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Mon désir le plus ardent

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Auteur : Pete Fromm

Genre : Contemporain

Édition : Gallmeister

Titre : Mon désir le plus ardent

Quatrième de couverture :

Maddy s’était juré de ne jamais sortir avec un garçon du même âge qu’elle, encore moins avec un guide de rivière. Mais voilà Dalt, et il est parfait. À vingt ans, Maddy et Dalt s’embarquent dans une histoire d’amour qui durera toute leur vie. Mariés sur les berges de la Buffalo Fork, dans le Wyoming, devenus tous deux guides de pêche, ils vivent leur passion à cent à l’heure et fondent leur entreprise de rafting dans l’Oregon. Mais lorsque Maddy, frappée de vertiges, apprend qu’elle est enceinte et se voit en même temps diagnostiquer une sclérose en plaques, le couple se rend compte que l’aventure ne fait que commencer.
Mon désir le plus ardent est le portrait d’un couple ancré dans le temps présent qui affronte avec courage et humour les épreuves de la vie. Avec sa voix pleine d’énergie, tout à la fois drôle et romantique, Pete Fromm nous offre une histoire d’amour inoubliable.

Quelques mots sur l’auteur :

Pete Fromm est né en 1958 dans le Wisconsin et a d’abord été ranger avant de se consacrer à l’écriture. Il a publié plusieurs romans et recueils de nouvelles qui ont remporté de nombreux prix et ont été vivement salués par la critique. Son livre Indian Creek a rencontré un grand succès aux États-Unis avant d’être traduit en français en 2006. Il vit avec sa famille à Missoula, dans le Montana.

Ma chronique :

Première lecture de l’année 2019 et premier coup de coeur. Je ne suis pas trop surpris en même temps, je n’ai entendu que de très belles choses sur ce roman, en plus il s’agit de Pete Fromm, dont j’ai déjà lu Lucy in the sky , lui aussi un coup de coeur. Après il s’agit d’un roman édité par Gallmeister, il est quand même rare que je finisse déçu par un de leurs romans.

Ma première rencontre avec ce roman fut grâce à un petit livre que j’ai eu en cadeau lors du passage de Thibault de chez Gallmeister à la librairie Au Temps des livres de Sully Sur Loire, Textes inédits & entretiens croisés , dans lequel se trouve la nouvelle, Remous, qui fut à l’origine de Mon désir le plus ardent. En effet, c’est l’écriture de cette nouvelle qui a donné envie à Pete Fromm d’aller plus loin dans l’histoire de Maddy et de Dalt.

Mon désir le plus ardent, est je peux le dire, la plus merveilleuse, la plus douce et la plus belle histoire d’amour qu’il m’a été donné de lire. Les mots sont justes, les émotions transpirent entre les pages de ce roman. Pete Fromm parle ici d’une histoire d’amour avec un grand A. C’est touchant mais ce n’est pas cul cul. J’ai adoré les conversations entre ces deux jeunes flirtant, puis ces deux amoureux et enfin ces deux époux et parents.

Ce roman parle avant tout d’une terrible maladie, la sclérose en plaques, ou comme dit Maddy la SP ou la putain de sclérose en putain de plaques. Le fil conducteur est donc très sérieux et pas forcément très gai, mais grâce à la plume de Pete Fromm, cela ne tombe pas dans le cliché ou le larmoyant. Le sujet est traité avec respect et parfois même humour. Je dois avouer qu’à la base c’est à cause de ce thème que je me suis pas jeté dès sa sortie sur ce roman, je ne suis pas fan de livre traitant de maladie, j’ai toujours peur que cela devienne un peu trop médical et documentaire. Pour le coup ce ne fut pas le cas ici. J’en ai appris beaucoup sur les symptômes de cette maladie auto-immune.

J’ai beaucoup aimé la construction de ce roman, chaque chapitre est un peu comme une nouvelle, ils peuvent chacun se suffire à eux mêmes, comme l’a fait Remous en son temps mais qui fait désormais parti d’un ensemble plus grand car c’est devenu un chapitre de ce roman. Le vrai plus est la narration à la première personne par Maddy, cela donne encore plus de prise à ce livre ce qui m’a submergé d’émotions.

Comme dit plus haut, c’est donc un roman traitant d’une maladie mais également une très belle histoire d’amour, à cela nous pouvons rajouter une magnifique leçon de vie. Je ressors de cette lecture complètement remué et chamboulé, je dois même avouer que j’ai versé ma petite larme en refermant ce roman que je ne peux que vous conseiller tellement c’est un énorme coup de coeur. Il restera très longtemps dans ma tête et dans mes pensées.

