Archives pour la catégorie Côté lecture

La tête en désordre

la tête en désordre

Autrices : Catherine Dartiguenave et Stéphanie Toutain

Édition : L’Harmattan

Genre : Témoignage

Titre : La tête en désordre – L’exposition prénatale à l’alcool

Quatrième de couverture :

Comment accueillir un enfant porteur de troubles liés à une alcoolisation pendant la grossesse ? Quatre familles racontent leur histoire, une histoire dendurance hors du commun : elles ont dû faire preuve, jour après jour, de trésors dinventivité. Elles ont dû puiser dans leurs ressources intérieures tout en recherchant de laide, pour parvenir à relever ce défi imprévu. Un dernier chapitre, davantage théorique, sadresse plus particulièrement aux professionnels de lenfance qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur le sujet.

Quelques mots sur les autrices :

Catherine Dartiguenave est médecin de santé publique. Après une formation pédiatrique et quinze ans de pratique clinique, elle rejoint la Mairie de Paris, puis le Ministère de la Santé en concentrant son action sur la santé des populations : la femme et l’enfant, mais aussi les détenus, les gens du voyage, les migrants. Elle y contribue à la mise en place de plans de santé publique, d’études et de recherche. Elle rejoint ensuite l’Agence française de l’adoption, comme médecin-conseil et chargée des relations avec les Départements.

Stéphanie Toutain, est maître de Conférences en socio-démographie à l’Université Paris Descartes où elle dispense des enseignements de méthodes quantitatives. Elle est aussi chercheure au CERMES3 (Inserm, Cnrs, Ehess). Ses recherches portent d’une part, sur l’alcool et la grossesse et d’autre part, sur la prise en charge des enfants porteurs de l’ensemble des troubles de l’alcoolisation foetale. Les résultats de ses recherches ont été publiés notamment dans les revues en langue française et anglaise. Elle est également l’auteur d’un ouvrage de méthodes quantitatives : Analyse factorielle simple en sociologie (Bruxelles, De Boeck).

Ma chronique :

Chronique un peu particulière vous en conviendrez. En effet, il ne s’agit pas ici d’un roman mais d’un livre sur le sujet scientifique qu’est le syndrome d’alcoolisation foetale. Un sujet particulièrement intéressant pour moi car comme certain le savent déjà, nous avons avec mon épouse un agrément pour pouvoir adopter un ou deux enfants de 0 à 5 ans. Nous avons des ouvertures assez large en terme de santé et d’histoire ce qui entre autre nous rend possible l’arrivée d’un enfant porteur de SAF (Syndrome d’alcoolisation foetale).

Alors je ne vais pas faire une dissertation ici de ce qu’est le SAF mais je vais tout de même en profiter pour essayer de faire passer quelques messages. Tout d’abord, qu’est ce que le SAF ? Il s’agit de l’ensemble des troubles lié à la consommation d’alcool des femmes pendant leurs grossesses. Longtemps tabou en France, ces problèmes sont dorénavant reconnus et les spécialistes sont formés pour venir soutenir les parents d’enfants atteints de SAF. Il faut s’avoir que la consommation d’alcool même très minime peu avoir des conséquences énormes sur le foetus et donc sur l’enfant à naitre. Du coup, n’hésitez pas à en parler autour de vous pour faire en sorte qu’un maximum de monde soit au courant de ce problème pour l’éviter.

Du coup, revenons en au livre en lui même, il y a cinq chapitres, quatre témoignages et le dernier qui est plus théorique. Dans le premier chapitre, il s’agit d’une famille adoptant une petite fille en France. Dans les deux suivants de familles adoptant des enfants à l’international et le quatrième raconte la vie d’une femme née en France avec un SAF.

Les quatre témoignages sont vraiment très intéressants et m’ont ouvert les yeux sur pas mal de choses, je suis dorénavant beaucoup plus à l’aise avec cette pathologie. Le petit point négatif pour moi est du au fait que ces témoignages ne sont pas très récents. En effet ils datent des années 70/80 et 90. Par contre l’honnêteté et le courage dont ont fait preuve toutes ces familles pour raconter leurs histoires m’a beaucoup touché.

Le dernier chapitre théorique est pour moi également très intéressant car il explique dans sa globalité, les troubles, la manière de les reconnaître et les méthodes existantes pour aider nos enfants. Il y a également dans ce chapitre une description complète des dispositifs existants en France pour soutenir les familles et les enfants.

En bref, si vous voulez en savoir plus n’hésitez pas à me poser des questions et sinon lisez ce livre très bien fait.

Ma note : 10 / 10

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Vacances sur le thème du voyage et de la lecture

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Bonjour tout le monde,

Je pense que certains d’entre-vous sont déjà en vacances où d’autres comme moi les attendent avec impatience. J’ai donc eu envie de vous concocter un petit article sur le thème des vacances et du voyage.

Je vais donc en plus de cet article poster chaque jour jusqu’à dimanche sur Instagram un des livres présentés ici.

Du coup, sept thèmes de voyages pour un peu près sept romans.

