulu par l’auteur …

Je ne pense pas que ce livre est à mettre entre toutes les mains, je pense qu’il faut déjà avoir une certaine expérience de ce genre de roman pour ne pas passer à côté, mais surtout si cela vous tente n’hésitez pas à me dire ce que vous en penserez, cela m’intéresse beaucoup.

Ma note : 07/10

Il reste la poussière

poussière

Auteur : Sandrine Collette

Genre : Contemporain

Édition : Le Livre de Poche

Titre : Il reste la poussière

Quatrième de couverture :

Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux.
Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l’a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien.
Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille?

Quelques mots sur l’auteur :

Née en 1970, Sandrine Collette partage son temps entre l’écriture et ses chevaux dans le Morvan. Son premier roman, Des noeuds d’acier, Grand prix de littérature policière 2013, devient un best-seller avec plus de 70 000 exemplaires vendus. Il reste la poussière reçoit le prix Landerneau en 2016.

Ma chronique :

Cela faisait un bon bout de temps que j’avais ce roman dans ma PAL et le fait de voir sur Instagram le dernier roman de Sandrine Collette, Juste après la vague, m’a donné envie de l’y sortir et de découvrir cette auteure française.

Il reste la poussière est pour moi un vrai drame familial qui se joue dans la Pampa Patagonienne, une fenêtre ouverte sur une famille retirée de la civilisation et dont la communication se fait majoritairement en donnant des ordres et des coups.

Aucun signe d’amour entre les quatre frères et la mère, aucun respect, une haine farouche lie ces cinq personnes, la haine et tout le travail qu’il y a à abattre dans une Estancia, une sorte de ranch immense avec des moutons, des boeufs, des poules, un potager …

Il y a très peu de dialogue dans ce roman, les chapitres alternent les différents points de vue de chacun des membres de cette famille. Tout cela emmène une certaine tension tout au long de la lecture, j’avoue que je savais pas trop où est-ce que l’auteure voulait m’emmener même si l’on présage un drame à tout moment.

La grande force de ce roman est la manière dont Sandrine Collette réussi à nous mettre dans l’ambiance, à nous faire ressentir l’aridité, la sueur, l’odeur des bêtes, la chaleur. C’est un roman puissant qui nous entraîne au plus profond de la psychologie de chacun des personnages.

Alors n’ayant pas vraiment d’idée d’où allait m’emmener cette lecture, et restant malgré tout sur ma faim, je retiendrais la puissance de la plume de Sandrine Collette ayant réussi à me faire voyager en Patagonie, après pour moi pour être un grand roman, il manque d’inattendue et j’aurais aimé aller encore plus dans le côté sombre et dramatique.

Ma note : 7/10

Quand les hirondelles me reviennent

quand les hirondelles me reviennent

Auteur : Yann Déjaury

Genre : Contemporain

Édition : Auto-Édition

Titre : Quand les hirondelles me reviennent

Quatrième de couverture :

Après plusieurs heures d’errance, un homme prend conscience qu’il ignore tout de son passé. Qui est-il ? D’où vient-il ? Où va-t-il ? Autant de questions inquiétantes qui ne trouvent aucune réponse cohérente. Son seul exutoire est de continuer le chemin interminable droit devant, poussé par un formidable élan de survie. La rencontre de Margueritte, aubergiste mystérieuse d’âge mûr et de PommePomme, jeune handicapée d’un village de campagne, l’aide à mieux accepter son amnésie. Mais qui sont-elles vraiment ? Sont-elles prêtes à l’aider à retrouver sa vie d’avant ? De rencontres en rebondissements, de joies en déceptions, la vérité finira par s’imposer comme une évidence…

Quelques mots sur l’auteur :

Né en 1978 à Abbeville, Yann Déjaury vit actuellement dans la région Lilloise. Scientifique de formation, il aime quitter son esprit cartésien pour laisser place à l’imaginaire qu’il exprime à travers la pâtisserie, les objets décoratifs et l’écriture. « Quand les hirondelles me reviennent » est son premier roman.

Ma chronique :

Encore une très jolie découverte grâce à la plateforme Simplement.pro, je tiens également à remercier Yann Déjaury pour la confiance accordée.

Quand les hirondelles me reviennent, est un premier roman, avec une écriture pleine de simplicité ce qui la rend terriblement efficace, en effet, Yann Déjaury à réussi à totalement m’embarquer dans son roman et à faire en sorte que je n’arrive plus à le lâcher. J’étais comme cet homme amnésique en quête de sa vie et de son passé, à essayer de récolter tous les indices que l’auteur à bien voulu nous laisser.