Ma note : 10 / 10

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Les sorties de janvier chez Gallmeister

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Bonjour à tous,

Cette année, j’ai décidé une fois par mois de vous présenter les nouvelles sorties chez mon partenaire Gallmeister, On commence donc avec celle du mois de janvier qui ont eu lieu le jeudi 03.

Collection Americana

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handsome harry

Dans la bande de John Dillinger, il y a Red, Charley, Russell et moi, “Handsome Harry” Pierpont. S’il y avait eu un chef, ça aurait été moi, même John le dit. Mais John aime avoir sa photo dans les journaux et faire le malin devant les dames, alors on ne se souvient que de lui. Il est le plus cool d’entre nous, je vous le garantis, sur un boulot comme sous les balles. Nous prenons l’argent là où il se trouve : dans les banques. Les journaux disent que nous sommes dangereux, l’Ennemi public n°1 : n’exagérons rien. On ne veut de mal à personne, on aime juste les belles voitures, les jolies filles et les fêtes entre copains. On sait bien que ça ne va pas durer, que les flics nous attraperont un jour ou l’autre. En attendant, on profite de la vie.S’inspirant de l’histoire bien réelle du Gang Dillinger, James Carlos Blake réinvente avec brio la cavale de ces braqueurs de légende, héros hauts en couleur de l’Amérique des années folles.

Handsome Harry de James Carlos Blake, traduction d’Emmanuel Pailler

après maida

“Quelque chose de certain a été perdu”. Ce sont les seuls mots qui viennent à Gene pour parler de sa femme Maida après sa disparition. Quoi de plus insaisissable que le souvenir d’une personne aimée ? Gene se remémore leur rencontre, leur mariage, les étés joyeux près du lac, avec leurs amis de toujours Ed et Gayle, dans des maisons traversées de rires et d’enfants. Sur les photos, Maida est toujours radieuse. Mais étaient-ils vraiment heureux ? Quel est ce lien qui les a unis pendant près de cinquante ans de mariage ? Étonnamment, c’est parce qu’il se tourne vers le passé que surgit pour Gene une possibilité de renouveau. Mais, pour réapprendre à vivre, il lui faudra changer de regard sur ses proches et savoir saisir sa chance. Après Maida interroge avec tendresse notre rapport à ceux que nous chérissons. Le style juste et délicat de Katharine Dion nous permet d’entendre les battements du coeur humain mis à nu.

Après Maida de Katharine Dion, traduction de Juliane Nivelt

Collection Totem

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une histoire des loups

Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne. Bientôt, alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas. L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Une histoire des loups de Emily Fridlund, traduction de Juliane Nivelt

Lien de ma chronique ici

sans lendemain

Billie Dixon sillonne les coins les plus reculés du Midwest des années 1940, où elle tente de vendre des films de seconde zone aux salles de cinéma locales. Il faut bien vivre. Jusqu’à ce que dans un bled paumé de l’Arkansas, un prédicateur fanatique s’en prenne à elle, bien décidé à bouter hors de la ville tout ce qui ressemble à du cinéma. Billie aimerait le convaincre de changer d’avis, mais les choses se compliquent lorsqu’elle commence à se sentir attirée par Amberly, l’épouse du pasteur. Un désir qui va la conduire à s’emmêler dans un filet de mensonges et de supercheries, jusqu’à l’inévitable point de non-retour.

Sans lendemain de Jake Hinkson, traduction de Sophie Aslanides

hot spot

Madox, un vagabond pas vraiment recommandable, arrive dans une petite ville paumée du Texas où il se trouve un emploi de vendeur de voitures. Mais pourquoi s’échiner ainsi, alors que la banque locale paraît si vulnérable ? Comme si de telles idées ne suffisaient pas à risquer de lui attirer des ennuis, Madox se sent vite tiraillé entre deux femmes dont l’une est merveilleusement innocente et l’autre dangereusement torride. Très vite, les nuages s’accumulent au-dessus de lui. Une des réussites les plus jubilatoires de Charles Williams, grand spécialiste des atmosphères sudistes, des machinations qui tournent mal et des femmes fatales.

Hot Spot de Charles Williams, traduction de Laura Derajinski

Que de belles sorties pour ce premier mois de l’année, et les couvertures Totem sont toujours aussi sublimes. En avez-vous lus ? Comptez-vous les lires ?