Lundi : Voyager à travers les mots

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J’ai choisi le roman de Gilles Voirin, La Pierre et le Bocal, Les mots d’Owen

Katmandou, Garden of Dreams, 1er août 2018, Owen reçoit un mail inattendu de Juliette, son amie des années Lycée, ses pensées s’évadent et voltigent. Elles remontent le temps comme un funambule avance sur son fil. Né de « prénom inconnu », bringuebalé au gré des déménagements de sa mère volage, Owen s’est très tôt réfugié dans les « mots ».Des mots pour être heureux ou malheureux. Des mots pour penser et se panser à la fois. Des mots pour changer une vie. Des mots qu’Owen ne choisit pas toujours, mais avec lesquels il lui faut composer.Dans ce roman à la fois léger et profond, avec ses personnages attachants et colorés, et sa palette d’émotions largement déployée, Gilles Voirin joue avec les mots, comme Owen jongle avec ses souvenirs. Avec une dextérité singulière.C’est ainsi qu’en suivant le chemin de vie cabossé d’Owen, on découvre une version inédite d’un conte initiatique moderne, qui invite à se poser les vraies questions. Pour se trouver ou se retrouver.

Lien de ma chronique ici

Mardi : Voyager en traineau dans le Grand Nord Américain

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J’ai choisi un roman déjà lu deux fois mais jamais chronique ici, celui de Nicolas Vanier, Le Chant du Grand Nord

Dans les neiges du Grand Nord canadien, au début du XIXe siècle, Ohio, quinze ans, mis au ban de son village pour ne pas avoir respecté les traditions ancestrales, part droit devant lui. C’est l’un des plus habiles chasseurs de son clan, les Nahannis, les Indiens protégés par le Grand Esprit du caribou.
Ohio poursuit une chimère : il y a longtemps, sa mère a guidé d’étranges hommes blancs dans la montagne gelée. Ohio veut retrouver leur chef, Cooper, son père. C’est un jeune homme fier et courageux, sûr de sa valeur, qui se lance seul à l’assaut des terribles montagnes Rocheuses, avec pour tout équipage ses chiens qui veillent sur lui.
Au cours de son voyage qui le mène toujours plus loin vers l’est, Ohio tombe éperdument amoureux d’une Indienne éprise de vie sauvage, Mayoké. Avec elle, il rêve de vivre en paix parmi les siens. Mais, au-delà des montagnes, il découvre une réalité qu’il ne connaît pas : la violence et la barbarie ; un pays ravagé par la guerre, où les Indiens, enrôlés par les Blancs, s’arrachent les territoires de chasse et meurent de maladies inconnues.
Ohio, fils d’une Indienne et d’un Blanc, trait d’union entre ces deux cultures, saura-t-il protéger son peuple de la destruction qui le guette ?

Mercredi : Partir en voyage avec ses amis

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J’ai choisi le deuxième roman de Yann Déjaury, Ce n’était qu’une simple promesse

1995, Bretagne, six amis passent leurs vacances ensemble. Grande insouciance, petits bonheurs, l’envie de ne jamais se séparer et une promesse scellée dans le granit: celle de se retrouver dans 20 ans, qu’importe les aléas.2015, la vie les a rattrapés et, le jour venu, un seul a tenu son engagement. Malgré cet acte manqué, il organise un séjour ludique dans une demeure somptueuse. Simple assouvissement de curiosité de ce que chacun est devenu ou douce envie de retrouver leur connivence perdue ? De non-dits en secrets, sa véritable motivation bouleversera leur existence à jamais.

Lien de ma chronique ici

Jeudi : Voyager dans notre imaginaire

J’ai choisi les deux romans se passant dans le Royaume d’Ombre de Manon Fargetton, L’héritage des Rois Passeurs et Les Illusions de Savoir-Loar

La dernière héritière d’une lignée royale doit fuir notre monde et retourner dans celui de ses ancêtres pour échapper aux hommes qui veulent l’éliminer. Là-bas, une princesse rebelle rentre chez elle pour prendre ce qui lui est dû : le trône d’Ombre. Voici l’histoire de deux femmes, de deux mondes imbriqués, de deux retours simultanés qui bouleverseront une fois de plus le destin tortueux du royaume d’Ombre. Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ?

Plusieurs versions de la naissance de Sav-Loar circulent dans le royaume. Toutes racontent comme de jeunes magiciennes poursuivies par les capes d’or se réfugièrent dans la forêt des Songes et y érigèrent une ville secrète. Sans être entièrement fausses, ces légendes sont approximatives, car les fondatrices de cette ville n’avaient rien des adolescentes terrifiées et à peine pubères qu’elles décrivent. Elles étaient des femmes dans la fleur de leur féminité, à l’apogée de leur art, au zénith de leur colère. Elles étaient d’anciens membres du Clos traquées par leurs pairs, ayant assisté au massacre de deux centres d’entre elles par la peur de la différence et la soif de domination. Sav-Loar, le lever de lune, devint le pendant clandestin d’Astria l’éclatante. Ainsi débuta la nuit des magiciens.

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Vendredi : Voyager dans le sud des États-Unis, de l’Oklahoma au Mexique

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J’ai choisi Les Marches de L’Amérique de Lance Weller, ce magnifique roman parlant de l’Amérique du milieu du XIX è siècle

Aux confins de l’Amérique, au milieu du XIXe siècle, dans une région troublée par d’incessants heurts entre Mexicains et Américains, un chariot poursuit sa route. Aux rênes, Pigsmeat et Tom, deux amis de longue date, se pardonnent l’un à l’autre les massacres auxquels ils ont pris part et tentent d’oublier leur sinistre réputation. Ils escortent Flora, beauté prodigieuse au regard fier que des années d’esclavage n’ont pas réussi à briser. Tous trois ont pris la route du Mexique pour accomplir une vengeance : aller présenter à l’ancien maître de Flora le corps de son fils unique conservé dans un cercueil rempli de sel. Ainsi avancent ces trois victimes malgré elles de la violence d’un monde en construction.

