Archives du mot-clé amérique

Une vie inachevée

Auteur : Mark Spragg

Édition : Gallmeister

Genre : Contemporain

Titre : Une vie inachevée

Quatrième de couverture :

Dans un ranch délabré du Wyoming, Einar vit reclus depuis la mort de son fils, dix ans plus tôt. Aussi voit-il d’un mauvais œil resurgir sa belle-fille, Jean, qu’il tient pour responsable de l’accident qui a coûté la vie à son fils. Fuyant son compagnon violent, la jeune femme vient se réfugier chez lui. Einar découvre alors l’existence de sa petite-fille Griff, âgée de neuf ans. Le caractère bien trempé de l’enfant et la fascination qu’exerce sur elle la vie au ranch ne laissent pas le vieil homme indifférent. Mais alors qu’un équilibre fragile semble s’instaurer, l’ex-amant de Jean débarque en ville.

Quelques mots sur l’auteur :

Mark Spragg naît en 1952 et grandit dans un ranch du Wyoming. Dans Là où les rivières se séparent, récit autobiographique primé par une association de libraires indépendants aux États-Unis, il évoque son enfance et sa jeunesse passées parmi les chevaux au cœur d’une nature rude et majestueuse. 

Outre De flammes et d’argile, publié aux États-Unis en 2010, il est l’auteur de deux autres romans, dont Une vie inachevée, qui a été porté à l’écran par Lasse Hallström, avec Robert Redford dans le rôle d’Einar. Son œuvre est aujourd’hui traduite en quinze langues.

Ma chronique :

Il s’agit du 5ème roman que je li pour le thème « C’est la vie » dans le cadre du #challengegallmeister. Il est dans ma pile à lire depuis pas mal de temps, ce fut donc l’occasion de l’en sortir. Il fait partie des romans chez Gallmeister qui me correspondent parfaitement.

Il commence fort ce roman, avec Einar dans son ranch et son meilleur ami, grièvement blessé par un ours. J’ai de suite été mis dans l’ambiance, nous sommes dans le Wyoming et la vie est rude. Einar a perdu sa femme et son fils il y a plusieurs année et la perte de ce dernier n’a pas été digérée.

Ensuite, il y a Griff, une petite gamine baladée par sa mère, Jean, au grès de ses errances amoureuses. Elle est géniale cette petite, elle a un caractère bien trempé, ne se laisse pas marcher dessus et quand elle a décidé quelque chose, elle se donne les moyens d’y parvenir. Griff est la petite fille de Einar, elle ne le sait pas tout de suite, mais lorsqu’elle s’aperçoit que sa mère a encore une fois reçu des coups, elle oblige cette dernière à partir. À ce moment là, Jean lui révèle l’existence de son grand-père et elles partent toutes les deux à sa rencontre.

La relation entre Griff et Einar est juste extra, j’ai adoré. L’un et l’autre ne sont pas avides de mots, mais font passer tellement d’émotions. Gravitant autour d’eux, il y a donc Mitch le meilleur ami d’Einar avec son chien, qui prend sous son aile les deux femmes et essaye de se faire la voix de la sagesse pour son ami. Les dialogues sont courts, il n’y a pas besoin de beaucoup de mots, Mark Spragg avec beaucoup de simplicité fait passer beaucoup d’émotions. J’ai même eu envie de me tenir aux côtés de ses personnages.

J’ai tellement aimé cette lecture que j’ai été déçu de la terminer, j’avais envie de rester au ranch avec tout ces personnages attachants et authentiques. Un vrai petit coup de coeur pour ce roman.

Ma note : 10 / 10

Publicité

L’un des nôtres

Auteur : Larry Watson

Édition : Gallmeister

Genre : Contemporain

Titre : L’un des nôtres

Quatrième de couverture :

Dalton, Dakota du Nord, 1951. Après la mort tragique de leur fils, George et Margaret Blackledge doivent maintenant accepter d’être séparés de leur petit-fils adoré, Jimmy. Car leur belle-fille, Lorna, vient de se remarier à un certain Donnie Weboy et l’a suivi dans le Montana. Hostile à l’égard de Donnie qu’elle soupçonne de maltraiter la jeune femme et l’enfant, Margaret décide de se lancer à leur recherche pour ramener Jimmy coûte que coûte. George ne peut que plier devant la détermination de son épouse. En s’approchant peu à peu de leur but, les Blackledge découvrent le pouvoir du clan Weboy, qui semble empoisonner toute la région. Et la vérité éclate très vite : cette puissante famille, dirigée par une femme redoutable, ne lâchera jamais le garçon sans combattre.