J’ai été absolument conquis par les personnages, j’adore PommePomme par exemple qui est pleine de joie et qui transpire l’espoir. L’espoir c’est vraiment le thème de se roman, l’espoir et la vie. Je dois avouer qu’au bout d’un bon tiers du roman j’ai compris où voulait m’emmener l’auteur, mais la fin s’est tout de même montrée pleine de surprises.

Ce roman est une quête pour la vérité, c’est un voyage envers nos « nous profonds » c’est un roman plein de remise en question mais surtout plein d’amour.

Je ne peux que vous conseiller de lire cet excellent roman et d’ensuite le partager car ce livre et cet auteur méritent vraiment à se faire connaître au plus grand nombre.

Ma note : 09/10

My absolute darling

my absolut darling

Auteur : Gabriel Tallent

Genre : Contemporain

Édition : Gallmeister

Titre : My absolute darling

Quatrième de couverture :

A quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

Quelques mots sur l’auteur :

Gabriel Tallent est né en 1987 au Nouveau-Mexique et a grandi en Californie. Il a mis huit ans à rédiger My Absolute Darling, son premier roman qui a aussitôt été encensé par la critique et fait partie des meilleures ventes aux États-Unis. Il vit aujourd’hui avec sa femme à Salt Lake City.

Ma chronique :

Encore une fois, je remercie les éditions Gallmeister pour l’envoi de ce roman, mais surtout pour la sortie de ce chef d’oeuvre.

Comme vous avez-pu peut-être le lire sur Instagram, j’ai dévoré ce roman pendant le weekend, je n’ai quasiment pas pu le lâcher. Ce n’est pas compliqué, dès les premières pages Gabriel Tallent m’a ferré et complètement conquis.

Ce n’est pas à proprement parlé un roman sombre, car j’ai ressenti beaucoup de luminosité à travers la plume de l’auteur qui décrit parfaitement les lieux de l’intrigue. Il a d’ailleurs vécu dans cette région ce qui explique certainement les magnifiques descriptions et le fait que j’ai sans difficulté réussi à m’y projeter. Donc pour moi ce n’est pas un roman sombre, mais ce serait plutôt un roman très dur, un roman plein de violence que cela soit de la violence physique ou de la violence psychologique.

Car là est vraiment le coeur de cette histoire, la manière dont le père de Turtle fait en sorte de rendre sa fille totalement dépendante psychologiquement de lui, la façon qu’il a de la vider de sa moindre pensée propre, de se sentir vide et de devoir vivre et réfléchir à la manière dont lui l’aurait autorisé. J’ai cherché des excuses à se personnage, tantôt je me suis dit que c’était la perte de la mère de Turtle, tantôt l’enfance que lui-même a eu, tantôt l’amour inconditionnel qui le lie à sa fille mais qu’il ne sait pas exprimer. Mais voilà, en fin de compte, ce n’est rien de tout cela, nous sommes devant un être particulièrement intelligent mais qui est fondamentalement un pervers narcissique d’une violence rare.

Sa victime est donc Julia, ou Turtle ou encore Croquette, je l’adore … Je l’adore par la force de son esprit qui est continuellement en train de se battre contre les pensées qui lui sont imposées, je l’adore par la singularité dont elle est la preuve, je l’adore par la force qu’elle dégage et surtout par l’envie de liberté et de justice qu’elle va en fin de compte laisser sortir de sa tête et exprimer une bonne fois pour toute et à ce moment là plus rien ne l’arrête.

Voilà, c’est donc un roman psychologiquement violent, il m’a pris aux tripes, m’a donné envie de gerber et envie de pleurer, mais il m’a aussi fait sourire et rire par les pensées de Turtle et les dialogues qu’elle a pu avoir avec Jacob et Brett entre autre. L’écriture de ce roman est cru, elle est crash, il n’y a pas tellement de dialogue, nous sommes continuellement dans la tête de Turtle, voilà ce qui donne fait la force de cette histoire, voilà ce qui en fait un chef d’oeuvre et voilà ce qui fait qu’il est un de mes gros coups de coeur de ces dernières années. Encore merci à Gabriel Tallent pour son talent (oui je sais c’est facile 😉 ) et aussi à Gallmeister pour la publication en France.