Belle journée à tous !

Textes inédits & entretien croisé – Les grandes fêtes

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Auteurs : Pete Fromm & David Vann

Édition : Gallmeister

Genre : Nouvelle

Titre : Textes inédits & entretien croisé

Quatrième de couverture :

La nouvelle remous est à l’origine du dernier roman de Pete Fromm, Mon désir le plus ardent, paru le 5 avril 2018 aux Editions Gallmeister.
Le texte inédit est tiré du prochain roman de David Vann, Un flétan sur la Lune, à paraître en octobre 2018, aux Editions Gallmeister.

Quelques mots sur les auteurs :

Pete Fromm est né en 1958 dans le Wisconsin et a d’abord été ranger avant de se consacrer à l’écriture. Il a publié plusieurs romans et recueils de nouvelles qui ont remporté de nombreux prix et ont été vivement salués par la critique. Son livre Indian Creek a rencontré un grand succès aux États-Unis avant d’être traduit en français en 2006. Il vit avec sa famille à Missoula, dans le Montana.

David Vann est né en 1966 sur l’île d’Adak, en Alaska, où il a passé une partie de son enfance avant de s’installer en Californie. Son premier roman Sukkwan Island, publié en France en 2010, a remporté un immense succès et a été couronné par le prix Médicis étranger. Il est aujourd’hui traduit en quinze langues dans plus de cinquante pays. Goat Mountain est son quatrième roman.

Ma chronique :

Je tiens à remercier Thibault des Éditions Gallmeister ainsi que la librairie Au Temps des Livres de Sully Sur Loire pour m’avoir offert ce petit texte.

Le premier texte de ce tout petit bouquin est la nouvelle Remous qui est à l’origine du roman de Pete Fromm, Mon désir le plus ardent, roman que je n’ai malheureusement pas encore lu mais qui sera ma prochaine lecture. Franchement ce petit texte est vraiment top et m’a carrément donné envie de me lancer dans le roman.

Le second texte est tiré du prochain roman de David Vann qui sort au mois de février chez Gallmeister, Un poisson sur la lune. Bon, c’est encore du très bon David Vann, avec sa plume tellement reconnaissable et déchirée.

À la fin, nous avons deux petites interviews de chacun des deux auteurs qui parlent de leurs prochains romans ainsi que du texte de leur camarade, j’ai beaucoup aimé ce que chacun dit de l’autre et la conclusion qu’ils en tirent.

Ma note : 08/10

les grandes fêtes

Auteur : Craig Johnson

Édition : Gallmeister

Genre : Nouvelle

Titre : Les grandes fêtes

Quatrième de couverture :

Une nouvelle avec Walt Longmire.

Quelques mots sur l’auteur :

Craig Johnson est titulaire d’un doctorat d’études dramatiques. Il a exercé des métiers aussi divers qu’officier de police à New-York, chauffeur routier, professeur d’Université, cow-boy, charpentier et pêcheur professionnel.
Il est également l’auteur de la série Walt Longmire, qui compte seize titres à ce jour ainsi qu’une dizaine de nouvelles, et possède un ranch, où il vit avec son épouse Judy, dans les contreforts des Bighorn Mountains, dans le Wyoming.
Craig Johnson est aussi lauréat du Tony Hillerman Mystery Short Story Contest.

Ma chronique :

Tout comme le livre précédent j’ai eu la chance de recevoir ce petit bouquin lors du passage de Thibault des Éditions Gallmeister à la librairie Au Temps des Livres de Sully Sur Loire.

Tout d’abord, nous avons droit à une nouvelle totalement inédite mettant en scène le Shérif Walt longmire. Ensuite nous avons un extrait du roman Tout autre nom, une enquête également du même shérif.

Je découvre Craig Johnson et son personnage fétiche grâce à Les grandes fêtes et je compte bien dans les prochains mois me lancer dans cette série de romans.

Ma note : 08/10

La danse de l’ours

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Auteur : James Crumley

Édition : Gallmeister

Genre : Policier

Titre : La danse de l’ours

Quatrième de couverture :

L’ancien détective privé Milo Milodragovitch s’est assagi : délaissant les drogues, il limite désormais ses vices à l’alcool et s’est trouvé un job paisible d’agent de sécurité à Meriwether, Montana, en attendant de pouvoir toucher l’héritage parental le jour de ses cinquante-deux ans. Quand une riche vieille dame, ancienne maîtresse de son père, vient remuer de vieux souvenirs et lui confier une enquête si facile qu’elle ne semble pas justifier ses généreux émoluments, l’aubaine est trop alléchante pour pouvoir résister. Mais ce qui devait n’être qu’une mission de routine ne tarde pas à exploser en tous sens et se transforme en une course frénétique entre voitures en feu, lancers de grenades, tirs de mitrailleuses et rails de cocaïne.