Quelques mots sur l’auteur :

Larry Watson est né en 1947 à Rugby, dans le Dakota du Nord. Fils et petit-fils de shérif, il rompt la tradition familiale et se lance dans l’écriture. Auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles traduits en une dizaine de langues, il a été récompensé par de nombreux prix littéraires. Montana 1948 a, dès sa parution aux États-Unis en 1993, été reconnu comme un nouveau classique américain.

Aujourd’hui, Larry Watson vit et enseigne dans le Wisconsin

Ma chronique :

Tout d’abord, merci à Gallmeister pour l’envoi de ce roman. J’ai déjà lu Larry Watson, l’année dernière avec son premier roman, Montana 1948, un roman que j’avais bien aimé. J’étais vraiment curieux et enthousiasmé par celui-ci qui est sorti au début du mois. L’un des nôtres à été adapté au cinéma en 2020 avec Kévin Costner. Je l’ai lu dans le cadre du #challengegallmeister pour le thème « C’est la vie ».

J’étais donc curieux par ce roman, avoir comme protagonistes principaux des grands-parents, j’ai trouvé cela intéressant et pas commun. Je n’ai absolument pas été déçu. Margaret et George Blackledge sont exactement ce à quoi je m’attendais, ils représentent les piliers d’une famille, c’est les matriarches. En plus ils s’aiment énormément et n’ont pas besoin de mots pour se le dire. Ils s’agit de deux personnages que j’ai beaucoup aimé.

Larry Watson a ce talent de pouvoir faire passer plein de choses et d’émotions en très peu de mots. J’avais déjà eu ce ressenti avec Montana 1948 et de nouveau avec celui-ci. Il n’y a pas de longues descriptions, pas de longues phrases, mais les émotions passent, l’imaginaire se met en place et nous transporte dans le Dakota du Nord et dans le Montana.

J’ai beaucoup aimé cette histoire, cette sorte de rivalité familiale, de clan, de nom. Avoir deux grands-parents qui partent « au front » pour pouvoir récupérer leur petit fils, l’enfant de leur fils décédé brutalement. Ils vont affronter une famille menée à la baguette par une femme forte et impitoyable. Une scène m’a énormément marquée, celle pendant laquelle les Blackledge dinent chez les Weboy. Larry Watson a réussi à donner à ce passage une ambiance sombre et lourde, pleine de sous-entendus, j’ai adoré.

C’est donc un roman que je ne peux que vous conseiller, un page turner nous entrainant sur les routes du Dakota du Nord et du Montana. Jusqu’à où sont-ils prêts à aller pour leur famille, leur nom et par amour.

Ma note : 09/10

La lettre écarlate

Auteur : Nathaniel Hawthorne

Édition : Gallmeister

Genre : Classique

Titre : La lettre écarlate

Quatrième de couverture :

Sur la place publique de Boston, les honorables paroissiens estiment qu’il aurait fallu, au moins, marquer le front d’Hester Prynne au fer rouge. Au lieu de quoi, elle ne devra porter sur sa poitrine qu’une lettre écarlate, afin de rappeler à tous son crime odieux : l’adultère et le bébé qui en est né. Comble de scandale, la lettre qu’elle a brodée, exubérante, la pare comme un bijou. Dans la Nouvelle-Angleterre du XVIIe siècle, forgée par le puritanisme, la jeune femme est mise au ban de la société. Mais l’humiliation publique n’est qu’un aspect de la peine : la colère du mari trahi et la culpabilité qui ronge le père de l’enfant vont se révéler des poisons bien plus terribles.

Quelques mots sur l’auteur :

Nathaniel Hawthorne naît en 1804 à Salem, ville tristement célèbre pour ses procès en sorcellerie. Il est marqué dès l’enfance par la figure de l’un de ses ancêtres, un juge puritain particulièrement sévère du XVIIe siècle. La Lettre écarlate, qu’il publie à 46 ans, est un immense succès et lui permet de vivre de sa plume. Il décède en 1864.

Ma chronique :

Voilà un roman que je n’aurais certainement pas lu s’il ne serait sorti chez Gallmeister. Mais voilà, j’ai l’habitude d’y aller les yeux fermés avec cette maison d’éditions, et bien m’en a pris, ce fut une fois de plus une bonne lecture. Il s’agit d’un classique de la littérature américaine sorti au XiXème siècle que Gallmeister a décidé de rééditer dans une toute nouvelle traduction par François Happe.

