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Les étoiles, la neige, le feu

Auteur : John Haines

Édition : Gallmeister

Genre : Nature Writing

Titre : Les étoiles, La neige, Le feu

Quatrième de couverture :

Pendant vingt-cinq ans, John Haines a vécu dans une cabane isolée au cœur des étendues vierges de l’Alaska, menant une existence rude et solitaire de pionnier moderne. Couper du bois, tracer une piste, piéger une marte, dépecer un élan, faire ses réserves de saumon : une vie simple, aventureuse et libre, au rythme d’une nature sauvage envoûtante. Avec sérénité, il transforme son expérience intime en un récit initiatique et intemporel, où le moindre événement trouve sa résonance en chacun de nous.

Quelques mots sur l’auteur :

John Haines est né le 29 juin 1924 en Virginie. Après avoir étudié l’art et la peinture, il fait l’acquisition – alors qu’il n’a que vingt-trois ans – d’une propriété de cent soixante acres située à côté de Fairbanks, en Alaska. Il y installe son atelier et se consacre à la peinture. Mais quand la température fait geler ses peintures, Haines décide alors de se tourner vers l’écriture. Il enseigne ensuite dans de nombreuses institutions américaines et passe le reste de sa vie en Ohio, avant de retourner en Alaska. Il y meurt le 2 mars 2011.

Il est l’auteur d’une quinzaine de recueils de poésie, d’essais et de récits, et fait partie des poètes américains les plus considérés. Son œuvre importante a reçu de nombreux prix, dont ceux de la fondation Guggenheim et de l’Académie des arts et lettres. Son expérience de trappeur, vivant de chasse en solitaire au cœur de l’Alaska, a profondément influencé ses travaux littéraires.

Ma chronique :

Les étoiles, La neige, Le feu quel beau titre pour ce magnifique roman de Nature Writing. Ce roman a initialement été publié sous le titre « Vingt-cinq ans de solitude », il fait parti des trois premiers titres parus chez Gallmeister, c’était en 2006 et il était accompagné du roman d’Edward Abbey, Le gang de la clef à molette et du Petit traité de philosophie naturelle de Kathleen Dean Moore.

Dans cette période compliquée pour moi, j’avais besoin de Gallmeister et d’un roman qui me permettait de me plonger dans les grands espaces américain. J’avais besoin d’un roman pour m’évader et prendre l’air et c’est exactement ce que m’a permis de faire ce livre de John Haines.

Envoutant c’est un des adjectif que l’on peut donner à se roman. Il y a vraiment quelque chose d’envoutant, d’enchanteur voir de féérique dans les morceaux de l’histoire de cet homme. Comme il le précise en préambule, il a écrit ces lignes bien longtemps après avoir passé ces vingt-cinq années dans le Grand Nord, en Alaska. Et en le lisant, j’ai vraiment eu cette impression de hauteur, comme s’il portait un regard très haut sur ce qu’il a vécu toutes ces années, un regard humble, le regard d’un homme ivre des sensations éprouvées et de cette nature enchanteresse, brute et somme toute magnifique.

Ce roman, est construit sous forme de nouvelles, de morceaux de vie, d’histoires racontées par des hommes du Nord que nous retransmet John Haines, de légendes parfois même et d’introspective sur l’humanité et sa place dans cette nature et dans ce monde. J’ai vraiment apprécié ce qu’il y avait à lire entre les lignes de ce roman. Plusieurs passages m’ont touchés et énormément plus, ceux de l’ours et des chauves-souris par exemple.

Ce n’est donc pas tout à fait un roman, ce n’est pas non plus tout à fait des légendes, pas tout à fait non plus une véritable autobiographie, je dirais que c’est un peu de tout cela et c’est ce qui est merveilleux dans ce livre. Un grand merci à John Haines de nous avoir partagé cela et à Gallmeister de nous permettre de le lire.

Ma note : 09 / 10

# 176 – Le mardi sur son 31

Bonjour les amis,

On se retrouve comme chaque mardi pour partager avec vous un extrait de ma lecture en cours. Me voilà replonger dans un Totem de chez Gallmeister, l’un des derniers sortis, Les étoiles, La neige, Le feu de John Haines, un très bon Nature Writing qui me fait voyager en Alaska.

J’ai découvert un petit rendez-vous bien sympathique sur le blog Les bavardages de Sophie que je vais reprendre sur mon blog.

Le principe est simple, il suffit de proposer chaque mardi, une citation tirée de la page 31 de sa lecture en cours.

Parcourues de jour en jour, de saison en saison, ces pistes finirent par constituer à leur façon une partie de ma concession, une extension de mon territoire. Tout comme je m’attendais à voir tomber les feuilles en automne, je guettais ces lieux incontournables où faire une pause pendant le trajet, où contempler les collines, où traquer un élan. Clairières de prédilection, branches jetées à terre par le vent, fourrés où cueillir myrtilles et airelles. Tout ce qu’on trouvait le long des pistes avait son utilité : un bout de bois sec pour démarrer le feu, un bouleau mort pour l’écorce qui le maintenait droit, un tas de feuilles sèches sous les trembles où récolter des champignons à la fin de l’été. En un rien de temps, les pistes acquirent chacune leur légende, faite de prises passées et d’autres évènements mémorables : ici, un ours s’était arrêté pour manger au début de l’été ; là, à l’automne dernier, un élan mâle avait coupé les branches d’un jeune épicéa en y frottant ses bois.