Quelques mots sur l’auteur :

James Crumley est né à Three Rivers au Texas en 1939. Au milieu des années 1960, il part vivre et enseigner dans le Montana, un État qu’il ne quittera plus. Peu après son arrivée à Missoula, en 1969, il écrit son premier roman, Un pour marquer la cadence, avec pour toile de fond la guerre du Vietnam. En 1975, il écrit Fausse piste, premier roman d’une saga mettant en scène Milo Milodragovitch, un privé mélancolique survivant de la guerre de Corée. James Crumley est aujourd’hui considéré par ses pairs comme un des plus grands auteurs de polar. Il décède en 2008.

Ma chronique :

Encore une fois merci aux éditions Gallmeister pour l’envoi de ce roman de James Crumley paru le 1 novembre dans la collection America. La danse de l’ours est la deuxième aventure de Milo Milodragovitch après Fausse piste dont vous pouvez retrouver ma chronique ici.

Après avoir beaucoup aimé Fausse piste quel ne fut pas mon plaisir de retrouver ce cher Milo dans cette nouvelle aventure qui on peu se le dire lui est tombé dessus comme un cheveu sur la soupe et je pense qu’il s’en serait bien passé. Cette enquête pleine de rebondissements se déroule sept ans après Fausse piste et on découvre un Milo encore plus désabusé que lorsque l’on l’avait quitté. Déjà, il n’est plus ce pseudo détective qu’il essayait de rester, fini le bureau en centre-ville ainsi que son deuxième bureau au fond d’un bar, fini les amis alcooliques, maintenant il travail comme agent de sécurité ne boit plus que du schnaps et est devenu accro à la cocaïne.

Ce que j’aime avec ce héros qui fait tout pour ne pas en être un, c’est le fait que ça lui tombe dessus, qu’il essaie de ne pas se faire avoir mais qu’il n’est pas très doué pour cela. On peut dire qu’il exècre la violence mais celle-ci fait partie de son quotidien et le rattrape à tous les coups. Il est juste génial dans l’antipathie qu’il essaie de dégager, dans ses réflexions et dans sa manière de voir, sa ville, les gens et le monde.

Comme dans Fausse piste c’est lui le narrateur et encore une fois cela donne une profondeur de fou à ce roman avec une sorte de torture psychologique auto-affligée. C’est noir, très noir, j’ai découvert James Crumley et je peux dire que pour moi c’est le maître du polar noir, c’est addictif, j’adore. Il y a beaucoup de désespoir, beaucoup d’humour, et beaucoup de grivoiserie car pour le coup c’est encore une fois l’apologie du whiskey, de la bière et du schnaps avec cette fois en plus beaucoup, mais beaucoup de cocaïne, ce qui vous l’imaginez rend l’histoire par moment complètement déjanté comme lors de mon passage préféré lorsque Milo conduit à tout allure avec une grenade dégoupillée entre les cuisses, c’est juste énormissime.

Franchement, je ne peux que vous conseiller de lire du James Crumley, c’est bluffant et tellement bien, quant à moi, je vais croiser les doigts que Gallmeister édite les prochaines aventure de notre bon vieux Milo Milodragovitch qui attend désespérément ses 52 ans pour toucher son héritage et enfin partir au soleil en quittant la grisaille de Meriwether.

Ma note : 09 / 10

Goat Mountain

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Auteur : David Vann

Genre : Contemporain

Edition : Gallmeister

Titre : Goat Mountain

Quatrième de couverture :

Automne 1978, nord de la Californie. C’est l’ouverture de la chasse sur les 250 hectares du ranch de Goat Mountain où un garçon de onze ans, son père, son grand-père et un ami de la famille se retrouvent comme chaque année pour chasser sur les terres familiales. À leur arrivée, les quatre hommes aperçoivent au loin un braconnier qu’ils observent de la lunette de leur fusil. Le père invite son fils à tenir l’arme et à venir regarder. Et l’irréparable se produit. De cet instant figé découle l’éternité : les instincts primitifs se mesurent aux conséquences à vie, les croyances universelles se heurtent aux résonnances des tragédies. Et le parcours initiatique du jeune garçon se poursuivra pendant plusieurs jours, entre chasse au gibier et chasse à l’homme, abandonné à ses instincts sauvages.