Il y a au début de ce roman, une longue introduction dans laquelle l’auteur nous décrit le bureau des douanes de Salem, dans lequel il était inspecteur des douanes. C’est lors de cette expérience qu’il tombe par hasard sur un morceau d’étoffe représentant un A. Après quelques recherches, il écrit son roman, La lettre écarlate qui devient aussitôt un immense succès. Cette introduction, je l’ai trouvé géniale, l’auteur se moque gentiment de ses collègues et de son job, il y a beaucoup d’humour et d’auto-dérision. Il est noté en préambule justement que cette introduction avait été plus ou moins bien perçue lors de sa parution .

J’avoue que malgré la nouvelle traduction, j’ai trouvé ce roman un peu vieillot. Il est pourtant très intéressant, car c’est une époque que je connais très peu et tout ce qui touche aux débuts des États-Unis me passionne. L’auteur, je trouve, a tendance à partir vite dans de longues disgressions, alors cela peut alourdir la lecture.

Concernant l’histoire, elle est vraiment intéressante, je trouve qu’elle pose les bases du puritanisme aux États-Unis. La mince frontière entre la politique et la religion est vraiment bien mise en avant dans ce roman. Alors, j’ai eu beaucoup de peine pour le traitement réservé à Hester et à sa fille Pearl. Mais j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose de très anti-féministe, j’ai eu l’impression que l’auteur appuyait beaucoup plus sur l’impact du « péché » sur l’homme, qui entre nous soit dis n’a pas été puni, que sur la malheureuse Hester. Après, il y a l’époque qui veut ça, mais cela m’a marqué.

Un dernier mot dire que j’ai adoré le personnage de Pearl, l’enfant-elfe, elle apporte de la fraicheur et du dynamisme au roman. Voilà donc un classique que je suis content d’avoir découvert même s’il ne restera pas dans mes lectures marquantes de cette année.

Ma note : 07/10

Une journée pourrie au paradis des truites

Auteur : John Gierach

Édition : Gallmeister

Genre : Nature Writing

Titre : Une journée pourrie au paradis des truites

Quatrième de couverture :

La contemplation des rivières inspire à John Gierach bien plus qu’une belle description de paysages émaillée de secrets de pêche à la mouche. À sa manière sensible et personnelle, il donne vie aux moments et aux choses. Il capture l’essence d’expériences anodines avec l’esprit, le détachement et l’humour d’un sage oriental. Pour un pêcheur, l’oeuvre de Gierach est un pur régal. Pour un non-pêcheur, elle est une réflexion sur notre place dans le monde, qu’on se trouve en pleine nature sauvage ou bien installé dans son fauteuil.

Quelques mots sur l’auteur :

John Gierach est sans conteste le plus célèbre des “écrivains-pêcheurs” américains.

Il grandit dans le Middle West où il suit un cursus de philosophie, avant de s’installer dans l’Ouest américain et d’y découvrir la pêche à la mouche, qui deviendra la grande passion de sa vie.

Installé depuis plus de trente ans à Lyons, dans le Colorado, il est l’auteur d’une vingtaine de livres et collabore régulièrement à divers magazines de pêche et d’activités de plein air. Il tient également une chronique mensuelle dans le New York Times.

Ses textes mêlent les récits plein d’humour de ses aventures de pêche à des réflexions inspirantes sur les grandes questions universelles de l’existence humaine. En 1994, il a reçu le prix Roderick Haig-Brown, décerné par la Fédération Américaine des Pêcheurs à la mouche, qui récompense une œuvre littéraire incarnant la philosophie de la pêche à la mouche et faisant montre d’un profond respect pour les rivières et leurs habitants.

Ma chronique :

Cela faisait longtemps que les romans de John Gierach me faisaient de l’œil. Il s’agit d’un des auteurs marquant chez Gallmeister. Mais voilà, la pèche à la mouche ne m’attirait pas plus que cela, peur de m’ennuyer pendant mes lectures. Malgré cela, j’ai acheté il n’y a pas longtemps, Une journée pourrie au paradis des truites et j’ai décidé de le lire pour #lemoisaméricain organisé sur Instagram.

Et maintenant, me direz-vous ? Et bien, j’aurais pu, j’aurais acheté un billet pour les États-Unis et me serais envolé pour aller pécher dans les rivières décrites par John Gierach. Mais pourquoi n’ai-je pas lu cet auteur plus tôt ? Mais quelle erreur, cette lecture a tellement été rafraichissante. Il y a tellement d’humour et d’intelligence dans la plume de cet auteur. Je n’y connaissais absolument rien en pèche à la mouche, mais cela n’a en rien gêné ma lecture, j’ai eu l’impression de découvrir plein de choses, c’est génial.

