# 45 – Instant Poésie

Bonjour à tous,

Aujourd’hui dans l’Instant Poésie, je vais vous faire découvrir un très joli texte de Guilhaine Chambon auteur de Résultat des courses dont vous pouvez retrouver ma chronique ici . Je tiens d’ailleurs à la remercier pour le partage et pour m’autoriser à publier sur mon blog.

Au jardin embaumé de silence

Au jardin embaumé de silence,
Le jour glisse comme un navire coule doucement
Le saule pleure effleurant une mare rosée
Où le jonc paresseux repose.
L’enfant a peur de son ombre
Dans la nuit qui s’étire et s’allonge
Et distille au poète rêveur,
Les premiers vers d’un dernier bonheur.
Il y a si longtemps qu’ il n’avait ouvert son cœur
A t-il perdu toute civilité?
Alors, sous le regard impassible
De l’ombre qui grandit
Sur la feuille blanche, il croque
Le rêve de toutes ses nuits
où les yeux rives dans l’immense
Le poète, lui pense..
Pense t-elle à lui?
Songe,soupir
Au loin, le vent fait gémir les feuilles
Le saule s’est noyé dans la mare rosée
Le ciel s’est allumé
L’enfant dort baignant dans son ombre.
Nuit saphir dans la pierre  du temps.
Il sait,
La brise referme la porte.
Jamais il n’étendra sa vie
Sur le fil au jardin tristesse
Les émotions qui le font  vibrer comme cette corde vivante
Sanglote sous l’archet.
Il garde au fond de lui l’envers de son décor
Venez sur la scène de sa vie
Mais,
Qui d’entre tous  a le meilleur rôle ?
Et le train des jours fuyant vers l’inconnu
Une voie sans gare, rase campagne, arrêt .
Il verse une dernière larme dans l’urne inviolable
De son cœur désabusé
Vivier du désespoir
Spasmes de tant d’espoirs
Oh toujours confondus dans l’instant illusoire.
Il saura se parer de dérisoire pour éviter le regard indiscret
De ceux qui ne sauront jamais…

Lui, ne sort jamais pour entrer chez quelqu un
Il ait quelqu’un en lui ,et tout lui semble si loin.
La feuille affamée de mots,
Il écrit comme l’eau s évapore
Il écrit comme d’autres se noient
Il écrit pour oublier, pour devenir buée.
Dans chaque phrase, tant il aime si fort
Il est le verbe et le sujet
Elle est son je, il est son toi.
Il rêve, à ses yeux
Deux perles que la passion n’arrive à sécher
A ses cheveux
Sculpture d’ébène venue d’un pays lointain
A son âme
Un puits, un drame.
Dans l’absolu silence, souvent il y pense.
La fleur émue de cet aveu se dévêt d’un pétale
Elle offre son cœur pâle aux regards, s’abandonne.
Il ne veut pas sucer le bonbon habitude,
Il préfère parcheminer son front des sillons de l’incertitude.
Assis au milieu des ténèbres, il se console
Il consume la solitude, ranger les choses à leur place
Et son cœur dans son écrin oscillant entre amour et oubli .
Ne pas tarir dans les silences et respirer de sa présence.
L’enfant s’éveille un bout de nuit usé au creux de son point serré.
Lui referme le livre doucement
Pour que ne s’évade pas cette poussière de tendresse
Et garder simplement
L’amer, le goût tenace d’avoir aimé et se souvenir comment tout s’efface.
Il sait
Il gardera ses yeux comme une source triste
Y  puiserat-il encore les mots de la tendresse?
Il referme le livre sans postscriptum
Le range sur l’étagère entre Vian et Appolinaire
Sa vie ne fut sans doute qu un étrange mystère
Il murmure…je l’aime

van-gogh-19

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