Sukkwan Island

sukkwan island

Auteur: David Vann

Editions: Gallmeister

Genre: Roman noir

Titre: Sukkwan Island

Quatrième de couverture:

Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.

L’auteur, en quelques mots:

David Vann est né en 1966 sur l’île Adak, en Alaska, et y a passé une partie de son enfance avant de s’installer en Californie avec sa mère et sa sœur. Il a travaillé à l’écriture d’un premier roman pendant dix ans avant de rédiger en dix-sept jours, lors d’un voyage en mer, le livre qui deviendra Sukkwan Island. Pendant douze ans, il cherche sans succès à se faire publier aux États-Unis : aucun agent n’accepte de soumettre le manuscrit, jugé trop noir, à un éditeur. Ses difficultés à faire publier son livre le conduisent vers la mer : il gagnera sa vie en naviguant pendant plusieurs années dans les Caraïbes et en Méditerranée.
Après avoir traversé les États-Unis en char à voile et parcouru plus de 40 000 milles sur les océans, il échoue lors de sa tentative de tour du monde en solitaire sur un trimaran qu’il a dessiné et construit lui-même. En 2005, il publie A mile down, récit de son propre naufrage dans les Caraïbes lors de son voyage de noces quelques années plus tôt. Ce livre fait partie de la liste des best-sellers du Washington Post et du Los Angeles Times. Ce premier succès lui permet de gagner partiellement sa vie grâce à sa plume et il commence à enseigner. David Vann propose alors Sukkwan Island à un concours de nouvelles qu’il remporte et, en guise de prix, voit son livre publié en 2008 aux Presses de l’Université du Massachusetts. L’ouvrage est tiré à 800 exemplaires puis réimprimé à la suite de la parution d’une excellente critique dans le New York Times. Au total, ce sont pourtant moins de 3 000 exemplaires de cette édition qui seront distribués sur le marché américain.
Publié en France en janvier 2010, Sukkwan Island remporte immédiatement un immense succès. Il remporte le prix Médicis étranger et s’est vendu à plus de 300 000 exemplaires. Porté par son succès français, David Vann est aujourd’hui traduit en dix-huit langues dans plus de soixante pays. Une adaptation cinématographique par une société de production française est en cours.

Ma chronique:

Sukkwan Island est le premier livre écrit par David Vann, et le premier que je lis de cet auteur, qui m’a été vivement conseillé par notre ami Anthony.

J’ai bien entendu suivi son conseil les yeux fermés …. parce que j’étais loin d’imaginer ce qui m’attendait, sinon, j’aurai peut-être pris le temps de la réflexion !!

Ce fut une lecture difficile, dans le sens où je ne suis pas habituée à ce genre d’écriture, sans retrait à la ligne et sans ouverture de guillemets pour les dialogues et les prises de paroles des personnages. J’étais déstabilisée au début, mais je me suis très vite adaptée.

Ce fut une lecture difficile, dans le sens où de la première à la dernière page, c’est l’absence de sentiment qui a dominé ma lecture. Je m’explique ….

Je suis entrée dans la vie de Jim, le papa, et de Roy, le fils de 13 ans. Jim a décidé de changer de vie après une succession d’échecs personnels, il voit là une occasion de repartir de zéro, avec son fils qu’il ne connaît pas tant que ça. Jusque là, rien à signaler. Bien que l’idée de cette île sauvage de Sukkwan Island, isolée quelque part en Alaska, et accessible uniquement par bateau ou par hydravion me paraît non pas saugrenue, mais plutôt étrange, radicale même peut-être…. Les jours passent, le drame arrive…. et plus rien ne va !!

L’auteur me malmène, purement et simplement. Mon coeur s’emballe, j’ai l’estomac au bord des lèvres et les larmes au bord des yeux. Je suis en colère après Jim, égoïste né, je le déteste, et puis non, je le plains, je suis triste pour lui, puis à nouveau je le hais…

« David Vann est un monstre avec ses lecteurs » m’a simplement dit Anthony; oui, c’est ça. David Vann nous montre toute la noirceure de la nature humaine sans débat, sans émotions, ni sentiments. C’est sordide, et ça en est devenu, pour moi en tout cas, inhumain.

J’ai refermé le livre, mes mains tremblaient. J’ai voulu commencer une nouvelle lecture, je n’ai pas pu; je suis hantée par cette histoire sordide et dénuée de sentiment.

Et paradoxalement, David Vann met en lumière un autre personnage principal dans ce roman: la nature. Noire, glaciale, sauvage, dense, effrayante, mais tellement présente tout au long de ma lecture ! Il en parle tellement bien que je me suis plusieurs fois imaginée ou vue dans cette nature, avec Jim et Roy, voire même parfois carrément à leur place !

Sukkwan Island, j’ai adoré ! Ça retourne croyez-moi, alors âmes sensibles, s’abstenir !

Ma note:

9/10

 
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