John Gierach est en plus plein d’auto-dérision, c’est un régal. Il nous offre plusieurs moments de pèche et plusieurs réflexion sur ce sport et sur la nature qu’il l’entoure chaque jour. J’ai lu quelque part que lire Gierach, c’est comme partager le café du bivouac, et c’est exactement cela. L’impression de partager un moment au bord de la rivière, avec son pote, la canne à la main ou en train de boire un verre, à partager des souvenirs et à refaire le monde.

Mais attention, ne nous y trompons pas derrière l’humour et la bonhomie du pécheur, il y a l’écrivain qui à travers sa plume dresse un magnifique portrait de son Amérique des rivières et des lacs. Il y a l’écrivain qui subtilement inculque à ses lecteurs l’amour de la nature sauvage et du respect que tous nous devons avoir envers celle-ci. Et bien Monsieur Gierach, pour moi, le message est passé et j’espère bien un jour avoir la chance de profiter d’une partie de pèche à la mouche sur une des rivières que vous décrivez si bien.

Voilà donc un roman nécessaire, un roman sur la pèche et sur la nature. Un roman à partager.

Ma note : 10/10

Atmosphère

Autrice : Jenny Offill

Édition : Dalva

Genre : Contemporain

Titre : Atmosphère

Quatrième de couverture :

Quand on est bibliothécaire à Brooklyn, on voit défiler une foule franchement bigarrée. Et si, comme Lizzie on accepte de répondre au courrier d’une spécialiste de la crise climatique pour arrondir ses fins de mois, on finit par échanger avec tout ce que la terre compte d’illuminés. Il y a cette fille qui s’approvisionne en papier toilette à la bibliothèque, les stressés chroniques qui la pressent de questions sur le destin de l’humanité, son petit garçon lunaire, son frère ancien toxicomane et son mari philosophe converti à la programmation de jeux vidéos. Quadragénaire sensible et drôle, Lizzie laisse ses pensées voguer des uns aux autres, coincée entre fin du monde et sortie d’école.

Incontournable de la littérature américaine contemporaine, Atmosphère est une chronique fantasque de nos vies urbaines. Avec ce nouveau roman, Jenny Offill, maîtresse dans l’art de déceler l’absurde dans nos existences, saisit l’air du temps comme personne et interroge avec humour le sens des vies que nous menons.

Quelques mots sur l’autrice :

Jenny Offill est née en 1968 et a passé sa vie aux quatre coins des États-Unis. Après ses études, elle exerce une foule de petits boulots (serveuse, caissière, secrétaire médicale, etc.) avant de publier son premier livre en 2000. Elle est aujourd’hui l’autrice de trois romans salués par la critique et distingués par diverses reconnaissances littéraires et de plusieurs ouvrages pour la jeunesse. Jenny Offill est également professeure de littérature et éditrice free-lance.

Ma chronique :

Les éditions Dalva nous proposent comme troisième roman, Atmosphère de Jenny Offill, autrice américaine, et quelle belle idée, ce roman est comme annoncé sur la quatrième de couverture un incontournable pour les amoureux de l’Amérique.

Lizzie est bibliothécaire, a la quarantaine, une famille à porter sur ses épaules et est un peu philosophe. De plus, elle a accepté un second job et répond à des emails qui sont destinés à une spécialiste de la crise climatique. Du coup, elle nous offre ses disgressions sur la vie, elle nous fait vivre ses rencontres et nous dévoile les échanges mails auxquels elle répond. La forme est parfaite, même si au premier abord cela peut-être perturbant.

J’ai aimé le climat de ce roman, entre éco-anxiété, psychose sociale et peur de l’avenir. Nous sommes juste avant et juste après l’élection de Trump. C’est le moment où l’Amérique est assez divisée et où les peurs pour l’avenir surgissent. Alors entre des lecteurs un peu décalés, un frère complètement nocif et un mari juif et parano, cette mère de famille à de quoi bien cogiter.

Il y a plein d’humour dans ces pages, Jenny Offill par le biais de Lizzie nous fait partager une vie plutôt classique mais perturbée par ce qu’il se passe dans le monde et aux États-Unis, c’est extrêmement bien écrit et parfaitement dosé.

Une lecture qui amène à réfléchir tout en étant à la porté de tous. C’est le genre de livre qui aide à comprendre la société d’aujourd’hui. Il faut le lire et ne pas passer à côté.