Quelques mots sur l’auteur :

David Vann est né en 1966 sur l’île d’Adak, en Alaska, où il a passé une partie de son enfance avant de s’installer en Californie. Son premier roman Sukkwan Island, publié en France en 2010, a remporté un immense succès et a été couronné par le prix Médicis étranger. Il est aujourd’hui traduit en quinze langues dans plus de cinquante pays. Goat Mountain est son quatrième roman.

Ma chronique :

Je peux vous dire que j’ai hésité avant de commencer ce roman de David Vann, en, effet, j’avais vraiment beaucoup aimé Aquarium mais Sukkwan Island m’a tellement dérangé que j’y pense encore régulièrement. Je me suis donc lancé avec une pointe de crainte à petits pas en tâtonnant, histoire de ne pas me faire surprendre encore une fois par l’auteur.

Autant le dire de suite, ce roman est bien signé David Vann, aucun doute, cet homme à une plume tellement personnelle et je dirais tellement fascinante que cela devient vraiment perturbant. Il nous entraîne dans une sorte d’addiction malsaine dans sa folie, enfin dans la folie qu’il décrit, car oui, ici aussi, rien n’est net, c’est gore, ça pue mais là où nous avons tout le contraste avec Monsieur Vann c’est que c’est également très poétique, il arrive à nous décrire l’horreur avec des mots superbement choisis c’est un vrai art de poète.

C’est un roman avec un rythme extrêmement lent, avec une ambiance lourde et pesante, avec une puanteur certaine, des personnages froids qui ne sont , sauf un, jamais nommé donc on a dû mal à s’accrocher à eux. La magie de David Vann est de parsemer dans toute cette noirceur de magnifiques descriptions de la nature comme lui seul sait le faire, c’est juste sublime j’ai carrément voyagé à Goat Mountain.

Ce roman est par contre extrêmement tourné sur la religion, la bible et les mythologies, il y a à travers ces pages une sorte d’essai de justifier par la bible les actes et les événements présents. C’est en quelque sorte une réécriture entre autre de l’ancien testament, il faut vraiment oser, mais ici cela marche plutôt bien.

Nous avons donc quatre personnages dans ce roman, quatre personnages et un mort, et c’est un peu comme si nous avions les quatre disciples du mort. C’est une image qui m’est venue vers la fin de ma lecture, mais plus j’y pense et plus c’est réellement cela. Le narrateur est l’un deux, le plus jeune qui nous raconte ce passage de sa vie plusieurs années après, combien ? On ne le sait pas. Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? On ne le sait pas. A la fin, pourtant tout s’accélère et se fini comme ça avec un point final, sans savoir … Frustrant … Mais au fond était ce vraiment important de savoir ?

Ma note : 08/10

# 65 – Le mardi sur son 31

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Bonjour à tous,

Aujourd’hui, étant encore sur Goat Mountain de David Vann, je partage avec vous un extrait de la page 131. Un passage je trouve bien représentatif de ce qu’est ce roman.

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Caïn hésita-t-il ? Dans le champ avec son frère, vêtus des peaux de mouton qu’avait tannées Abel, et Caïn un simple cultivateur, sa récolte jugée moindre par dieu. La rage tandis qu’ils marchent dans les sillons qu’il a semés, et il porte une pierre, et sans y accorder la moindre réflexion, il se place derrière Abel et écrase cette pierre sur le crâne de son frère. Cette partie est facile.

Mais Abel est encore vivant. Un coup n’a pas suffi. La bouche d’Abel ouverte sous l’effet de la douleur, les yeux fermés, le sang dans ses cheveux à l’endroit où la pierre a fendu l’os et déchiqueté la chair. Il est étendu sur le flanc dans la terre meuble, les mains et les pieds engourdis mais il empoigne pourtant la terre, il essaye de ramper, de s’éloigner, mu par le plus vieux des instincts. Et Caïn debout là, la pierre à la main.

 

Corrosion

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Auteur : Jon Bassoff

Genre : Thriller

Édition : Gallmeister

Titre : Corrosion

Quatrième de couverture :

Un vétéran d’Irak au visage mutilé tombe en panne au milieu de nulle part et se dirige droit vers le premier bar. Peu après, un homme entre avec une femme, puis la passe à tabac. L’ancien soldat défiguré s’interpose, et ils repartent ensemble, elle et lui. C’était son idée, à elle. Comme de confier ensuite au vétéran le montant de l’assurance-vie de son mari qui la bat. Ce qu’elle n’avait pas réalisé, c’était qu’à partir de là, elle était déjà morte.