Ma note : 10/10

coup-de-coeur

Les larmes de Potap

potap

Auteur : Nadège Mazery

Genre : Contemporain

Édition : Auto-édition

Titre : Les larmes de Potap

Quatrième de couverture :

Je m’appelle Potap. Potap Kerenski pour être précis. Je suis né à Tcheboksary, en Tchouvachie, sur les bords de la Volga, à 600 km à l’est de Moscou. Aujourd’hui, entouré de ma famille et de mes rares amis, je célèbre mes 18 ans. Un âge où, juridiquement, je deviens pleinement responsable de mes actes. Quels qu’ils soient. Pour ma part, j’assume totalement les miens. En conséquence, n’en déplaise à mon frère, ceci est mon dernier anniversaire.

Quelques mots sur l’auteur :

Nadège Mazery est née à Nantes, a grandi et étudié dans cette région avant de s’exiler deux ans outre-Manche. A son retour, petit job tranquille en Vendée avant un changement de cap et une nouvelle vie sur Paris. Deux jolis bébés plus tard, elle pose ses valises à la campagne, en Charente-Maritime, où elle vit et travaille, en tant que free-lance pour de nombreux magazines européens. Les déplacements hors frontières sont très courants. Pour les occuper, lecture et à présent écriture. Pour se distraire au début, puis de fil en aiguille pour se donner un nouveau but (l’effet quarantaine certainement) et faire plaisir aux amis… Après sa trilogie Caboclos Nord, Est et Sud, qui a rencontré un beau succès, elle publie enfin son dernier roman « Les Larmes de Potap ».

Ma chronique :

En premier lieu, je tiens à remercier Nadège Mazery pour avoir accepté de m’envoyer son roman et pour sa confiance.

J’avais prévu de lire ce roman plus tôt cette année, mais le moral n’étant pas au beau fixe et craignant une lecture très noire au vu de la quatrième de couverture, j’ai préféré attendre le bon moment. Je peux vous dire dors et déjà que j’ai bien fait. Oui, car effectivement ce livre est très sombre et très froid, j’ai pu ressentir lors de ma lecture le froid extrême de la Russie ainsi que l’humidité présente dans une certaine cave … C’est un point super positif de ce roman, Nadège Mazery a une manière parfaite pour décrire les lieux et les ambiances présents dans son roman et ainsi immerger complètement le lecteur dans son histoire.

Alors oui ce roman est sombre, mais ce côté noir est parfaitement contre balancé par l’amour débordant qu’a Mak envers son petit frère Potap, alors oui il ne sait pas franchement le montrer mais cet amour fraternel transpire des lignes de ce livre et c’est encore plus fort que le narrateur n’est autre que Potap.

Les personnages sont pour certains super attachants, je pense à Vassily ou à Dédouchka et pour d’autres totalement répugnants. J’ai adoré le petit road-trip entre les deux frères et le grand-père nous emmenant au bord de la Mer Noire.

Malgré le fait que ce soit un roman, il y a malheureusement une triste vérité derrière ces lignes et c’est ce qui donne également toute sa force à ce roman. Ces « tronches de vies » , ces âmes perdues qui sans personne pour leurs tendre la main finissent plus bas que terre et sont complètement laissés pour compte par le gouvernement Russe.

J’ai littéralement pris une claque avec Les larmes de Potap, j’ai pris une claque par la dureté de l’histoire, pris une claque par la force de l’amour d’un grand frère pour son cadet, pris une claque par l’espoir et toujours l’amour transpirant de la bonté d’un grand-père. Mais j’ai surtout pris une claque par l’espoir qui se cache entre les lignes et par le fait que rien n’est écrit d’avance.

J’ai vers la fin de ma lecture carrément ralenti mon rythme car à tout moment je sentais que l’auteur pouvait nous faire basculer d’un côté ou de l’autre, du côté obscur ou vers la lumière. Je ne vous en dirais pas plus pour ne pas vous gâcher votre lecture, mais sachez que ce livre est une petite pépite et que j’ai eu un énorme coup de coeur pour Les larmes de Potap.