Ma note : 10/10

Fay

Auteur : Larry Brown

Édition : Gallmeister

Genre : Contemporain

Titre : Fay

Quatrième de couverture :

À dix-sept ans à peine, Fay fuit une vie de misère. Elle s’élance sur les routes du Mississippi pour gagner la mer et un autre avenir. Elle n’a pas mis les pieds à l’école depuis longtemps, ignore beaucoup des règles de la vie en société et ne sait pas vraiment ce que les hommes attendent des femmes. Belle, lumineuse et parfois inconsciente, elle trace sa destinée au hasard de ses rencontres, s’abandonnant aussi facilement qu’elle prend la fuite. Mais cette femme-enfant, qui ne réalise qu’à demi l’emprise qu’elle exerce sur ceux qui croisent son chemin, laissera dans son sillage une traînée de cendres et de sang.

Quelques mots sur l’auteur :

Larry Brown est né en 1951 près d’Oxford, dans le Mississippi, où il a habité toute sa vie. Passionné par la pêche, la chasse et la lecture plus que par les études, il a exercé des métiers aussi divers que bûcheron, peintre en bâtiment ou droguiste, puis a été pompier pendant dix-sept ans avant de se consacrer uniquement à la littérature. Il est le seul écrivain à avoir reçu à deux reprises le prestigieux Southern Book Award for Fiction.

Il est décédé en novembre 2004.

Ma chronique :

Voilà un nouveau Totem de lu et un nouvel auteur de découvert. J’avais hâte de lire Larry Brown après en avoir entendu beaucoup de bien sur Bookstagram.

A la lecture du résumé, j’ai tout de suite su que ce roman allait me plaire. J’aime lire les histoires de filles / femmes qui partent de loin et qui vont essayer de s’en sortir le mieux possible dans la vie. Ici, c’est l’histoire de Fay, 17 ans, qui vient de quitter sa famille pour se protéger des agressions de son père et de l’attirance perverse qu’il peut avoir vis à vis d’elle. Elle est seule, avec très peu d’éducation, très peu d’argent mais elle est terriblement belle. Elle veut rejoindre la mer qui est selon elle, le bout du chemin, avec un travail et un logement à la clef. Mais bon, vous vous en doutez, rien ne va se passer comme elle le souhaite.

Fay va donc rencontrer sur sa route, des personnes mal intentionnées qui veulent abuser d’elle, mais également de bons samaritains. Le problème qui se pose, c’est que malgré toute la bonne volonté dont elle fait preuve, le malheur arrive toujours, comme une sorte de malédiction qui plane au dessus d’elle. Fay attire les hommes, elle a une sorte de pouvoir sur eux, sans s’en rendre bien compte, cette femme/enfant fait ressortir le pire et le meilleur chez chacun d’eux.

Voilà donc un très bon roman noir, sur cette Amérique qui me passionne tant, cette Amérique paumée, cette Amérique d’alcool, de drogue et de sexe. J’ai passé un excellent moment de lecture, malgré je dois l’avouer quelques longueurs parfois, mais c’est aussi ce qui donne cette espèce de noirceur à la lecture. Je découvre Larry Brown avec ce roman, et je découvre un grand auteur, j’ai plusieurs de ses romans dans ma PAL que je vais m’empresser de lire.

Ma note : 09/10

True Story

Autrice : Kate Reed Petty

Édition : Gallmeister

Genre : Contemporain

Titre : True Story

Quatrième de couverture :

Talentueuse mais solitaire, Alice Lovett prête sa plume pour écrire les histoires des autres. Pourtant elle reste hantée par la seule histoire qui lui échappe : sa propre vie. Une simple rumeur, lancée en ce lointain été 1999 par deux ados éméchés, a embrasé en un rien de temps toute la communauté. Que s’est-il réellement passé sur la banquette arrière de cette voiture alors qu’ils ramenaient Alice, endormie, chez elle ? Accusations, rejets, déni, faux-semblants… la réalité de chaque protagoniste vacille et reste marquée à tout jamais. Et quand le présent offre une chance de réparer le passé, comment la saisir ? Faut-il se venger ou pardonner ? Ou mieux vaut-il tout oublier ? Mais peut-on oublier ce qu’on n’a jamais vraiment su ?

 
Construit comme un piège machiavélique qui bouscule les certitudes, True Story explore la fluctuante tension entre fiction et réalité et la manière dont notre société diffuse et affronte la rumeur

Quelques mots sur l’autrice :

Kate Reed Petty est diplômée de l’université de St Andrews, en Écosse, et vit à Baltimore, Maryland. Elle a publié dans plusieurs magazines, et ses courts métrages ont été montrés au Maryland Film Festival. Elle est co-autrice de la bande dessinée pour enfants Chasma Knights.

Ma chronique :

True Story est le premier roman de Kate Reed Petty, il fait parti de la rentrée littéraire de Gallmeister, que je remercie beaucoup pour me l’avoir envoyé. Vous pourrez le retrouver en librairie dès le 19 août.