Quelques mots sur l’auteur :

Jon Bassoff est né en 1974 à New York. En parallèle à son métier d’écrivain, il a créé et il dirige la maison d’édition américaine New Pulp Press. Il est également prof d’anglais dans un établissement où il est connu comme « l’écrivain dérangé ».  Il vit dans le Colorado avec sa femme et ses deux enfants. Corrosion est son premier roman.

Ma chronique :

Je peux vous dire que depuis que je suis en partenariat avec les Éditions Gallmeister, je découvre des auteurs et des univers qui sont pour certains totalement déjantés, mais qu’est-ce que j’aime cela. Des fois je me dis que je dois être un peu sadique …

Corrosion, de Jon Bassoff, fait certainement parti de ces romans pour lesquels je pense qu’il faut être un peu comme l’auteur, c’est à dire « dérangé ». C’est plus qu’un roman noir, c’est un roman dérangeant par la crasse qu’il évoque, par la toxicité dont il est complètement emprunt.

La construction et la narration de ce roman nous plongent dans une noirceur atroce, j’ai eu l’impression d’être enfermé dans une cave à six pieds sous terre ne pouvant à peine respirer. Plus d’une fois je me suis demandé comment un homme logiquement sain d’esprit pouvait avoir l’idée et l’envie d’écrire des choses comme celles-ci.

Ce roman est pour moi une éloge à la folie et à la démence, il n’y a aucune touche de lumière ou d’espoir dans ce livre, on ne peut pas en sortir complètement indemne. Il y a tellement de folie que par moment je ne savais plus où se situait la limite entre la réalité et les hallucinations du personnage principal. Mais je crois que ce qui est encore plus fou de la part de l’auteur c’est que parmi toute cette folie, il est venu semer quelques références à de grands contes connus, Le Magicien d’Oz, Boucle d’Or, Le Petit Poucet …

Voilà, ce roman n’est pas à mettre entre toute les mains, il faut avoir le coeur bien accroché et être comme dit un peu plus haut comme Jon Bassoff un peu dérangé.

Ma note : 8/10

My absolute darling

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Auteur : Gabriel Tallent

Genre : Contemporain

Édition : Gallmeister

Titre : My absolute darling

Quatrième de couverture :

A quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

Quelques mots sur l’auteur :

Gabriel Tallent est né en 1987 au Nouveau-Mexique et a grandi en Californie. Il a mis huit ans à rédiger My Absolute Darling, son premier roman qui a aussitôt été encensé par la critique et fait partie des meilleures ventes aux États-Unis. Il vit aujourd’hui avec sa femme à Salt Lake City.

Ma chronique :

Encore une fois, je remercie les éditions Gallmeister pour l’envoi de ce roman, mais surtout pour la sortie de ce chef d’oeuvre.

Comme vous avez-pu peut-être le lire sur Instagram, j’ai dévoré ce roman pendant le weekend, je n’ai quasiment pas pu le lâcher. Ce n’est pas compliqué, dès les premières pages Gabriel Tallent m’a ferré et complètement conquis.

Ce n’est pas à proprement parlé un roman sombre, car j’ai ressenti beaucoup de luminosité à travers la plume de l’auteur qui décrit parfaitement les lieux de l’intrigue. Il a d’ailleurs vécu dans cette région ce qui explique certainement les magnifiques descriptions et le fait que j’ai sans difficulté réussi à m’y projeter. Donc pour moi ce n’est pas un roman sombre, mais ce serait plutôt un roman très dur, un roman plein de violence que cela soit de la violence physique ou de la violence psychologique.

Car là est vraiment le coeur de cette histoire, la manière dont le père de Turtle fait en sorte de rendre sa fille totalement dépendante psychologiquement de lui, la façon qu’il a de la vider de sa moindre pensée propre, de se sentir vide et de devoir vivre et réfléchir à la manière dont lui l’aurait autorisé. J’ai cherché des excuses à se personnage, tantôt je me suis dit que c’était la perte de la mère de Turtle, tantôt l’enfance que lui-même a eu, tantôt l’amour inconditionnel qui le lie à sa fille mais qu’il ne sait pas exprimer. Mais voilà, en fin de compte, ce n’est rien de tout cela, nous sommes devant un être particulièrement intelligent mais qui est fondamentalement un pervers narcissique d’une violence rare.