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Samedi : Voyager au Canada

la femme tombée du ciel

J’ai choisi le roman de Thomas King sous fond de catastrophe écologique, La Femme tombée du ciel

Une catastrophe écologique provoquée par la multinationale Domidion a éliminé toute forme de vie dans l’océan sur la côte de Colombie-Britannique, et fait des victimes parmi les habitants de la réserve voisine.
Deux personnes sont responsables de cette catastrophe. Le chercheur Gabriel Quinn, scientifique génial, a mis au point un défoliant mortel, puis tenté de lutter contre sa mise en vente. Alors que, dévoré de culpabilité, il vient s’installer dans la zone polluée avec l’intention de se suicider, des survivants étonnants vont lui redonner goût à la vie, dont Mara Reid, peintre à la sexualité décomplexée qui a grandi sur la réserve et en connaît les secrets.
Dorian Asher, le P-DG de Domidion, narcissique et attachant à la fois, tente d’oublier le scandale en se réfugiant dans de luxueux hôtels, savourant sa solitude, avec pour unique obsession le choix d’une nouvelle montre…
La femme tombée du ciel est un roman à l’humour dévastateur. Thomas King évoque les traditions amérindiennes pour faire ressortir la monstruosité de l’homme contemporain vis-à-vis de son environnement. Le lobby des armes, l’industrie chimique, l’agriculture à haut rendement et le capitalisme sont férocement critiqués dans ce texte foisonnant, engagé, mais aussi baigné d’une lumière poétique des origines, indispensable et guérissante.

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Dimanche : Voyager avec les monuments Français, de Chambord à Reims

héritage des rois

J’ai choisi le thriller historique de Jérôme Manierski, L’héritage des Rois

1518. Le jeune François Ier a fait appel au maître italien Léonard de Vinci pour être l’architecte de son nouveau domaine, le château de Chambord. Celui-ci entend bien bouleverser quelques règles pour mener à bien ce projet ambitieux. 2013. Yann Cardin visite le fameux monument de la Renaissance avec le regard singulier du géobiologue. Quelles ondes traversent ce château depuis près de 500 ans ? En pleine exploration, son œil est attiré par un détail étrange : l’un des F, symbole du monarque, a été sculpté à l’envers. Très vite, Yann a la sensation d’être observé. A cinq siècle d’intervalle, un dangereux jeu de piste architectural à l’enjeu historique : l’héritage de François Ier !

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Clepsydre sur Seine

clepsydre sur seine

Auteur : Bertrand Puard

Édition : Éditions du Rocher

Genre : Roman Jeunesse

Titre : Clepsydre sur Seine

Quatrième de couverture :

Heurteauville, microscopique village coincé à l’ombre de l’abbaye de Jumièges, n’aurait jamais dû apparaître sur les écrans radars d’Ewan Lahuppe, jeune Parisien de 13 ans bien dans ses baskets !
Alors quand son père Antoine, flic mythique du 36, quai des Orfèvres, lui annonce qu’ils partent s’y installer avec sa demi-soeur Chloris et sa belle-mère Marie, Ewan se cabre.
Heauteauville… mais c’est nulle part !
Peut-être…
Si l’on veut bien faire abstraction de la présence d’une des plus grandes communautés scientifiques d’Europe qui y travaille en secret et d’un afflux de milliardaires que rien ne permet d’expliquer.
Si ce n’est un gisement de cristaux de temps, piégé dans les dépôts alluvionnaires de la Seine, qui rendrait – théoriquement – possible le voyage dans le temps.
Entre catastrophe écologique et résolution d’un crime américain vieux d’un siècle, Ewan, Chloris et Alicia, l’héritière de l’empire pétrolier Cobblepot, auront tôt fait de passer la théorie à la pratique !
Dans une course contre la mort et le temps, les trois héros vont devoir éprouver leurs limites pour éviter les pièges meurtriers de Clepsydre-sur-Seine !

Quelques mots sur l’auteur :

Passionné de littérature, Bertrand Puard a écrit plus d’une cinquantaine de romans dans des genres très variés ainsi que plusieurs podcasts, notamment pour France Culture. Il est par ailleurs lauréat du Prix du Roman d’Aventures et du Prix Polar de Cognac en catégorie adulte et jeunesse. Cinéphage, il participe également à de nombreux projets de scénarios dans l’univers des séries télés, des jeux vidéos et de la bande dessinée.

Ma chronique :

Je suis tombé sur ce roman jeunesse lors de la venue de Bertrand Puard à la librairie Au Temps des Livres de Sully Sur Loire. J’y allais à la base pour son dernier thriller, Ristretto, mais je me suis laissé attiré par ce roman jeunesse car les thèmes de l’écologie et du voyage dans le temps me passionne.

Tout d’abord, il faut savoir que je ne lis pas très souvent des romans dits jeunesse, car je les trouve assez compliqués à chroniquer. Effectivement, n’étant pas le public visé en priorité par l’auteur, il faut réussir à mettre de côté ses propres attentes. Une fois cela dit, voyons voir un peu plus en détail ce que j’ai pensé de cette histoire.

Commençons par les personnages, il y a quatre jeunes enfants, quatre petits héros qui sont bien sympathiques. Je pense que pour de jeunes lecteurs il ne doit pas être trop difficile de s’identifier à eux. Avec mon regard, je trouve par contre qu’il y a tout de même un sacré décalage entre les adultes du romans et les enfants, je me suis demandé plus d’une fois qui étaient les plus matures. Du coup, pour les adultes du roman, clairement ils sont en second plan, à part 2/3 qui viennent apporter un peu de mystère ou de frissons, ce ne sont pas eux les héros de ce livre.