Dans quel état serions nous si l’on apprenait que l’on avait abusé de nous mais que l’on en gardait aucun souvenir, comme un grand trou noir ? Seuls les ragots sont là pour nous dire qu’il s’est passé quelque chose. C’est ce que va nous raconter Alice, personnage inventé par Kate Reed Petty.

Ce roman, je l’ai dévoré. De part son originalité dans sa construction et part la plume de l’autrice, tout est fait pour rendre notre lecture addictive. Les chapitres alternent entre le point de vue d’un homme qui est spectateur de ce qu’il s’est ou qui ne s’est pas passé, entre des morceaux de scénarii de films écrient par Alice et sa meilleure amie à l’adolescence, entre des mails envoyés par Alice et enfin entre le point de vue de cette dernière. C’est comme dit plus haut absolument original.

Il y a une sorte de tension qui monte tout au long de notre lecture, par moment on se demande même où veux nous emmener l’autrice, mais au final c’est comme les pièces d’un puzzle, Alice les rassemblent pour comprendre et nous lecteurs nous assistons à sa reconstruction jusqu’à un final que je n’ai pas vu venir, terriblement efficace.

Peut-être encore plus que l’histoire, c’est la construction de ce roman qui m’a plu. Mention spéciale au chapitre avec les lettres de candidature pour l’université, j’ai trouvé cela génial, c’est à ce moment là que l’on entre vraiment dans la tête de Alice. Psychologiquement j’ai trouvé cela grandiose.

Autre chose intéressante, c’est un peu la trame secondaire de l’histoire, cette Amérique où il faut toujours se battre et être les meilleurs, cette pression constante sur tous, notamment sur les jeunes.

Alors, ce n’est pas un coup de cœur, même si j’ai adoré. Encore un très bon roman que nous a déniché Gallmeister.

Ma note : 10 / 10

Une assemblée de chacals

Auteur : S. Craig Zahler

Édition : Gallmeister

Genre : Western

Titre : Une assemblée de chacals

Quatrième de couverture :

Après avoir tiré un trait sur leur jeunesse de braqueurs et d’assassins, les quatre membres du “Gang du grand boxeur” mènent désormais des existences rangées et paisibles. Jim a si bien réussi à refaire sa vie qu’il est sur le point d’épouser la sublime fille d’un shérif. Mais un fantôme du passé leur annonce qu’il va s’inviter à la cérémonie et profiter de la fête pour régler de vieux comptes. La mort dans l’âme, les anciens complices n’ont plus qu’à se donner rendez-vous au mariage, où il faudra vaincre ou mourir. Mais ce qui les attend dépasse de très loin tout ce qu’ils avaient pu imaginer.

Quelques mots sur l’auteur :

Né en Floride, S. Craig Zahler est désormais New-Yorkais. Il a travaillé de nombreuses années en tant que directeur de la photo et traiteur, tout en jouant dans un groupe de heavy metal et en créant des pièces de théâtre bizarres. Son premier roman, un western intitulé A Congregation of Jackals, a été nominé pour les prix Peacemaker et Spur.

Batteur et parolier, Zahler continue la musique et vient de sortir avec son groupe Realmbuilder son troisième album, du metal à la fois épique et lugubre. Il est actuellement lancé dans la postproduction du long-métrage qu’il réalise, Bone Tomahawk, un film à la frontière du western et de l’horreur, avec Kurt Russell, Patrick Wilson, Richard Jenkins, Matthew Fox, Lili Simmons, Fred Melamed et David Arquette.

Zahler apprend le kung-fu, et il est depuis toujours fan d’animation (dessin animé et image par image), de metal (tous genres confondus), de rock progressif, de soul, de littérature de genre (surtout le polar, l’horreur et la science-fiction pure et dure), de pulps, de vieux films, de chats obèses, et de robots asymétriques.

Ma chronique :

Merci beaucoup à Clotilde de chez Gallmeister pour l’envoi de ce roman et pour me permettre d’enfin découvrir cet auteur et son roman éponyme.

Des westerns chez Gallmeister, il n’y en a pas tant que cela, mais à chaque fois c’est du plaisir à l’état pur. Et là avec Zahler c’est vraiment du très très lourd. J’ai adoré. Le genre de roman que l’on ne peut lâcher, malgré la noirceur, le sang et le dégoût que l’on peut ressentir presque à chaque page. C’est le genre de roman très visuel, qu’on aimerait voir au cinéma.

Quand une vieille bande de criminels se retrouvent longtemps après s’être rangés, lors du mariage de l’un d’eux et qu’il s’agit d’une réunion forcée par l’un de leur ancien ennemi qui refait surface pour ce venger, cela donne une histoire passionnante, pleine de violence et de vengeance.