Sa victime est donc Julia, ou Turtle ou encore Croquette, je l’adore … Je l’adore par la force de son esprit qui est continuellement en train de se battre contre les pensées qui lui sont imposées, je l’adore par la singularité dont elle est la preuve, je l’adore par la force qu’elle dégage et surtout par l’envie de liberté et de justice qu’elle va en fin de compte laisser sortir de sa tête et exprimer une bonne fois pour toute et à ce moment là plus rien ne l’arrête.

Voilà, c’est donc un roman psychologiquement violent, il m’a pris aux tripes, m’a donné envie de gerber et envie de pleurer, mais il m’a aussi fait sourire et rire par les pensées de Turtle et les dialogues qu’elle a pu avoir avec Jacob et Brett entre autre. L’écriture de ce roman est cru, elle est crash, il n’y a pas tellement de dialogue, nous sommes continuellement dans la tête de Turtle, voilà ce qui donne fait la force de cette histoire, voilà ce qui en fait un chef d’oeuvre et voilà ce qui fait qu’il est un de mes gros coups de coeur de ces dernières années. Encore merci à Gabriel Tallent pour son talent (oui je sais c’est facile 😉 ) et aussi à Gallmeister pour la publication en France.

Ma note : 10/10

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Face au vent

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Auteur : Jim Lynch

Genre : Contemporain

Édition : Gallmeister

Titre : Face au vent

Quatrième de couverture :

Dans la famille Johannsen, la voile est une question d’ADN. Installés au cœur de la baie de Seattle, le grand-père dessine les voiliers, le père les construit, la mère, admiratrice d’Einstein, calcule leur trajectoire. Si les deux frères, Bernard et Josh, ont hérité de cette passion, c’est la jeune et charismatique Ruby qui sait le mieux jouer avec les éléments. Seule sur un bateau, elle fait corps avec le vent. Mais lorsqu’un jour elle décide d’abandonner cette carrière toute tracée, la famille explose. Bien des années plus tard, les parents se sont éloignés, Bernard a pris la fuite sur les océans, Ruby travaille dans l’humanitaire en Afrique. Quant à Josh, il cherche inlassablement son idéal féminin sur un chantier naval à Olympia. Douze ans après la rupture, une ultime course sera l’occasion de retrouvailles risquées pour cette famille attachante et dysfonctionnelle.

Quelques mots sur l’auteur :

Jim Lynch est né en 1961. Diplômé de l’Université de Washington, il a sillonné le pays en tant que reporter pour des journaux en Alaska, en Virginie et à Washington D.C. Il est l’auteur de quatre romans et collabore avec plusieurs journaux dont le Seattle Times. Il vit et navigue à Olympia et dans l’État de Washington.

Ma chronique :

Seconde lecture de cette nouvelle année et premier coup de coeur. Encore une fois, merci à Gallmeister pour leur confiance et pour nous offrir des pépites dans ce genre. Face au vent, est le second roman que je lis de Jim Lynch et j’avais d’ailleurs déjà beaucoup aimé Les grandes marées.

Ce roman, est un hymne à la voile, l’auteur nous fait partager sa passion pour ces bateaux et franchement cela donne envie, pourtant, je peux vous assurer que à la base ce n’est vraiment pas mon truc. Mais à la lecture de ce livre, vous aurez forcément envie de monter sur un voilier et d’aller faire une petite balade en mer ou pourquoi pas participer à une régate.

Ce roman est donc l’histoire d’une famille passionnée par la voile, il y a le grand-père, les trois enfants, deux fils et une fille, la mère et enfin pour guider le tout, le père qui est un peu le grand gourou de cette famille qui est juste géniale dans sa folie et par les différences qu’il y a entre chacune de ces personnes . J’ai tellement apprécié de voir l’évolution des relations entre chacun des membres de la famille Johannssen, l’éloignement et toujours et encore cette passion qui toujours les rapproches tous.

Encore une fois, la plume de Jim Lynch est envoutante, toute en finesse et en poésie. Il y a de tout dans son roman, de l’humour, j’ai adoré les rancards de Josh, de l’amour et de l’amitié, mais également de la tension et de la tristesse. C’est un grand roman, une histoire pleine de générosité et de belle promesse.

Comme avec Les grandes marées, je trouve que Jim Lynch a le don pour dévoiler les belles choses de l’humanité et de ce monde, c’est une belle histoire qui fait du bien.