J’ai bien aimé la manière dont l’écologie est abordée par Bertrand Puard, c’est simple, donc compréhensible pour les plus jeunes, mais c’est aussi percutant. Il part en gros sur une catastrophe écologique liée à la surexploitation pétrolière mais tout en dénonçant le tout pétrole il propose des alternatives aux lecteurs pour les sensibiliser. J’aime beaucoup l’engagement que peuvent avoir certains auteurs auprès des plus jeunes sur ce thème. Concernant le thème du voyage dans le temps, personnellement cela a toujours été quelque chose m’attirant, ici c’est vraiment sympa d’autant plus que même si cela reste un roman jeunesse, l’auteur n’a pas occulté les distorsion du temps.

Le petit plus est la petite enquête menée par nos jeunes héros que cela soit dans le présent ou dans le passé, c’est facile mais pour de jeunes lecteurs je pense que ça doit être intriguant.

Voilà, les romans jeunesses ne sont pas forcément ma « came » comme on dit mais j’ai apprécié lire celui-ci d’autant plus que la fin laisse présagée une suite que je lirai avec plaisir.

Ma note : 7,5 / 10

Au nom du bien

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Auteur : Jake Hinkson

Édition : Gallmeister

Genre : Policier

Titre : Au nom du bien

Quatrième de couverture :

Pasteur respecté d’une petite ville de l’Arkansas, Richard Weatherford n’en est pas moins simple mortel, avec ses secrets et ses faiblesses. Car Richard a fauté avec un jeune homme, Gary. Alors le coup de fil qu’il reçoit à cinq heures du matin ne présage rien de bon : le silence de Gary lui coûtera 30 000$, sinon Richard devra dire adieu à sa réputation et – surtout – à sa femme Penny et à leurs cinq enfants qui jamais ne supporteront un tel scandale. Prêt à tout pour empêcher son monde de s’effondrer, le pasteur n’a que quelques heures pour tisser une immense toile de mensonges où piéger son entourage. Mais c’est tout le charme des petites villes : même si leurs habitants prennent des directions différentes, leurs chemins finissent toujours par se croiser… inéluctablement.

Quelques mots sur l’auteur :

Jake Hinkson est originaire de l’Arkansas. Né en 1975, ce fils de prêcheur baptiste découvre en cachette le roman policier à l’âge de quatorze ans. Les deux obsessions de ses jeunes années – la religion et le crime – l’habitent encore aujourd’hui. Il vit à Chicago où il passe le plus clair de son temps à écrire et à fréquenter les salles de cinéma.

Ma chronique :

J’avais vraiment hâte de lire ce roman après avoir rencontré Jake Hinkson il y a quelques semaines sur Orléans. J’ai déjà lu de cet auteur L’enfer de Church Street qui fut un coup de coeur.

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Ce roman est assez particulier déjà de part sa construction, il est totalement écrit à la première personne mais il y a cinq narrateurs qui se partagent les chapitres. Ensuite, il se déroule sur une seule journée, le samedi avant Pâques. Pour Jake Hinkson, ce samedi est fascinant, car Jésus meurt le vendredi et il ressuscite le dimanche … Du coup qu’est-ce qui s’est passé le samedi ? Voilà pourquoi il a voulu que son roman, qui raconte la vie de cinq personnes d’une communauté de l’Arkansas dont le lien envers la religion est très fort, se passe sur ce samedi.

Ce roman met donc en scène un pasteur, sa femme, deux jeunes un peu paumés et un homme ayant comme projet d’ouvrir un magasin d’alcools et de spiritueux. Chacune de ces personnes est tiraillée entre sa fois et ses doutes. Ce tiraillement est encore plus présent chez le pasteur et sa femme. Cette dernière est vraiment le personnage que j’ai le plus apprécié, c’est une femme forte mais en même temps enchaînée dans la vie quelle mène.

Comme dans L’enfer de Church Street, Jake Hinkson nous parle de religion et encore une fois, je trouve que les américains avec leurs nombreuses branches catholiques sont un peu comme renfermés sur eux-même, j’ai l’impression que c’est en quelque sorte une secte. Le fait que beaucoup de chose soit basé sur l’image que l’on donne de soi et sur le regard que porte les gens qui nous entourent sur nous me perturbe au plus au point, j’ai l’impression que dans ce cas, nous ne sommes pas totalement libre.

Avec ce roman, Jake Hinkson, nous parle donc des doutes, des tiraillements qui habitent chacun de ses personnages et montre jusqu’à où ils sont prêts à aller pour préserver leur rang social et l’image que la communauté porte sur eux, mais également pour certain ce qu’ils sont prêts à faire pour obtenir leur liberté en essayant de sortir de cette communauté justement. Tout cela sur fond d’élection américaine avec comme candidats, Trump et Hillary Clinton et avec une réflexion de fond sur l’alcool.

En tout cas encore un très bon roman de la part de cet auteur américain vraiment très intéressant.