Le ton est donné dès le premier chapitre qui est juste à couper le souffle et qui nous met tout de suite dans l’ambiance. Ce qui est fort, et ce qui donne à la plume de S. Craig Zahler toute sa puissance, c’est la tension qui monte chapitre après chapitre. Dès le départ, nous savons quand est prévue la confrontation, mais malgré cela, tout comme les cowboys nous sommes sur le qui vive, tous les sens en alerte.

Et quand la confrontation arrive enfin, c’est parti, l’horreur absolue, il n’y a plus de limites, pour les amateurs du style comme moi, c’est jouissif (j’ai peut-être un problème ? Vous pensez qu’il faut que je consulte ?). A partir de là, le rythme change, tout s’emballe et comme les chevaux nous galopons pour découvrir la fin. Une fin qui est à la hauteur du reste. Magistrale.

Je ne connaissais pas Zahler, mais il rentre directement dans mon panthéon des auteurs Gallmeister, je vais continuer à découvrir ses romans et j’espère prendre autant de plaisir. Voilà donc un beau coup de cœur.

Ma note : 10/10

Sortis des bois

Auteur : Chris Offutt

Édition : Gallmeister

Genre : Nouvelles

Titre : Sortis des bois

Quatrième de couverture :

— C’est où, chez vous ?
— Kentucky.
— Quelle partie ?
— Celle que les gens quittent.
Le déracinement, la route, l’errance, comme une part de l’identité de l’Amérique profonde. Huit histoires de petites gens du Sud qui survivent de leur mieux, entre jobs précaires et bouteille, violence quotidienne et solitude, espoir et résignation. Le portrait saisissant d’un univers dont la rudesse exprime une sensibilité à fleur de peau, par l’auteur du magnifique Nuits Appalaches.

Quelques mots sur l’auteur :

Chris Offutt naît en 1958 et grandit dans le Kentucky, sur les contreforts des Appalaches, au sein d’une ancienne communauté minière. Il est issu d’une famille d’ouvriers. Une fois son diplôme en poche, il entreprend un voyage en stop à travers les États-Unis et exerce différents métiers pour vivre.

En 1992, il publie un premier recueil de nouvelles, Kentucky Straight, qui est encensé par Jim Harrison, James Salter et Larry Brown. Cet ouvrage est suivi en 1997 par Le Bon Frère, son premier roman. 

Pendant les vingt années suivantes, Chirs Offut délaisse la littérature pour le cinéma. Il travaille à Hollywood, où il est scénariste de plusieurs séries télévisées, parmi lesquelles True Blood et Weeds. Il revient au roman avec Nuits Appalaches. Il est également l’auteur de chroniques parues dans de nombreuses revues et journaux, dont le New York Times et Esquire.

Il vit aujourd’hui dans le Mississippi sur une vaste propriété isolée, et partage son temps entre l’enseignement, l’écriture et le jardinage.

Ma chronique :

Enfin, je découvre Chris Offutt, cet auteur américain dont j’entend tant parler. C’est donc à travers ce recueil de huit nouvelles sortis au mois de juin que j’ai fait connaissance avec sa plume. Je remercie d’ailleurs Gallmeister pour cet envoi.

Alors, j’aime bien de temps en temps lire des nouvelles, je trouve que c’est un exercice qui permet de découvrir le talents des auteurs(rices) qui s’y adonnent. En effet, réussir à faire passer des émotions, à faire voyager et à raconter une histoire en quelques pages ne doit pas être exercice aisé. En tout cas, avec Sortis des bois, Chris Offutt réussi à merveille à cocher tous les points.

De ce que j’ai pu en lire, Chris Offutt écrit et raconte le Kentucky et c’est bien le cas dans ces nouvelles. Il nous parle également de ses habitants, qui pour une raison ou une autre sont partis et revenus ou tout simplement partis pour de bon. En fait, il nous parle du déracinement, des liens qui peuvent nous unir à la terre de notre naissance. Dans notre culture européenne, ce n’est pas quelque chose de marquée, mais aux États-Unis – surtout dans les états centraux, dans l’Amérique profonde – c’est une notion très forte. Les racines et l’attachement à la terre. C’est ce qui transpire des huit nouvelles de ce recueil. Cela, mais également le fait que une fois que vous êtes partis, vous devenez presque un intrus quand vous revenez sur les terres qui pourtant vous on vu naître. C’est magnifiquement bien écrit par Chris Offutt.