Vous l’aurez compris, je ne peux que vous le conseiller, c’est certain, vous passerez un super moment avec cette famille un peu bizarre mais tellement touchante.

Ma note : 10/10

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En lieu sûr

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Auteur : Wallace Stegner

Genre : Contemporain

Edition : Gallmeister

Titre : En lieu sûr

Quatrième de couverture :

Deux couples d’enseignants à l’âge de la retraite, amis de longue date, passent leurs vacances dans une maison isolée en pleine forêt. Les uns étaient modestes, les autres mondains, mais l’amour de la littérature, le partage des bonheurs et des épreuves de l’existence ont forgé entre eux un lien aussi indissoluble que nécessaire. Au fil des retours sur le passé, Stegner évoque avec force et émotion le flot de la vie et la puissance du souvenir, tandis que s’invite la promesse de la mort.

Quelques mots sur l’auteur :

Wallace Stegner est né en 1909 dans l’Iowa et a grandi dans divers Etats de l’Ouest américain – Dakota du Nord, Washington, Montana, Idaho, Wyoming – avant de s’installer avec ses parents et son frère à Salt Lake City, Utah, en 1921. Enseignant à Stanford puis à Harvard, il a compté parmi ses étudiants des auteurs tels que Thomas McGuane, Raymond Carver, Edward Abbey ou Larry McMurtry. Un des plus grands écrivains du XXe siècle, il a été récompensé par les prix littéraires américains les plus prestigieux, le National Book Award et le Prix Pulitzer. Il est mort en 1993, laissant derrière lui une oeuvre vaste composée d’une trentaine de romans et d’essais sur la défense des espaces sauvages.

Ma chronique :

Voici donc ma troisième chronique dans le cadre de mon partenariat avec Gallmeister. En lieu sûr de Wallace Stegner qui paraît dans la collection Totem le 07 septembre.

Que dire de ce roman … Disons que c’est une histoire de vie, d’amitié à travers l’Amérique à travers le XXe siècle. C’est l’histoire d’une promesse que malgré des sentiments très fort tel que l’amour et l’amitié, la nature est et restera maître de nos destins.

Cette lecture fut pour moi longue et fastidieuse, du fait de l’écriture qui est très lourde et très recherchée j’ai eu souvent le besoin de lire et relire des passages pour bien comprendre ce que l’auteur souhaitait transmettre. Ce n’est pour ma part pas péjoratif de dire cela, mais disons que je n’ai pas l’habitude de ce genre d’écriture et des tournures complexes utilisées par l’auteur.

A un moment dans ma lecture, (environ vers la page 100) j’ai ressenti ce moment que chacun de nous connais, vous savez, le moment où l’on se sent attrapé, pris au piège, ce moment où l’on sait que l’on ne pourra plus lâcher le livre. Je me suis dit à ce moment là que cela avait valu le coup que je tienne, puis une centaine de pages plus loin, tout s’est essoufflé et je suis retombé dans les mêmes travers que au début du roman.

Mes sentiments après cette lecture sont vraiment mitigés, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, mais le contraire est aussi vrai. Disons clairement qu’il ne se passe rien dans ce roman. Ce qui est par contre formidable c’est que l’auteur nous le dit à un moment dans son livre, « vous ne trouverez pas de rebondissements, de sang, de drame … » et effectivement rien de tout cela. En gros c’est l’histoire de notre vie à tous en mettant l’accent sur l’amitié la plus importante qui à traversé la vie avec nous.

Alors, oui, l’histoire est belle, la fin est attendue dès le début, oui, il ne se passe rien, oui je peux dire que c’est plat, mais je pense que j’ai compris ce que voulais nous faire partager l’auteur. Il a voulu nous faire partager la vie et nous montrer qu’il n’y a pas besoin de grand chose pour vivre pleinement cette vie qui nous est offerte, juste un peu d’amour et d’amitié.

Par contre, encore une fois le côté « nature writing » qui est vraiment la marque de fabrique de Gallmeister est bien présent et cela rend tellement plaisant la lecture, depuis que j’ai découvert cette maison d’éditions, j’ai vraiment l’impression de voyager à travers l’Amérique alors que malheureusement je n’y ai encore jamais mis les pieds.

Je pense que j’essaierai plus tard de lire d’autres livres de Wallace Stegner, quant à En lieu sûr, je pense qu’il peut plaire à certains, alors n’hésitez surtout pas à venir me dire ce que vous en aurez pensé.

Ma note : 06/10