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Une histoire des loups

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Auteure : Emily Fridlund

Editions : Gallmeister

Genre : Contemporain

Titre : Une histoire des loups

Quatrième de couverture :

Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne. Bientôt alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas. L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

L’auteure, en quelques mots :

Emily Fridlund a grandi dans le Minnesota, et vit dans la région des Finger Lakes dans l’État de New York.

Titulaire d’un doctorat en littérature de l’Université de Californie, professeur à Cornell, elle a remporté plusieurs prix pour ses écrits publiés dans diverses revues et journaux.

« Une histoire des loups » est son premier roman.

Ma chronique :

C’est vivement encouragée et conseillée par mon ami Anthony que je me suis lancée dans la lecture de ce premier roman d’Emily Fridlund.

J’ai débuté ma lecture, lu les premières pages, avide d’avancer et de comprendre ce qui clochait…
En toute franchise, quand j’ai eu terminé ma lecture, j’ai dit à Anthony que je n’avait pas accroché du tout avec l’histoitre et la construction qu’en a faite l’auteure. J’étais déçue, je n’y avait rien trouvé d’extraordinaire. J’avais trouvé ça lent, confus, fouillis…
J’ai en revanche été littéralement séduite par la description que fait l’auteure de la nature toute au lond de l’histoire. C’est tout simplement beau, sauvage et envoûtant.

Et puis j’avais malgré tout cette impression d’être passée à côté de quelque chose qui ne me quittait pas….

Alors j’ai décidé de me laisser du temps pour écrire ma chronique… et j’ai bien fait !
J’avais besoin de digérer tout ça, de faire mûrir ce que je n’avais fait qu’apercevoir au fil de ma lecture. J’ai  bien fait, mais je suis aujourd’hui contrariée de ne pas avoir apprécié ce roman à sa juste valeur.

J’ai donc fait la connaissance de Madeline /Linda, qui nous raconte une année de sa vie particulièrement éprouvante pour elle. Madeline, dont les parents sont très peu présents pour elle, est une jeune ado très solitaire, qui sait couper du bois, vider des poissons, s’occuper de ses chiens. Elle est débrouillarde, et préfère glisser sur l’eau dans son canoë plutôt que d’être à l’école.

Alors quand à travers ses jumelles elle voit s’installer une nouvelle famille de l’autre côté du lac, cela attise sa curiosité ; elle veut voir ! Et elle verra de près, de trop près même… Elle va entrer dans la vie de cette famille qui l’y aura invitée, et deviendra donc la baby-sitter du petit Paul, 4 ans.

Et c’est maintenant que débute l’histoire.
C’est maintenant qu’un trouble quasi obsessionnel s’installe dans notre esprit. On sent que quelque chose ne va pas, qu’un drame se profile dans le cours de leur histoire.
Mais quel drame ? Il va falloir être très patient, car l’auteure n’est pas décidée à tout nous dire comme ça, en quelques phrases.

Bien au contraire, Emily Fridlund va prendre tout son temps dans son écriture et dans la construction de son histoire avant de mettre fin au trouble !

Comme je vous l’ai dit un peu plus haut, quand j’ai refermé ce livre, je n’avais pas été séduite. Et dans ces cas là, je préfère attendre un peu avant de partager mes impressions de lecture, et je me permets même une deuxième lecture à ma manière.
Pour avoir échangé avec Anthony, je pense comme lui que certains livres doivent être lus en une seule fois; et c’est le cas d’Une histoire des loups.

Aujourd’hui, je peux vous assurer qu’en écrivant cette chronique, j’ai envie de le lire une deuxième, mais sans interruption cette fois !

Ma note :

7/10

Leurs enfants après eux

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Auteur : Nicolas Mathieu

Genre : Contemporain

Édition : Actes Sud

Titre : Leurs enfants après eux

Quatrième de couverture :

Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l’Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour mer l’ennui, il décide de voler un canoë et d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence. Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence, le récit politique d’une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l’entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d’Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage.

Quelques mots sur l’auteur :

Nicolas Mathieu est né à Épinal en 1978. Après des études d’histoire et de cinéma, il s’installe à Paris, où il exerce toutes sortes d’activités instructives et presque toujours mal payées. En 2014, il publie Aux animaux la guerre (Actes Sud, « Actes noirs »), adapté pour la télévision par Alain Tasma. Aujourd’hui, il vit à Nancy et partage son temps entre l’écriture et le salariat.

Ma chronique :

Je peux enfin le dire, j’ai lu un Goncourt … Et oui, c’est la première fois que je li un roman ayant obtenu ce fameux prix littéraire. Je dois avouer pour ma défense que je ne suis rarement enthousiasmé par les lauréats. Mais pour cette dernière année, le résumé du roman m’a intrigué, je l’ai donc acheté et voilà, maintenant il est lu.

Avec ce roman, je suis sorti un peu de ma zone de confort livresque, même si je li un peu de tout, j’ai tout de même l’habitude de lire de la fantasy et surtout des romans Nord-Américains. Alors oui dans ces derniers, il est question de la vie, des conditions des américains à différentes époques et dans différents états, mais je n’avais jamais osé lire un roman sur la France. Nicolas Mathieu nous offre avec son roman les histoires de plusieurs adolescents et leurs parents entre les années 1992 et 1998. Les ados ont quatorze ans au début du roman, alors même si j’ai vécu moi aussi ces années j’étais un peu plus jeune, en 92, je n’avais que 6 ans, donc je suis d’une autre génération, même si mon adolescence a certain point en commun avec celles racontées dans ce roman.

Le gros point fort de ce roman, est le réalisme social de la France, mais surtout d’une région, le Nord, avec la désindustrialisation, la fermeture des derniers hauts fourneaux, mais également la lutte des classes, la montée des extrêmes et du racisme. Je me suis attaché à ces adolescents complètement désoeuvrés qui ont tous la même volonté, ne pas ressembler à leurs parents et avoir la même vie qu’ils jugent triste et sans intérêts. Mais pour cela, il vont s’heurter au réalisme des classes sociales.

Ce roman peut-être assez déprimant je dois dire, je n’en suis pas ressorti avec une joie immense, mais ce qui donne cette impression, c’est que cela est vrai et que si l’on discute avec des quarantenaires, je suis quasiment convaincu que l’on trouvera des points communs entre leurs histoires et celle comptée ici.

J’ai également beaucoup aimé toutes les références aux années 90, que ce soit par les groupes de musiques et les titres de chansons, mais aussi par les émissions télé, et diverses choses qui forcément nous rappelle à tous quelque chose. Sans oublié la coupe du monde 98, cela m’a replongé dans de bons souvenirs.

Alors voilà, ce livre se déroule sur quatre étés, nous y croisons la route de quelques adolescents, nous apprenons leurs conneries, la haine qu’ils ont des adultes, leurs rêves de fuite et le dur retour à la réalité. Alors il y en a quelques uns qui vont parvenir à dépasser tous ces clivages et cette ambiance nocive mais d’autres qui seront condamnés à vivre la même vie que leurs parents et « leurs enfants après eux » …

Ce n’est pas vraiment un coup de coeur, mais c’est un roman qui je pense va rester gravé en moi.

Ma note : 08 / 10