Ma note : 10/10

coup-de-coeur

Face au vent

face au vent

Auteur : Jim Lynch

Genre : Contemporain

Édition : Gallmeister

Titre : Face au vent

Quatrième de couverture :

Dans la famille Johannsen, la voile est une question d’ADN. Installés au cœur de la baie de Seattle, le grand-père dessine les voiliers, le père les construit, la mère, admiratrice d’Einstein, calcule leur trajectoire. Si les deux frères, Bernard et Josh, ont hérité de cette passion, c’est la jeune et charismatique Ruby qui sait le mieux jouer avec les éléments. Seule sur un bateau, elle fait corps avec le vent. Mais lorsqu’un jour elle décide d’abandonner cette carrière toute tracée, la famille explose. Bien des années plus tard, les parents se sont éloignés, Bernard a pris la fuite sur les océans, Ruby travaille dans l’humanitaire en Afrique. Quant à Josh, il cherche inlassablement son idéal féminin sur un chantier naval à Olympia. Douze ans après la rupture, une ultime course sera l’occasion de retrouvailles risquées pour cette famille attachante et dysfonctionnelle.

Quelques mots sur l’auteur :

Jim Lynch est né en 1961. Diplômé de l’Université de Washington, il a sillonné le pays en tant que reporter pour des journaux en Alaska, en Virginie et à Washington D.C. Il est l’auteur de quatre romans et collabore avec plusieurs journaux dont le Seattle Times. Il vit et navigue à Olympia et dans l’État de Washington.

Ma chronique :

Seconde lecture de cette nouvelle année et premier coup de coeur. Encore une fois, merci à Gallmeister pour leur confiance et pour nous offrir des pépites dans ce genre. Face au vent, est le second roman que je lis de Jim Lynch et j’avais d’ailleurs déjà beaucoup aimé Les grandes marées.

Ce roman, est un hymne à la voile, l’auteur nous fait partager sa passion pour ces bateaux et franchement cela donne envie, pourtant, je peux vous assurer que à la base ce n’est vraiment pas mon truc. Mais à la lecture de ce livre, vous aurez forcément envie de monter sur un voilier et d’aller faire une petite balade en mer ou pourquoi pas participer à une régate.

Ce roman est donc l’histoire d’une famille passionnée par la voile, il y a le grand-père, les trois enfants, deux fils et une fille, la mère et enfin pour guider le tout, le père qui est un peu le grand gourou de cette famille qui est juste géniale dans sa folie et par les différences qu’il y a entre chacune de ces personnes . J’ai tellement apprécié de voir l’évolution des relations entre chacun des membres de la famille Johannssen, l’éloignement et toujours et encore cette passion qui toujours les rapproches tous.

Encore une fois, la plume de Jim Lynch est envoutante, toute en finesse et en poésie. Il y a de tout dans son roman, de l’humour, j’ai adoré les rancards de Josh, de l’amour et de l’amitié, mais également de la tension et de la tristesse. C’est un grand roman, une histoire pleine de générosité et de belle promesse.

Comme avec Les grandes marées, je trouve que Jim Lynch a le don pour dévoiler les belles choses de l’humanité et de ce monde, c’est une belle histoire qui fait du bien.

Vous l’aurez compris, je ne peux que vous le conseiller, c’est certain, vous passerez un super moment avec cette famille un peu bizarre mais tellement touchante.

Ma note : 10/10

coup-de-coeur

L’homme de l’hiver

lhomme de lhiver

Auteur : Peter Geye

Genre : Contemporain

Édition : Actes Sud

Titre : L’homme de l’hiver

Quatrième de couverture :

Dans une petite ville du Minnesota sauvage où les rivières deviennent lacs et les lacs rivières, le vieux Harry Eide fugue, désertant son lit de mort pour la forêt profonde. On ne le retrouvera pas. Les deux êtres qui l’ont le plus aimé – Gus, son fils, et la discrète Berit, son grand amour longtemps resté en lisière de sa vie – se racontent cet homme qui gouverna leur monde tout en leur échappant. Sous le règne implacable de la nature, souple, fluide, silencieux comme une balade en kayak, un roman d’aventure intérieure qui démontre que l’expression « amour impossible » est un oxymore.

Quelques mots sur l’auteur :

Peter Geye est né et a grandi à Minneapolis, Minnesota, où il vit toujours. L’homme de l’hiver est son troisième roman, le premier publié en France.

Ma chronique :

Je tiens tout d’abord à remercier Léa qui gère de main de maître le groupe Facebook Picabo River Book Club, d’ailleurs, si vous êtes fans de littérature nord américaine n’hésitez pas à aller jeter un oeil.

J’ai mis deux semaines à lire ce roman, non pas qu’il ne m’intéressais pas mais, c’est le genre de roman je pense qu’il faut lire au rythme de l’histoire, je n’avais du coup aucune envie de me presser.