Ma note : 9 / 10

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Canyons

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Auteur : Samuel Western

Édition : Gallmeister

Genre : Contemporain

Titre : Canyons

Quatrième de couverture :

Idaho, 1970. Ward, sa petite amie Gwen, et Eric, le frère jumeau de cette dernière, partent chasser sous un ciel d’azur. La vie semble sourire à ces trois jeunes gens insouciants à peine sortis de l’adolescence. Mais par un coup cruel du destin Ward tue accidentellement Gwen et anéantit ainsi à tout jamais leur avenir. Vingt-cinq ans plus tard, Ward, abîmé par l’alcool et hanté par le passé, recroise la route d’Eric. Sa rage intérieure a consumé son talent de musicien et fait le vide autour de lui. Le moment est désormais venu pour chacun d’affronter ses démons, et Ward invite Eric à une partie de chasse dans son ranch au pied des Bighorn Mountains. Les deux hommes se préparent alors à une nouvelle expédition : Ward espère y trouver sa rédemption, Eric sa vengeance.

Quelques mots sur l’auteur :

Samuel Western est né dans le Vermont et a servi dans la marine marchande suédoise, avant de travailler comme bûcheron, pêcheur professionnel, docker et guide de chasse. Il est également diplômé de l’Université de Virginie, où il a enseigné l’anglais avant de s’installer à Sheridan, dans le Wyoming. Canyons est son premier roman.

Ma chronique :

Premier roman pour Samuel Western, encore une pépite dénichée par Gallmeister. Je ne le répèterais jamais assez, mais j’adore la ligne éditoriale de cette maison d’éditions, capable de nous permettre à nous français de découvrir ces magnifiques romans américains et en plus superbement traduits.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en commençant ce roman mis à part qu’il évoquerait les thèmes du pardon, du deuil et de la rédemption. J’ai tout d’abord été happé par le premier chapitre. Il donne le ton dramatique directement, cela m’a même surpris. Je savais que cela allait se passer, mais aussitôt … J’ai trouvé cela surprenant. Ensuite, il y a beaucoup de dualité dans ce livre, dualité entre les deux hommes, Ward Fall et Éric Lindsay. Dualité entre leurs univers, pour le premier, la nature, la terre, c’est un cowboy et pour le second, la ville, l’argent, le showbiz, c’est un musicien. Pour finir, il y a la dualité dans la manière de gérer le drame commun, l’un est dans le reproche de soi et dans une déprime latente, l’autre est dans l’auto-destruction et dans une perpétuelle colère.

Samuel Western, a réussi à m’embarquer dans les deux univers de ses personnages. J’ai adoré découvrir le monde de la musique, des salles d’enregistrements, de la composition et de tout ce qui peut se cacher derrière un titre ou un album. En même temps, les descriptions du ranch, de la gestion de celui-ci, de la vie commune avec les animaux et de la façon de vivre de la famille Fall avec la mère ayant un rapport important avec sa religion, sont justes parfaites et m’ont réellement plongé dans cette Amérique.

Le point commun entre les deux hommes est la philosophie, nous avons ici deux hommes extrêmement intelligents et cultivés, en quelque sorte un cowboy et un musicien philosophe. Les échanges philosophiques qu’ils ont l’un envers l’autre sont de haut niveaux mais très intéressants.

Alors, je dois avouer que la plume de Samuel Western, m’a beaucoup fait penser à celle de David Vann, tout d’abord par le côté tortueux de la psychologie des personnages, également la relation avec les armes à feu, mais surtout par la tension qui monte crescendo tout au long de la lecture. On sait qu’il va se passer quelque chose de dramatique et Samuel Western, tout comme David Vann arrive à créer chez le lecteur une sorte de peur de tourner la page suivante. Bon par contre, je ne suis pas certain que Monsieur Vann aurait choisi la même conclusion, mais j’ai trop pensé à par exemple Sukkwan Island ou à Goat Mountain à la lecture de Canyons.

Voilà, encore une fois un grand merci à Gallmesteir de me permettre de lire de belles pépites de la littérature américaine. Ce roman est vraiment très très bien j’ai adoré.

Ma note : 10 / 10

La Châtreuse se pâme

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Auteur : Carl Gengenwin

Édition : Auto-édition

Genre : Fantasy

Titre : La Châtreuse se pâme

Quatrième de couverture :

Castrer un gros pervers, c’est bien beau, mais quand ledit pervers s’avère être le roi, et quand le sadique prévoit justement une invasion des derniers territoires inconquis à plusieurs milliers de kilomètres à la ronde, on se rend vite compte que c’est surtout inconscient. Dans ce cas-là, c’est la fuite ou la mort et ça, Lyanna l’a très bien compris. Mais peut-on vraiment fuir avec une armée collée au cul ?

Quand Marvin se voit téléporté dans un monde médiéval sans foi ni loi, il est forcé de faire ce qu’il méprise le plus au monde pour parvenir à rentrer chez lui : demander de l’aide. Pire ! Le malheureux doit s’acoquiner à un vieillard qui se prend pour un zombie, une pauvre loque malchanceuse, deux ivrognes sanguinaires et une jeune femme poursuivie par 80 000 trouffions.

Quelques mots sur l’auteur :

Carl Gengenwin est né en 1997 à Strasbourg et vient de finir sa première année de master de mathématiques et de passer le Capes. Il aime à penser que son côté matheux donne à son style d’écriture une certaine concision. Il est passionné par les arts-martiaux et préfère donc regarder le MMA plutôt que le foot. Parmi les auteurs l’ayant marqués, on retrouve Terry Pratchett, Jaworski, Howard, Hubbard (uniquement pour sa décalogie Mission Terre) et bien sûr Martin et Tolkien.

Ma chronique :

Tout d’abord, je tiens à remercier Carl Gengenwin, qui suite à ma demande a accepté de m’envoyer son premier roman.