Après, on va aussi y retrouver tout ce que j’aime dans cette littérature, des âmes blessées, en perdition, qui cherchent un sens à leurs existences. C’est de la littérature noire, avec son lot de violence, d’alcool et bien entendu d’armes. Chris Offutt, raconte l’Amérique des laissés pour compte, l’Amérique des terriens, des hommes des champs, des bois et des plaines.

Chose intéressante à souligner selon moi, et ce n’est pas forcément le cas dans tous les recueils de nouvelles que j’ai eu l’occasion de lire, il n’y a pas de textes qui va prendre l’ascendant sur un autre, ou inversement. Ils sont tous égaux de mon point de vue. Il n’y en a aucun que je n’ai pas aimé.

Me voilà donc ultra satisfait de cette lecture rapide. J’ai maintenant très envie de lire les romans de Chris Offutt, à commencer certainement par Nuits Appalaches.

Ma note : 10/10

ÉVASION

Auteur : Benjamin Whitmer

Editions : Gallmeister

Genre : Roman noir

Titre Évasion

Quatrième de couverture :

1968. Le soir du Réveillon, douze détenus s’évadent de la prison d’Old Lonesome, autour de laquelle vit toute une petite ville du Colorado encerclée par les montagnes Rocheuses. L’évènement secoue ses habitants, et une véritable machine de guerre se met en branle afin de ramener les prisonniers… morts ou vifs. À leurs trousses, se lancent les gardes de la prison et un traqueur hors pair, les journalistes locaux soucieux d’en tirer une bonne histoire, mais aussi une trafiquante d’herbe décidée à retrouver son cousin avant les flics… De leur côté, les évadés, séparés, suivent des pistes différentes en pleine nuit et sous un blizzard impitoyable. Très vite, une onde de violence incontrôlable se propage sur leur chemin.

L’auteur en quelques mots :

Benjamin Whitmer est né en 1972. Il a publié des récits dans divers magazines et anthologies avant que ne soit publié son premier roman, « Pike », en 2010.

En 2015, il sort « Cry father », puis, en 2018, « Évasion » et enfin
« Les dynamiteurs » en 2020.

Ses romans, tous traduits par Jacques Mailhos, ont la particularité d’avoir été publiés en France mais pas aux États-Unis.
Il vit aujourd’hui avec sa famille dans le Colorado.

Ma chronique:

Le soir du Nouvel An 1968, 12 détenus décident de s’évader de la prison d’Old Lonesome dans le Colorado. Certains ont pour but de retrouver leur vie d’avant leur incarcération, d’autres ont pour seul but de profiter de cette nouvelle liberté volée.

De ce fait, Old Lonesome dégénère en terrain de chasse grandeur nature, où chacun à sa manière veut attraper ces taulards qui ne méritent pas d’être libres.

A partir de là, les prisonniers avancent droit devant, sans retour en arrière possible sous peine de signer leur arrêt de mort.

Les points de vue narratifs se succèdent, et nous découvrons l’histoire à travers les yeux des différents personnages, qui à mon goût étaient un peu trop nombreux; je m’y suis un peu perdue parfois, surtout avec leurs noms de voyous.

L’auteur nous emmène à travers une course poursuite infernale, rythmée, glaciale, et ne nous laisse aucun répit. Avez-vous déjà eu cette impression de retenir votre souffle pendant votre lecture? C’est exactement ce que j’ai ressenti tout au long de l’histoire. Plus je tournais les pages, plus l’horreur s’amplifiait, et j’assistais à une véritable chevauchée dans l’horreur, avec des passages à tabac d’une violence extrême.

Benjamin Whitmer nous livre un récit avec un langage cru, du terroir comme on dit, le tout dans une ambiance glauque, étouffante et glaciale. La violence est reine pendant ces presque 400 pages de roman, et l’auteur à l’art et la manière de la décrire.. un petit exemple pour les accro comme moi 😉
« Elle balance le plateau et projette les deux bols vers le visage d’Howard. Puis d’un geste vif, elle sort un marteau de la poche de son tablier et arme un joli swing qui s’achève sur le crâne d’Howard, enfoncé comme une cloison de plâtre.
Du sang jaillit du nouveau cratère qu’Howard a dans la tête et il essaie de lever sa garde pour empêcher Alice de le frapper de nouveau. N’y parvient pas. Au second coup le marteau se coince dans le crâne et Alice doit le secouer pour le dégager. »

J’ai énormément apprécié ce roman plus que noir qui m’a plus d’une fois glacé le sang. J’ai découvert Benjamin Whitmer et j’avoue que sa plume brute, précise, tranchante et précise est digne des romans les plus noirs ! Il nous livre là l’Amérique dans toute sa violence, dans toute sa noirceur.

Ma note:

9/10