L’homme de l’hiver, est effectivement l’histoire d’un homme … Mais pas que … C’est également l’histoire d’une famille, d’une ville mais pour moi, surtout d’une femme, chose étonnante avec un titre comme celui-ci. Ce roman, est une petite perle de « nature writing », il n’y a pas à dire j’aime de plus en plus ce style et je prend un plaisir fou à lire tous les romans de ce sous genre.

Donc, oui, c’est l’histoire d’un homme mais on pourrait dire aussi, c’est l’histoire d’une sorte de road trip à travers les terres frontalières mais aussi à travers sa mémoire et à travers la vie. C’est une magnifique épopée d’un père et de son fils ne sachant pas communiquer et exposer l’un à l’autre leurs sentiments. C’est une superbe histoire d’Amour avec un vrai A majuscule, c’est vraiment une belle histoire.

J’ai vraiment apprécié l’histoire de cette ville américaine et de ses habitants. Ce que j’ai par dessus tout aimé dans ce livre, ce sont les dialogues entre Berrit et Gus, il y a une sorte d’amour et de respect sous un voile de tristesse qui rend leurs conversations magiques.

En bref, si vous voulez lire une belle histoire de vie avec en prime en fond de magnifiques paysages enneigés n’hésitez pas et lancez-vous sur les traces de L’homme de l’hiver.

Ma note : 8,5/10

Les grandes marées

marée basse

Auteur : Jim Lynch

Genre : Contemporain

Édition : Gallmeister

Titre : Les grandes marées

Quatrième de couverture :

Le jeune Miles, qui n’a que treize ans, sort souvent de chez lui en secret pour explorer les eaux de la baie de Puget Sound, dans l’Etat de Washington.
Une nuit, à marée basse, il découvre une créature marine rarissime échouée dans la vase. Il devient alors la vedette locale, harcelée par des gens étranges, qui s’interrogent : est-il un observateur, un garçon intrépide ou encore un prophète ? Mais Miles a bien d’autres préoccupations. Il doit prendre soin d’une vieille dame un peu médium et empêcher le divorce de ses parents, sans oublier son ancienne baby-sitter, qu’il tente maladroitement de séduire…
Au cours de cet été pas comme les autres, il va apprendre à décrypter les mystères de la vie et ceux de la mer.

Quelques mots sur l’auteur :

Jim Lynch, né en 1961, est l’auteur de Face au vent, magnifique saga familiale de marins. Ses romans À vol d’oiseau et Truth Like the Sun furent joués sur scène et récompensés par l’Indies Choice Honor Book Award et le Pacific Northwest Booksellers Award. Il vit à Olympia, État de Washington, avec sa femme et sa fille.

Ma chronique :

J’ai reçu ce roman dans le cadre de mon partenariat avec Gallmeister que je remercie encore une fois pour les ouvrages qu’ils me permettent de lire et pour leurs publications qui permettent aux lecteurs de se projeter à travers L’Amérique et à travers les époques qui l’ont construite. Ce roman, Les grandes marées sort en librairie  dans la collection Totem le 4 janvier 2018, mais il a déjà été édité par d’autres maisons d’éditions il y a quelques années sous le titre À marée basse.

Avec ce roman, nous allons suivre durant un été le jeune Miles O’Malley âgé de treize ans et passionné du monde aquatique. J’ai adoré cet adolescent qui est un peu plus intelligent que la moyenne, mais est surtout très observateur ou peut-être très imaginatif. Pendant ces grandes vacances, tout autour de lui va être chamboulé, l’océan, ses parents sur le point de divorcer, les personnes qui sont importantes pour lui, sans oublier le fait qu’il grandit et que certaines choses comme l’amour et le sexe commencent à le titiller.

Nous allons donc vivre avec Miles tous ces chamboulements et l’accompagner pendant ces deux mois. Ce roman, est écrit un peu à la manière d’un conte j’ai trouvé ou comme dit sur la quatrième de couverture comme une fable. Il y a un peu de « magie » dans cette histoire qui est simple mais tellement belle. Elle nous colle le sourire et en même temps nous fait réfléchir sur la vie et la façon que chacun décide de la vivre. C’est un beau livre, une très belle histoire accessible à tous. Les grandes marées à également pour thème, la nature et la façon dont l’humanité l’appréhende, la leçon que l’on peut en tirer est que la nature est plus forte que l’homme et que l’on aura encore et toujours à apprendre d’elle alors respectons la.