Et pour un premier roman, on peut dire qu’il fait très fort, je n’avais jusqu’à présent jamais lu de livre de ce genre. D’ailleurs c’est un mélange de genres, de l’héroic-fantasy à la science-fiction, en passant par le comique. Pour le coup, c’est complètement déjanté, une fois refermé, je me suis dit, « mais ce n’est pas possible, Carl Gengenwin n’est pas tout seul dans sa tête »…

Dans ce roman, nous suivons plusieurs personnages, tous très charismatiques et plus fous les uns que les autres. Certains vont finir par former une sorte de communauté – pas de l’anneau … mais on en ai pas loin 😉 – et vont partir dans une quête très intéressante avec beaucoup de rebondissements assez loufoques.

Il y a beaucoup d’humour dans ce roman, mais de l’humour parfois noir, parfois gore cela fait vraiment parti du style de la plume de l’auteur. Il insère dans son récit des références cinématographiques, télévisuelles – J’en ai gros, comme dirait Perceval 😉 – littéraires et même historiques. Il y a des répliques ou des scènes qui peuvent perturbées les lecteurs mais dans l’ensemble que représente ce roman, au final tout est bien ficelé et le tout est efficace.

Ce fut pour moi une lecture super originale, très rafraîchissante et je dois dire surprenante jusqu’à la fin, malgré un dernier tiers qui fut pour moi un peu plus laborieux du fait que cela part un peu dans tous les sens. Au final, je suis content d’avoir découvert cette jeune plume originale et j’ai hâte de découvrir le tome 2 qui devrait paraître cet été.

Ma note : 07 / 10

Cerro Rico

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Auteur : Thierry Berlanda

Édition : Éditions du Rocher

Genre : Techno-Thriller

Titre : Cerro Rico

Quatrième de couverture :

Les principaux monopoles privés de la planète réalisent jour après jour leur projet d’emprise totale.
Les informations que Dupin publie dans les quelques médias qui échappent encore à leur contrôle, gênent à peine leur expansion… jusqu’au jour où il révèle un plan illicite d’acquisition de la plus importante réserve de lithium, en Bolivie.
Jane Kirpatrick, l’âme du cartel, déclenche alors son agent le plus redoutable, Jacques Salmon alias le Python, afin d’anéantir le journaliste et son réseau d’informateurs clandestins.
Seule Justine Barcella, qui formait autrefois avec Salmon un commando de liquidateurs, pourrait le contrer. Mais elle se voue désormais à sa vie d’institutrice dans un village toscan. Décidera-t-elle de revenir dans le jeu ? La réponse semble celée dans les entrailles du Cerro Rico.
Un techno-thriller implacable, mené de main de maître jusqu’à l’imprévisible dénouement.

Quelques mots sur l’auteur :

Philosophe et auteur, Thierry Berlanda a publié plusieurs romans et nouvelles, – Tempête sur Nogalès, Pentatracks, Rêve de machine, L’Insigne du Boiteux, La Fureur du Prince, La Nuit du Sacre, L’Orme aux Loups – et est l’auteur de plusieurs articles et conférences philosophiques publiés chez différents éditeurs spécialisés. Il a signé un thriller, Naija, en 2016 aux éditions du Rocher.

Ma chronique :

Tout d’abord, je souhaite remercier les Éditions du Rocher et BePolar pour l’envoi de ce roman.

Avec ce roman, j’ai découvert un genre littéraire, le techno-thriller. Une histoire futuriste sur fond technologique. Je tiens à préciser qu’il s’agit du troisième tome d’une trilogie, et malgré le fait que je n’ai pas lu les précédents tomes, avec juste la lecture des résumés des précédents, je n’ai pas été trop perturbé dans ma lecture.

J’ai un sentiment assez partagé avec cette lecture, j’ai bien aimé, c’est passionnant, le rythme est soutenu et les personnages très intéressants. En effet, Thierry Berlanda, ne nous laisse pas vraiment reprendre notre souffle, au fil des chapitres la tension monte progressivement et avec elle le besoin de savoir la suite. J’ai bien aimé les personnages, notamment Justine, Joséphine et son fils.

Toutefois, ce qui me laisse perplexe c’est le côté technologique, je dois avouer qu’il y a pas mal de chose que je n’ai pas comprises. Je pense que pour apprécier ce roman, il faut avoir tout de même un peu d’expérience en lecture. L’autre chose m’ayant dérangée, mais là pour le coup c’est vraiment un avis personnel, c’est la vision que propose l’auteur de l’avenir de l’humanité. J’ai trouvé que s’était tellement déshumanisé que cela m’a perturbé. Après comme je viens de le dire, pour le coup, il s’agit que de mon avis personnel. Même si je pense que le tout technologique peut faire pencher le monde du côté obscur j’essaye de voir un avenir optimiste pour notre planète.

Du coup, j’ai un avis mitigé pour ce roman, je pense néanmoins lire quand j’aurais un peu de temps, les deux premiers tomes avant de relire celui-ci.

