Archives du mot-clé baudelaire

# 50 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Comme chaque jeudi, je vais vous proposer un poème. La particularité d’aujourd’hui est que nous sommes le jour de l’anniversaire de la mort de Charles Baudelaire, qui est décédé le 31 août 1867. Comme vous le savez, Baudelaire, reste et restera mon poète préféré de tous les temps. Pour cette occasion, j’ai donc décidé de vous présenter deux textes de ce merveilleux poète.

baudelaire

Bohémiens en voyage

La tribu prophétique aux prunelles ardentes
Hier s’est mise en route, emportant ses petits
Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits
Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes.

Les hommes vont à pied sous leurs armes luisantes
Le long des chariots où les leurs sont blottis,
Promenant sur le ciel des yeux appesantis
Par le morne regret des chimères absentes.

Du fond de son réduit sablonneux le grillon,
Les regardant passer, redouble sa chanson ;
Cybèle, qui les aime, augmente ses verdures,

Fait couler le rocher et fleurir le désert
Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert
L’empire familier des ténèbres futures.

bohémiens

Épigraphe pour un livre condamné

Lecteur paisible et bucolique,
Sobre et naïf homme de bien,
Jette ce livre saturnien,
Orgiaque et mélancolique.

Si tu n’as fait ta rhétorique
Chez Satan, le rusé doyen,
Jette ! tu n’y comprendrais rien,
Ou tu me croirais hystérique.

Mais si, sans se laisser charmer,
Ton œil sait plonger dans les gouffres,
Lis-moi, pour apprendre à m’aimer ;

Âme curieuse qui souffres
Et vas cherchant ton paradis,
Plains-moi !… sinon, je te maudis !

Baudelaire3

Publicités

# 42 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Me revoilà aujourd’hui avec un nouvel instant poésie. Je vous propose dans celui-ci un nouveau poème de Charles Baudelaire, car pour moi il reste indétrônable, il y a quelque chose dans ses textes qui me touchent.

baudelaire

Spleen : Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D’une vaste prison imite les barreaux,
Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

– Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l’Espoir,
Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

La-nuit-etoilee-van-Gogh

# 23 – Instant Poésie

Bonsoir les amis,

J’espère que tout se passe bien pour vous. Moi pas top le moral ce soir, je suis bien fatigué et cela commence à être pesant d’être loin de chez soi …

J’ai donc cherché un poème sur mon ressenti du moment et sur la solitude, j’en ai lu plusieurs et pour finalement rester sur un texte de Charles Baudelaire, comme quoi je me ressens énormément dans ces mots. Il reste mon poète français préféré.

baudelaire

Pauvre âme solitaire.

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon cœur, cœur autrefois flétri,
À la très-belle, à la très-bonne, à la très-chère,
Dont le regard divin t’a soudain refleuri ?

— Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges :
Rien ne vaut la douceur de son autorité ;
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges,
Et son oeil nous revêt d’un habit de clarté.

Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l’air danse comme un flambeau.

Parfois il parle et dit : « Je suis belle, et j’ordonne
Que pour l’amour de moi vous n’aimiez que le Beau ;
Je suis l’Ange gardien, la Muse et la Madone ».

Voilà pour le poème du jour, je vous souhaite à tous une bonne soirée.

#7 – Instant Poésie

Bonjour les amis,

J’espère que vous allez bien en ce début de la fin de semaine. Comme chaque jeudi, je vous propose un poème. Cette semaine, je vous invite au voyage en compagnie de mon poète préféré qui à travers les mots me fait voyager et m’emmène dans de magnifiques endroits. Vous l’auriez peut-être deviné, il s’agit de Charles Baudelaire et de son Invitation au voyage. J’espère sincèrement que à travers ce joli poème vous aussi passerez un bon moment.

baudelaire

L’invitation au voyage

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabondes;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Connaissez-vous ce poème ? Quels sont vos poèmes préférés ? Dites les moi en commentaires et si vous le souhaitez, je pourrais les faire partager dans un futur « Instant Poésie ».

#4 – Instant poésie

Bonsoir les amis,

Je reviens, comme chaque jeudi avec un petit poème à vous présenter. Aujourd’hui, il s’agit d’un poème de Paul Verlaine que je viens de découvrir. Dans celui-ci, le poète rend un hommage à un autre poète, et pas n’importe qui puisqu’il s’agit de Charles Baudelaire. Qui est comme déjà évoqué ici, mon poète préféré. Le texte que vous allez lire, est d’une tristesse sans égale mais représente tellement bien les deux poètes que l’on ne peut que aimer.

A Charles Baudelaire

Je ne t’ai pas connu, je ne t’ai pas aimé,
Je ne te connais point et je ne t’aime encor moins:
Je me chargerais mal de ton nom diffamé,
Et si j’ai quelque droit d’être entre tes témoins,

C’est que, d’abord, et c’est qu’ailleurs, vers les Pieds joints
D’abord par les clous froids, puis par l’élan pâmé
Des femmes de péché – desquelles ô tant oints,
Tant baisés, chrême fol et baiser affamé !-

Tu tombas, tu prias, comme moi, comme toutes
Les âmes que la faim et la soif sur les routes
Poussaient belles d’espoir au Calvaire touché!

– Calvaire juste et vrai, Calvaire où, donc, ces doutes,
Ci, çà, grimaces, art, pleurent de leurs déroutes.
Hein ? mourir simplement, nous, hommes de péché.

Voilà, je ne sais pas comment vous ressentez ce poème, mais j’aimerais avoir votre avis. Et aussi pourquoi pas connaitre vos poètes et poèmes préférés. N’hésitez pas à me le dire en commentaire.

#1 – Instant poésie

Bonjour les amis,

Alors aujourd’hui, j’ai envie de vous faire partager un poème. Je ne sais pas encore à quelle fréquence, mais je vous en ferais partager quelques fois. J’adore lire de la poésie, ça me détend.

J’ai choisi pour aujourd’hui un poème de Charles Baudelaire, tiré des Fleurs du mal. Certains d’entre vous doivent le connaître, moi je l’ai appris au lycée ou au collège.

L’albatros

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid!
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait!

Le Poëte est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Voilà donc pour aujourd’hui. Aimez-vous la poésie ? Baudelaire ?  Aimeriez-vous, que je partage d’autres poèmes avec vous ?