Alors, si vous voulez passer un bon moment avec un roman plein de bonne humeur, de générosité et d’amour pour la vie n’hésitez surtout pas et j’espère que comme moi une fois ce roman terminé vous vous direz qu’il est passé vite cet été …

Ma note : 09/10

Lucy in the sky

lucy in the sky

Auteur : Pete Fromm

Genre : Contemporain

Édition : Gallmeister

Titre : Lucy in the sky

Quatrième de couverture :

Lucy Diamond, quatorze ans, file à toute allure vers l’âge adulte. Prise entre l’urgence de vivre et la crainte de devoir abandonner ses manières de garçon manqué, Lucy se cherche et joue avec l’amour. Elle découvre par la même occasion que le mariage de ses parents n’est pas aussi solide qu’enfant, elle l’a cru. Son père, bûcheron, est toujours absent. Sa mère, encore jeune, rêve d’une autre vie. Et Lucy entre eux semble soudain un ciment bien fragile. Armée d’une solide dose de culot, elle s’apprête à sortir pour toujours de l’enfance et à décider qui elle est. Quitte à remettre en question l’équilibre de sa vie et à en faire voir de toutes les couleurs à ceux qui l’aiment.

Quelques mots sur l’auteur :

Pete Fromm est né en 1958 dans le Wisconsin et a d’abord été ranger avant de se consacrer à l’écriture. Il a publié plusieurs romans et recueils de nouvelles qui ont remporté de nombreux prix et ont été vivement salués par la critique. Son livre Indian Creek a rencontré un grand succès aux États-Unis avant d’être traduit en français en 2006. Il vit avec sa famille à Missoula, dans le Montana. Lucy in the sky est son cinquième livre et troisième roman traduit en français.

Ma chronique :

Tous les romans de chez Gallmeister nous invitent à voyager, celui-ci ne sort pas du lot. Par contre, en guise de voyage, Pete Fromm nous propose celui du passage de l’enfance à l’âge adulte. Il s’agit pour moi du premier roman que je li de cet auteur et je peux dire tout de suite que j’ai beaucoup aimé.

J’ai beaucoup aimé l’héroïne de ce roman, Lucy Diamond, une adolescente de quatorze ans, très charismatique et intelligente, qui est au départ un vrai garçon manqué. Ceci pour être plus proche de son père, absent la plus part du temps. Dans la famille, il y a également la mère de Lucy qui brille également par son absence, pas la même que le père qui lui n’est pas là physiquement mais par son absence d’attention envers sa fille, elle fait passer sa propre vie et ses envies avant les besoins de sa fille. Par certaines choses je me suis un peu retrouvé en Lucy dans les relations qu’elle a avec ses parents et la solitude qui en découle.

Ce roman est un peu une quête, celle d’une jeune fille qui cherche a attirer l’attention de ses parents, celle d’une adolescente en recherche d’amour, celle du fille qui va devenir femme.

Pete Fromm, nous offre un roman d’une puissance émotionnelle forte. Ce livre par moment m’a révolté, ma fait rire, ma rendu triste. Ce côté est renforcé par la narration , en effet l’histoire de Lucy est raconté par la jeune fille elle-même. Je trouve que c’est ce qui donne la grande force à ce roman et ce qui est pour moi un coup de maître de l’auteur. Du coup, il n’y a pas de filtre, nous avons droit à toutes les pensées, les craintes, les envies de Lucy et franchement j’ai vraiment adoré, cela donne un côté rafraichissant à ce roman.

Du coup, j’ai adoré ma lecture, qui fut pour moi très addictive, j’y ai retrouvé tous les ingrédients qui m’ont manqués dans une de mes précédentes lectures sensiblement sur le même thème, L’endroit le plus dangereux du monde. Et chose encore plus forte est la fin que nous livre Pete Fromm, une fin tellement triste, mais également pleine d’espoir qui m’a quelque peu chamboulé.

Comment alors ne pas vous conseiller ce fabuleux roman qui malgré toute la tristesse, toute la violence et toute la solitude que l’on peut ressentir à sa lecture, m’a transporté par la force de caractère de son héroïne et par l’espoir fou que l’on est pas ses parents, que l’on trace sa vie soit accompagné par ceux-ci, soit en les supportant tel un fardeau.

Ma note : 10 / 10

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