Ma note : 7 / 10

La Femme sans ombre

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Autrice : Christine Féret-Fleury

Édition : Denoël

Genre : Thriller

Titre : La femme sans ombre

Quatrième de couverture :

Sa passion? L’opéra. Son métier? Tueuse à gages.
Elle n’a pas de nom. Se tient à distance, de tout et d’abord d’elle-même. Restauratrice le jour, elle se transforme, la nuit, en machine à tuer.
Quand elle n’obéit pas aux ordres de ses commanditaires, elle court le monde, d’opéra en salle de concerts, pour écouter les œuvres de son compositeur fétiche, Richard Strauss.
Son prochain contrat? Une cheffe d’orchestre à la célébrité naissante…
Elle s’appelle Hope Andriessen. D’origine rwandaise, elle a assisté au massacre d’une grande partie de sa famille. Depuis, la musique est son foyer et sa seule raison de vivre.
Après des années d’efforts acharnés, elle vient enfin d’être nommée à la tête d’un grand orchestre ; juste avant Noël, elle dirigera un opéra de Strauss, La Femme sans ombre.
Deux femmes que tout sépare, sauf leur passion pour la musique.
Et le fait que la première va devoir tuer la seconde…

Quelques mots sur l’autrice :

Christine Féret-Fleury a travaillé longtemps dans l’édition avant de se consacrer à l’écriture. Depuis, les journées sont trop courtes pour venir à bout de toutes les histoires qui lui passent par la tête. Elle a publié presque cent livres pour les enfants et les adultes.

Ma chronique :

Il s’agit avec ce roman, de mon second partenariat avec le site BePolar, dans le cadre de mon statut d’enquêteur. Je les remercie pour m’avoir sélectionné, ainsi que les Éditions Denoël pour l’envoi du roman.

Ce roman, me prouve encore une fois que j’aime lire, que j’aime cette passion pour la lecture, j’aime le pouvoir qu’a un livre de me faire voyager, soit dans plein de pays, soit dans des lieux imaginaires, soit dans des univers inconnus pour moi. Et c’est le cas avec La femme sans ombre, ce livre m’a transporter dans l’univers de la musique classique et avec les orchestres philharmoniques, c’est un monde que je ne connaissais pas et j’ai trouvé cela super intéressant, déjà un très bon point pour ce livre.

Ensuite, c’est un thriller un peu particulier, il n’y a pas d’action à cent mille à l’heure, le rythme est lent, mais cela installe doucement une pression et une tension qui va se libérer qu’aux toutes dernières pages. J’aime assez la construction de ce roman, on suit deux femmes et un chapitre après l’autre, on alterne avec les points de vues de chacune des deux. C’est le genre de livre qui le soir dans le lit t’empêche de te dire, « à la fin de se chapitre, je ferme et je dors ».

Je vous parlais de deux femmes un peu plus haut, et bien ce sont vraiment les deux personnages centraux de ce roman. Il y a un lien entre-elles, mais celui-ci ne sera jamais dévoilé, ce qui apporte une touche de mystère très appréciable. J’ai beaucoup aimé cette dualité entre la proie et la chasseuse. Ces deux femmes ont chacune un passé qui vient les hanter en permanence, elles sont torturées et cela est magnifiquement retranscrit par la plume de Christine Féret-Fleury.

En bref, vous l’aurez compris, j’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture qui comme dit plus haut, m’a transporté dans un univers inconnu et m’a appris pas mal de chose sur entre autre Richard Strauss.

Ma note : 09 / 10

Le grand silence

le grand silence

Autrice : Jennifer Haigh

Édition : Gallmeister

Genre : Contemporain

Titre : Le grand silence

Quatrième de couverture :

En 2002, une vague de scandales déferle sur l’Église catholique de Boston. Un à un, des prêtres respectés du diocèse sont accusés du pire des crimes, celui d’avoir abusé d’enfants qui leur étaient confiés. Éloignée depuis longtemps de sa famille par trop étouffante, Sheila McGann est restée néanmoins proche de son frère aîné, Art, curé dévoué et populaire d’une grande paroisse de banlieue. Lorsque Art se retrouve soupçonné à son tour de proximité coupable avec un jeune garçon, Sheila rentre à Boston afin de le soutenir. Leur autre frère Mike, ancien policier, est lui aussi bien déterminé à découvrir la vérité. Leurs enquêtes croisées révéleront les doutes et faiblesses de chacun, venus de leur passé, ancrés dans leur présent.

Quelques mots sur l’autrice :

Jennifer Haigh est née en 1968 à Barnesboro, en Pennsylvanie. Elle étudie en France, se tourne d’abord vers le journalisme avant de tout quitter pour se consacrer à la littérature. Vivant de petits boulots, elle écrit son premier roman et devient élève du prestigieux programme de Creative Writing de l’Université de l’Iowa. Elle est publiée pour la première fois en 2003 et remporte le PEN/ Hemingway Award. Elle est l’auteur de six romans et d’un recueil de nouvelles. Depuis plus de dix ans, son succès aux États-Unis ne se dément pas. Elle vit à Boston.

Ma chronique :

Ce roman fait parti de la sélection que ma faite Clotilde de chez Gallmeister lors de son dernier envoi, je la remercie d’ailleurs encore une fois.

Je dois dire que ce roman m’a particulièrement troublé, mon histoire avec lui a pourtant mal débutée, j’ai eu un mal fou à rentrer dans cette histoire. J’ai trouvé le démarrage vraiment poussif et l’immersion dans le milieu de la religion catholique m’a en premier lieu dérangée.

Aujourd’hui étant un jeudi férié et ma femme ayant travaillée toute la journée, je me suis posé sur mon canapé dans le but de lire sérieusement ce roman … Et vous pouvez du coup le constater avec cet article, je ne l’ai pas lâché et je l’ai terminé en début de soirée.

