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Là où les rivières se séparent

Auteur : Mark Spragg

Édition : Gallmeister

Genre : Autobiographie

Titre : Là où les rivières se séparent

Quatrième de couverture :

“J’ai grandi au sein d’une entreprise familiale. J’ai grandi à Holm Lodge. C’est le plus vieux ranch-hôtel du Wyoming. Quand j’étais petit garçon, je savais que le ranch se trouvait à dix kilomètres de l’entrée est du parc de Yellowstone, mais je ne savais pas que je vivais dans le plus grand espace vierge de toute clôture aux États-Unis, Alaska excepté. Ça, c’est ce que je sais aujourd’hui. À l’époque, je savais seulement que j’étais libre sur cette terre.”

Quelques mots sur l’auteur :

Mark Spragg naît en 1952 et grandit dans un ranch du Wyoming. Dans Là où les rivières se séparent, récit autobiographique primé par une association de libraires indépendants aux États-Unis, il évoque son enfance et sa jeunesse passées parmi les chevaux au cœur d’une nature rude et majestueuse. Outre De flammes et d’argile, publié aux États-Unis en 2010, il est l’auteur de deux autres romans, dont Une vie inachevée, qui a été porté à l’écran par Lasse Hallström, avec Robert Redford dans le rôle d’Einar. Son œuvre est aujourd’hui traduite en quinze langues.

Ma chronique :

Me revoilà pour vous parler d’un roman de chez Gallmeister – il y avait longtemps me direz-vous – , mais que voulez-vous quand on aime on ne compte pas. Aujourd’hui, il s’agit donc du roman de Mark Spragg, Là où les rivières se séparent.

Je découvre cet auteur avec ce roman, et quoi de mieux car il s’agit d’une autobiographie. Mark Spragg nous raconte sa vie dans le Wyoming de sa petite enfance jusqu’au moment où il s’est mis à écrire.

J’ai beaucoup apprécié ce livre, chaque chapitre se suffit à lui-même, c’est en quelque sorte un enchainement de petites nouvelles. Bon de temps en temps j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs, surtout vers la fin, mais dans l’ensemble c’est vraiment un très bon roman.

Mark Spragg nous parle donc de sa jeunesse dans le Wyoming, cet état des États-Unis qui dans les années 50 est encore à l’état sauvage. Pour vous situer c’est tout proche du Parc de Yellowstone, il y a des montagnes, des rivières et des forêts. On ne va pas se mentir ce qui fait vraiment la force de ce roman autobiographie c’est la nature. Mark Spragg a une manière de nous la décrire qui est sensationnelle, j’ai adoré, et j’ai qu’une seule envie dorénavant c’est d’aller parcourir ces terres sauvages. Une autre force dans ce roman pour moi, c’est le lien entre Mark Spragg et les chevaux, j’ai trouvé cela extraordinaire, c’est très beau à lire.

De base, je ne suis pas un fana d’autobiographie mais ici le côté très contemplatif, très nature writing m’a rendu ma lecture vraiment très agréable. Je recommande et maintenant je suis curieux de lire ce qu’a écrit Mark Spragg en fiction.

Ma note : 08 / 10

Le consentement

le consentement

Autrice : Vanessa Springora

Édition : Grasset

Genre : Témoignage

Titre : Le Consentement

Quatrième de couverture :

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin « impérieux » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
« Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Quelques mots sur l’autrice :

Vanessa Springora est éditrice. Le Consentement est son premier livre.

Ma chronique :

J’ai découvert ce livre lors du passage de Vanessa Springora à La Grande Librairie en ce début d’année. Le consentement est un livre autobiographique. Je l’ai lu en quelques heures, je vais essayer maintenant de vous en livrer ma chronique. Je n’ai pas l’habitude de lire des témoignages et il n’est pas facile pour moi de chroniquer un livre de ce genre sans émettre un jugement sur ce qui est raconté. Ici, autant vous le dire tout de suite, il y aura du jugement.

Vanessa Springora raconte à travers ce livre ce qu’elle a vécue, cette expérience totalement traumatisante, cette rencontre qui a ravagée sa vie pendant de longues années.

Elle a été la victime dès l’âge de treize ans d’un prédateur sexuel et d’un pervers narcissique. Un homme très connu, un écrivain adulé étant reçu sur de nombreux plateaux de télévisions et recevant de nombreux prix littéraires. Il s’agit de Gabriel Matzneff, il n’est pas nommé dans le livre de Vanessa Springora pour des raisons que je comprend parfaitement, mais pour ma part, je ne vois aucune raison de taire ce nom. Cet écrivain qui à travers ses carnets et ses romans ne sait pas cacher, à tranquillement raconté ce qu’il a fait vivre à Vanessa Springora et à tant d’autres très jeunes adolescents.

Tout est révoltant dans cette histoire, le comportement des parents de Vanessa, de son entourage ainsi que de celui de Matzneff. Le mutisme des institutions, le faux-culisme des soit disants grands penseurs de l’époque. J’espère que certain ont eu honte d’eux lors de la lecture de ce livre, encore faut-il qu’ils aient eu le courage de le lire.

Vanessa Springora avec ce livre recherche la paix mais également recherche elle aussi a enfermé Matzneff dans un livre tout comme lui l’a fait à de nombreuses reprises. Elle écrit son histoire avec beaucoup de pudeur, c’est son exutoire.

J’espère sincèrement qu’il y aura un après Le Consentement.

Difficile de noter ce genre de livre, je vais mettre 10 / 10 pour le courage que Vanessa Springora a fait preuve tout au long de sa vie et qu’elle a mis dans l’écriture de ce livre.

Ma note : 10 / 10