Ce roman est construit à la manière d’un témoignage, la narratrice raconte la vie de sa famille et s’adresse à ses lecteurs qu’elle espère justement être cette même famille. Les derniers paragraphes où elle s’adresse directement à sa mère et à son petit frère sont vraiment forts en émotions. Mais, cela reste un roman, la narratrice n’est pas l’autrice mais un personnage fictionnel.

Du coup se roman raconte les scandales qui ont eu lieu à Boston impliquants des prêtres pédophiles. Pour le coup, Jennifer Haigh s’appuie ici sur des faits réels, au début de l’année 2002, le Boston Globe a révélé une série de poursuites pénales à l’encontre de cinq prêtres catholiques, mettant en lumière la question des abus sexuels sur mineurs commis au sein de l’Église Catholique. La couverture de ces affaires a encouragé d’autres victimes à s’exprimer sur des abus qu’elles ont subis, entrainant d’autres poursuites, et de nouvelles affaires judiciaires.

On est immergé à fond avec ce livre dans le milieu de l’église catholique, cela peut être à certains moments dérangeant, mais en fin de compte c’est super important pour la compréhension globale de l’histoire. On apprend et on comprend pas mal de chose sur le fonctionnement de l’église, sur la manière de devenir prêtres et sur le fait que jusqu’à cette époque l’Église Catholique se pensait être au-dessus de tout. Je le dis sans trop me tromper je pense, c’est un roman à charge contre cette Église Catholique et la manière dont elle a fermée les yeux et même protégée les prêtres.

Hormis cela, c’est également une histoire familiale, en effet Art, un des prêtres accusés, est l’ainé d’un premier mariage d’une fratrie de trois enfants. Alors quand Sheila et Mike, les plus jeunes découvre l’accusation, ils ont besoin, chacun à leur manière de connaître la vérité. Pour cela, Sheila remonte l’histoire de sa famille, elle navigue entre présent et passé nous invitant à être des témoins de cette histoire.

C’est un roman que j’ai trouvé vraiment très troublant mais également très puissant en émotion, à un moment il m’a attrapé et m’a tenu en apnée jusqu’à la fin. C’est une histoire touchante et bouleversante. Jennifer Haigh, à la manière d’une fiction, dévoile avec son roman les rouages nauséabonds du fonctionnement de l’Église Catholique, sur un thème qui reste malheureusement encore aujourd’hui d’actualité.

Ma note : 8,5 / 10

Héloïse, ouille !

héloise

Auteur : Jean Teulé

Genre : Historique

Édition : Pocket

Titre : Héloïse, Ouille !

Quatrième de couverture :

Jean Teulé revisite les amours tumultueuses d’Héloïse et Abélard dans une version d’une modernité ébouriffante.
À la fin de sa vie, Abélard écrivait à Héloïse : « Tu sais à quelles abjections ma luxure d’alors a conduit nos corps au point qu’aucun respect de la décence ou de Dieu ne me retirait de ce bourbier et que quand, même si ce n’était pas très souvent, tu hésitais, tu tentais de me dissuader, je profitais de ta faiblesse et te contraignais à consentir par des coups. Car je t’étais lié par une appétence si ardente que je faisais passer bien avant Dieu les misérables voluptés si obscènes que j’aurais honte aujourd’hui de nommer. »
Depuis quand ne peut-on pas nommer les choses ?
Jean Teulé s’y emploie avec gourmandise.

Quelques mots sur l’auteur :

Jean Teulé est un auteur français de romans et bandes dessinées, qui a également pratiqué le cinéma et la télévision.

Ma chronique :

Cela faisait un bout de temps que ce roman trainait dans ma PAL, il était donc temps de l’en sortir. En plus il s’agit de mon premier Jean Teulé, auteur dont j’entend beaucoup parler.

Il s’agit ici d’un roman qui se veut historique sur la très belle histoire d’amour entre Abélard et Héloïse. Alors, pour ma part, je ne connaissais pas grand chose de cette romance mise à part quelques bribes apprises lors d’une visite guidée du Cimetière du Père Lachaise.

J’ai, dans un premier temps, été un peu perturbé par le sens que prenait ma lecture, car pour une bonne partie de ce roman, nous pouvons dire que Jean Teulé écrit du porno historique. Vous voulez du sexe et bien là vous êtes servis, il y en a dans tout le roman, mais en particulier dans les premiers chapitres. Du sexe, du sexe, il n’y a que cela, toutes les scènes entre la jolie blonde et son précepteur nous sont décrites mais sans aucun tabou avec des mots crus et on pourrait dire sans aucune censure. Cela en devient à un moment dérangeant au point où je me suis pris à espérer que ce n’était pas que ça dans tous le roman. Heureusement non.

Il y en a peu, et je pense que je vais m’y intéresser dans pas longtemps, mais j’ai adoré les lettres que s’échangent les deux époux enfermés l’un et l’autre dans des couvents. C’est une très belle histoire d’amour qui est contée ici, d’une façon on peu le dire très originale, mais cela reste tout de même très beau.

Par contre, au niveau de l’écriture, cela est juste grandiose, c’est beau, il y a des expressions, des mots et des tournures en vieux français et même les scènes de « culs » sont extrêmement bien écrites. Sous ses airs un peu dévergondés, ce livre est malgré tout hyper bien écrit et il doit y avoir un énorme travail de recherche derrière. J’ai appris plein de chose en tout cas et je vais m’intéresser de plus plus près à cet Abélard et à cette Héloïse que je trouve intrigants.

Ce n’est pas ma lecture de l’année, mais je suis vraiment content d’avoir lu ce roman et cet auteur qui du coup m’intrigue.

Ma note : 7,5 / 10